Revue de presse

Jeudi 8 octobre 2009

 

      L’environnement, et ce serait heureux si ce n’était une conséquence de la gravité du problème, est à ce point devenu un thème dominant qu'une revue de presse ne peut prétendre à la moindre exhaustivité.

       Aussi voilà quelques articles,  publiés au cours des trois derniers mois et qui, pris parmi beaucoup d'autres, nous ont semblés particulièrement instructifs.

 

 Tout d’abord l’excellent dossier que consacre la revue Terra Eco à la question démographique et où, pour une fois , les anti-natalistes ne sont pas systématiquement diabolisés. On y trouvera notamment un passionnant débat entre Yves Cochet (le député vert qui avait remis en cause la progressivité des allocations familiales avec le nombre d’enfants) et le démographe Henri Léridon récemment nommé au Collège de France. Les points de vues ne sont pas toujours aussi opposés que les commentaires de la revue ne le laissent penser. Tous deux savent que la poursuite de la croissance de la population aura et devra bientôt avoir un terme. Utile rappel aussi des positions  de James Lovelock le père de la fameuse hypothèse Gaïa. (Terra Eco, numéro d’octobre 2009, page 42).

 

 La Recherche propose un passionnant numéro de ses " Dossiers de la Recherche " sur  la Mer (numéro trimestriel 36 d’août 2009). Outre le renouvellement du constat accablant : nous sommes en train de vider les océans, la revue pointe l’inefficacité des mesures actuelles de protection. Rejeter les poissons à la mer en dessous d’une certaine taille ne sert quasiment à rien ils sont morts la plupart du temps, et quand ça marche un peu, on sélectionne les plus petites espèces. De plus, un poisson déjà grand à souvent une meilleure espérance de reproduction qu’un petit qui à toutes les chances de se faire manger à brève échéance. Bref la seule méthode est l’interdiction totale de la pêche dans de vastes zones : nous en sommes loin. Un pour cent seulement de l’océan est classé en " Aire Marine Protégée ".

 


 Sciences et Avenir consacre pour sa part quelques articles à une alimentation qui serait tout à la fois plus saine pour le consommateur et moins déstabilisante pour la planète. Pas de miracle, la viande et la viande rouge en particulier tiennent le mauvais rôle, il faudra en réduire la consommation si nous voulons sauver notre bonne vieille Terre (ou plutôt ses équilibres).  Vous y trouverez des conseils pratiques pour être un consommateur plus responsable. Bon si vous aimer la viande ...
   Concernant la pêche vous lirez  évidemment la confirmation de ce qu'affirmait La Recherche dans l'article précédent.

    Dans ce même numéro dont l'éditorial de Dominique Leglu s'intitule avec justesse "Frugalité " vous trouverez un article édifiant sur les achats de terres arables à l'étranger. Les principaux acheteurs sont l'Afrique du Sud et la Chine. 
  Encore une conséquence de la  confrontation entre notre croissance  démographique et et les limites physiques de la planète. Que se passera-t-il quand il n'y aura plus de terres à vendre ?

 Enfin il est juste  de citer  ceux qui vous contredisent.
Si nous avons parfois mis en cause les nouvelles lampes dites basse consommation qui vont bientôt, loi oblige,  supplanter les lampes à incandescence, vous trouverez dans Science et Vie (numéro 1104 septembre 2009 p 74) une défense de ces ampoules.

     Le magazine souligne que le mercure tant redouté y est présent en toute petites quantités (moins que dans les tubes néons déjà largement diffusés depuis des décennies). Le rejet dans la nature de tout le mercure qu'elles contiennent  (pour une consommation de 30 millions d'ampoules par an) n’augmenterait que de 1 pour cent les rejets de ce métal. Enfin les lampes en comportent de moins en moins, leur teneur en mercure a été divisé par dix en trente ans !
   Quant aux champs électromagnétiques générés par ces appareils, ils  ne semblent pas trop inquiéter non plus (il est vrai que, là aussi c’est désormais, c'est  tout notre environnement qui en regorge par une multitude de sources, et ces ampoules  n'en constituent  qu’une de plus). Nous abordons là une de ces fameuses batailles d'experts.
  Science et Vie n’évoque pas le fait qu’une partie de la chaleur des lampes à incandescence n’est toutefois pas perdue, comme on le dit, mais participe au moins l’hiver, au chauffage des habitations au même titre et avec le même rendement que n’importe quelle résistance électrique.


Par Didier BARTHES
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Mercredi 1 avril 2009


  Sous ce titre le magazine Télérama (*) présente un entretien fort intéressant avec le philosophe Dominique Bourg, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et par ailleurs membre du comité de veille de la fondation Nicolas Hulot.
   Dominique Bourg y met en cause la façon dont la société récupère la mode verte pour continuer à promouvoir la croissance dans un monde pourtant fini.
   Vaste contradiction que nous ne cessons de souligner sur ce blog.
  Le philosophe qui passe au crible l'automobile et l'informatique déclare notamment :

  " La croissance verte est un leurre ....
    Cette vision de l'écologie triomphe actuellement parce qu'elle nous permet de ne réformer notre système que partiellement. Avec la croissance verte nous pouvons continuer sur notre lancée du " toujours plus". Les Etats Unis d'Obama sont certes beaucoup plus écolos mais restent dans cette logique. Ils ne voient pas le problème et ne peuvent sans doute pas le voir. "

  Parfois les magazines de télévision sont plus intéressants que la télévision elle-même !




(*) Télérama numéro 1090 du 4 au 10 avril 2009, page 38, entretien mené par Weronika Zarachowicz.

Par Didier BARTHES
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Vendredi 20 février 2009

 
   Le mensuel Sciences et Avenir présente dans son dernier numéro une enquête sur la consommation d’énergie et la pollution générée par les nouvelles technologies (informatique, audiovisuel, téléphonie…)

   Les chiffres commencent à devenir inquiétants. Selon Sciences et Avenir, les centres serveurs consommeraient 1 % de l’électricité mondiale.

   Concernant l’informatique (internet compris), nos ordinateurs et terminaux ne sont pas seuls en cause. Les serveurs avec leur fonctionnement 24 h /24 et leurs machines redondantes consomment 50 % de l’énergie du secteur dont la moitié pour la seule climatisation (l’énergie liée à la fabrication des appareils n’est pas prise en compte dans cette étude).

    Pour la téléphonie mobile 75 % de l’électricité est consommée par les infrastructures et 20 % par les terminaux.

   Selon Olivier Sidler de la société Enertech, " 10 ans d’effort sur la réduction des consommations des appareils électroménagers ont été réduits à néant par la poussée de l’audiovisuel et de l’informatique " C’est là un phénomène tout à fait comparable à celui que nous avions signalé pour l’automobile : tous les progrès réalisés sur le rendements des moteurs sont anéantis par l’augmentation de poids et de puissance des véhicules.

    Encore un beau terrain pour la course aux économies !

 
Sciences et Avenir, numéro 745, p.74, mars 2009. Notez que le mensuel présente également une critique du livre " C’est maintenant ! " objet de notre article précédent.

Par Didier BARTHES
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Samedi 1 novembre 2008

Le mensuel  Science et Vie fait un point dans son numéro de novembre 2008 (numéro 1094, page 72) sur les réserves pétrolières dans l’Arctique.
Ces réserves sont l’objet d’importants débats. Selon les plus " optimistes ", elles s’élèveraient à 90 milliards de barils (avec une probabilité de 50 % pour que ce montant soit atteint). C’est évidemment très important mais ne correspond toutefois qu’à 3 ans de consommation mondiale et ne change en rien la problématique énergétique de la planète. D’autres comme Jean Lahererre, cofondateur de l’ASPO estiment que la probabilité que le sous sol de l’océan glacial recèle de telles quantités n’atteint sans doute que 5 % et que l’on doit plutôt compter sur 10 milliards de barils (3 à 4 mois de consommation mondiale).

En tout état de cause, ces réserves posent de nombreux problèmes. Tout d’abord leur combustion, bien sûr, s’ajouterait à celle des quantités existantes et augmenterait d’autant la pollution. En second lieu les conditions extrêmes (froid, profondeur…) pourraient être source de marées noires (rupture de canalisation, accidents de navires liés aux icebergs ou à la banquise, d’autant que le trafic maritime serait en forte augmentation).
Enfin l’Arctique est un lieu fragile. Le froid ralentit les processus de décomposition et une marée noire aurait des effets de très long terme. La lutte contre une telle catastrophe serait elle même particulièrement difficile, certaines zones étant couvertes de glace une bonne partie de l’année (voir en permanence mais le réchauffement climatique devrait changer cela !)

 

 

De son coté Sciences et Avenir (numéro 74,  novembre 2008, page 38), évoque la question des hydrates de méthane et fait part d’inquiétantes nouvelles. Sous le titre "   La bombe à méthane est amorcée " la revue relate les découvertes d’une équipe suédoise selon laquelle on noterait une concentration inhabituelle de méthane dissous dans l’océan.

Cette concentration serait liée à un dégazage de méthane sur le plateau continental sibérien. On sait que le relâchement des immenses réserves de méthane sous les fonds marins (sous la forme d’hydrate de méthane) ou dans le permafrost sur Terre, constitue l’une des grandes menaces écologiques pour les siècles à venir. Le réchauffement climatique, pourrait favoriser ces dégazages et entraîner une très forte augmentation de la concentration du méthane dans l’atmosphère. Ce processus aurait déjà eu lieu plusieurs fois dans l’histoire de la planète et pourrait être à l’origine de brutaux épisodes de réchauffement tant le méthane est un gaz à effet de serre efficace.

C’est là la double illustration de ce qu’on appelle un effet de seuil et une spirale infernale. Au dessus d’un certain niveau des températures, le méthane stocké se libère et cette libération entraîne à son tour une augmentation de l’effet de serre et par là à nouveau des températures.
Les hausses peuvent alors s’avérer extrêmement importantes et changer complètement la face de la biosphère. Attention quand même au catastrophisme systématique. Si le mécanisme est enclenché, le danger potentiel est extrême mais les faits doivent encore être confirmés et plus précisément chiffrés par d’autres recherches.

Par Didier BARTHES
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Jeudi 28 juin 2007

    Reprenant une étude du groupe intergouvernemental d'experts sur le climat, le mensuel Science et Vie dans son numéro de juillet 2007 confirme l'aggravation de la situation sur le plan du CO2.
    Non seulement depuis la signature du protocole de Kyoto, les émissions de gaz carbonique ne diminuent pas mais elles augmentent et ce, à un rythme de plus en plus rapide. 
    De 2000 à 2004 le taux d'augmentation annuel est de 3,4 % tandis qu'il n'était que de 1,1% pendant la décennie précédente.
   Autre élément de l'étude, le poids croissant de la Chine dans ces émissions. Ce pays deviendra le premier émetteur entre les années 2010 et  2020. L'Inde et les autres pays dits émergents prendront aussi une part déterminante à cette forme de pollution.

    Pas de surprise donc : le problème est mondial et sa résolution, pour l'instant, très mal engagée.

Par Didier BARTHES
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