Samedi 6 juin 2009

 

  Un très beau film !

  
   C'était un film attendu que celui de Yann Arthus-Bertrand, et avouons-le, nous n’avons pas été déçus.

   Avec son esthétisme habituel le photographe-cinéaste a su nous faire partager son émerveillement pour les beautés de la planète et son inquiétude pour l’avenir.
  Les débuts mettent en perspective l’âge de la Terre avec celui de l’humanité, rappel bienvenu à un peu de modestie.

   C
ette œuvre constitue un diaporama légèrement animé, une déclinaison des multiples ouvrages déjà réalisés par l’auteur.
Mais si, parfois, dans ses livres les commentaires pouvaient être agaçants tant on semblait lire ce qu’il fallait penser, ici, les propos sonnent juste. Il y a peu d’inexactitude et en effet, nous serions bien avisés de prendre en compte ses avertissements.
   Quelques remarques vont plus loin que la vulgarisation habituelle, en particulier cette démonstration du formidable pouvoir du pétrole (et donc de notre dépendance) par comparaison entre l’énergie humaine et l’énergie fossile. On reconnaît là, la patte de notre ami, Jean-Marc Jancovici.

 


   De belles phrases aussi comme celle-ci :


   " La déforestation détruit l’essentiel pour produire le superflu "

 


   Bien entendu quelques petits détails sont discutables comme cette ode aux éoliennes danoises. Il n’est pas certain que couvrir la mer d’éoliennes géantes soit la panacée et surtout, le Danemark qui est une presqu’île se trouve dans une situation très favorable dont bénéficient bien peu d’autres nations. Enfin n’oublions pas que 80 % de l’énergie est là bas produite par d’autres sources, essentiellement fossiles.

 


   La question climatique est également simplifiée, même si les effets de seuil (via le dégazage éventuel du méthane du permafrost) sont  invoqués avec raison.

 


   Point très positif de ce documentaire, l’urgence est martelée.
  Yann Arthus-Bertrand nous donne dix ans. Certains disent trois, d’autres cinq ou même quinze. Ne discutons pas, de toute évidence, il nous reste fort peu de temps.

 

  Pour la première fois, à notre connaissance, Yann Arthus-Bertrand évoque la surpopulation, hélas, sans développer le sujet.

 


  Rappelons que toutes les solutions suggérées : une agriculture moins intensive et plus respectueuse de l’environnement, une utilisation massive d’énergies renouvelables, le respect des forêts primaires… supposent d’abord et sine qua non que nous soyons moins nombreux sur la Terre c'est à dire que nous nous reproduisions moins.
  Faute de quoi, ces méthodes seront insuffisantes pour nous alimenter et nous assurer un confort minimum.

 


   Afin de nous inciter à agir, la conclusion du film est optimiste et nous dit que tout n’est pas perdu. Souhaitons que notre talentueux cinéaste soit dans le vrai.

Par Didier BARTHES - Publié dans : Télévision
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