La récession qui pointe son nez a renvoyé à toute allure le monde économique et politique à ses vieux réflexes : La
croissance d’abord, la croissance avant tout !
Cet automatisme est de bien mauvaise augure pour les tenants de l’écologie.
La dégradation de notre planète est fonction du produit de notre nombre par nos consommations
individuelles. Or, comme réduire notre nombre reste tabou, il serait peut-être sage de ne pas augmenter nos consommations et surtout pas n’importe lesquelles à corps (planète)
perdu(e).
La plus symbolique parmi les mesures avancées en France est bien sûr la fameuse " prime à la casse " destinée à relancer le secteur automobile, par malchance, l’un des plus
agressif pour l’environnement.
Rappelons qu’un véritable comportement responsable consiste au contraire à faire durer les
objets le plus longtemps possible. Transformer les voitures en produits de consommation courante, vite achetés, vite jetés, est le pire qu’on puisse imaginer. En outre contrairement à une idée
reçue, les nouvelles automobiles ne sont pas plus respectueuses de l'environnement que les précédentes, bien au contraire. Les légers progrès réalisés dans l’efficacité des moteurs sont
anéantis par l’augmentation du poids et de la puissance des véhicules. La généralisation de la climatisation achève le tableau. On doit ajouter que la limite de 160 grammes de CO2 au kilomètre, si elle donne une petite teinte écolo, favorisera plus encore la diésélisation du parc qui constitue une
catastrophe en terme de pollution et de santé publique. Les particules émises par les moteurs diesels, sont extrêmement cancérigènes.
On comprend évidemment, la légitime inquiétude de responsables économiques face aux difficultés d’un secteur important en matière d’emploi. Mais s’il s’agit d’emploi, alors, un
tel ensemble de subventions aurait été beaucoup plus utile en portant par exemple sur l’isolation des bâtiments (à conditions d’utiliser des matériaux naturels et non des tonnes de mousses ou de
polystyrène). On pourrait, là aussi, bâtir un secteur fort.
On participerait ainsi à la réduction de la consommation d’énergie et l’on favoriserait l’emploi puisque ces travaux sont très consommateurs de main d’œuvre d’origine locale
(il est rare d’importer du travail artisanal de l’autre bout du monde). Quant au secteur automobile on aurait pu lui donner un signal fort (oui l’expression est à la mode !) en limitant la
prime aux véhicules non directement émetteurs de pollution (véhicules électriques et à air comprimé).
La baisse actuelle du prix du pétrole offre déjà bien peu d’encouragements à économiser l’énergie, était-il bien nécessaire de relancer le secteur le plus dévastateur et
le plus énergivore ?
Remarquons enfin, que cette crise a permis de balayer d’un revers de main toutes les contraintes budgétaires hier encore sacro-saintes ! Peut-on
imaginer le même type de retournement, mais cette fois pour l’environnement ?