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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 11:32

Après Nagoya, certains sont optimistes. Il est vrai que des avancées dans la gouvernance écologique mondiale ont eu lieu : signature du protocole sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages tirés de leur exploitation, et création de l’IPBES (International Platform on Biodiversity and Ecosystem Service, l’équivalent du GIEC pour la biodiversité) mise sur les rails et probablement ratifiée à Cancun. Et ces avancées ne se font pas sans combat, rappelons-nous seulement que la Convention sur la Diversité Biologique date de 1993. On peut alors comprendre le sentiment de ceux qui ont bataillé pour obtenir un tel accord, comme Sandrine Bélier, députée Europe Ecologie et membre de la délégation du Parlement Européen (1), ou celui plus distancié de  Hubert Reeves (2) pour qui «l’important est d’avancer !»

 

Mais comment aussi ne pas voir que ces grand-messes ne sont souvent que l’occasion de constater la dégradation continue de notre biotope et de proclamer des objectifs revus à la baisse. Ainsi Nagoya choisit en terme de zones marines protégées l’objectif de 10 % en 2020 alors qu’il avait été prévu 20 % à Johannesburg en 2002 (3). Comment pourrait-il en être autrement alors que le nombre d’hommes sur terre continue à croître et que la consommation de biens matériels par individu ne fait elle aussi qu’augmenter ?  Cette double croissance oblige nos négociateurs à des positions réalistes pour être acceptables … mais insuffisantes face aux enjeux, car ne l’oublions pas, tous nos indicateurs sur l’état de la planète sont en train de virer au rouge.

17 ans pour passer de la Convention sur la Diversité Biologique à la création de l’IPBES, et 40 ans que la question écologique est sur le devant de la scène … en matière de respect de notre planète nous calons notre calendrier de la même façon que nous le faisons pour les autres affaires humaines ; c’est seulement oublier que les forces de dégradation de notre biotope sont massives et que les effets de seuils qui nous ont longtemps protégés (et aveuglés aussi) peuvent désormais déclencher des phénomènes incontrôlables à notre échelle.

Dans ce contexte, il n’est pas possible d’évaluer les progrès enregistrés lors de ces rendez-vous internationaux à l’aune habituelle. Pire, ces petits progrès, ce sentiment d’avoir bien travaillé masquent le fait que nous n’avons pas pris les décisions qui s’imposent.

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1 : Un accord mondial sur la biodiversité est encore possible. Sandrine Bélier in Terra Eco 29-10-2010.

2 : Grenelle, Nagoya … l’important est d’avancer !  Hubert Reeves in Terra Eco 03-11-2010.

3 : Pour info, il y aurait aujourd’hui 1 % de zones marines protégées.

 

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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Actualités
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  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
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