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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 20:10

 

    Il y a eu les nouveaux philosophes, il y a les nouveaux écologistes. Des gens qui pensent que l’écologie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux écologistes et s’invitent au débat. Economistes ou politologues, ils ont compris que la question écologique est et restera une problématique majeure dans le siècle. Ils sont pour une écologie raisonnable, rationnelle et positive. Ils veulent une écologie gestionnaire et efficace, et ils n’hésitent pas à critiquer voire à brocarder ces vieux écologistes indécrottables issus de la contre-culture, souvent passionnés de végétarisme et de décroissance. Pour un peu, ils les accuseraient d’avoir transformé l’écologie en un truc tellement indigeste que les écolos seraient un peu responsables du retard de nos sociétés à s’engager dans une logique de développement durable.

 


    Les nouveaux écologistes, ce n’est pas une école, pas même un cercle de réflexion, juste une galaxie d’intervenants partageant une même culture économique et politique raisonnable. Et optimiste. Ceux-ci ont bien compris qu’une croissance matérielle infinie pose problème dans un monde fini, mais ils savent aussi que la science et la technologie sont là pour repousser les limites ; ils savent bien que l’histoire depuis 120 ans a continûment donné tort à Malthus et que l’homme moderne a plus d’un tour dans son sac pour contourner les contraintes physiques et sociales. Faire voler le plus-lourd-que-l’air ? Nous savons. Aller sur la Lune ? Nous savons. Faire de l’ingénierie sociale ? Nous savons. Gérer le trou d’ozone ? Nous savons. Quand nous voulons, nous pouvons.

 


    Alors, ils sont bien d’accord pour remercier les écologistes d’avoir attiré l’attention du monde sur les limites de la planète, pour citer René Dumont à l’occasion(1), oui là-dessus ils sont d’accord, les nouveaux écologistes. Mais pas question d’aller plus loin, pas question de rentrer dans une logique de privation, ou pire encore de cautionner les discours catastrophiques qui ne pourraient que remettre en cause le fragile équilibre politique de nos démocraties et ouvrir la porte à on ne sait quelles aventures.


    Pour les nouveaux écologistes, l’urgence c’est de mettre le paquet sur la voiture électrique, sur le ferroutage et sur le solaire photovoltaïque ou l’éolien, sans oublier pour beaucoup d’entre eux le nucléaire.


    Leur idée de l’avenir : des déplacements en voitures ‘propres’ et en avions efficients, des habitats à énergie positive, une circulation des marchandises construites autour d’un réseau ferré intelligent et de lignes maritimes calculées, une place majeure faite à la recherche et développement ; leur idée du présent : un formidable défi à relever, avec des secteurs économiques entiers à inventer ou à reconstruire, un peu comme après une guerre. En un mot, derrière le greenbusiness, il y a de nouvelles Trente Glorieuses qui se profilent.

 
    Ils ? Entendez Jean-Paul Fitoussi dénonçant ‘l’extrême écologique’(2), Christophe Barbier conseillant à Europe Ecologie d’abandonner leurs débats sur la croissance et défendant l’avenir politique d’une écologie positive(3), Philippe Jurgensen promouvant ‘l’économie verte’(4), Yves Thréard vent debout ‘contre une écologie pénalisante, négative, à l'image de la taxe carbone’(5), ou Jacques Marseille qui ne voit, dans les prémices d’un Etat écologique symbolisés par la taxe carbone, que la simple continuation de l’hyper-état français, bien peu sensible à la faible capacité d’arbitrage de ses citoyens(6).

     Et peut-être peut-on aussi joindre à ces optimistes(7) que sont ces nouveaux écologistes ceux qui comme Philippe Frémeaux(8) ou Hervé Le Bras considèrent sans inquiétude majeure l’augmentation prévisible de la population mondiale à 9 milliards en 2050, en insistant sur la tendance à la baisse du nombre d’enfants par femme ? Ils défendent l’idée que l’alphabétisation des jeunes filles, le travail des femmes et un mode de vie plus urbain accentueront cette tendance : ainsi pourrions-nous échapper à toute nécessité d’une décroissance volontariste de notre démographie, si difficile à aborder dans nos sociétés marquées à la fois par l’injonction de croissance portée par les religions dominantes, par la politique nazie d’extermination mise en œuvre au siècle dernier, et par le refus de pouvoirs dictatoriaux comme l’est l’Etat chinois qui seul a osé promouvoir une politique autoritaire de contrôle des naissances.

      Néanmoins les faits sont têtus.

    Nous vivons dans un monde de plus en plus pollué par les gaz d’échappement de nos véhicules, les fumées de nos usines, les produits qui nous environnent au quotidien et la nourriture que nous absorbons, et nous commençons seulement à en voir les conséquences à travers la multiplication des allergies et des cancers, comme le dénonce le Professeur Belpomme qui nous somme d’agir ‘avant qu’il ne soit trop tard’ (9).

  
    Nous vivons dans un monde où la biodiversité régresse formidablement, et cette régression handicape notre avenir.


    Nous vivons dans un monde rongé par les tensions au sein des pays développés, avec des écarts qui s’accroissent si fortement entre riches et pauvres qu’ils bloquent l’établissement d’un vrai consensus. Et par des rancœurs et des tensions si profondes entre pays développés et pays pauvres ou émergents que tout effort partagé pour gérer notre planète est saboté par la prise en compte d’intérêts immédiats, dans un enchaînement impossible à rompre d’externalités négatives (10).

 

    Nous vivons dans une société sans consensus où seule la croissance matérielle sert de ciment dans la logique mortifère d’un toujours plus sans cesse revendiqué.

 

     Nous vivons dans un monde où nous nous croyons tout puissants car nous avons su faire voler des avions, aller sur la Lune et garantir un minimum de droits pour tous. Mais nous n’avons pas vu que tout cela n’a été possible que grâce à l’emploi de ce concentré d’énergie formidable qu’est le pétrole(11). Ce pétrole qui permet de s’affranchir des lois de la pesanteur, ce pétrole qui a remplacé la force physique de l’homme par les machines et permis de nous donner du temps pour apprendre, se cultiver, se distraire, se reposer, se soigner et inventer des objets que nos plus beaux contes n’avaient osé imaginer. Certes nous avons fait preuve d’intelligence, de sens du progrès et d’adaptation pour capter, maîtriser, utiliser cette énergie extraite des entrailles de la Terre, mais sans pétrole et sans énergie fossile nous ne sommes pas si puissants que nous voulons le croire.

 

    Or nous touchons dans un même temps aux limites de la capacité de la Terre à absorber les gaz à effets de serre provenant de la combustion des énergies fossiles et aux limites des réserves de ces mêmes énergies.

 

    Or nous vivons aujourd’hui dans un monde sans gouvernance efficace, avec une population mondiale croissante qui souhaite ardemment vivre sur le modèle occidental, et la Terre ne peut nous offrir les moyens de vivre à 9 milliards comme des américains, ni même comme des européens.

 

    Concrètement nous n’avons plus les moyens d’une croissance verte. Ce qui aurait été imaginable dans les années 70 du siècle dernier, juste après la première grande prise de conscience écologique, dans un monde à 4 milliards d’habitants, ne l’est plus aujourd’hui(12).

 

    Aujourd’hui, il nous reste à inventer et à mettre en place dans nos sociétés riches d’Occident un modèle de vie incroyablement économe par rapport au modèle actuel.

 

    Si nous avons pour objectif de diviser par 5 nos rejets de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, cela suppose une réduction de 4 % par an, sans oublier que dans ce domaine aussi la théorie des rendements décroissants s’applique. En clair, les gains de 4 % de la décennie 2040 seront bien plus difficiles à obtenir que les premiers gains. Une approche sérieuse voudrait donc que nous tentions une réduction supérieure à 4% les premières années.

 

    Il y a une autre raison pour agir vite et fort.

 

    Si c’est le modèle occidental qui sert de référence, alors il est urgent que nous mettions au plus vite en scène un modèle de vie basé sur la sobriété pour avoir une petite chance d’entraîner les déjà 3 milliards d’hommes qui veulent vivre demain comme le milliard que nous sommes. S’il faut frapper fort, alors il ne faut pas hésiter à abandonner dés demain ce qui ne nous est pas strictement nécessaire. Le transport aérien de marchandises ? Les voyages d’agrément d’un coup d’aile ? Les plats cuisinés pour lesquels nous dépensons 70 calories pour une seule ingérée ? Des centaines d’euros de jouets par enfant quand nos grands-parents se contentaient d’un seul, sinon d’une orange ?

    Il y a un recentrage à opérer sur les choses importantes, la nourriture qui doit être bonne et exempte de produits toxiques, le logement qui doit offrir un cadre de vie sain et agréable, le travail qui doit s’effectuer de manière conviviale, le temps nécessaire pour se parler et vivre ensemble, pour construire des rêves. Ce modèle de vie n’est pas compatible, il faut le dire, avec un environnement économique qui nous pousse à détruire des véhicules âgés de 8 ans au nom d’éco-bonus, dans une logique de fonctionnement toujours basée sur des flux croissants(13).

 

    Et ce n’est pas tout. Il nous revient aussi d’inaugurer dans un cadre démocratique la problématique d’une décroissance démographique. Nos pays d’Occident sont rarement autosuffisants sur un plan alimentaire et nous devons penser à laisser la place nécessaire pour les énergies non fossiles et pour ce que nous appelons les espaces utiles au maintien des équilibres naturels (zones sauvages, forêts, etc..). Si nous voulons vivre bien, en évitant par exemple d’avoir à choisir entre se nourrir et se déplacer comme on l’a vu lors du débat sur les agro-carburants, alors nous devons envisager d’être moins nombreux. Là encore, la puissance du pétrole nous a trompés en autorisant une agriculture intensive impossible à maintenir dans la durée.


    Cette décroissance volontaire peut nous heurter ; elle pose le problème de l’ingérence du pouvoir, même démocratique, dans l’intimité du noyau familial(14) et nous y sommes d’autant plus sensibles que cela touche à notre pouvoir de procréation(15). Faut-il envisager une interdiction de dépasser un certain nombre d’enfants ? Permettre d’acquérir ou d’échanger un droit à enfanter, sur le modèle des droits à polluer dans une logique de marchandisation de la vie ? Jouer simplement sur les allocations familiales, comme le propose Yves Cochet ? Observons qu’aujourd’hui, nous avons mis en place un système qui ne fait pas payer aux familles le vrai coût d’un enfant ; autrement dit les pouvoirs publics s’ingèrent dans le choix des parents en faisant prendre en charge par la collectivité une grande partie des coûts liés à l’enfant, qui est en quelque sorte subventionné : enseignement gratuit, crèches et repas scolaires à prix réduits, application du mécanisme du quotient familial dans le calcul de l'impôt sur le revenu.


     Cette décroissance démographique, peut non seulement nous prendre à contre-pied et renverser des habitudes pluri-millénaires, mais pose d’innombrables problèmes. Jusqu’ici nous n’avons pas pensé une société où nous serions moins : alors comment faire ? Comment gérer la transition démographique, avec beaucoup de personnes âgées et peu de jeunes ? Comment gérer les retraites ? Que faire des enseignants en surnombre ? Il y a beaucoup de questions à défricher et les réponses apportées seront aussi utiles aux pays hors Occident. Comment imaginer que le Bengladesh qui prévoit 250 millions d’habitants ne soit pas intéressé pour savoir comment ajuster sa population à des ressources durables ? Ou l’Inde ? Et tant d’autres…

 

 

    Il y a les nouveaux écologistes, il y a la réalité. Il ne s’agit pas d’être catastrophiste. Il ne s’agit pas d’être irréaliste. Il s’agit simplement de prendre les problèmes à bras le corps, sans démagogie, sans se raconter d’histoire. En ayant conscience des extrêmes tensions qui traversent un monde qui a été occupé, colonisé et fasciné par l’Occident. Et qui veut sa part du gâteau, comme disent les enfants. Alors il nous reste, vite, très vite, ici et maintenant, à mettre en scène un modèle de vie le plus sobre possible, le plus joyeux possible, le plus désirable possible(16), dans une geste si fortement formidable que nous serons amenés à nous dépasser vraiment. Si nous voulons survivre … et vivre(17) !

 


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(1) René Dumont a été le premier candidat écologiste à la Présidence de la République en 1974.

(2) in Du grain à moudre, France-Culture le 05.01.2010

(3) in C dans l’air, jeudi 3 décembre 2009 Copenhague : plutôt verts que morts !

(4) in L’Economie verte  paru en février 2009 aux éditions Odile Jacob.

(5) in Le figaro du 30.12.2009 ‘Sarkozy et le poison écologiste’

(6) in C dans l’air, 05.01.2010 La taxe carbone revient !

(7) Un bel exemple d’optimisme donné par Jean-Louis Caccomo, professeur à l'université de Perpignan in Les externalités, le marché et l’Etat : ‘Si la dynamique de croissance a pu, malgré tout, perdurer dans les pays développés, c’est que l’on est en droit de penser que les effets externes positifs ont été de nature à dégager les ressources permettant de compenser les effets externes négatifs. … la croissance a survécu au charbon, comme elle survivra sans doute au pétrole. Source : http://libertariens.chez-alice.fr/exters.htm

(8) Directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques, pourtant défenseur de la taxe carbone et familier des thèses écolos depuis des années. Voir sa position sur la démographie, très proche de celle d’Hervé Le Bras, exprimée in C dans l’air, 21 décembre 2009 Copenhague se moque du monde

(9) Avant qu’il ne soit trop tard, professeur Dominique Belpomme, Fayard, février 2007

(10) Sur ce sujet, voir notamment Joseph E. Stiglitz, Principes d’économie moderne, de Boeck Université, Bruxelles, 2003.

(11) Sur ce sujet, voir notamment Le plein s’il vous plaît J-M Jancovici et A Grandjean, Le Seuil, février 2006.

(12) Voir sur le même theme Stern: Rich nations will have to forget about growth to stop climate change in Guardian Friday 11 September 2009 ; ou Un futur désirable sans croissance est possible, mais... Jean Gadrey, professeur d’économie à l’Université de Lille, in Entropia, octobre 2009.

(13) Voir les développements de Cédric Lagandré sur ce même sujet. Il a publié récemment L’actualité pure : essai sur le temps paralysé aux PUF 10/2009 et La société intégrale chez Flammarion 09/2009.

(14) Ce point est bien souligné par Philippe Frémeaux in C dans l’air, 21 décembre 2009, précité.

(15) A contrario l’obligation de certaines vaccinations, qui disent tout de même que notre corps ne nous appartient pas complètement, ne nous choquent plus vraiment.

(16) Même Paul Aries, promoteur parfois un peu austère du thème de la décroissance, insiste désormais sur l’importance de rendre celle-ci désirable, voir Rendre la décroissance désirable interview à Libération en date du 02.05.2009

(17) En référence à la revue du même nom disparue dans les années 70, et au groupe éponyme constitué autour de Pierre Samuel.



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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Actualités
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Paing 14/03/2010 19:10


Permettez moi de douter des analyses de certains experts... Bien que je ne conteste pas le bienfondé de leur travail, le présent a souvent contredit leurs analyses passées! Ce qui ne demande aucune
analyse, c'est l'impasse dans laquelle notre système se trouve... Bientôt, la main d'oeuvre chinoise va être hors de prix: il va bien falloir trouver des plus pauvres pour faire leur travail...Or
ceux-ci pour être "performant" n'auront plus le loisir de se reproduire! Veuillez ne pas vous offusquer de cet humour quelque peu déplacé, mais je pense qu'il y a une certaine vérité derrière mon
propos. Il est évident que tant que l'industrie agricole sera "bénéficiaire": c'est à dire fera vivre l'industrie chimique, l'industrie pétrolière, les fabricants de matériels industriels et leurs
actionnaires, il n'y a aucune raison de penser un développement du bio à part à des fins démagogiques et marginales pour contenter une classe moyenne "consommactrice" de bon teint! Qui s'est soucié
de développement durable aujourd'hui dans l'isoloir, malgré la situation. Home ne passait pas à la télévision hier soir peut-être? Je ne sais pas, je ne regarde plus beaucoup la télévision... et
puis je ne suis pas politologue. D'aucuns se satisferont des résultats, ce n'est pas mon cas: j'ai le malheur de vivre et de voter dans le Languedoc-Roussillon! Du cybercafé où je suis on m'a
informé que la participation était de 40%: mais je m'éloigne du sujet.
Bonne soirée devant le poste!(perso, j'ai prévu autre chose!)


Paing Philippe 11/03/2010 18:56


Bonjour,
Sur quels critères établissez-vous que l'agriculture bio ne pourra pas nourrir durablement 10 milliard d'individu? Notre système d'agriculture, imposé par le besoin de main d'œuvre ouvrière, à
l'époque où elle était utile au système pour sa croissance, puis la formation de géant de l'agroalimentaire et de la chimie exerçant leur lobbyisme nous invite à penser que hors d'une
industrialisation de l'agriculture, point de salut. L'on peut remarquer que de ce fait l'agriculture subventionnée et industrielle des pays « développés » asphyxie nombre d'agriculteurs
des pays « émergeant »(on se demande en quoi ils émergent!?) rendant les population locales dépendantes d'une « aide » aggravant le processus de dislocation de ces sociétés. Or
l'agriculture classique par sa recherche permanente de compétitivité nous amène vers un abandon des terres cultivables (Cf : Abandon et artificialisation des terres agricoles
http://www.clubadalia.com/actualites-477.html) Je ne pense pas que cela soit la « croissance » quantitative, du niveau de vie qui puisse améliorer la donne, ainsi que vous semblez
interpréter mes propos, qui puisse améliorer notre condition, bien au contraire! Non j'envisage, plutôt, une croissance qualitative de celle-ci. Une croissance qui ne soit pas à
« supporter » par des efforts(travailler plus pour consommer plus!), non une croissance pour développer de nouvelles relations sociales, pour se faire un bout de jardin, pour partager sa
connaissance et ses savoir pour s'émanciper de ce système hyper-spécialisé et diviseur. C'est pour cela que je me permets de proposer mon projet visant à envisager le rapport à la terre sous un
angle sortant radicalement des concepts économiques en vigueur, à savoir créer une entité juridique propriétaire garante d'une éthique et favorisant de nouveaux rapports sociaux et
environnementaux: http://planetebleue.forumforever.com/index.php . En voici les objectifs pour ceux qui ne voudraient pas perdre leur temps précieux à parcourir ce site naissant et bien vide! Les
Sites du Projet Planète Bleue sont avant tout des forums dont le but de permettre à chacun de partager ses propositions d'initiatives ou de faire connaître ses actions afin améliorer les conditions
de vie sur notre planète et de tous les êtres y vivant. Il est un lieu d'information et d'élaboration de projets de préférence simples et applicables, à l'écart des contreverses politiques,
économiques ou religieuses. Il héberge, en outre, la Passerelle Bleue ; un outil interactif de partage de savoirs et de connaissances au service de la Vie et des êtres vivants, ainsi qu'un annuaire
militant. Il a, en particulier, vocation a trouver des formes juridiques afin d'établir des personnes morales (ONBNL) respectueuses, selon diverses approches, de la vie, qui puissent, entre autre,
acquérir des biens immobiliers afin de les relouer gratuitement à des personnes morales ou à des individus désireux d'avoir une vie plus harmonieuse avec notre planète. Ceux-ci s'engageant à ne
point dégager de revenus taxables de leurs activités résultant de l'usufruit de ces biens.
Explorons de nouvelles voies!
Bonne journée.


Jean-Christophe VIGNAL 14/03/2010 10:05


Certains experts vont jusqu'à dire qu'il serait envisageable de nourrir 12 milliards de personnes. Ce n'est pas notre position.

Derrière le principe d'une agriculture bio, il faut entendre une agriculture avec des rendements non forcés à la différence de l'agriculture 'industrielle' jamais avare d'intrants violents, une
agriculture proche de ses consommateurs pour la plupart des produits, basée essentiellement sur des circuits courts et garantissant un niveau de vie correct pour les différents acteurs de la
filière.
Dans ce cadre, on peut difficilement imaginer une agriculture bio par exemple dans une Afrique de 2 milliards d'habitants (chiffre admis par la quasi totalité des démographes pour 2050) quand on
voit déjà les ravages actuels aux éco-systèmes (déforestation, assèchement des nappes phréatiques par sur-utilisation, etc.) ; même chose avec 250 millions d'habitants prévus au Bengladesh, ou même
l'Angleterre ou les Pays-Bas qui sont loin d'être autosuffisants. Sans oublier que l'homme ne fait pas que se nourrir, il utilise aussi de la biomasse pour se chauffer ou cuisiner ou se déplacer
(bio carburant ou plus simplement nourriture des chevaux).

Il n'y a pas que l'agriculture qui doit être bio, l'objectif est pour tous les hommes vivants sur la planète de vivre bien en laissant vivre la biodiversité dans toute sa richesse : pour cela il ne
faut pas que nous prenions toute la place ! Et d'accord avec vous pour 'explorer de nouvelles voies !'


biotissus 11/03/2010 11:59


Bonjour,
nous sommes des "nouveaux écologistes".
Nous avons quitté nos emplois de cadre et nos habitudes de consommation pour créer notre petite société BIOTISSUS : nous distribuons en France des tissus certifiés biologiques.Il y a des enjeux
écologiques et humains majeurs dans le domaine du textile : 25% des pesticides utilisés pour la culture du coton (pour 2.5% des terres cultivées)et le tissage/confection souvent réalisés dans des
usines aux conditions de travail inhumaines.
A bientôt
Philippe de BIOTISSUS


Jean-Christophe VIGNAL 11/03/2010 16:02


Bravo à vous qui avez choisi de vous investir dans un secteur économique réellement utile et où il y a tant à faire pour développer des comportements écologiques. Vous avez raison de nous
rappeler que derrière le coton couramment utilisé, ce sont des tonnes de pesticides diffusées, des rivières asséchées, et des milliers de personnes non correctement payées de leurs efforts.
Ce blog se veut un espace de réflexion sur l'écologie mais n'hésite pas à aborder les questions pratiques ; vous pouvez y voir 2 articles récents sur l'habitat individuel ou
collectif. Sans doute aborderons-nous un jour prochain d'autres aspects pratiques pour une vie plus écolo. En attendant, bonne continuation !


Paing Philippe 10/03/2010 04:46


Bonjour,
Je partage beaucoup des opinions de l'auteur de cet article, néanmoins je considère que le problème du 3ème millénaire est avant tout social. Il ne saurait y avoir de dépassement de la "Crise
perpétuelle" sans une modification radicales des relations interindividuelles et par rebond du comportement de leurs représentants. Une étude de l'université du Michigan réalisée en 2007 "démontre"
que l'agriculture biologique si elle était généralisée(cf infos du Projet Planète Bleue sur "mon site") pourrait, sans extension des terres actuellement cultivées non seulement nourrir la
population mondiale mais aussi supporter sa croissance, de plus, si le niveau de vie augmentait en ce qui concerne la protection sociale dans les pays "pauvres" le taux démographique décroitrait
très fortement dans ces derniers où les enfants ne sont pas conçus pour "agrémenter" le quotidien de leurs parents. Il nous faut sortir de la société exclusivement basée sur la consommation, la
performances, la prédation. Quant à dire "décroissance, décroissance!"... ;°)
Nous avons peut-être, enfin je le pense l'occasion de sortir de la préhistoire... Et cela dépend entièrement de chacun et aucun technocrate, spécialiste ou autre nous trouvera la solution à notre
problème. C'est à nous de créer la réalité dans laquelle nous voulons vivre...
Au revoir
Papyon


Jean-Christophe VIGNAL 11/03/2010 12:29



Bien d'accord avec vous pour dire qu'il nous faut sortir d'une société exclusivement basée sur la consommation et la prédation ... mais il nous faut aussi être réaliste : ce changement ne se fera
pas sans efforts et remises en cause profondes. L'agriculture bio ne pourra pas nourrir durablement 10 milliards d'habitants et ce même en étendant les terres cultivées ; même en France, nous
sommes aujourd'hui trop nombreux pour garantir à la fois le respect à long terrme de la biodiversité sur notre territoire et un mode de vie qui autorise pour tous quelques fantaisies.
Je voudrais insister sur l'idée qui consiste à croire que l'augmentation du niveau de vie va résoudre la question démographique. Les écolos tiers-mondistes nous ont déjà fait le coup à la fin du
siècle dernier en nous expliquant doctement qu'avec un meilleur niveau de vie, le vieux moteur diesel super polluant utilisé dans un pays pauvre serait remplacé per un moteur beaucoup plus
efficient, et que constate-t-on aujourd'hui sinon que les élites récemment enrichies se mettent à consommer comme des occidentaux urbanisés : toujours plus de viande dans l'alimentation et
de belles et grosses voitures... De même l'augmentation du niveau de vie, ou plutôt devrais-je dire l'occidentalisation du mode de vie avec son corollaire d'entassement dans des
giga-métropoles, va peut-être faire baisser le taux de la croissance démographique mais nullement le nombre d'humains alors que déjà notre présence et notre empreinte écologique bouleversent
tous les éco-systèmes et provoquent une chute rapide de la biodiversité.
Bref à notre sens le problème n'est pas que social et il est temps que notre espèce s'occupe d'autre chose que d'elle-même.



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  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
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