Actualités

Mercredi 4 novembre 2009


     
     "Ce que je constate, ce sont les ravages actuels, c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales; et que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime."


     Comment mieux rendre hommage à  Claude Lévi-strauss que par le rappel de l'une de ses dernières déclarations, à l'occasion de son centième anniversaire ?
     Le vieux savant qui avait si bien su nous faire comprendre toutes les richesses du multiculturalisme avait compris mieux que personne l'impasse vers laquelle se dirige notre monde.


Par Didier BARTHES
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Samedi 3 octobre 2009

 

     
   La rocambolesque et lamentable tricherie dont semble s’être rendue coupable l’écurie Renault (1) pourrait être l’occasion d’une volte face bienvenue.

    Dans un monde qui se veut et de toute façon se devra être (beaucoup) plus frugal, (beaucoup) plus léger et (beaucoup) plus doux avec la nature ; quel est le sens de la compétition automobile ?


    Dans ce monde là, vitesse, puissance, dépenses sans limites : tous ses symboles, toutes ses valeurs que la formule 1 véhicule jusqu’au paroxysme n’auront guère de place.

    Ce serait là un signe fort encourageant de voir la grande marque automobile profiter de ce petit scandale pour annoncer publiquement qu’elle renonce à la formule 1 et à tout ce qu’elle représente.


    Montrer qu’elle ne compte plus sur la vitesse et la victoire pour façonner son image de marque mais que par exemple, elle engage toutes ses ressources jusqu’alors consacrées à la course automobile (on parle de 300 millions d’euros à l’année) pour la mise au point de véhicules électriques: voilà qui serait de bonne augure.

   Aux dernières nouvelles les choses semblent mal parties et Renault s’engage dans la poursuite de la compétition. 

    Tant que le monde de l’automobile comptera sur ce type de message pour faire sa promotion il y a peu d’espoir de lui voir jouer un rôle positif dans la défense de l’environnement.

 

 

 

     (1) Lors d’un grand prix l’an dernier, l’équipe aurait ordonné ou suggéré à un de ses pilotes de provoquer volontairement un accident afin de permettre à son leader (Fernando Alonso) de refaire son retard en profitant de l’intervention prévisible de la voiture de sécurité. La stratégie avait (provisoirement donc) payé.

Par Didier BARTHES
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Mercredi 30 septembre 2009

 

 

    On vient de le voir, déterminer le prix de la tonne de CO2 n'est pas si simple : 100 € pour les Suédois, 30 € pour la commission Rocard, 15 € pour François Fillon, et puis in fine ça sera 17 euros. Le prix semble bas, mais après tout nous sommes en crise économique et deux français sur trois n'apprécient pas la mesure ; dans ces conditions il faut reconnaître un certain courage politique à Nicolas Sarkozy.
     Et puis, il n'est pas interdit d'imaginer, comme souvent en matière fiscale, que les Français sur-réagiront à la taxe carbone et économiseront un peu l'énergie fossile. Et ce d'autant plus que le principe d'un coût croissant a été retenu, suivant en cela les préconisations de l'expert Jean-Marc Jancovici.

  
     Toutefois, quel serait le bon niveau de cette taxe ?

  
     Le bon niveau, c'est quand l'intégration de la taxe carbone rendra la laine de verre ou de roche, si utilisée pour l'isolation de nos bâtiments, plus coûteuse que la laine de bois dont le prix est actuellement au moins deux fois plus élevé ; c'est quand il reviendra moins cher de re-utiliser nos bouteilles en verre plutôt que de les recycler (voir l'article " l'affaire des contenants " dans ce même blog) ; c'est quand les linos à base de pétrole seront plus chers que ceux réalisés en matière naturelle.
    Il y a des centaines de marqueurs possibles, mais prenons ces trois-là, faisons les calculs et gageons, qu’elle garde son nom ou qu’on l’appelle contribution climat-énergie, que la taxe carbone n'a pas fini d'augmenter.

Par Jean Bruguier
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Lundi 26 janvier 2009

   
     La tempête qui a frappé en cette fin janvier le Sud-Ouest de la France pourrait être l’occasion d'un pas vers une gestion plus durable de notre planète.

    Dans les Landes et en Gironde, de nombreux pins ont été abattus et devront être replantés (rappelons que la forêt des landes loin d’être une forêt naturelle est avant tout une gigantesque exploitation de sylviculture). Sur ces terrains sablonneux, les pins aux racines peu profondes sont hélas particulièrement sensibles aux rafales. Pourquoi ne pas profiter pour replanter en partie en chênes-lièges ? Bien entendu ce sont des arbres du bassin méditerranéen mais il y en a depuis longtemps quelques-uns dans le sud des Landes.


    Cela offrirait plusieurs avantages


   - Tout d’abord fournir à terme une source de liège qui constitue un excellent isolant d’origine naturelle quand ceux que l’on nous propose sont le plus souvent d’origine pétrolière et demandent en outre beaucoup d’énergie pour leur fabrication.

   - Ensuite ces arbres moins hauts que les pins et aux racines plus résistantes bénéficieraient probablement d’une meilleure tenue aux vents.

    - Enfin, et ce n’est peut-être pas le moindre, ce serait une première démarche de long terme. Nous ne résoudrons aucun problème d’environnement avec des mesures de court terme qui ne visent qu’une efficacité rapide et médiatique. Les forêts n’ont que faire des médias ou des échéances électorales. S’engager dans des actions dont le résultat ne sera sensible que dans quelques dizaines d’années serait sur le plan symbolique et pédagogique un grand pas vers un peu de sagesse. 

    Notre réconciliation avec la nature passera, entre autres, par l’acceptation de ses rythmes.


Par Didier BARTHES
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Mardi 9 décembre 2008

 
   La récession qui pointe son nez a renvoyé à toute allure le monde économique et politique à ses vieux réflexes : La croissance d’abord, la croissance avant tout !


   Cet automatisme est de bien mauvaise augure pour les tenants de l’écologie.

   La dégradation de notre planète est fonction du produit de notre nombre par nos consommations individuelles. Or, comme réduire notre nombre reste tabou, il serait peut-être sage de ne pas augmenter nos consommations et surtout pas n’importe lesquelles à corps (planète) perdu(e).


   La plus symbolique parmi les mesures avancées en France est bien sûr la fameuse " prime à la casse " destinée à relancer le secteur automobile, par malchance, l’un des plus agressif pour l’environnement.

 

    Rappelons qu’un véritable comportement responsable consiste au contraire à faire durer les objets le plus longtemps possible. Transformer les voitures en produits de consommation courante, vite achetés, vite jetés, est le pire qu’on puisse imaginer. En outre contrairement à une idée reçue, les nouvelles automobiles ne sont pas plus respectueuses de l'environnement que les précédentes, bien au contraire. Les légers progrès réalisés dans l’efficacité des moteurs sont anéantis par l’augmentation du poids et de la puissance des véhicules. La généralisation de la climatisation achève le tableau. On doit ajouter que la limite de 160 grammes de CO2 au kilomètre, si elle donne une petite teinte écolo, favorisera plus encore la diésélisation du parc qui constitue une catastrophe en terme de pollution et de santé publique. Les particules émises par les moteurs diesels, sont extrêmement cancérigènes.


   On comprend évidemment, la légitime inquiétude de responsables économiques face aux difficultés d’un secteur important en matière d’emploi. Mais s’il s’agit d’emploi, alors, un tel ensemble de subventions aurait été beaucoup plus utile en portant par exemple sur l’isolation des bâtiments (à conditions d’utiliser des matériaux naturels et non des tonnes de mousses ou de polystyrène). On pourrait, là aussi, bâtir un secteur fort.


    On participerait ainsi à la réduction de la consommation d’énergie et l’on favoriserait l’emploi puisque ces travaux sont très consommateurs de main d’œuvre d’origine locale (il est rare d’importer du travail artisanal de l’autre bout du monde). Quant au secteur automobile on aurait pu lui donner un signal fort (oui l’expression est à la mode !) en limitant la prime aux véhicules non directement émetteurs de pollution (véhicules électriques et à air comprimé).


    La baisse actuelle du prix du pétrole offre déjà bien peu d’encouragements à économiser l’énergie, était-il bien nécessaire de relancer le secteur le plus dévastateur et le plus énergivore ?

   Remarquons enfin, que cette crise a permis de balayer d’un revers de main toutes les contraintes budgétaires hier encore sacro-saintes ! Peut-on imaginer le même type de retournement, mais cette fois pour l’environnement ?

Par Didier BARTHES
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Samedi 27 septembre 2008

Le Monde daté du 26 septembre 2008 annonce la publication par le GPC (Global Carbon Project) des données sur les émissions de CO2.

Résumé de la situation :    C’est de pire en pire.


" Le niveau d’émission de dioxyde de carbone se situe un peu au-dessus des scénarios les plus pessimistes du GIEC "

Les quantités émises sont élevées et leur progression n’est en rien ralentie, bien au contraire.

De 1990 à 2000 la quantité de gaz carbonique générée par les activités humaines à cru au rythme moyen de + 0,9 % l’an. De 2000 à 2007, le rythme de progression est passé à + 3,5 % l’an.
Nous nous trouvons donc en face d'une  croissance de la croissance  (on imagine sans doute qu’en réalité cette augmentation de la  progression s'est faite   plus régulièrement de 1990 à 2007 sans que l’année 2000 constitue une telle charnière).
 Le pire scénario réalisé par le GIEC envisageait une croissance des émissions de 2,7 % l’an.
Autre mauvaise nouvelle : l’économie dans son ensemble devient de moins en moins propre. Une unité de PIB génère de plus en plus d’émission de CO2.

 

Principaux responsables :

 

  •  

  • Aucune mesure significative dans les pays développés.
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  • Croissance forte des émissions des pays dits émergents, Chine et Inde en tête (la Chine est aujourd’hui le premier émetteur de CO2).
  •  

     

  • Déforestation.
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  • Baisse de l’efficacité des puits naturels de carbone (ce point très technique reste à valider).
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Rien de nouveau sous le soleil donc, cela confirme les informations relayées en juin 2007 par Science et Vie dont nous avions fait échos dans un article sur le même sujet (Voir : " CO: De pire en pire ", du 28 juin 2007).

Il y a beaucoup de bruit autour de la question du CO2 mais en pratique rien n’est fait et il est probable que l’ensemble des réserves de pétrole et de gaz se verront transformées en gaz carbonique dans les 40 ans à venir sans que nous ne fassions rien d’autre que le déplorer.

Sans action vigoureuse sur la croissance et la démographie tous les discours, toutes les intentions ne seront que bons sentiments… et mensonges !

Par Didier BARTHES
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Samedi 20 septembre 2008

Les actuels débats sur la mise en place de taxes " écologiques " sur différents produits et les voltes faces récentes du gouvernement ont l’avantage de mettre l’accent sur un point que bien peu d’hommes politiques ont le courage d’affronter en face :
La contradiction fondamentale entre une société de consommation et le respect de l’environnement. Qu’elle soit qualifiée de droite ou de gauche, aucune politique n’aura d’efficacité réelle en matière de protection de la nature si elle ne remet pas en cause le principe d’une croissance continue de nos consommations matérielles. Il est illusoire d’imaginer une croissance vertueuse basée sur de " gentils " produits respectueux de l’environnement. Il nous faut apprendre à être plus légers sur la Terre, plus modestes dans notre rôle, dans notre nombre et dans nos productions. Le reste relève simplement de la bonne conscience médiatique.

Par Didier BARTHES
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Mercredi 11 juin 2008

Le mensuel Science et Vie intitule son "Hors-série" de juin 2008: Construire un monde durable ( trimestriel hors-série numéro 243).

Le titre de l’éditorial : Planète finie, pose le problème avec justesse et concision. L’ensemble est complet et bien conçu. On y retrouve toutes les grandes questions qui décideront de notre avenir : Pollution, agriculture, biodiversité énergie, urbanisme…
Seul regret,  la problématique démographique n’est véritablement abordée que sur un quart de page. Les lecteurs de ce blog savent que nous mettons ce sujet au cœur de la réflexion écologique. Si nous ne maîtrisons pas la démographie, tous les efforts et tous les progrès réalisés par ailleurs seront anéantis. Il ne sert à rien de polluer chaucun deux fois moins  si nous sommes deux fois plus nombreux. Au mieux nos efforts ne retarderont ainsi que de quelques années l’effondrement écologique de la planète.

Une jolie phrase  extraite de l’interview du socio-anthropologue Alain Gras : " Aujourd’hui, la seule condition de survie réside dans l’établissement d’un rapport plus humble avec la planète ". Oui, c’est bien là ce qui doit guider toute la démarche de l’humanité.
Le temps de la domination et de sa glorification est révolu.

Par Didier BARTHES
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Jeudi 22 mai 2008

 

 

Si tout travail mérite salaire et si toute profession à droit à s’exercer dans de justes conditions de concurrence, l’idée de faire bénéficier les pêcheurs de gasoil sous taxé ou même subventionné par un mécanisme quelconque relève de l’hérésie.

Nous sommes dans un monde qui dispose de moins en moins de poissons et de moins en moins de pétrole et nous nous apprêtons à donner des subventions pour pêcher du poisson avec du pétrole !

Cela ressemble à un médecin qui devant un malade souffrant d’un cancer du poumon lui ordonnerait de doubler sa consommation de tabac. Voilà certes une façon de régler plus vite le problème, mais la pire !

Avec ce genre de politique qui illustre bien comme le monde politique n’a encore rien saisi de la nature de la crise qui se profile, nous allons nous retrouver sans poisson, sans pétrole et … sans pêcheur !

Il faut payer les produits à leur juste coût, si le poisson coûte cher à cause de sa rareté et à cause du prix du pétrole alors nous devons le payer à ce prix, aucune autre solution ne sera durable.

Par Didier BARTHES
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Mardi 15 avril 2008

La hausse continue des prix des matières premières et de l’énergie  (le pétrole dépasse aujourd’hui les 110 $ le baril) a poussé quelques revues à évoquer la question.

« La recherche » dans son numéro daté de mars 2008 propose un supplément sur le pétrole en 2030 sous titré : la transition nécessaire.  « Science et vie »  pour sa part livre dans son numéro d'avril  un article intitulé « Pétrole : Pourquoi il flambe ? »

Le supplément de « La recherche » qui semble sponsorisé par le BRGM, TOTAL,  l’IFP et L’ADEME  laisse la même impression que le colloque de l’IFP : panorama 2008 organisé récemment à Paris et à Solaize. (Cf. compte rendu sur ce blog)

Les acteurs du monde pétrolier sont très conscients des problèmes (pollution et épuisement des réserves de pétrole malgré les dénégations de façade) mais nous devons cependant nous préparer un avenir très émetteur de CO2 via les projets de liquéfaction et de gazéification du charbon. La Chine serait en train de concevoir sa première usine de ce type et  nous savons qu’elle possède de très importantes réserves. Les projets de stockage du CO2 paraissent pour l’instant peu convaincants: très embryonnaires et mal adaptés à beaucoup d’usages.

            L’article assez bref de « Science et vie » propose un bon survol de la situation et présente un historique des cours de l’or noir en données corrigées de l’inflation. Cela permet de prendre un peu de recul.
Par Didier BARTHES
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