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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 14:25

2030 le krach écologique,  Geneviève FERONE, Grasset 2008

 

Selon Geneviève Ferone  à l'aproche des années 2030, la planète se trouvera sous le feu de  crises concomitantes: l’écologie, la démographie, l’énergie et la croissance.

Ce livre constitue l’une des nombreuses démonstrations prouvant que « nous allons dans le mur ». Démonstration hélas si peu écoutée du monde politique.

 

On y trouve des remarques intéressantes :

 

La question démographique, sujet si souvent tabou, est assez largement évoquée. Une réserve cependant, l’ouvrage part de l’hypothèse selon laquelle nous serons 7 milliards en 2030. Erreur, ce sera en 2012 environ, nous y sommes presque, il y a déja 6,7 milliards. d'être humains sur la Terre.

 

Mme Ferone souligne avec justesse que les premiers pays qui prendront des mesures (par exemple sur la taxation de l'énergie) seront également les premiers pénalisés sur le plan de la compétitivité économique, ceci constitue un hanicap sérieux envers les initiatives en la matière.

 

L'auteur s'attaque courageusement au  « politiquement correct » qui nous interdit de mettre en garde les pays en voie de développement sur leurs atteintes à l’environnement sous prétexte que nous l’avons fait avant eux (Rappel : la révolution industrielle a eu lieu en Europe dans un monde de  un milliard  d’habitants et non de sept et bientôt dix milliards, aussi les conditions sont elles bien différentes et la position de Genevieve Ferone plutôt bienvenue).

 

Le livre souligne le peu d’efficacité de mesures qui seraient prises sans inclure des pays comme la Chine et l’Inde. A quoi cela sert-il que nos voitures consomment quelques pour cent de moins si la Chine double son parc automobile ou construit une à deux centrales à charbon par semaine ? C'est là un véritable problème !

 

Deux légères critiques cependant :

 

Il manque quelques données chiffrées qui fixeraient les idées du lecteur sur les ordres de grandeur en matière de production et de population. le livre s’appuie sur des références qui ne sont pas rappelées. Il en est de même pour les questions climatiques qui sont évoqués mais de façon trop superficielle. La question est beaucoup plus complexe que cet ouvrage ne le laisse supposer.

 

En second lieu les mesures préconisées sont un peu floues, la décroissance n’est pas étrillée comme souvent mais Geneviève Ferone la dit incapable de résoudre les choses à court terme et souligne qu’elle sera mal acceptée par les nouveaux acteurs de la croissance (on veut bien le croire). De la même façon tous les échecs du  protocole de Kyoto sont lourdement mis en évidence et en conclusion  l’auteur nous dit que cet accord n’est pas un échec (sans que ce soit seulement au sens du symbole). Alors on ne sait plus très bien ce qu’il faut faire ! On ne sait pas non plus si Geneviève Ferone considère la technologie comme une solution ou comme une fuite en avant, il est vrai qu’il y a peut être un peu des deux.

 

Malgré ces petites réserves, encore un livre nécessaire pour prendre conscience du problème.

 

Vous retrouverez cette critique et celles d’autres livres (plus brèves pour l’instant) dans la rubrique bibliographie.

 

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Published by Didier BARTHES - dans Notes de lecture
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commentaires

Mestizaje 16/04/2008 10:11

Bonjour,
Je n'ai pas encore lu ce livre, ma remarque risque donc de tomber à côté du sujet.

J'ai tilté en lisant qu'il était "politiquement correct" de ne pas mettre en garde les pays en développement dans leurs atteintes à l'environnement...

L'Inde est un pays de plus d'un millard d'habitants, la France de 60 millions et pourtant l'impact de la France sur l'environnement est bien plus important.

Il faut remettre les choses à leur place et se demander si nos précieux conseils sont tout simplement moraux.
Et en ce qui me concerne je considère que c'est aux pays industrialisés de faire l'effort, les pays en développement devant avoir une marge de manoeuvre plus importante.

Bien entendu je n'entends pas par là que les pays en développement doivent pouvoir polluer à tort et à travers, puisque de toute évidence, nous autres en avons bien profité, maintenant tout le monde doit payer.
Je pense qu'ils doivent certes participer à l'effort, mais tout en leur laissant l'opportunité de profiter du confort de base dont nous ne saurions pas nous passer.

Je ne sais pas trop si je suis claire...

Bonne journée à vous en tous cas et merci pour cette lecture instructive !

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