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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 10:24

Les récents projets d’interdiction des villes ou au moins de leurs centres aux véhicules les plus anciens illustre l’une des dérives les plus désolantes à laquelle la protection de l’environnement puisse donner lieu. Ce n’est pas la première fois que la conscience écologique fait fausse route, favorise le gaspillage et sert de prétexte à une défense des industries et des comportements les plus polluants mais nous atteignons là un summum. Cette dérive était déjà le fait des publicitaires (1), on pouvait le comprendre, mais là c’est au nom de la protection de l’environnement qu’on la promeut !

Combien faudra-t-il de temps ou de kilomètres pour que le faible différentiel de consommation entre anciens et nouveaux véhicules déja fortement amoindri par l’augmentation de la puissance et du poids des automobiles viennent rendre écologiquement favorable la construction d’une nouvelle voiture et la destruction accélérée de la précédente ?

Du fait de l’utilisation de ses produits et de l’empreinte gigantesque qu’elle suppose sur le biotope, l’industrie automobile est l’une des plus destructrice de la nature. Eh bien cette industrie trouve dans les lois de défense de l’environnement un de ses plus fervents soutiens. On rêve, on cauchemarde, Ubu prend le pouvoir.

A la base d’un comportement écologique devrait se trouver la promotion de la durabilité des objets. C’est exactement le contraire que l'on nous propose. Changez votre auto (pour une plus puissante dans 95 % des cas, avec climatisation systématique et qui bientôt devra rouler phares allumés même en plein soleil), changer votre chaudière, changer votre ampoule (tant pis si la nouvelle contient du mercure) changez changez  changez… Et si vous ne changez pas, vous aurez une taxe, une interdiction… La vie douce, la vie modeste qui entretient et soigne les objets, ce comportement qui devrait constituer notre modèle devient ainsi la cible de ceux qui se font les héros de la lutte pour l’environnement.

Ce besoin de changement touche tous les domaines et se généralise à la vie privée comme aux biens collectifs. Combien de fois entend-on : Cet avion, cette usine, cette centrale a plus de 20 ans ? Comme si l’outil industriel lui aussi devait se plier aux caprices de la vie accélérée. Or il est normal que cet outil dure, c’est la garantie même de sa rentabilité. Construire pour durer, et faire durer quand les choses existent devrait être notre vade mecum. Si une centrale électrique ne doit durer que 10 ans, alors, non seulement l’électricité coûtera plus cher mais sa production générera in fine beaucoup plus de troubles à l’environnement et beaucoup plus de déchets du fait même d’un recyclage nécessairement plus fréquent.

L’action frénétique est une cause essentielle de la dégradation du monde. Un peu de « non agir », un peu de temps sont les ingrédients essentiels d’une vie durable et d’une humanité supportable pour le monde.

 

(1) Ce sujet avait déjà été abordé dans l’article "les dérives de la publicité"

 

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Published by Didier BARTHES - dans Billets d'humeur
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