Samedi 24 mai 2008

Une bien belle idée : Des lions et des éléphants en Amérique.

 

Le lion et l’éléphant, le roi et le plus grand des mammifères terrestres sont pour nous des symboles de l’Afrique. C’est là pourtant une restriction géographique bien récente. Il y seulement 50 000 ans, une goutte d’eau à l’échelle de l’histoire de la vie, ce que l’on appelle la mégafaune peuplait toutes les terres de la planète, Amérique comprise bien entendu. Beaucoup de vestiges y ont d’ailleurs été découverts.

De plus en plus d’indices laissent penser que c’est l’arrivée de l’homme il y a environ 13 000 ans pour les vagues migratoires les plus significatives qui a précipité la disparition de tous ces grands animaux. Par leurs effectifs restreints ces espèces sont fragiles et une chasse intensive peut facilement les éliminer.

Curieux et heureux retournement des choses, le mensuel " Pour la Science " nous apprend dans son numéro de juin 2008 (n° 368, p74) que certains chercheurs forment le projet de réintroduire ces splendides animaux sur le continent américain.

L’opération s’appuierait sur l’expérience acquise lors de précédentes réintroductions comme celle du loup gris, qui fut un succès et constitue désormais un classique du genre fort commenté dans la littérature écologique. Les animaux seraient parqués dans de grandes réserves et non en totale liberté pour assurer leur protection et éviter les problèmes de voisinage avec la population humaine.

Il est intéressant de souligner que les Etats Unis et le Canada qui par leur mode de vie constituent la bête noire et la cible de la plupart des écologistes du monde sont néanmoins par la relative faiblesse de leur densité démographique (avec la Russie qui fait mieux encore parmi les pays développés) les seuls pays à permettre ce genre d’opération. C’est la une sagesse (ou un état de fait) qu’il faut méditer. L’absence de surpopulation est une condition sine qua non de la protection de la faune et l’Amérique du Nord est bien placée quoiqu’en pensent une certaine mouvance écologiste.

L’auteur de l’article souligne avec justesse que pour inverser la tendance, (de l’aggravation de la situation des espèces menacées) : "  l’action audacieuse doit devenir la règle. " C’est une remarque que nous reprenons à notre compte pour la plupart des questions relatives à la protection de la nature, les demi-mesures seront sans autre effet qu’un bref répit.

par Didier BARTHES publié dans : Biodiversité
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