Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 18:04

« Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit ! »

Léo Ferré, Il n’y a plus rien

 

L’écologie n’est pas une idée neuve.

« Avant que nature meure » est un ouvrage de Jean Dorst publié en 1965. L’association « Les Amis de la Terre » est fondée en  1970 par Alain Hervé, sous le parrainage de Jean Rostand, Théodore Monod, Konrad Lorenz et Pierre Fournier. Et bien auparavant le mouvement naturiste, né en France au XIXème siècle avec les réflexions d’Elisée Reclus, prône déjà une conception plus conviviale de la vie en société et une incitation à respecter la planète. Et, dès 1974, l’écologie politique présente un candidat à l’élection présidentielle.

Or que voit-on ?

Depuis cinquante ans, toujours plus de voitures et de plus en plus grosses, lourdes et rapides ; une explosion du transport aérien ; toujours plus de camions sur nos routes ;  une croissance exponentielle des échanges mondiaux ; une consommation per capita de plus en plus forte, tant en matière d’habillement que d’objets en tous genres ; des habitudes alimentaires désormais basées sur la consommation massive de produits industriels transformés ; des choix de production agricole de plus en plus artificiels ; et une augmentation de notre population supérieure à 25 % en 50 ans.

Bref, nous parlons sans cesse d’environnement et d’écologie mais presque tous nos choix sont à l’opposé de ce qu’il faudrait faire. Partout ou presque la paresse et la facilité l’emportent sur la sobriété ; il suffit de regarder comment nous prenons notre café : du café en grain d’autrefois à la généralisation récente de la capsule Nespresso.

Résultat de tout cela, les alertes se multiplient, acidification des océans, augmentation des températures, pollution des sols, en fait la liste est interminable.

Et face à cette triste évolution, il faudrait continuer à participer vaille que vaille à cette société qui va dans le mur des limites de notre petite planète, en espérant la voir infléchir progressivement sa trajectoire mortifère ? Les choix faits depuis un demi-siècle ne plaident pas en ce sens.

Alors que nous reste-t-il sinon de faire un pas de côté, de se séparer d’une société dont nous ne partageons ni les valeurs ni la finalité ?

Bien sûr nous partageons un même territoire mais rien ne peut nous obliger à faire partie d’un équipage qui mène le bateau droit sur les récifs.

Aux véritables écolos de faire naître, en marge d’une société productiviste et consommatrice, en inventant les accommodements raisonnables nécessaires avec cette société emballée (comme on dit d’un cheval), un mode de vie tranquille, pauvre, respectueux de la nature, capable de faire émerger les îles d’un nouveau monde sur les futures ruines de ce monde actuel.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Teysseire 09/04/2021 12:15

Tout à fait d'accord avec vous au sujet de notre société emballée et de la nécessité d'avoir un mode de vie tranquille, pauvre, respectueux de la nature,
Cependant je m'interroge quant à la possibilité de vivre réellement séparé de la société, de n'y point participer et quant à l'efficacité de tels mouvements de rébellion qui ne peuvent qu'être marginaux...

Jean Bruguier 09/04/2021 14:42

@ Teysseire
Je n'évoque pas la solution de vivre complètement en dehors de notre société, ce n'est d'ailleurs pas possible de façon concrète ; mais j'ai l'heur de penser qu'on doit pouvoir inventer des "accommodements raisonnables nécessaires" avec elle. Il y a bien des possibilités de se mettre en retrait, dans la façon d'habiter, de se nourrir, de se vêtir, de vivre ses vacances, de se soigner, d'éduquer ses enfants, et même de gagner sa vie ; éventuellement de vivre dans des éco-villages. Toutefois pour s'entendre il faut être deux et il n'est pas dit - pour aller dans le sens de votre interrogations - que notre société française et ses pouvoirs n'opèrent pas, dans les crises qui s'annoncent, une crispation qui aurait pour effet de bloquer nos tentatives de vivre différemment ; le déremboursement de l'homéopathie comme la quasi-impossibilité désormais d'instruire ses enfants chez soi n'augurent rien de bon ... En un mot les accommodements raisonnables nécessaires supposeront aussi de construire un rapport de force politique pour disposer d'une certaine latitude indispensable.