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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 11:35



     Une affaire ? Quelle affaire ? Apparemment il s’agit juste pour les autorités de Bruxelles de donner un peu plus de liberté à nos producteurs dans le secteur de l’alimentation en les autorisant à s’affranchir des contraintes de poids des produits en vigueur jusqu’alors. Pourquoi devoir commercialiser la farine au kg ? 988 grammes, ce n'est pas mal non plus. Vendre au litre les jus de fruits ? Et si l’on les vendait à 0.95 litre ? Cela permettra de jouer sur la perception des prix, et c’est au consommateur, donc au marché, de comparer et de choisir de façon judicieuse.

  
    Bref, nos autorités européennes croient à la logique du marché et de la liberté. Ce sera peut-être un peu plus compliqué de faire ses courses, mais ce n’est pas une affaire… Sauf que nos autorités européennes ont oublié qu’il nous faut limiter le plus possible notre impact sur la planète, crise écologique oblige. Et que dans cette perspective, déréguler en cette matière, c’est éloigner la possibilité d’une utilisation rationnelle des contenants.

  
    Gardons l’exemple des bouteilles de jus de fruits. Aujourd’hui, la plupart de celles-ci sont en verre, de différentes formes censées véhiculer une certaine image du produit vendu, et ne se sont utilisées qu’une seule fois avant d’être récupérées puis refondues. Tout le monde est content : les industriels et les politiques mettent en avant le recyclage et peuvent parler les uns de développement durable et les autres de pratique citoyenne, les responsables marketing n’ont pas de contraintes sur leurs emballages, les services de contrôle sanitaire sont tranquillisés par l’usage unique dudit contenant, et les consommateurs n’ont pas grand-chose à faire pour se sentir vertueux.
   Tout ce circuit n’a qu’un défaut : il consomme une énergie primaire considérable lors de la refonte du verre. Bref, ce mode de fonctionnement reste un monument de gaspillage non compatible avec une vie harmonieuse au sein de notre biotope.

  
    Il y a une logique alternative et celle-ci consiste principalement à n’utiliser que des contenants en verre standards en nombre très limité, que ce soit pour les bouteilles de jus de fruits, les pots de confitures, ou les boites de conserves. Alors il sera possible et commode de les réutiliser, les lieux de commerce alimentaire faisant aussi office de points de collecte vis-à-vis des consommateurs et de points de distribution pour tous les producteurs.
    Solution économique, solution écologique, mais solution qui demande des efforts réels à tous : aux consommateurs qui devront ramener leurs contenants dans les points de collecte après les avoir nettoyés, aux responsables marketing privés de contenant support d’image, aux services sanitaires qui devront contrôler le réemploi des contenants dans le respect de normes sanitaires strictes, enfin aux commerçants qui auront un rôle nouveau à jouer dans le traitement de ces contenants (collecte, stockage, redistribution). Et aux politiques qui doivent d’abord mettre en perspective leurs idées et les contraintes écologiques, et aux Pouvoirs Publics qui doivent poser les règles et les faire respecter.

  
    Comme souvent en matière d’écologie, il s’agit d’échanger plus de travail humain et plus de complication contre moins d’énergie primaire dépensée et moins de pollution. Il s’agit aussi de réfléchir à long terme et de penser ‘global’ : il n’y a pas l’économie d’un côté et l’écologie de l’autre. Puissent nos autorités européennes ne pas complètement l’oublier.



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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Produits
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