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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 11:44


    Depuis quelques années, plusieurs études montrent qu’il existe une corrélation inverse entre la densité d’un tissu urbain et la consommation d’énergie par habitant. Autrement dit, pour une même population, plus une ville est étendue, plus elle consomme, plus elle est dense, plus elle est économe.


    Cela se conçoit aisément. Dans une ville dense, les déplacements sont moindres et plus facilement assurés par des transports en communs. Dans les villes étendues, Phœnix est aux Etats Unis la ville la plus souvent citée comme l'exemple à ne pas reproduire, les gens se déplacent beaucoup et le font en voiture la plupart du temps. De plus le chauffage ou la climatisation d'un immeuble  est généralement plus économe que celui d'une maison individuelle (à cause du rapport surface/volume qui est plus réduit). A cette  forte consommation d’énergie s’ajoute  une occupation de plus larges surfaces laissant ainsi moins de terres aux espaces naturels


    De cette constatation, beaucoup d’écologistes concluent qu’il faut densifier les villes voir même favoriser les tours et les grands ensembles.

   C’est là une conception très inquiétante de l’écologie car elle tend à transformer tous les hommes en urbains, à les faire vivre dans un monde totalement coupé de la nature, à ne plus avoir de jardin, à ne plus ni apprécier ni connaître les saisons, à ne plus jouir du bonheur de voir pousser la végétation à chaque printemps.


    Fondamentalement l’homme n’est pas fait pour vivre en cage comme un lapin (encore que le lapin lui non plus, n’a aucune attirance ni prédestination pour la cage).

   Ce genre de point de vue ne vise qu’à valider la possibilité d’une démographie élevée, faite de populations nombreuses que nous serons donc forcés d’entasser pour préserver un tout petit reste de nature. Rappelons que même dans ce cas les populations devront se nourrir et asservir de grandes surfaces, même si chacun, pour son logement, consomme un peu moins 


    Là encore, il serait beaucoup plus raisonnable d’être moins nombreux. Cela permettrait tout à la fois de protéger la nature et à chacun d’être en contact avec elle. Quel avenir pour une société ou la nature est ignorée, inconnue ?
 Est -il besoin d' ajouter que les grandes concentrations humaines tant en terme de nombre que de densité sont les meilleurs terreaux pour la violence ?


    L’homme rêve-t-il de HLM ou de jardins ?


    Est ce parce que beaucoup d’écologistes sont urbains qu’ils proposent ce genre de solutions ? Le monde qu’ils envisagent est  effrayant. Une fois encore le choix démographique est au coeur de la problématique.






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Published by Didier BARTHES - dans Société
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Lab Bernard 28/09/2011 08:55


j'habite dans un ensemble de 6 tours de 9 étages + REZ , construite autour d'un parc , j'ai évalué une densité de 80 logements à l'hectare , là ou en lotissement de terrain de Maison Individuelle
de 1000 M2 chacune , la densité est de 8 habitats à l'hectare : remplace mon lieu de vie par des maisons , tu obtiendra un étalement pavillonaire 10 fois plus important 20 hectare au lieu de 2 ,et
tu éloignera la petite épicerie , la boulangerie , la pharmacie , l'arrêt de bus et pleins de de voisins sympas qutre à cinq fois plus loin ..
95% des habitant prendrons leur bagnole pour faire ce qu'il peuvent faire à pied dans ma "cité" ;
et rien ne m'enpêche de dégoter un carré à jardiner pas trop loin (les initiatives se multiplient)
Cordialement Bernard


Didier BARTHES 08/10/2011 16:02



Bonjour


Bien sür, le plaisir d'habiter dans tel ou tel environnement ne se discute pas.


Toutefois je précise que je ne suis pas favorable à une société où  tous les logements collectifs seraient remplacés par des logements individuel qui prendraient plus de
places en effet, mais bien une société où, étant moins nombreux nous pourrions tous avoir le loisir de choisir un logement individuel (sans bien entendu que cela soit une obligation).


D'autre part, la comparaison que vous faites sur la place occupée dans l'une et l'autre des situations ne prend pas en compte toutes les surfaces nécéssaires à la vie des hommes indépendamment de
leur logement (extraction et production d'énergie, agriculture, surface industrielle...). S'il y a plus de monde sur un terrain donné, d'autres surfaces aussi seront nécessairement consommées
ailleurs pour assurer ces besoins.  Quand sur un hectare logent 80 personnes, il faut prévoir ailleurs les surfaces nécessaire aux consommations de la vie moderne. Bref nous retombons
toujours sur la pertinence du nombre total d'hommes.


Enfin les hautes densités posent le problème de la résilience.  En cas de crise grave (guerre, écroulement sociétal ou crise profonde de l'énergie), les logements collectifs exposent
beaucoup plus leurs habitants et leur donnent une fragilité beaucoup plus grande. Il n'y a plus de surfaces pour se faire un jardin, plus de surfaces pour s'alimenter en énergie. Imaginez par
exemple la seconde guerre mondiale et ses privations si elle avaient dû se produire dans un monde essentiellement urbain. La crise aurait été encore plus insupportable car il n'y a alors pour les
individus plus aucune voie pour se "débrouiller". Sans eau, sans électricité et sans réseau de communication les grandes zones urbaines sont très fragiles. Une perturbation modeste peu les rendre
invivables. C'est un éléments que nous devons prendre en compte. Ajoutons également que cette collectivisation favorise la perte de responsabilité qui est un élément essentiel de la
résilience. N'oublions pas non plus que globalement la promiscuité favorise les comportements plus agressifs.


Quant aux amis... je ne suis pas sûr que la solitude soit moins répandue dans les grands ensembles qu'à la campagne. Et pour la boulangerie, on peut y aller en vélo. D'ailleurs c'est meilleur à
la santé dans tous les cas.


Cordialement



Thierry 20/07/2008 23:53

De ma part juste une réflexion ou deux...
Il ne s'agit pas d'une conception de la ville par les écolos, mais bien d'une constatation. Bien sûr que la surpopulation deviendra sous peu LE problème majeur. Mais pourquoi alors, sommes-nous si choqués, par le seul pays (la Chine) qui autorise à ne faire qu'un enfant par famille ? Et puis non, le monde que proposent les écologistes est bien moins effrayant que celui que nous tous actuellement, bâtissons ! J'ai presque honte d'avoir un enfant, et de lui laisser un monde très malade. J'ai ma part de responsabilité ! Peut-être est-il nécessaire de s'atteler à "comment réduire l'accélération démographique". Mais surtout, ne nous trompons pas de cible !

Agnès 25/06/2008 11:39

Bonjour Didier,
Tout le monde ne rêve pas de jardin. Je vis en appartement et le jardin m'apparaît comme un loisir bucolique mais un peu piège car plein de contraintes et d'efforts physiques ;-). Pour retrouver la nature, on peut aussi sortir, s'évader les jours de congés, à pied, en transports en commun, à vélo...
Je connais des citadins parisiens amoureux de leur ville. Ce n'est pas la majorité mais on les ignore beaucoup et on diffuse un préjugé : la nature "bonne pour tout le monde". N'y aurait-il pas une solution intermédiaire, prenant en compte notre besoin de verdure tout en acceptant de densifier les habitats ? Des parcs par exemple, qui bien répartis, pourraient s'intégrer à une ville dense et permettre aux habitants de se ressourcer. Le besoin de jardin, présenté comme un besoin universel est un mythe. Et la solution démographique est dangereuse : elle peut mener à des politiques comme celle de l'enfant unique de la Chine ou à des concepts comme celui de Malthus, repris par l'écologie radicale. ça fait frémir
Amitiés
Agnès

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