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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 17:48

 

 

    Avec la réunion de Solaise s’est achevé le 4 février dernier le cycle de conférences Panorama 2010  organisées par  l’IFP * qui propose tous les ans  un ensemble d’interventions autour de notre avenir énergétique. Cette année le thème était :

  
   Quelle ressources en matières premières pour un système énergétique durable ?


    L’impression générale est celle d’un relatif apaisement face aux perspectives de déplétion. Si, bien sûr,  à long terme, nous nous dirigeons  inévitablement vers un épuisement des ressources fossiles (nous sommes dans un monde fini ), Monsieur Olivier Appert, président de l’IFP a mis l’accent sur certains facteurs susceptibles de repousser les échéances et donc d'atténuer les tensions et les difficultés à moyen terme.

 

 

   -  La reprise à un niveau élevé des exportations de pétrole par l’Irak. La production irakienne pourrait remonter et passer de 2,5 millions de barils par jour à 6,5 Mbj ** (sur un total mondial d’environ 85 Mbj).

  
   - La crise économique qui a réduit la pression sur les approvisionnements. Ainsi, la demande de pétrole a baissé pour la première fois depuis le choc de 1979 et la demande de gaz a, pour sa part, connu sa première chute depuis la seconde guerre mondiale.

  -  La mise en production de nombreux gisements gaziers non conventionnels en particulier aux Etats-Unis. Ces réserves appelées shales gaz étaient déjà connues depuis longtemps mais leur exploitation restait délicate.
      Les shales gaz sont stockés dans les roches de façon plus diffuse que les ressources traditionnelles. Leur exploitation nécessite une fracturation différente du substrat et réclame un grand nombre de puits. Ces difficultés techniques sont en voie d’être surmontées. De telles réserves existent peut-être partout où l'on trouve du gaz et  notamment en Russie. Elles pourraient s'avérer considérables et modifier sensiblement le panorama énergétique futur.

 

 
 

    Madame Manoëlle Lepoutre (société Total) a rappelé que la croissance démographique tirait  tendanciellement la consommation énergétique vers le haut.
    Comme M. Appert, elle a souligné l’intérêt et le potentiel probablement très important des shales gaz.
    Elle estime que les énergies d’origine fossiles devraient, dans les années à venir, voir leur poids dans la production d’énergie mondiale passer de 80 à 70 ou 75 %.
    Madame Lepoutre a conclu  sur la nécessité de donner un fort signal prix sur le CO2 si l’on souhaite voir l’ensemble des acteurs, et en particulier la Chine, prendre sérieusement en compte cette question.

 

 

 

    De son coté Monsieur Christophe Béhar (CEA), évoquant les ressources en combustible nucléaire a fait un vibrant plaidoyer pour le développement de la filière nucléaire à neutrons rapides (les surgénérateurs).

   Cette filière parfois qualifiée de quatrième génération (la troisième étant le fameux EPR en cours de construction) permet d’utiliser et même de réutiliser une plus grande partie du combustible nucléaire.

   Cette faculté se traduirait, selon Monsieur Behar, par une multiplication par 100 de la capacité des réserves d’uranium à produire de l’énergie. La déplétion se trouverait ainsi repoussée à un horizon très lointain (on parle de 3 000 ans, mais il est vrai que l’on ignore tout de nos besoins à de telles échéances).

   Enfin, et ce n’est pas le moindre des avantages attendus, l’utilisation plus complète des éléments radioactifs limite sensiblement la production de déchets, notamment de produits tels le Neptunium, le Curium ou l’Américium.

   Astrid sera peut-être Le prochain réacteur expérimental français (après Phénix et Superphénix). Selon M. Behar, qui appelle à sa réalisation, il sera de conception plus sûre que ces prédécesseurs et devrait, si sa fabrication est confirmée, voir le jour peu après 2020.

 


  Enfin, Monsieur Bernard Chaud (société Tereos) a proposé un panorama des ressources de biomasse. M. Chaud a évoqué l’apparition de nouvelles générations de semences  plus productives. La croissance des rendements constitue un facteur clef de  la rentabilité de ces ressources. M. Chaud a par ailleurs minimisé les conséquences écologiques de ces productions que plusieurs auditeurs avaient soulignées.


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Conférences à Paris le 28 janvier 2010 et à Solaise (près de Lyon) le 4 février 2010.


Intervenants  à Solaise et sujets de leurs exposés :


M.Olivier APPERT : Président de l’IFP : Panorama énergétique mondial 2009.


Mme Manoëlle LEPOUTRE : Directrice du développement durable et de l’environnement de Total :  Les ressources en hydrocarbures et le système énergétique du futur.


M. Christophe BEHAR : Directeur de l’énergie nucléaire au CEA : Les ressources en combustibles nucléaires et l’enjeu du recyclage.

M. Bernard CHAUD : Directeur Biocarburants de Tereos : Les ressources en biomasse pour les usages énergétiques.


(*)   IFP : Institut Français du Pétrole
(**) Mbj : Million(s) de barils par jour (un baril = 159 litres).




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Published by Didier BARTHES - dans Energie
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commentaires

Dominique F 28/01/2012 09:31

Où en est-on de cette histoire de développement de la filière à neutrons rapides ? L'exemple français, n'est pas très probant pour l'instant (abandon du seul réacteur : Superphénix)!

Didier BARTHES 09/01/2013 15:28



En effet, la question reste en débat. Depuis les difficultés de l'EPR, j'ai l'impression qu'on se recentre déja sur la possibilité de rendre opérationnelle cette
nouvelle version de la filière traditionnelle.



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