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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:20

  
   Si la question démographique reste encore largement taboue même chez les écologistes, on note quand même un léger frémissement,


   Ces derniers jours ont été marqués par la déclaration du député " Vert " Mr Yves Cochet qui parlant de " grève du troisième ventre " a clairement mis en cause la nécessité de favoriser la natalité par des mesures sociales ou fiscales liées à la naissance d’un troisième enfant. Ces propos n’ont pas toujours été appréciés au sein même de sa propre mouvance. Il fallait un certain courage.

  
   De même en Angleterre Jonathon Porrit, un conseiller du gouvernement pour le développement durable a déclaré :

   " Les familles comptant plus de deux enfants ont un impact irresponsable sur l’environnement ".
   Qui a dit que les politiques maniaient toujours la langue de bois ? Il y a d’heureuses exceptions.  Jonathon Porrit souhaiterait d'ailleurs ramener la population britannique à 30 millions d'habitants. Gageons qu'il ne va pas se faire que des amis.

  
  En France l’association Démographie Responsable vient de se constituer et commence a faire part de ses vues et de ses propositions afin de promouvoir des familles de deux enfants ou moins.

  
  Voici pour notre part le message envoyé au quotidien "Libération" et aux " Verts " que nous avons rédigé afin de saluer l’initiative d’Yves Cochet et de soutenir ses propositions.

 
" La proposition d'Yves Cochet est courageuse et il faut applaudir qu'enfin un personnage public lève le tabou.
  Il est important de comprendre que quelles que soient les bonnes volontés en matière d'écologie, elles seront balayées si nous sommes trop nombreux.

  Beaucoup de réactions ici (*) font part de la lenteur et de l'inertie des mécanismes démographiques. Ils mettent en doute l'efficacité de la restriction de la natalité parce que ses effets seront lointains. Cela doit au contraire nous encourager à le faire, il ne faut pas agir pour demain mais pour un peu plus loin. Imaginons en 2100 un monde avec 12 milliards d'habitants ou un monde à 3 milliards d'habitants. Lequel sera le plus vivable ? Le moins générateur de conflits ? Le plus susceptible de respecter la nature et les autres espèces ?
  Il faut donc commencer maintenant dans les pays peu développés pour l'effet démographique comme dans les pays développés pour la valeur de l'exemple et aussi parce que c'est là que chacun consomme le plus.

  Dans ce cadre, cesser d'encourager financièrement la natalité est une mesure sage et responsable, elle n'a rien d'anti-humaniste, bien au contraire. Elle prépare à l'inverse un monde qui pourrait être moins coercitif et moins pollué.
  Ne nous trompons pas, plus nous serons nombreux plus nous ferons le lit des contraintes futures. "

 


(*) Allusion à quelques réactions des lecteurs de " Libération "

 

 

 

 

 

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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commentaires

Anonyme 04/05/2009 16:27

Pitoyable...
M. BARTHES, soyez franc et dites : rouvrons les chambres à gaz, il y a 6 milliards d'être humain en trop sur la planète.

Et ce passage m'a bien fait rire :
"Avoir moins d'enfants peut ainsi enclencher un cercle "vertueux" de réduction de la natalité, directement d'abord et indirectement ensuite par amélioration des conditions matérielles de l'existence. Rien de méprisant dans ce constant."

"Hé chéri, je vais abandonner les enfants dans la forêt ! Mais nan t'inquiète pas, ça va nous faire devenir riches !"

Pitoyable...

Manso 24/04/2009 15:09

Bonjour Agnès,

Il est possible (mais douteux) que les allocations n’aient aucune influence sur la procréation. Mais alors pourquoi les pouvoirs publics les ont-elles instituées? Pour "les beaux yeux de la princesse", uniquement pour des raisons sociales?
Sur le site officiel http://www.vie-publique.fr/politiques-publiques/famille/chronologie/ vous pourrez lire ceci:
29 juillet 1939, un décret-loi institue le Code de la famille et de la natalité françaises. Ce texte constitue la première tentative d’une véritable politique familiale en France avec un objectif nataliste clairement affiché. Il renforce, dans cette optique, la progressivité du barème pour les allocations à partir du troisième enfant, supprime l’allocation au premier enfant au profit d’une prime à la première naissance...

Vous écrivez: « merci à M. cochet d'appeler les femmes des "ventres"!"-quelle horreur! ». Sachez que cette expression n’est pas de lui mais d’une femme Nelly Roussel (1878-1922) militante antinataliste, fondatrice de la Ligue de la regénération humaine et journaliste, qui écrivait le 6 mai 1920, à propos de la Journée des mères de familles nombreuses, dans "la Voix des femmes": « Faisons donc la grève, camarades! la grève des ventres […] Plus d’enfants pour le capitalisme, qui en fait de la chair à travail que l’on exploite,[…]»

Si vous trouvez révoltant que "les riches" puissent avoir plus d’enfants et si une majorité des français pense de même, rien ne vous empêchera de demander démocratiquement qu’ils soient taxés au-delà de deux.

Pour finir, je fais confiance à nos concitoyens. Si on leur explique le bien fondé écologique de l’autolimitation à deux enfants, une bonne partie d’entre eux adoptera cette attitude "vertueuse" et la suppression (non rétroactive) des allocations sera essentiellement une formalité législative.
Problème, le débat sur le sujet va-t-il lieu?

Cordialement,
Rémi Manso

René 23/04/2009 12:23

Bonjour Agnès

Non je ne pense pas que Didier soit un anti humanisme, il raisonne pour l'avenir des générations futures qui, elles, risquent de ne plus rien avoir vu que par notre trop grand nombre nous aurons épuisé et gaspillé le capital vital de notre planète: la biodiversité.

Réduire aujourd'hui les naissances c'est faire de l'humanisme à long terme tandis que laisser augmenter la population mondiale sans contrôle c'est faire de l'humanisme à court terme sans se préoccuper de l'avenir.
Bien amicalement
René

Agnès 20/04/2009 21:32

Bonjour Didier,
Toi aussi tu crois à ce mythe pétri de mépris qui veut que les familles défavorisées fassent des gosses pour les allocs ? Et tu crois qu'en supprimant des allocs, elles vont cesser d'en faire ? Quand il n'y avait pas d'allocs, avant 1950 environ,il y avait encore bien plus de familles très nombreuses ! Les familles ont réduit leur taille grâce à deux choses : la progression de l'éducation des femmes, leur émancipation, et la qualité de vie (salaire correct - congés etc.). Ce qui montre que les familles font trop d'enfants parce que justement elles n'ont rien d'autre dans la vie, que leur misère, et leurs enfants. Ces familles ont besoin de ces allocs pour survivre.Si je te suis bien, les riches pourraient continuer à avoir des enfants en grand nombre, puisqu'ils pourront se passer des allocs du troisième ventre (merci à M. cochet d'appeler les femmes des "ventres" !"-quelle horreur !). Qu'est-ce qui justifie cela à tes yeux ? Pourquoi les riches auraient-ils ce droit ? Les autres pourront crever la bouche ouverte. M. Cochet tient un discours misogyne, qui prend les femmes pour des pondeuses et qui prône le darwinisme social : ne vois-tu pas qu'il préconise de favoriser la misère des plus pauvres, en leur coupant les vivres ? C'est exactement ce que prônait M. Spencer juste après darwin : laisser les familles démunies à leur sort, et que le sort s'en occupe.
Je pense que tu vas trop loin dans le radicalisme. Je le répète : les meilleures raisons de ne pas faire trop d'enfants est d'être éduqué et d'avoir un peu d'argent.
C'est là-dessus qu'il faut progresser et pour cela qu'il faut se battre : l'éducation et le niveau de vie. M. Cochet est un anti humaniste. Il a l'avantage de ne pas avancer masqué, mais je suis profondément choquée.
amicalement
Agnès

Didier BARTHES 24/04/2009 09:33



Bonjour Agnès,

   Bien entendu il n'y avait aucun mépris dans mon article,  il s'agit simplement de réorienter l'argent public dans un sens qui me semble plus favorable à l'avenir de notre
planète.

   Concernant les mythes, non, ne croyez pas que j'ignore qu'il existe d'autres déterminants aux nombre d'enfants et que je sous-estime la corrélation souvent constatée entre niveau de
vie  et le nombre d'enfants ou entre l'éducation et  l'importance de la descendance.

   Toutefois je pense que ces corrélations ne désignent pas  déterminant unique.  De plus la  causalité suggérée peut être à  à double sens. Il est en
effet plus facile d'accéder à un bon niveau de vie avec moins d'enfants. Avoir  moins d'enfants peut ainsi enclencher un cercle "vertueux" de réduction de la natalité, directement
d'abord et indirectement ensuite par amélioration des conditions matérielles de l'existence. Rien de méprisant dans ce constant.
   Si je ne souscris pas à ce déterminant unique et à cette façon exclusive d'agir (donner plus de moyens via les allocations) c'est que j'estime que c'est une méthode impossible à
l'échelle de la planète. Physiquement la Terre dont, pour assurer notre niveau de  vie, nous consommons le capital, est incapable de fournir à tous un revenu comparable (et même de
loin) à celui des occidentaux.
   Aussi, croire qu'on va pouvoir augmenter les revenus de tous pour faire baisser la natalité est peut-être une vue généreuse en apparence mais c'est trompeur puisque c'est tout
simplement mensonger.

   Enfin, il me semble utile de préciser que les allocations familiales ne tombent pas du ciel. 
  Si on les donne à certains on les prend sur les revenus des autres (c'est une réalité économique qu'il est bon de ne pas oublier avant de faire preuve de générosité).
  Dans ce cadre, que les gens qui ne font pas d'enfant ou peu d'enfants et qui en ce sens ont une attitude très responsables vis à vis de la planète se voient fincancièrement défavorisés
pour aider les autres ne me semble ni juste ni humain.
J'ajoute qu'en plus, lors de leur viellesse ces gens auront peu de soutien et donneront de fait leur capital à l'état.

  Remarquez également que je suis favorable à ce que les personnes n'ayant qu'un enfant soit également plus aidées, elles le sont très peu aujourd'hui.
  Faire beaucoup d'enfants et exiger des autres (personnes ou nations ) qu'ils en assurent toutes les dépenses ne me semble, encore une fois, pas une attitude responsable.

  Comme l'association Démographie Responsable je serais favorable à ce que de telles mesures ne soient pas rétroactives de façon à ne pas pénaliser les gens ayant déja des enfants. Mais
j'estime normal que désormais les gens agissent pour l'avenir et en connaissance de cause sans considérer que la société doit financer et cautionner une reproduction que notre planète ne sera pas
en état physique de supporter, tout présupposé philosophique et politiques mis à part.
   Bien sincèrement



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  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
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