Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 11:53

    General Motors de plus en plus prise à la gorge : le débarquement de son PDG Rick Wagoner, les avertissements menaçants cette semaine du président Obama, la mise en faillite qui se précise … Comment le premier groupe mondial d’automobiles en est-il arrivé là ?

 

    C’est l’histoire d’une entreprise qui domine son marché, se laisse aller à manquer de rigueur et à jouer la facilité, passe des accords syndicaux malheureux en acceptant des coûts de main d’œuvre trop élevés, ce qui l’oblige à orienter sa production vers des produits à forte marge … et se retrouve à dépendre du marché des 4X4, marché conditionné à la fois par un maintien d’un niveau de vie élevé et par un prix bas de l’énergie … c’est l’histoire d’une entreprise  qui se fait cueillir par la crise du pétrole début 2008 et la crise financière qui explose fin 2008. C’est tout bêtement l’histoire d’un organisme trop dépendant d’un environnement particulier, et qui a cru que celui-ci serait durable.

 

    La crise de GM, c’est le rêve de l’american way of life qui se transforme en cauchemar.

   C’est le risque que sa mise en faillite ne sonne, après la disparition de Lehmann Brothers en septembre dernier, le second temps de la crise, le temps de la dépression.

 

   GM peut-elle se réveiller et se sauver ? Contrôler le process de destruction-création nécessaire pour repartir du bon pied en échappant à la disparition définitive ?

    En une phrase, GM peut-elle courir assez vite pour s’adapter au nouveau monde qui se dessine?

 

    Cela suppose que GM transforme rapidement ses lignes de production en utilisant le savoir-faire de sa filiale européenne Opel en matière de petites voitures, adapte ses coûts de production pour être compétitive, et trouve les financements nécessaires pour survivre le temps de cette adaptation. Mais produire des voitures à la mode européenne actuelle ne suffira pas : trop de marques concurrentes européennes et asiatiques le font très bien et elles aussi se battent pour survivre et ne feront pas de cadeaux ; il lui faut donc créer des voitures encore plus simples, encore plus légères, encore plus adaptées aux temps difficiles, avec des vitesses de pointe limitées, et en évitant de trop cafouiller avec les technologies à la mode : moteur électrique, moteur Stirling, à air comprimé, etc.

 

    GM peut peut-être encore survivre, mais ce sera un GM rapetissé avec un chiffre d’affaire largement inférieur et nettement moins de salariés, un GM brassant beaucoup moins de matière première et générant moins de business avec ses partenaires et sous-traitants, un GM malin, attentif à son environnement et trouvant sa place dans la nouvelle logique de mobilité qui doit se mettre en place, un GM distribuant aussi des salaires et des avantages sociaux diminués d’au moins 40%, un GM devenant une entreprise comme les autres, produisant des outils de mobilité et abandonnant son statut de compagnie emblématique produisant des objets désirables et statutaires.

 

    GM était un symbole, celui de la croyance en un monde à la croissance matérielle illimitée. S’il survit, il deviendra le symbole de la capacité d’adaptation du vieux monde.
   Cours GM, cours ! Le nouveau monde est devant toi … il est pauvre, il est sobre, il est subtil, et tu dois aussi le devenir, si tu veux en être.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Transports
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : ECONOMIE DURABLE
  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
  • Contact

Recherche