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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 08:15

 

 

    Les débats sur la taxe carbone alimentent aujourd’hui la presse. Son montant, son champ et ses modalités d’application, son évolution, son éventuelle redistribution et même sa véritable nature (constitue-t-elle un nouvel impôt ?) font débat.

 

    Le premier réflexe est de se féliciter que journalistes et ministres se donnent le mal d’analyser un problème complexe et tentent d’en concevoir aux mieux les conséquences.

     Les habitants de la campagne qui par force se déplacent un peu plus en voiture ne seront-ils pas lésés ? Et en ce cas, comment corriger ?  Les riches et les pauvres (en capital ou en revenus ?) seront-ils traités sur les mêmes bases ou bien doit-on imaginer un mécanisme compensateur ? Comment prendre en compte la consommation électrique sachant que le nucléaire et l’hydraulique fournissent, sans presque d’émission de gaz carbonique, l’essentiel de la production, mais que dans les heures de pointes on fait quand même appel aux énergies fossiles ? Faut-il alors taxer les seules heures de pointes ? Oui, mais c’est plus compliqué, et tout le monde ne dispose pas d’un compteur à double tarification.


    La difficulté s’accroît encore lorsque l’on essaye d’établir précisément les coûts : La bataille des chiffres est lancée. Combien en plus pour le sacro-saint litre de super ? Et pour un ménage, quel sera le montant de l’addition sur une année : 100, 150, 300 euros ?


    Alors la politique reprend ses droits, chacun accusant l’autre de favoriser ou défavoriser telle ou telle catégorie.


    Parions pourtant qu’à l’avenir les subtilités de ce débat nous paraîtrons bien mesquines car c’est une véritable guerre que l’humanité s’apprête à mener dans le siècle qui vient tant sur le plan de l’approvisionnement énergétique que sur celui plus général de l’environnement.


    Nous nous dirigeons à l’horizon de trois ou quatre décennies vers un monde sans pétrole et à un terme plus bref encore, quinze ou vingt ans peut être, vers un monde où le pétrole coûtera cinq, six ou même dix fois ce qu’il vaut aujourd’hui.

    Autant dire que se demander si la taxe carbone amputera notre budget personnel de 180 plutôt que de 160 euros en 2010 ou savoir si telle ou telle catégorie de citoyens paiera quelques pour cent de plus que telle autre ressemble à la querelle des petits et des gros-boûtistes (1).
    Dans quelques années, du fait de la déplétion pétrolière, c’est non par centimes mais par milliers d’euros que se chiffrera le surcoût de la facture énergétique si nous voulons garder notre de  mode de vie.

 

    Il ne faut pas se tromper de combat, et laisser l’emporter les querelles démagogiques de court terme. Concentrer le débat sur ces détails, c’est ne pas comprendre la nature du problème. La taxe carbone et plus globalement une augmentation du prix réel de l’énergie, sont inéluctables.

    Nous avons par notre nombre, comme par notre façon de vivre, consommé le capital de la planète. Nous devrons bien payer un jour. Ajoutons que nous paierons fortement et prochainement.
     Ne nous battons pas pour des centimes aujourd’hui quand c’est toute notre civilisation que nous devrons revoir demain.


    Que les associations de consommateurs poussent des hauts cris ne fait que souligner leur  inconscience du problème !
    Il est d’ailleurs amusant de voir comme le prix de l’énergie (et de l’essence en particulier) est sensible car, dans le même temps, les impôts locaux, auxquels il est pourtant encore plus difficile d’échapper, augmentent régulièrement  sans que cela ne provoque de telles réactions ni n’engage de tels débats.


(1) Dans les voyages de Gulliver, les peuples se disputaient pour savoir si l'on devait manger les oeufs par le gros ou le petit boût.

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Published by Didier BARTHES - dans Energie
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Vlad 30/08/2009 16:38

Relativisme, je ne saisis pas bien. En revanche, il y a une part croissante d'économicisme dans les politiques environnementales que révèle très bien ce type de mesure. On commence à trouver des analyses un peu fouillées sur cette tendance : http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/08/01/ce-que-revele-la-%c2%ab-taxe-carbone-%c2%bb/

Jean-Christophe VIGNAL - Didier BARTHES 05/09/2009 16:47



par relativisme je voulais inciter à relativiser le coût des mesures regroupée sous la taxe carbone. C'est un prix très inférieur à ce que nous coûtera l'énergie dans  quelques
décénnies compte tenue de la déplétion gazière et pétrolière qui s'annonce.
Merci pour les références que vous indiquez.
Sincèrement
Didier Barthès



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