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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 10:03

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" Quelque chose va mourir qui méritait d’être défendu " : 

                                                            Extrait de L'Adieu au Tigre d'Armand Farrachi (1)

 

 Comment dire en moins de mots notre échec et notre honte ?

 Ecologiquement, défendre le tigre est essentiel, c’est, avec le lion, le plus grand prédateur terrestre (2), il participe en ce sens à l’équilibre naturel et à la bonne santé des populations qui constituent ses proies. Le jeu de la sélection naturelle est cruel, mais il est redoutablement efficace. C’est à la puissance des grands félins que nous devons la course et l’élégance de l’antilope et de tant de grands herbivores. Certes, d’autres espèces, moins emblématiques, sont menacées, mais dans leur catégorie, lions et tigres sont les seuls et nul ne viendra les remplacer. De plus,  le tigre ne se trouve qu’en Asie où le lion est rarissime.

 Mais une raison plus importante encore justifie ce combat.

 La présence du tigre étant durablement impossible à proximité de l’homme et de sa civilisation, sa défense impose de lui accorder de vastes espaces et là est le cœur de la question.

Cette démarche, parce qu’elle suppose une limitation et même un recul de l’occupation humaine nous engage dans un nouveau rapport avec la nature : celui du partage et du respect.

 Cessons de nous considérer propriétaires de la planète. Cessons de voir en chaque territoire un espace à conquérir, en chaque espèce ou bien une ressource ou bien un adversaire.

 Notre actuelle domination est une double impasse : exécrable moralement, elle est physiquement intenable. Il n’a pas dans l’histoire de l’humanité de révolution plus fondamentale que ce changement de point de vue. Pas de révolution plus difficile, pas de révolution plus nécessaire, mais aussi, et c’est admirable, pas de révolution plus tendre et plus pacifique.

 J’ignore si par une suite de funestes enchaînements, la disparition du tigre conduira sous peu à celle de l’homme, mais je tiens pour certain que notre survie, dans un monde dont nous aurions éliminé le tigre, serait une indécence.

" La beauté sauvera le monde "

 

 

(1) Armand Farrachi, l'Adieu au Tigre, Editions IMHO, octobre 2008.

 

tigre2

4ème de couverture :

"Quelque chose va mourir, qui méritait d'être défendu"... La disparition du tigre, espèce condamnée, confirme que la nature est à l'agonie. Écrire encore des romans dans un monde qui meurt, n'est-ce pas "chanter tandis que Rome brûle" ? Entre colère et désespoir, L'Adieu au tigre n'est pas seulement une tentative de roman à la poursuite d'un animal déjà presque mythique, mais aussi un essai documenté sur une extinction, un récit de voyage dans une Inde qui perd ses vaches, ses tigres et son identité, une imprécation misanthropique, le souvenir d'une enfance entre les mots et les images, la chronique de la fin d'un monde. L'Adieu au tigre, est-ce la forme absolue de l'adieu ?

  (2) L'ours blanc est certes un peu plus massif, mais l'essentiel de ces proies sont maritimes, en cela ce n'est pas à proprement parler un prédateur terrestre.

 

 

Le wwf propose de participer à la défense du tigre, vous trouverez une pétition en ce sens à signer sur :

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Published by Didier BARTHES - dans Biodiversité
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commentaires

vieux-rat 12/09/2010 18:59


L'adieu au Tigre signe l'Adieu à l'Homme.
L'extermination d'une espèce démontre s'il en était besoin que la notre est exterminable en sus d'exterminatrice.
Les grands prédateurs sont fragiles, ils dépendent des proies qu'ils chassent. Or l'humain détruit l'environnement de ses proies, donc le sien ...

L'humain semble faire comme ses prédécesseurs disparus, après avoir détruit toutes ses proies, il disparait.
Seule différence de taille, l'humain emmène dans sa disparition de très nombreuses espèces.


Didier Barthès 13/09/2010 11:48



Bonjour,


Que notre espèce puisse disparaître, cela est en effet de l'ordre du possible (et même, sans doute, du certain à longue échéance). Que si elle disparaisse cela soit
de sa propre faute est également fort probable. Par contre je ne partage pas votre point de vue sur l'identité des causes. Les espèces n'ont pas disparu dans le passé pour avoir exterminé leurs
proies, si elles tuent trop de leur proies, elles même commencent à décliner et un équilibre se fait à un autre niveau (inférieur) et dés que les prédateurs sont moins nombreux, de nouveaux les
proies retrouvent du poil de la bête. Les disparition passées des espèces ne sont généralement pas le fait de leur comportement mais de changement climatiques progressifs ou brutaux (voir
extrèmement brutaux dans le cas de chute d'astéroïde).


Le cas de l'homme est particulier, non seulement il menace des espèces par son comportement, mais il les menace toutes (au moins toutes celles qui sont au-delà d'une
certaine taille). Comme vous le soulignez les prédateurs sont les plus fragiles.


 Je pense pour ma part qu'il n'y a pas de place sur cette planète pour 7 (et bientôt 9) milliards d'hommes et une faune riche et variée. Si vous souhaitez
plus d'informations sur ce point de vue, vous pouvez consulter le site de l'association Démographie Responsable



franck 04/08/2010 19:28


Le destin de toute espèce est sa disparition. Plus ou moins rapide selon sa capacité d'adaptation. Pour les grands félins hélas, leur sort est scellé et la messe dite. Pas de pot, ces espèces ont
rencontré sur leur chemin un prédateur ultime, immensément adaptable et capable de coloniser efficacement tous les milieux. C'est donc cuit. On n'a pas de leçon à donner à ces peuples non plus dans
un pays où cela fait des centaines d'années où on a exterminé tous les prédateurs concurrents. Allez donc expliquer à un indien qui a 8 bambins à nourrir de ne pas cultiver et défricher le champs
juste à côté. Se donner bonne conscience en espérant expliquer aux pauvres comment sauvegarder ce qu'on a nous mêmes détruit, alors qu'une de nos poubelles peut nourrir un village malien n'est que
cynisme.


Didier BARTHES 08/08/2010 15:33



Que nous n'ayons moralement guère de leçon à donner sur la protection de la nature  alors même que nos sociétés ont depuis longtemps exterminé toute mégafaune
est certain. C'est vrai, il y avait des lions dans toute l'Europe avant que l'homme ne s'y installe.


Pourtant, il nous faut bien passer par dessus cette "incohérence morale". Il n'y a pas d'autre solution pour sauver les grands animaux. Une erreur faite une fois n'a
pas forcément à être reproduite ailleurs.


Cela dit, sur l'espoir d'arriver à un résultat tangible.... le titre de l'article comme celui du livre auquel je fais référence exprime clairement de quel coté
penche mon pronostic.



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