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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 15:24

couverture_moins-nombreux.jpgLes mouvements en faveur d’une démographie plus raisonnable ont peut-être enfin le vent en poupe. Après le livre d’Alan Weisman, Compte à rebours,  c’est maintenant Michel Sourrouille qui coordonne chez Sang de la Terre un ouvrage collectif intitulé :  Moins nombreux plus heureux. L’urgence écologique de repenser la démographie.

Cet évangile de la dénatalité a ses douze apôtres, puisqu’à la suite d’une préface dans laquelle Yves Cochet situe clairement le débat dans la problématique écologique et décrit toutes les difficultés d’une telle mise en cause, ce sont douze auteurs qui nous proposent chacun un éclairage particulier mais partagent cette même conviction : la solution aux problèmes environnementaux et sociétaux passera inéluctablement par une diminution de nos effectifs. Il est temps que le tabou cesse sur ce sujet et que les écologistes s’emparent du débat.  Plus nous nous y prendrons tôt, mieux iront les choses, plus douce et plus démocratique sera la transition vers une humanité plus économe en ressources et surtout plus respectueuse de la planète et de ses autres habitants, en trois mots, plus durable, selon moi plus morale et certainement plus heureuse.

Approche écologique d’abord. Michel Tarrier, à qui l'on doit déja plusieurs livres sur la question, montre que l’expansion continue de nos effectifs conduit à l’occupation de l’ensemble des territoires au détriment de ceux de toutes les espèces non humaines. Même approche avec l’analyse scientifique d’Alain Gras, auteur entre autres, du Choix du feu qui fait un parallèle entre ce qui nous menace et le modèle de Lotka Volterra décrivant l’évolution des populations en fonction de celle des ressources.

Théophile de Giraud, auteur du pamphlet L’art de guillotiner les procréateurs, décrit pour sa part, l’impossibilité pour nos sociétés de faire vivre décemment les hommes et de produire tout ce qu’ils réclament sur le petit rectangle de 100 x 150 mètres dont doit désormais se contenter chaque humain sur la Terre. Rappel : le même humain disposait d’une surface mille fois plus grande il y a 10 000 ans, quand en outre, il consommait très peu de biens, d’ailleurs tous recyclables et recyclés.

Philippe Annaba, auteur de Bienheureux les stériles, met l’accent sur la pensée de Malthus et sur l’incapacité des mouvements de la décroissance à la prendre en compte.

Corinne Maier, auteur de No Kid, évoque à la fois l’ampleur des politiques natalistes françaises et dénonce l’ostracisme dont sont victimes ceux d’entre nous qui assument leur choix de ne pas avoir d’enfants.

Alain Hervé, fondateur de la branche française des Amis de la Terre et rédacteur en chef du Sauvage, l’une des premières revues écologistes françaises, décrit l’aberration qui consiste pour les humains à vouloir toujours plus se reproduire dans le monde d’aujourd’hui

Approche internationale pour un sujet sensible avec Michel Sourrouille qui analyse le changement de nature des migrations dès lors que celles-ci ont lieu sur une planète saturée. L’émigration qui était une solution devient un problème.

Puisque les religions sont souvent mises en cause dans le natalisme ambiant, Jean-Claude Noyé propose un récapitulatif de la position des différentes églises en matière de contraception. L’acceptation d’une politique de maîtrise des naissances est plus ou moins grande, même si dans les faits, les pays ne suivent pas tous les choix préconisés par la religion dominante. Le phénomène est particulièrement marqué en Europe où beaucoup de nations d’obédience catholique ont de très faibles taux de fécondité.

Reprenant certains éléments de son ouvrage, Le naufrage paysan,  Jacques Maret évoque l’interrogation qui vient en premier lieu à l’esprit lorsque l’on évoque la surpopulation : Pourrons nous nourrir les 9,6 milliards d’habitants que l’Onu nous promet pour la moitié du siècle ? Ce n’est pas gagné, il conclut par ces propos : « Malthus avait mis le doigt là où ça fait mal ». Pablo Servigne de son côté évoquant justement ces prévisions démographiques, s’inquiète de la possibilité même d’atteindre de tels effectifs, tant les ressources de la planète sont proches de l’épuisement. Il rejoint en cela un courant de pensée que l’on voit grandir (on pense à Franck Fenner ou à Jared Diamond qui a décrit certains exemples), selon lequel, un effondrement tant économique que démographique est de plus en plus probable pour ce siècle même.

Approche sociétale enfin, avec les deux auteurs de ce site.  Didier Barthès, porte-parole de Démographie Responsable  évoque l’impossible conciliation entre le droit au nombre et tous les autres droits des hommes. Comment ne pas voir que la pensée écologiste dominante, à force de nier la composante démographique nous conduit inéluctablement à l’abandon de tous nos autres droits et plus généralement du plaisir de vivre sur une planète dont nous devrions avoir comme principal souci de sauvegarder la beauté ?   Jean-Christophe Vignal s’interroge lui, sur la difficulté à penser une société en décroissance démographique, vision contraire à l’expansionnisme sous-jacent à presque toutes les représentations que l’humanité aime à se faire de son destin. Il y a là matière à une révolution mentale qui ne constitue pas la moindre des difficultés.

N'hésitant pas à prendre à contre-courant la « bien-pensance nataliste », puisse cet ouvrage apporter sa pierre à l’édifice et les hommes commencer à prendre en compte cette remarque d’Alain Gras, l’un des auteurs, « l’avenir de l’humanité passe par l’établissement d’un rapport plus humble avec la planète ». La question de nos effectifs constitue l’un des éléments primordiaux de cette humilité nécessaire.  

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Moins nombreux plus heureux. L’urgence écologique de repenser la démographie, un livre coordonné par Michel Sourrouille, préface d’Yves Cochet, éditions Sang de la Terre, Paris 2014, 176 pages, 16 €, ISBN 978-2-86985-312-6.  En librairie à compter du 17 février 2014. Egalement disponible chez les distributeurs suivants : Decitre, Fnac, Amazon.

Au sujet de ce livre, voir également le site Biosphère Ouvaton, l’article publié sur le Sauvage celui sur Libération,  et sur le même sujet l’article suivant 

Cet article en italien.

 

En Anglais

 

Fewer and Happier

 

It seems that organizations that advocate population control are finally gaining traction. Following the success of Alan Weisman’s book, Compte à rebours (Countdown), Michel Sourrouille has compiled Moins nombreux plus heureux. L’urgence écologique de repenser la démographie (Fewer and Happier. The Ecological Urgency of Rethinking Demographics). This compendium, published by Sang de la Terre, has a preface by Yves Cochet and pieces by 12 authors. It provides a variety of viewpoints on the ecological imperatives facing us. These 12 apostles of family planning deliver what amounts to an ecological gospel with an unflinching unanimous verdict: the solution to social and environmental problems requires a reduction of the human population. It is time we lift the taboo and invite ecologists to join the conversation. The earlier we get started the easier and more democratic the transition will be towards a more equitable apportioning of the Earth’s resources and a more sustainable planet. Towards a happier, and probably more virtuous, human race.

The first contributor, Michel Tarrier, deals with ecology. Tarrier, who has written several books on the subject, demonstrates that our continued expansion takes place to the detriment of Earth’s other occupants.

Alain Gras, the author of Choix du feu (The Choice of Fire) and other books on the subject, offers a scientific explanation of the dangers facing us, citing the Lotka Volterra model of increasing population and decreasing resources.

Théophile de Giraud, author of the paper L’art de guillotiner les procréateurs (The Art of Guillotining Procreators), describes the impossibility of a decent standard of living, given that the average human being only disposes of a 100 x 150 meter plot’s worth of resources. By comparison, 10,000 years ago, a human disposed of 1,000 times that area’s worth of personal resources. Moreover, the entirety of the few resources he consumed were recycled.

Philippe Annaba, who penned Bienheureux les stériles (Blessed are the Sterile), focuses attention on Malthus’s ideas and the failure of population control advocacy groups to take them into consideration.

Corinne Maier, author of No Kid, exposes the political and structural support that promote natality, and conversely, the stigmatization of those who choose not to have kids.

Alain Hervé, founder of the French branch of Amis de la Terre and editor-in-chief of Sauvage, one of the first French ecological revues, explains the aberration of unchecked human reproduction, given the current ecological situation.

Approaching this sensitive subject from an international point of view, Michel Sourrouille focuses on the changing nature of migrations on a planet that is bursting at the seams. Emigration, historically a solution to all kinds of social problems, has itself become a social problem.

Religions are often cited as forces that promote natality. Jean-Claude Noyé recaps the stances of the main religions on contraception. Most religions officially accept some extent of family planning (natural means or medical contraception), though not all countries’ birth rates reflect the dominant religion’s reproductive policy. The phenomenon is particularly obvious in Europe, where low birth rates hold in majority Catholic countries.

Distilling some of the central tenets of his book Le naufrage paysan (The Agricultural Calamity), Jacques Maret poses the question overpopulation begs: How could we possibly feed the 9.6 billion people the United Nations predicts for 2050? He sums up by citing Malthus’s inconvenient truth.

Pablo Servigne rightly evokes demographic realities and predictions, wondering aloud how human population could even reach the 9.6 billion the UN forecasts for 2050, given how depleted Earth’s resources already are. He echoes a line of thinking with more and more purchase (expounded by the likes of Franck Fenner and Jared Diamond, who elaborates specific examples) according to which, economic and demographic implosion in the 21st century looks more and more likely.

Two writers from the website Démographie Responsable offer a societal approach.  Didier Barthès, the site’s spokesperson, explains the irreconcilable opposition of the right to unlimited procreation and humans’ other rights. How can mainstream ecology continue to sidestep the central issue: the fact that overpopulation is eroding all of our human rights and even the pleasure of living on a beautiful planet we should be doing everything possible to protect? Jean-Christophe Vignal explores the difficulty humans have with the idea of shrinking societies, a vision that runs counter to the human race’s expansionist instincts. This sea change will require a massive shift in our collective mindset.

Unflinching in its opposition to society’s complacent attitudes toward birth, this book will hopefully sway public opinion and bring people around to the idea advanced by Alain Gras, one of the contributing authors: “The future of humanity depends on accepting a humbler role on this planet.” Population control constitutes a vital step toward this crucial new role.   

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Moins nombreux plus heureux. L’urgence écologique de repenser la démographie, edited and compiled by Michel Sourrouille, preface by Yves Cochet, published by Sang de la Terre, Paris 2014, 176 pages, €16, ISBN 978-2-86985-312-6. Goes on sale February 17, 2014. Also carried by: DecitreFnacAmazon.

Interested readers are encouraged to visit the website Biosphère Ouvaton, articles published by Le Sauvage and Libération, this related article, and for our Italian-language readers, the Italian version.

 

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En Italien

 

I movimenti in favore di una demografia più ragionevole sono finalmente in probabile crescita. Dopo il libro di Alan Weisman, Conto alla rovescia, adesso è Michel Sourrouille che coordina, per i tipi "di Sang de la Terre", un'opera collettiva intitolata: "Meno numerosi, più felici. L'urgenza ecologica di ripensare la demografia".


Questo vangelo della denatalità ha i suoi dodici apostoli, poiché dopo una prefazione in cui Yves Cochet mette chiaramente il dibattito all'interno della problematica ecologica e descrive tutte le difficoltà di una tale sfida, ci sono dodici autori che ci propongono ciascuno una particolare illuminazione ma  condividendo la stessa convinzione: la soluzione ai problemi ambientali e sociali passerà ineluttabilmente per una diminuzione dei nostri effettivi. E' il momento che cada il tabù su questo tema e che gli ecologisti si facciano carico del dibattito. Prima lo facciamo, meglio andranno le cose, più dolce e democratica sarà la transizione verso un'umanità più sobria in fatto di risorse e soprattutto più rispettosa del pianeta e degli altri suoi abitanti, in tre parole, più duratura, secondo me più morale e certamente più felice.

Per cominciare un approccio ecologico con Michel Tarrier, a cui si devono già diversi libri sull'argomento, mostra che l'espansione continua del nostro numero conduce all'occupazione dell'insieme dei territori a scapito di tutte le specie non umane. Stesso approccio tiene l'analisi scientifica di Alain Gras, autore fra le altre cose di La scelta del Fuoco, che fa un parallelo fra ciò che minaccia noi e il modello di Lotka e Volterra che descrive l'evoluzione delle popolazioni in funzione di quella delle risorse. Théophile de Giraud, autore del pamphlet L’arte di ghigliottinare i procreatori, descrive da parte sua l'impossibilità delle nostre società di far vivere decentemente gli esseri umani e produrre tutto ciò che essi pretendono in un piccolo rettangolo di 100x150 metri dei quali ormai si deve accontentare ogni essere umano sulla Terra. Ricordiamo che gli stessi esseri umani disponevano di uno spazio mille volte più grande 10.000 anni fa quando oltretutto consumavano pochissimi beni e tutto era riciclabile e veniva riciclato.

Philippe Annaba, autore di "Beati gli Sterili", pone l'accento sul pensiero di Malthus e sull'incapacità dei movimenti della decrescita di tenerne conto. Corinne Maier, autrice di No Kid, allo stesso tempo evoca la scala delle politiche nataliste francesi e denuncia l'ostracismo di cui sono vittime coloro fra noi che fanno la scelta di non avere figli. Alain Hervé, fondatore del ramo francese di Amici della Terra e redattore capo di Sauvage, una delle prime riviste ecologiste francesi, descrive l'aberrazione costituita dal volere, da parte degli esseri umani, di volersi riprodurre sempre di più nel mondo di oggi.


Approccio internazionale per un tema sensibile con Michel Sourrouille, che analizza il cambiamento della natura delle migrazioni nel momento in cui hanno luogo in un pianeta saturo. L'emigrazione, che è stata una soluzione, diventa un problema. Dal momento che le religioni sono spesso implicate nel natalismo dell'ambiente, Jean-Claude Noyé propone un riassunto della posizione delle diverse chiese in materia di contraccezione. L'accettazione di una politica di controllo delle nascite è più o meno grande, anche se nei fatti i paesi non seguono tutte le scelte raccomandate dalla religione dominante. Il fenomeno è particolarmente marcato in Europa, dove molte nazioni di fede cattolica hanno tassi di fecondità molto bassi. Riprendendo alcuni elementi dalla sua opera, Il naufragio contadino, Jacques Maret evoca l'interrogativo che per primo viene in mente quando si evoca la sovrappopolazione: riusciremo a nutrire i 9,6 miliardi di abitanti che l'ONU prevede per la metà del secolo? Non è scontato, conclude con queste parole: “Malthus aveva messo il dito dove fa male”.


Pablo Servigne dal canto suo, evocando giustamente queste previsioni demografiche, s'inquieta alla possibilità stessa di raggiungere tali numeri, visto che le risorse del pianeta sono vicine all'esaurimento. In questo si unisce ad una scuola di pensiero che vediamo crescere (si pensi a Franck Fenner o a Jared Diamond, che ha descritto alcuni esempi), secondo la quale un crollo tanto economico quanto demografico è sempre più probabile in questo stesso secolo. Approccio sociale infine, con i due autori di questo sito. Didier Barthès, portavoce di Demografie Responsable evoca l'impossibile conciliazione fra diritto ad essere numerosi e tutti gli altri diritti umani. Come non vedere che il pensiero ecologista dominante, a forza di negare la componente demografica, ci conduce inevitabilmente all'abbandono di tutti i nostri diritti e più in generale del piacere di vivere su un pianeta la cui bellezza dovrebbe essere la cosa che dovremmo salvaguardare come preoccupazione principale? Jean-Christophe Vignal s'interroga sulla difficoltà di pensare una società in decrescita demografica, visione contraria all'espansionismo soggiacente a quasi tutte le rappresentazione che l'umanità ama farsi del proprio destino.


C'è materiale per una rivoluzione mentale che non costituisce la minima delle difficoltà. Non esitando a prendere contro corrente il “moralismo natalista”, possa quest'opera apportare un contributo e gli uomini cominciare a tenere conto di questa osservazione di Alain Gras, uno degli autori: “l'avvenire dell'umanità passa per la creazione di un rapporto più umile col pianeta”. La questione del nostro numero costituisce uno degli elementi primari di questa necessaria umiltà.

 

 

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commentaires

P
Une pharse m'apparait vraiment appropriée: "Comment ne pas voir que la pensée écologiste dominante, à force de nier la composante démographique nous conduit inéluctablement à l’abandon de tous nos
autres droits".
Cela devrait faire réfléchir les mouvements qui décrètent l'universalité de tout types de droits mais ne se préoccupent pas de leur pérennité (en tout cas pas autrement que par d'autres décrets)
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D


Oui, hélas, la nécessité de la réflexion semble moins forte que le tabou.



J
MALTHUS S'EST TROMPE!
Il serait plus exact d'écrire que les projections de Malthus étaient prématurées. Mais inutile d'avoir fait l'X pour comprendre que l'expression "Malthus s'est trompé" si appréciée des cornucopiens
deviendra un jour pas si lointain obsolète, c'est inéluctable. Et les myopes qui le claironnent encore devront bien reconnaître qu'ils "s'étaient trompés".
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D


Oui, pour ma part, à "Malthus s'est trompé", je préfère nettement, "Malthus a eu raison avant les autres".



T
Pourvu que ce livre soit prolifique et fasse de multiples petits lecteurs éclairés!
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D

Oui, que lui au moins échappe à la nécessaire injonction en faveur de la baisse de la fécondité.