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18 octobre 2023 3 18 /10 /octobre /2023 10:04

Le gouvernement vient de décider la poursuite des travaux pour la réalisation de l’A69 visant à relier Castres à Toulouse. Et cela malgré l’opposition de la population et même l’appel de nombreux scientifiques.

Cette décision constitue une triple contradiction.

Contradiction du point de vue des objectifs de sobriété et de lutte contre le réchauffement climatique. Alors que l’on demande en tous domaines des efforts aux français dans le cadre de la transition écologique, on construit une autoroute qui, comme tous les projets routiers, contribuera à augmenter le trafic automobile, générant consommation d’énergie et émission de gaz à effet de serre. Elle favorisera le développement du transport de fret routier - grand utilisateur de ce type de voies - au détriment du transport ferroviaire. Elle ne fera que nous entraîner plus avant dans la direction exactement opposée à ce qu’exigent aujourd’hui nos sociétés.

Contradiction dans la lutte contre l’écroulement de la biodiversité et la défense des paysages. Alors que ces thèmes commencent à s’imposer et que la Loi ZAN vise à limiter l’artificialisation des territoires, nous allons bétonner des kilomètres carrés de nature (l’autoroute en cause fait plus de 50 km de long) et fragmenter encore un peu plus tous les biotopes, quand leur interconnexion est au contraire essentielle.

Contradiction enfin dans une perspective de long terme qui devrait désormais guider toutes nos politiques. Les grandes infrastructures : les autoroutes, les grands aéroports, les lignes de TGV… ont une durée de vie très longue, sans doute de l’ordre du siècle et plus encore. Or, dans les 50 ou 60 années qui viennent, les énergies fossiles - le pétrole en premier lieu - seront largement épuisées et le trafic routier très réduit par force (l’électrification des véhicules ne constitue pas une alternative sérieuse notamment pour le fret). Quelle sera alors l’utilité d’un réseau autoroutier tentaculaire et destructeur ?

Signalons aussi un projet routier autour de Paris (Boulevard Intercommunal du Parisis) qui suscite une forte opposition dans les communes du Val d'Oise, une pétition est encours.

 
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commentaires

C
@Didier Barthès<br /> Merci de votre attention, qui suscite deux remarques de ma part :<br /> - Je connais et apprécie la position d’ “économie durable” et de “démographie responsable” en regard de la surpopulation humaine, en tant que première cause des maux de la planète et de tout le vivant qui la peuple, puisque je m’y réfère dans ce que je publie moi-même, mais pourquoi ces désordres, au détriment de la compréhension de leur cause première, dont il n’est jamais fait mention par les agitateurs, ce qui ne fait qu’entretenir l’obscurantisme régnant à ce sujet et y ajouter ?<br /> - Quant aux arbres et au respect qui leur est dû, il faut dire que la forêt française s’étend sur plus de 17 millions d'hectares, soit une augmentation de près de trois millions d'hectares en 50 ans.<br /> En ce qui concerne les platanes, si l’homme n’y suffit pas, vous n’ignorez pas qu’après ceux de Provence, du canal du midi et de divers autres lieux, depuis des décennies le chancre coloré se charge de les anéantir. Le seul remède étant encore apparemment de continuer de les abattre pour tenter d’enrayer leur contamination et de les replanter, nos grimpeurs écolos ne font que de se livrer à un supplément d’agitation-spectacle aussi trompeur qu’irresponsable ?<br /> Bien cordialement
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C
Sujet emblématique d'un tranversalisme qui relègue à l'arrière plan de l'écologie la priorité absolue qu'est la prolifération humaine, sans laquelle le problème ne se poserait évidemment pas.<br /> Et c'est ainsi que s'y manifeste un amateurisme parmi tant d'autres, notoirement illustré par ces défenseurs acharnés d'arbres plantés par l'homme il y a un siecle, et qui n'attendent donc qu'à être simplement replantés.
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D
Il est certain que le nombre des hommes entraîne l'augmentation de la demande (et finalement de l'offre) de transport avec toute les infrastructures que cela suppose. <br /> En réalité l'augmentation du nombre des hommes entraîne celle de tous les besoins, en tous domaines. C'est une spirale infernale.<br /> Quant aux arbres, quand même gardons-les, même si on peut en planter d'autres. Les vieux arbres sont nécessaires. C'est aussi une marque de respect envers la nature et envers ce qui est beau.