Partager l'article ! L'anti-écologique ou la France des 40 dernières années.: Pourquoi la France ? Parce qu’elle est notre pays et q ...
Pourquoi la France ? Parce qu’elle est notre pays et que nous en sommes responsables … même s’il faut reconnaître que le chemin suivi, hormis peut-être le choix massif et persistant du nucléaire civil, n’a guère été différent de ceux des pays comparables.
Pourquoi parler des quarante dernières années ? Simplement parce qu’un désir de retour à la nature et la révolte contre la société de consommation ont éclaté à la fin des années 60, avec dans la foulée la publication d’une somme de réflexions et de rapports portée par un mouvement écologique naissant. Parce que depuis le début des années 70, il n’est pas possible pour un responsable politique ou un citoyen informé de n’être pas au courant de la rupture grandissante des équilibres de notre biotope. Bref, nous connaissions l’urgence écologique ; or qu’avons-nous donc fait depuis ?
En apparence nous avons fait beaucoup de progrès.
Sur le plan politique, un mouvement minuscule – rappelons-nous le 1% de René Dumont à la présidentielle de 1974 – est devenu la troisième force politique du pays, le ministère de l’écologie est devenu le ministère majeur, et le principe de précaution est même devenu un principe constitutionnel.
Sur le plan économique, le concept de développement durable et son corollaire la croissance sélective sont partagés par l’ensemble ou presque des acteurs. La consommation des produits écolos ou bio poursuit une croissance ininterrompue depuis 30 ans. Et les produits énergivores sont dorénavant encadrés par des normes strictes, avec une fiscalité accompagnatrice comme sur les voitures.
Quant aux media, pas un jour sans nous diffuser des émissions sur la nature, sans nous inciter à modérer notre consommation ou à modifier nos comportements.
En quarante ans, nous avons :
Or, tout ceci a un impact direct sur notre empreinte écologique.
Il faut le dire, la France d’il y a quarante ans, celle du début des années 70, même si l’écologie était une question marginale pour beaucoup, était bien plus écologique ! Autrement dit, nous n’avons pas seulement perdu quarante ans pour adapter notre pays au respect de notre biotope, nous avons aggravé de façon lourde notre impact sur le territoire que nous occupons tout en parlant de plus en plus ‘vert’. Et les Français d’aujourd’hui, au-delà de la maîtrise des mots de l’écologie et du développement durable, sont sans doute sur un plan pratique moins préparés que ceux d’il y a quarante ans à vivre en réduisant leur empreinte écologique.
Concrètement nous nous pensons écolos en nous contentant d’une douche par jour, en recyclant nos bouteilles en verre, en achetant du lait bio et en prenant le TGV pour partir en week-end alors que l’empreinte que nous faisons peser sur notre biotope n’a jamais été aussi forte.
Mais sommes-nous prêts à préparer nos repas à partir d’aliments non-transformés en y passant le temps nécessaire comme le faisait nos grands-parents ? A payer plus cher notre nourriture et notre logement afin que ceux-ci soient conformes à des normes bio ? A acheter moins de vêtements, moins de gadgets, moins de meubles ? A nous contenter de produits majoritairement locaux ? A garder nos télévisions, nos ordinateurs et nos téléphones au moins 10 ans ? A ne partir en vacances avec nos voitures qu’une ou deux fois par an à quelques centaines de km de nos domiciles ? A ne plus prendre l’avion pour visiter des pays lointains ou même un peu éloignés ? A ne pas avoir plus de 2 enfants par couple ? A changer de travail si nous travaillons dans un secteur qui doit décroître ?
Sommes-nous prêts à vivre plus sobrement et à partager cette aventure ensemble ? Comment faire, comment passer d’une France de plus en plus anti-écologique dans la réalité de ses comportements à une France responsable ? C’est bien le défi des prochaines années et un axe de réflexion à la fois inconfortable et stimulant pour ceux qui veulent une terre vivante.