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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 20:49

 

     A quelques semaines de l'ouverture de la conférence de Copenhague,  le dioxyde carbone (1) risque de  se trouver au coeur de l'actualité écologique. C'est l'occasion de faire le point.  Ou en sommes nous ?  A quel rythme progresse  la concentration en CO2 ?

 

     Nous disposons depuis 1958 d’une série homogène de mesures réalisées dans les mêmes lieux et dans les mêmes conditions sur le volcan Mauna Loa, à Hawaï. 
    Depuis mars 1958 en effet, tous les mois, l'ESRL (Earth System Research Laboratory)  mesure le nombre de parties par millions (ppm) de dioxyde de carbone présentes dans notre atmosphère.

      Les chiffres et les graphiques  ci-dessous indiquent la proportion de molécules de ce gaz dans le total des molécules atmosphériques,  (la vapeur d'eau étant exclue de ce même total). Le résultat est ensuite  multiplié par un million pour en faciliter la lecture (2).


Concentration du CO2 sur les 5 dernières années.


 

    La courbe rouge correspond aux valeurs mensuelles moyennes telles qu'elles sont mesurées.   La courbe noire représente ces même valeurs désaisonnalisées.
    En effet, les émissions de CO2, proviennent principalement de l'hémisphère Nord et sont  donc maximales dans les mois d'hiver (3) tandis que la consommation de ce gaz par la végétation (également majoritaire dans l'hémisphère Nord) connaît naturellement un pic printanier.
    Il en résulte, avec un temps de retard, une évolution fortement  saisonalisée présentant  un maximum au printemps et un minimum  au début de l'automne.
      On note la progression permanente de la proportion de gaz carbonique. Il n'y a aucun répit, à peine d'infimes inflexions du taux de croissance.


Concentration du CO2 sur les 50 dernières années.

  Prenons du recul, voici maintenant les mêmes données, cette fois  de mars 1958 à septembre 2009 (avec la même signification respective des courbes rouges et noires).



    Là aussi, la régularité du phénomène est impressionnante nous enrichissons l'atmosphère en dioxyde de carbonne sans discontinuer depuis le début des mesures.
      En 1959 la moyenne annuelle était de  315,98 parties par millions, 49 ans après, en 2008, elle s'élevait à 385,16 ppm !
     Nous enregistrons donc en 49 ans, une croissance de 69,18 ppm soit une hausse de 21,9 % .Cette augmentation correspond à  une élévation de + 1,41 ppm par an  soit un taux de progression annuel de + 0,4 %.
     Rappellons qu'il ne s'agit pas là des émissions qui, elles, ont crû  plus vite encore, mais bien de la quantité de gaz carbonique présente dans l'atmosphère dont nous changeons ainsi significativement la composition.
 
   Voici maintenant les valeurs moyennes  pour les années marquant l'entrée dans chaque décennie.

1960  : 316,91 ppm
1970  : 325,68 ppm (+   8,8 ppm soit + 2,8 % par rapport à 1960)
1980  : 338,68 ppm (+ 13,0 ppm soit + 4,0 % par rapport à 1970)
1990  : 354,16 ppm (+ 15,5 ppm soit + 4,6 % par rapport à 1980)
2000  : 369,40 ppm (+ 15,2 ppm soit + 4,3 % par rapport à 1990)
2009  : 387,35 ppm (+ 17,9 ppm soit + 4,9 % par rapport à 2000 /9 ans*)


  Globalement, il y a donc sur les  cinquantes dernières années :

-  Croissance de la quantité de CO2 présent dans l'atmosphère
- Croissance de la croissance absolue. On passe d'environ plus 10 ppm par décennie à plus 15  ppm par décennie et même plus 20 ppm pour la dernière *.
- Croissance du taux de croissance puisque l'on passe d'une progression d'un peu moins de  3% par décennie à une augmentation régulièrement supérieure à  4 % sur la même durée !


  On reconnaîtra là un phénomème exponentiel et donc potentiellement extrêmement dangereux s'il devait se prolonger durablement.

   (*) Précisons pour les chiffres de l'année 2009 que :   + 17,9 ppm et +  4,9 % sur 9 ans correspondent respectivement à environ à + 19,9 ppm et + 5,4 % sur 10 ans (il faut ramener ces données sur une telle période pour  les rendre comparables aux précédentes). Ceci confirme clairement l'aggravation de la situation. (cet article publié en 2009 a été mis à jour en février 2010 et prends donc en compte les données 2009)

 

Notes:

 (1)   Rappelons tout d’abord qu’en terme quantitatifs ce composant représente une partie mineure de notre atmosphère : moins d’un demi millième. 0,39 millième environ en 2009 (exprimé en ppm).
Il arrive en quatrième position très loin derrière les trois principaux qui sont : l’azote (diazote : N2 : 78 % en masse), l’oxygène (dioxygène : O2 : 20 % en masse) et l’argon (Ar : environ 1 % en masse). Notez que la vapeur d’eau  (H2O) n'est généralement pas prise en compte dans le total atmosphérique car sa part est très variable (localement et temporairement-localement) . Elle représente  globalement de  l’ordre de 1 % de la masse atmosphérique.

   Bien sûr, en terme d’ effet de serre, le dioxyde de carbone  joue un rôle très supérieur à ce que sa faible proportion pourrait laisser supposer. Seule la vapeur d’eau, présente en beaucoup plus grandes quantités,  génère  un impact plus important sur notre climat. Cependant  la vapeur d’eau n'est pas perçue comme un  polluant et nous avons peu  d'influence directe que se soit sur son émission (essentiellement due à l’évaporation océanique) ou sur  son temps de latence dans l’atmosphère avant qu’elle ne se condense sous forme de nuages et ne tombe sous forme de pluie.

   Le méthane (CH4) constitue également un remarquable gaz à effet de serre mais les quantités en cause sont véritablement minimes par rapport au CO2 (un peu moins de 2 parties par million contre 390). Même si une molécule de méthane est beaucoup plus efficace pour piéger les rayonnements infrarouges, en une dizaine d’années elle se transforme en molécule de CO2  par réaction avec les autres composants atmosphériques.  A terme, c'est donc bien la teneur en CO2 qui est déterminante.

   Cette transformation rend d'ailleurs très difficile la comparaison entre l’efficacité des différents gaz en terme d’effet de serre car il faut d’abord préciser à quelle échéance on raisonne. 
    Ajoutons toutefois que le méthane pourrait subir de brusques élévations de sa concentration si, comme le supposent certains scientifiques, sous l’effet du réchauffement climatique, les fonds océaniques ou le permafrost en relâchaient d’importantes quantités.
 
   Pour plus de  précisions sur la question générale des gaz à effets de serre, voir les pages qu'y consacre le site Manicore de M. Jean-Marc JANCOVICI .


  (2)  L'ensemble des données (chiffres et graphiques) utilisées dans cet articles  sont disponibles sur l'excellent site de l'ESRL qui est un laboratoire du NOAA (National Oceanic and Atmosphéric Administration).  Vous trouverez sur leurs services internet  respectifs (en anglais) des données très complètes sur l'ensemble des études qui y sont conduites.  Les informations les plus précises sur le dioxyde de carbone se trouvent dans  les pages "Carbon Traker" du même site.

   Précisons que les chiffres fournis par le NOAA pour l'année en cours (2009 donc) sont provisoires, et devront être validés et éventuellement corrigés, cela ne change rien, bien entendu, ni aux ordres de grandeur, ni à nos conclusions.

(3) Mois d'hiver de ce même hémisphère cela va de soi.

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Published by Didier BARTHES - dans Climat
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