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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 12:36

Les inondations qui viennent de frapper les Alpes Maritimes suscitent évidemment moult commentaires. Commentaires sur les causes mais aussi sur les responsabilités éventuelles.

Si en effet, les médias continuent d’attribuer les épisodes récurrents de pollution sur l’Ile de France à la mauvaise volonté de la météo, il semble qu’en matière de pluies brutales nous soyons un peu plus lucides et que la responsabilité anthropique soit désormais largement reconnue.

Deux types d’implications sont retenus. D’une part, une responsabilité globale et diffuse via le réchauffement climatique censé favoriser les « épisodes extrêmes », d’autre part, à un niveau  local, une responsabilité sur ce qui a généré de telles conséquences pour ces pluies. L’imprévoyance et/ou l’avidité de quelques maires et promoteurs prompts à ignorer les mises en garde et à bétonner à tout va pour des profits financiers ou politiques de court terme sont largement mises en cause.

Comme lors du tremblement de terre d’Haïti en 2010, (voir ici l’article que nous avions consacré à cette catastrophe) l’urbanisation à outrance constitue le coupable idéal; celui dont la dénonciation vous vaudra votre diplôme d’écologiste clairvoyant sinon bienpensant. Seul un esprit particulièrement taquin et mal intentionné pourrait faire remarquer que ce sont souvent ces mêmes écologistes qui se font par ailleurs les défenseurs de la densification de l’habitat.

C’est que se contenter de dénoncer l’urbanisation, c’est s’arrêter en route, c’est ne pas aller un cran plus loin en s’interrogeant sur ce qui, en amont, favorise cette urbanisation. Une fois encore nous retrouvons l’incontournable question du nombre des hommes.

Nous la retrouvons bien sûr au niveau planétaire sur la question du réchauffement climatique, puisque à mode de vie équivalent, les émissions de gaz à effet de serre sont tout simplement proportionnelles au nombre de terriens (1). Mais nous la retrouvons aussi au niveau local ; car si dans l’urbanisation effrénée, la cupidité et l’ambition de quelques-uns ont évidemment leur rôle, elles ne trouvent à s’appliquer que parce qu’une demande bien réelle existe de la part d’une population toujours plus nombreuse, et cela en France comme dans le monde entier. Une proportion importante et d’ailleurs croissante de la population mondiale vit à proximité des côtes parfois pour des raisons économiques, mais parfois également, comme c’est largement le cas sur les côtes méditerranéennes françaises, pour des raisons climatiques.

Cependant, la surdensité locale que l’on rencontre en tel ou tel point du territoire et notamment sur la côte d’Azur n’est pas le seul fruit d’un appétit économique ou d’un désir de confort (2), elle est aussi le fruit d’une pression démographique sur l’ensemble du territoire. Si un certain pourcentage d’une population veut s’installer dans telle ou telle portion du pays, le nombre de personnes qui s’installeront effectivement sera notamment déterminé par la taille de la population totale. La surdensité locale parfois dénoncée est pour partie le fruit de la surdensité globale qui, elle, n’est jamais évoquée. Cet enchaînement-là reste quasiment passé sous silence comme il semble devoir l’être lors des prochaines négociations climatiques de Paris (1).

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(1) La responsabilité du facteur démographique sera discutée lors de deux conférences intitulées « Réchauffement climatique et surpopulation » organisées à Paris et à Suresnes par l’association Démographie Responsable les 19 et 21 novembre prochains. Parmi les intervenants se trouveront notamment Yves Cochet, député européen, ancien ministre de l’environnement et aujourd’hui président de l’ Institut Momentum  ainsi qu’Antoine Waechter, président du Mouvement Ecologiste Indépendant et ancien candidat à la Présidence de la République.

(2) Désir de confort parfois méprisés, mais pourtant tout à fait légitime, toutes les espèces vivantes ne tentent-elles pas de s’installer là où les conditions leur paraissent optimales ? Finalement le droit au soleil fait partie de ces droits qui, comme beaucoup d’autres, risquent d’être sacrifiés dans un monde qui mettra le droit au nombre au-dessus de de tous les autres.

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Published by Didier BARTHES - dans Climat
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