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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 10:44

En 2009, le professeur Mollo-Mollo,  publiait cette lettre ouverte aux ONG que l’on peut retrouver aujourd’hui dans: Le Futur a-t-il un avenir ? l’excellent livre de Philippe Lebreton. Elle n’a rien perdu de son actualité. A lutter contre la faim sans lutter contre la surnatalité on se donne bonne conscience mais on remplit le tonneau des Danaïdes. Par cette omission, on peut se demander si certaines ONG qui devraient avoir pour objectif ultime de créer les conditions de leur inutilité et à terme de leur disparition ne travaillent pas en réalité à la perpétuation de leur nécessité.

 

Chers collègues,

 

Nous sommes nombreux à admirer le dévouement et la compétence dont votre association fait quotidiennement preuve dans ses actions humanitaires pour réduire la misère du Tiers Monde. Un milliard de personnes ne sont-elles pas sous la contrainte de la faim après tant de décennies d’effort ? Je citerai un vieux proverbe chinois « Quand le réservoir déborde, avant d’aller chercher une serpillère, le sage ferme le robinet » Autrement dit, si le gâteau n’est plus assez grand pour nourrir tous les affamés, comment ne pas s’interroger sur la montée en puissance de tant de nouvelles bouches à nourrir ? N’est-il pas imprudent de faire venir au monde des êtres condamnés à s’entre-déchirer sous peu dans un milieu de plus en plus hostile et cruel, climatiquement et ethniquement ? Comme disaient les anciens (quand nous étions 50 fois moins nombreux) : « Laissez faire Vénus et vous aurez Mars » ? 

Intéressé à ce problème à la fois comme scientifique et comme citoyen je n’ignore pas les questions sous-jacentes (d’ordre économique, sociologique, éducatif, éthique) et ne sous-estime pas les blocages conscients et inconscients (d’ordre déontologique, politique, religieux) qui conduisent à l’assourdissant silence actuel des élites et des responsable sur la question démographique dans le Tiers Monde. Voulant à la fois contribuer à lutter contre le sous-développement et à lever les tabous démographiques relevant d’une irresponsabilité collective, je suis non seulement prêt à poursuivre mon aide aux ONG humanitaires mais encore à doubler la mise.  

J’assortis néanmoins cette proposition de la clause suivante : le montant antérieur continuerait à être attribué aux actions « habituelles », la nouvelle moitié à la maîtrise de la natalité dans le même contexte. Pour symboliser ce qui paraitra peut-être peu correct politiquement et religieusement aux yeux de certains, je propose une campagne intitulée pilule avec nourriture ou, plus précisément, « droits féminins et pilule avec nourriture et soins » volets indispensables pour une humanité/féminité durable, consciente et responsabilisée à tous les niveaux.  

Avec l’espoir de voir les réalités en face, je vous prie de recevoir, chers Collègues l’assurance de mes sentiments dévoués et les meilleurs.  

 

Professeur Mollo-Mollo.

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Le futur a-t-il un avenir ? Pour une responsabilité socio-écologique, par Philippe Lebreton, Editions Sang de la Terre, Paris 2012, 378 p. La lettre évoquée ci-dessus se trouve page 258.    

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Published by Professeur Mollo-Mollo - dans Billets d'humeur
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commentaires

teysseire 26/04/2014 20:00

"Par cette omission, on peut se demander si certaines ONG......la perpétuation de leur nécessité." Très juste. En effet, il est toujours étonnant de voir le nombre de gens qui veulent faire de
"l'humanitaire" comme si ce passage pour aider les pauvres était devenu le nouveau pèlerinage des occidentaux aisés. La perpétuation de la misère par la surpopulation est vraiment un thème
inabordable: " vous voulez tuer les pauvres!"( sous-entendu "alors qu'il faut tuer les riches")

Didier Barthès 27/04/2014 10:09



Oui, il existe chez les occidentaux un côté dame patronesse comme dans la chanson de Brel.


Moins que contre les riches, le combat doit être orienté contre la pauvreté, c'est elle qui fait souffrir et c'est elle qui fait insulte à l'humanité. Dans ce
combat, la lutte contre la surnatalité est l'arme essentielle, car toutes les réalités physiques du monde (et elles seront toujours au-dessus des projets politiques) s'opposent à ce que
l'humanité soit à la fois riche et nombreuse. Presonne ne souhaitant de devenir ou rester pauvre, si nous voulons donner le minimum à chaque être humain, tentons de revenir à des effectifs plus
raisonnables.



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