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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 18:04

Quelle serait la population mondiale optimale ? Voilà une interrogation qui surgit inévitablement si l’on considère la maîtrise de notre démographie comme l’une des conditions sine qua non de la sauvegarde des équilibres écologiques. Quel est le meilleur niveau pour la population mondiale ?

Un tel optimum ne peut être défini qu’en relation avec un certain nombre d’objectifs et de modalités préalablement reconnus : Un optimum pour quoi faire ? Un optimum pour qui ? Un optimum à quelle échéance ? Un optimum à quel stade de développement technologique ? Faute de réflexion sur ces points, l’interrogation comme la réponse resteront vaines.     

Un optimum pour quoi faire et pour qui ?    

La durabilité  des équilibres écologiques comme de l’humanité peut être considérée comme le but ultime. Pour l’Homme il s’agit d’un objectif plus ou moins conscient et en tout cas sous-jacent à toutes nos activités. L’humanité peut en effet difficilement envisager un objectif qui aille à l'encontre de sa durabilité.  En ce sens, tous ses autres buts sont soumis à cette contrainte de maximisation de la durée. Toute autre règle viserait en réalité à organiser notre propre disparition. Notons qu'une difficulté particulière surgit pour l'humanité : l’évolution, d'ailleurs bien mal engagée pour notre espèce qui ne se soumet pratiquement plus à aucune forme de sélection naturelle, conduira à modifier l'espèce elle-même. Pourra-t-on encore parler d'humanité si nos formes et nos capacités deviennent très différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui ?

La nature, de son côté, ne vise aucune réalisation particulière, ce sont les mécanismes d’adaptation permanente qui permettront de repousser aussi loin qu’il se pourra la fin de la vie sur Terre. Pour elle, d’une certaine façon, l’objectif est et sera atteint sans avoir été pensé. Stricto sensu, c’est un résultat obligé plutôt qu’un but. Admettre le contraire viendrait à donner dans le finalisme ou en tout cas supposer une intentionnalité au monde naturel, ce à quoi d’ailleurs conduisent certaines interprétations, à mon sens discutables, de la célèbre hypothèse Gaïa développée par James Lovelock (*).

Nous pouvons donc définir les conditions de l’optimum de la façon suivante : Permettre à la nature et à l’homme de vivre en harmonie aussi longtemps que les conditions astronomiques, climatiques et géologiques l’autoriseront. Il s’agit d’un cadre un peu vaste, mais les points suivants le préciseront.

Un optimum à quelle échéance ?  

Il est raisonnable de considérer qu'à très long terme : 20, 50, 100 millions d'années, tout est égal. Pas égal au sens où nos actes d'aujourd'hui n'auraient aucune conséquence sur le futur très lointain (la disparition des espèces que nous provoquons fera que la faune sera à jamais différente de ce qu'elle aurait été sans nous), mais égal au sens où il est impossible de dire à de telles échéances si la situation sera meilleure ou pire qu'elle n'aurait été sans notre présence alors passée.

L'exemple de l’astéroïde qui, il y a 65 millions d'années,  élimina les dinosaures est instructif. Ce fut presque la pire catastrophe écologique que l'on puisse  envisager puisque, suite au choc, toute la grande faune fut éliminée du fait du changement climatique et de ses conséquences notamment sur la végétation.  Et pourtant, quelques dizaines de millions d'années plus tard, tout allait pour le mieux, la faune et la flore étaient sans doute notablement différentes de ce qu'elles auraient été sans cet accident, mais elles n'étaient pas moins développées et pas moins riches de diversité.

Même si nous savons que nous souffrons dramatiquement de "court termisme", il n’y a, de façon générale, aucun sens à faire des prévisions à trop longue échéance. Pour les hommes, les tourments de l’Histoire excluent même une prospective sérieuse sur quelques milliers d’années. Proposons donc un moyen terme et envisageons un optimum pour dans 500 ans, cela est suffisamment éloigné pour permettre des évolutions démographiques raisonnables ne supposant pas d’effondrement (ce que la Nature ou l’Histoire hélas, ne nous épargneront sans doute pas).

Un optimum à quel niveau de technologie ?  

Si, compte tenu de notre impact actuel, certains pourraient être tentés de dire que seule une Terre sans hommes est susceptible de préserver ses équilibres écologiques, il faut reconnaître qu’avec un bas niveau de technologie, certaines sociétés pré-néolithiques pouvaient être considérées comme parfaitement intégrées et les hommes comme des prédateurs comme les autres. Attention toutefois, il faut remonter pour cela assez loin et avec des effectifs beaucoup plus faibles qu'aujourd'hui car il parait bien que l'humanité puisse être tenue pour responsable de la disparition de la mégafaune qui peuplait encore la planète il y a 30 ou 50 000 ans. Cela semble très net en Amérique du Nord et en Eurasie. Nos célèbres mammouths et autres ours ou lions des cavernes firent probablement les frais de notre présence sur ces deux continents.

Il semble toutefois exclu de retourner à l’âge de pierre tout autant qu’il l’est de parier sur une éternelle fuite en avant technologique qui supposerait une disponibilité en énergie tout à fait considérable et qui éloignerait toujours plus l’homme de ses origines. Aussi, comptons sur des technologiques comparables à celles qu’aura  connue l’humanité disons entre l’an 1950 et l’an 2050. Cette situation permet tout à la fois d’englober une situation où l’homme était encore proche de la nature (une fraction importante de l’humanité vivait à la campagne et dépendait très directement du travail agricole en 1950) et de prendre en compte la disponibilité de certaines technologies, l’informatique notamment Attention toutefois sur ce point l’informatique est très dépendante d’une industrie lourde (métaux, énergie…) dont rien ne prouve qu’elle sera durable.  

L’interrogation étant précisée, les critères étant retenus et leurs valeurs plus ou moins cadrées : quelle population retenir pour dans 500 ans, pour une humanité vivant sur des conditions technologiques comparables à celles d’aujourd’hui et se donnant pour objectif de ne pas obérer son avenir et de durer aussi longtemps que faire se peut ?  

Le débat est ouvert, je propose pour ma part, avec je l’admets, une large part d’arbitraire, une population d’environ 200 millions d’habitants sur la planète.  

A beaucoup, ce chiffre apparaîtra excessivement faible. C’est pourtant grosso modo le niveau de peuplement mondial entre l’époque de Jésus-Christ et l’an 1000 ce qui montre la durabilité d’un tel  état démographique. C’est également un effectif très supérieur à ce qu’à connu notre espèce tout au long de son histoire. Rappelons qu’il y a 10 000 ans nous étions seulement de 5 à 10 millions sur l’ensemble de la planète. De tels effectifs permettraient de laisser de vastes espaces à la nature où les processus de sélection et d’adaptation pourraient alors librement se dérouler. Cela permettrait également dans les zones habitées de disposer de densités de peuplement suffisamment faibles pour ne pas couper les humains de leur milieu. Notons également que techniquement, atteindre de tels niveaux de population suppose en cas d’évolution régulière une baisse annuelle de la population de 0,7 %  à comparer à la croissance d’environ 1,2 %  que nous connaissons actuellement. Une telle vitesse d’évolution semble raisonnable et ne conduit ni à un dépeuplement trop rapide ni à une pression trop forte sur les couples pour leur imposer une fécondité très basse. Ces résultats pourraient être obtenus en maintenant une fécondité comprise entre 1,5 et 1,8 enfant par femme en moyenne (pendant la période de transition, ensuite, la fécondité pourrait évidemment remonter à 2).

Dans le même temps  200 millions constituent un « volume d’hommes » suffisamment important pour bâtir des civilisations et connaître une évolution notable. Les égyptiens de l’antiquité, les grecs, les romains, mais aussi plusieurs grandes civilisations asiatiques et amérindiennes ou africaines ont vécu sur une Terre présentant un peuplement comparable.

Bien entendu, il ne s’agit là que d’un petit exercice intellectuel qui simplifie outrageusement les choses en tablant sur une évolution régulière, ce que l’Histoire a bien rarement connu sur de telles périodes. D’ailleurs, hélas, nombreux sont aujourd’hui les chercheurs qui tablent sur un effondrement écologique et civilisationnel à l’horizon 2050. La question, pourtant non négligeable, des moyens d’une telle politique n’est pas non plus évoquée ici. Mais comme dans tout exercice, la réflexion sur l’énoncé et sur le pourquoi des critères à retenir importe plus que le résultat.  

Alors, quel est votre avis ? Quels effectifs suggéreriez-vous pour l’humanité ? Et pour quelles raisons ? N’hésitez pas à enrichir le débat via les commentaires.

_______________________________________________________________________________________________   

(*) La Terre est un être vivant : L’hypothèse Gaïa, James Lovelock, 1979 (traduction française 1993, éditions Flammarion).

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 16:44

Le Conseil constitutionnel vient de censurer la loi créant des tarifs progressifs de l'énergie. Ce texte porté par le député PS François Brottes, qui prévoyait un «bonus-malus» pour le gaz et l'électricité et devait constituer un premier pilier de la transition énergétique, avait été voté le 11 mars dernier par l'assemblée nationale.  

Le Conseil a relevé notamment que les dispositions relatives au « bonus-malus » dans les immeubles collectifs pourvus d'installations communes de chauffage étaient contraires au principe d'égalité. « Ces dispositions n'assuraient pas que les conditions de répartition du « bonus-malus » soient en rapport avec l'objectif de responsabiliser chaque consommateur domestique au regard de sa consommation d'énergie », indique le communiqué du Conseil constitutionnel diffusé le 11 avril.      

Malgré la déception de Delphine Batho, ministre de l'Écologie, disons-le tout net, cette censure est une bonne chose.      

D'abord cette loi produirait de l'injustice.

En se basant sur l'adresse (pour le climat), le mode de chauffage et le nombre de personnes par logement, elle oublie la complexité de la vie (1) .

Il y a les personnes âgées ou malades qui ont souvent besoin d'avoir un peu plus chaud et qui, trop pauvres pour partir en vacances, occupent leur logement 100 % du temps contrairement aux bourgeois-bohèmes qui profitent au maximum de leurs week-ends, de leurs congés et de leurs RTT pour s'aérer loin de leur domicile. Mettre sur le même plan un jeune couple déjeunant au restaurant de leur entreprise, dînant souvent en ville et absent plus de 100 jours par an, et un couple âgé vivant en permanence dans son logement, est-ce cela la justice ?

Il y a le locataire prisonnier d'un mode de chauffage collectif qui serait 'responsabilisé' par un malus bien qu'il se trouve dans l'impossibilité de maîtriser quoi que ce soit, comme l'a bien vu le Conseil constitutionnel.

Il y a la vieille dame qui a perdu son mari et qui souhaite continuer à habiter dans le logement où elle a ses habitudes. Devrait-elle déménager pour éviter d'être stigmatisée comme mauvaise citoyenne consommant désormais plus que son dû ?

Il y a les parents qui ont vu partir leurs enfants mais continuent à les recevoir régulièrement, s'occupent de leurs petits enfants pendant les vacances scolaires, et hébergent pendant l'hiver leurs vieux parents en augmentant un peu le chauffage car ils sont devenus frileux. Peu importe, la loi ne considérera que leurs 2 personnes et les pénalisera.

Il y a ces retraités qui vivent à temps à peu près égal en ville et à la campagne et reçoivent de la famille ou des amis pendant les vacances. Eux aussi seront donc des français malussés car les résidences secondaires seront concernées avec un volume de base fixé à la moitié de la consommation annuelle d'une personne seule.

Il y a cet occupant qui, trop âgé ou malade, ne peut physiquement plus alimenter son poêle à bois enregistré comme mode de chauffage et a recours à des radiateurs électriques qui auparavant ne servaient qu'en appoint. Doit-il lui aussi être montré du doigt et financièrement sanctionné, avec un volume de consommation devenu tout à coup non-vertueux ?

Il y a aussi ces propriétaires qui louent en meublé une partie de leur domicile pour augmenter un peu leurs revenus ; cela non plus n’est pas prévu, les occupants occasionnels n'étant pas pris en compte, les propriétaires seront considérés comme devant être taxés.  

Ensuite cette loi  pénaliserait les comportements écologiques.

Ceux qui refuseront pour toute leur famille les aliments prêts à consommer et feront le choix d'utiliser leur cuisine comme un lieu de transformation d'éléments nutritifs de base verront forcément leur consommation énergétique augmenter. Cuire son pain, faire ses yaourts et son fromage, laisser mijoter un pot au feu pendant 4 heures, autoproduire ses confitures, tout cela représente une dépense d'énergie dont s'exonère le consommateur de produits tout faits proposés par l'industrie agro-alimentaire. Peu importe que cette production relocalisée au plus près des besoins évite le gaspillage et favorise une alimentation saine, ce sont ceux qui feront ce choix de faire eux-mêmes la cuisine qui seront considérés comme devant être « accompagnés » (2) , étant ainsi placés dans une logique de tutorat dont on ne sait pas où elle finira.

Ceux-ci aggraveront leur cas s'ils choisissent de passer leurs vacances dans leur petit biotope à eux en recevant des amis. Tout ceci augmentera leur consommation alors qu'un ou deux beaux voyages en avion pendant quelques semaines au bout du monde  impacteraient à la baisse les dépenses énergétiques visées par la loi. Et n'imaginons même pas que cette famille ait acquis une voiture électrique rechargeable, ce cas n'a pas été prévu non plus.

Si l'idée de faire payer plus chère l'énergie à ceux qui en consomment trop n'est a priori pas stupide, elle se révèle vite impraticable (3) et contre-productive dans le cadre actuel. Ne tenir compte que de l'électricité et du gaz, en oubliant les autres sources d’énergie comme le fuel, induit un contrôle social sur certains citoyens et en exonère d'autres. Pourquoi stigmatiser celui qui consommera officiellement un peu trop de gaz et laisser le voisin brûler du fuel autant qu'il en veut pour chauffer une piscine ouverte ?    

Plus grave, en refusant de tenir compte de l'ensemble de l'énergie consommée, de façon directe au domicile comme indirecte à travers l'énergie incorporée dans les biens et les services utilisés, le système mis en place favorise tous les comportements de « passager clandestin » bien connus des économistes, et renforce les externalités négatives, comme on a pu le voir à travers les exemples précités.  

Il faudrait alors poursuivre dans la logique qui anime cette loi et perfectionner celle-ci en imaginant un système global enregistrant tous nos actes de consommateur et leur attribuer un poids énergétique pour être plus juste et plus efficace. Un tel Big Brother est-il possible ? Est-il seulement souhaitable ? Transformer l'écologie en jeu de flicage permanent et en moyen de culpabilisation des citoyens est peut-être une tentation, elle n'est en tout cas pas un projet de société, sauf à dessiner en creux le monde dont nous ne voulons pas.  

___________________________________________________________________________________________________

1: Au rebours de ce qu'énonce François Brottes, auteur du texte de loi : « Le système simplifié de bonus-malus prend en compte la réalité particulière de chaque ménage (situation climatique, nombre de personnes et mode de chauffage) » in le Figaro, Le bonus-malus sur les tarifs de l'énergie appliqué en 2015, Fabrice Nodé-Langlois, le 17.01.2013. Derrière cette affirmation que démentent les exemples avancés plus loin, que se cache-t-il ? Un mensonge pour mieux faire passer son texte ? Une vision simpliste et unidimensionnelle de la société et de la façon dont nous vivons ? Ou bien le mépris d'un politique pour la vie réelle des gens ? En tout cas, cette façon de faire ne peut qu'éloigner de l'écologie des personnes au départ bien disposées, qui seront amenées à ne voir à travers celle-ci qu'un moyen en apparence un peu plus légitime pour leur chercher 'des poux dans la tête'. Mais il y a dans tout cela une logique de contrôle, de bureaucratisation et de croyance en la transparence de la société qui ne peut qu'inquiéter tous ceux qui n'ont pas oublié les dérives totalitaires que la pensée socialiste a accompagnées.    

2: « Les consommateurs concernés par le malus seront rapidement identifiés pour qu’on puisse les accompagner » comme le déclare François Brottes, le député socialiste à l'origine de la loi sur les tarifs de l'énergie. Cf. Adrien Gaboulaud, Ce que va changer la loi sur les tarifs de l'énergie, in Parismatch.com,  mardi 12 mars 2013.    

3: Il est toujours facile de dénoncer … mais rappelons que d'autres solutions avaient été explorées, comme la taxe carbone ou plus simplement une augmentation annoncée et régulière du coût des énergies mises à disposition des particuliers, à charge pour ceux-ci de s'organiser en gérant au mieux le signal prix (avec une aide pour les plus précaires).  

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Published by Jean Bruguier - dans Energie
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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 10:04

Si l'écologie se prétend une idée neuve, l'amour de la nature est bien plus ancien. Jean-Baptiste de Lamarck l'avait exprimé à merveille, mais les savants n'épuisent pas la connaissance du monde, les poètes aussi ont des choses à nous dire, et ils n'ont pas attendu. Ainsi au XVIème siècle, Pierre de Ronsard demandait déjà pitié pour les arbres:

 

 Ecoute, Bûcheron, arrête un peu le bras.

 Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;

 Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force

 Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?

 

 Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur

 Pour piller un butin de bien peu de valeur,

 Combien de feux, de fers, de morts et de détresses

 Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?

 

 Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !

 Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers

 Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière

 Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.

 Plus l'amoureux pasteur sur un tronc adossé,

 Enflant son flageolet à quatre trous percé,

 Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette,

 Ne dira plus l'ardeur de sa belle Janette.

 

 Tout deviendra muet, Echo sera sans voix ;

 Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois,

 Dont l'ombrage incertain lentement se remue,

 Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue ;

 Tu perdras le silence, et haletants d'effroi

 Ni Satyres ni Pans ne viendront plus chez toi.

 

 Adieu, vieille forêt, le jouet de Zéphire,

 Où premier j'accordai les langues de ma lyre,

 Où premier j'entendis les flèches résonner

 D'Apollon, qui me vint tout le cœur étonner,

 Où premier, admirant ma belle Calliope,

 Je devins amoureux de sa neuvaine trope,

 Quand sa main sur le front cent roses me jeta.

 Et de son propre lait Euterpe m'allaita.

 

 Adieu, vieille forêt, adieu têtes sacrées,

 De tableaux et de fleurs autrefois honorées.

 Maintenant le dédain des passants altérés,

 Qui, brûlés en l'été des rayons éthérés,

 Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,

 Accusent tes meurtriers et leur disent injures.

 

 Adieu, chênes, couronne aux vaillants citoyens.

 Arbres de Jupiter, germes Dodonéens,

 Qui premiers aux humains donnâtes à repaître ;

 Peuples vraiment ingrats, qui n'ont su reconnaître

 Les biens reçus de vous, peuples vraiment grossiers

 De massacrer ainsi leurs pères nourriciers !

 

 Que l'homme est malheureux qui au monde se fie !

 Ô dieux, que véritable est la philosophie,

 Qui dit que toute chose à la fin périra,

 Et qu'en changeant de forme une autre vêtira !

 

 De Tempé la vallée un jour sera montagne,

 Et la cime d'Athos une large campagne ;

 Neptune quelquefois de blé sera couvert :

 La matière demeure et la forme se perd

 

                                   Pierre de Ronsard

                                   Elégies XXIV 

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Published by Pierre de Ronsard - dans Citations
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 09:04

Un mal étrange semble frapper la plupart des écologistes et des gens de tous bords politiques par ailleurs tout à fait conscients des enjeux de la lutte pour la planète.

Il a la forme d’un déni de la réalité. Réalité pourtant vieille comme l’humanité et transparente à tout individu ayant dépassé les enthousiasmes de l’adolescence. Je viens d’en trouver une nouvelle illustration  dans une interview d’Isabelle Autissier, présidente du WWF.

Cette femme remarquable par son parcours et ses engagements, tient pourtant un discours sidérant de naïveté : quand on la questionne sur les solutions à trouver à ce qu’elle qualifie d'état d’urgence de la terre, elle entonne, elle aussi, l’« air du partage ».

Partager son bateau entre plaisanciers, sa machine à laver entre locataires d’un même immeuble, son taille-haies entre habitants d’une même rue…

Partager est une solution récurrente et comme magique dans le discours de ceux qui, refusant d’être affolés par le défi de nourrir toujours plus d’humains, dépensent des trésors d’imagination pour établir  des listes de solutions. Bien sûr, ces solutions sont toutes intéressantes. Il est vrai qu’il faudra améliorer les cultures par l’agroécologie, privilégier la production et la consommation locales, réduire le gaspillage, réduire la consommation de viande, la consommation tout court, dessaler l’eau des océans, cultiver des légumes sur les toits de la ville. Partager nos ressources entre nous, partager mieux surtout entre Nord et Sud.

Partager ? C’est une forme idéale du rapport à l’autre basée sur la réciprocité et l’altruisme. C’est aussi une valeur chrétienne qui a imprégné notre culture. Saint Basile au IVème siècle disait «  Si chacun ne prenait que selon ses besoins, laissant le reste aux autres, il n’y aurait ni riches ni pauvres » Voilà une parole de saint qui fut vite oubliée !

Depuis Platon et sa République, depuis  les premières communautés « communistes » chrétiennes en passant par les saint -simoniens , les fouriéristes et leurs phalanstères, jusqu’à la catastrophe des régimes marxistes, sans parler des désillusions des communautés soixante-huitardes et du non-avènement de l’an 01 de Gébé, on sait que le penchant naturel de l’homme n’est pas l’altruisme et qu’on ne conduit pas une société par une utopie.

Comment se fait-il donc que des gens intelligents, de bonne volonté soient à ce point aveuglés pour parler de partage à l’échelle de la planète. Ce qui est possible au niveau d’un petit groupe de personnes soutenant les mêmes valeurs n’est évidemment pas transposable à l’humanité entière ! d’autant que les années qui viennent s’annoncent très difficiles écologiquement, économiquement, socialement. Les possédants protégeront  âprement leurs biens, et les pauvres seront encore plus pauvres surtout au Sud !

Lire l’histoire humaine et vivre tout simplement nous apprend que l’homme ne partage pas, c’est tout ! 

Dans la proposition «  Partager pour nourrir 9 milliards d’humains » on voit bien le désir coûte que coûte de se cramponner au 1er terme pour surtout ne pas voir le 2ème : « 9 milliards » qui brûle les yeux. Effet toujours étonnant du tabou sur la démographie !

Comme si la croissance infinie de l’humanité, ou plutôt la sacralité de la liberté de se reproduire, était une donnée aussi inéluctable que la rotation de la Terre sur elle-même.

Puisque nous en sommes à partager entre défenseurs de la biodiversité, va-t-on accepter de partager notre territoire avec les autres espèces ? Un décret récent nous donne la réponse : autorisation est donnée d’abattre annuellement 24 loups sur les 250 féroces canidés qui menacent nos 65 millions de concitoyens et leur bétail. Quand il y aura 73 millions de français en 2050, combien restera-t-il de loups ?

Mais que tout cela ne nous empêche pas d’imaginer un monde sur lequel la grâce est tombée et qui partage équitablement entre Nord et Sud, entre riches et pauvres. Cela permettra -t-il une vie décente à tous les humains dans un monde dont la richesse, la beauté, l’espace et la biodiversité seront préservés ?

Nourrir, loger, vêtir, soigner, transporter etc…même vertueusement du point de vue écologique, 9 milliards d’humains aboutit aux mêmes résultats catastrophiques que faire la même chose dans la plus parfaite inconscience des années d’après-guerre, avec 3 milliards de nos congénères. On ne peut rien contre les contraintes physiques du monde et le caractère exponentiel de ce qui a été mis en œuvre .    

L’utopie du partage vient masquer l’urgence d’une décroissance démographique choisie avant la décroissance subie ou imposée par des catastrophes humanitaires ou des régimes autoritaires qui balaieront les bons sentiments et ceux qui les prônent.

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Published by Anne-Marie Teysseire - dans Economie
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 11:04

Fiscalité – Diesel – Gazole – Essence – Particules fines – Cancer – Coût de l'écologie

C'est un peu une histoire de fou. L'État français s'est débrouillé au fil du temps pour encourager une solution polluante et non-efficace économiquement, qui lui coûte annuellement 7 milliards en recettes manquantes.
De quoi s'agit-il ? Du diesel bien sûr.  Les particules fines qu'il dégage contribuent à l'aggravation de la pollution urbaine pour un coût que Delphine Batho, ministre de l'écologie, estime entre 20 et 30 milliards chaque année. De plus la demande déséquilibrée en gas-oil pose problème à l'industrie du raffinage et contribue à augmenter nos déficits commerciaux.

Aucun avantage écologique, pas d'intérêt économique, et pas moins de raisons éthiques qui auraient pu justifier un écart de taxation de 18 centimes par litre correspondant à une remise de 30 % des taxes pesant sur l'essence (60 centimes de taxes pour l'essence, 42 pour le gas-oil).

Et c'est bien ce rabais sur le gas-oil qui a fait basculer en trente ans le parc automobile français vers le diesel. Rabais accompagné, il faut le reconnaître par le mode de détermination du bonus-malus automobile qui favorise les petites voitures diésélisées.

Comment en est-on arrivé là ?

Il y a eu la volonté de donner un coup de pouce à des professions malmenées par le développement économique de nos dernières décennies comme les agriculteurs, les pêcheurs et les routiers qui bénéficient largement de la fiscalité allégée sur le diesel, ainsi que le rappelle la Cour des comptes dans son rapport rendu public le 1er mars 2013.

Il y a eu dans la foulée du Grenelle de l'environnement le choix de favoriser les véhicules émettant moins de CO2, oubliant de prendre en compte la totalité de l'équation écologique et donc les autres polluants. Ce choix en rappelle un autre, fait ce dernier par les Pouvoirs publics européens, celui de favoriser les ampoules basse consommation consistant à se focaliser sur les économies d'énergie et oubliant la dangereuse dissémination de mercure ainsi favorisée. Comme si les pouvoirs publics ne savaient aborder les contraintes de pollution que sous un seul angle, alors que l'écologie est d'abord une exigence qui suppose de gérer subtilement la complexité des choses (1).

Il y a eu aussi une tendance électoraliste au laisser-faire, afin de faire plaisir aux automobilistes qui trouvaient là un moyen de rouler à moindre coût; tendance peu coûteuse au début avec moins de 5 % du parc, mais qui peu à peu est devenue politiquement difficile à remettre en cause avec un  parc diésélisé devenu hégémonique.

Désormais les données de la problématique sont connues et la niche fiscale en faveur du diesel ne semble plus pouvoir tenir longtemps, et ce d'autant plus que l'État manque de ressources pour lutter contre les déficits. Et sur un plan moral, comment justifier qu'on aide plus longtemps en cette période impécunieuse des personnes qui, par leurs choix technologiques essentiellement guidés par un intérêt financier personnel, contribuent plus que d'autres à la dégradation de notre environnement.

Il reste cependant une question : comment gérer l'impact de la suppression de ce rabais fiscal pour l'immense majorité des français ? Car entre-temps ceux-ci se sont habitués à un coût de déplacement automobile relativement peu élevé et ont fait des choix structurants de long terme. Non seulement quant à leur voiture dont l'espérance de fonctionnement est supérieur à dix ans, mais aussi en termes de logement : Il n'est pas rare qu'un couple parcourt une centaine de km/jour pour remplir ses obligations professionnelles, et la suppression de la niche fiscale 'diesel' lui couterait approximativement 350 euros/an pour ces seuls trajets.

On retrouve là la problématique du coût de l'écologie. Notre monde s'est construit sur des fantastiques gains de productivité mais aussi en faisant l'impasse sur les risques portées par les techniques. C'est aujourd'hui le diesel qui se révèle cancérigène. Ce sont demain bien des matériaux et des solutions employés dans nos bâtiments pour les facilités et les économies qu'ils procurent (2) qu'il faudra sans doute revoir, avec là aussi des augmentations substantielles à la clef. Ce sont aussi nos pratiques agricoles, avares en main d'œuvre mais riches en pesticides et autres produits phytosanitaires, qu'il conviendra d'évaluer; ce qui pourra là encore déboucher sur des augmentations non négligeables.

Derrière cette niche qui valait 7 milliards (3), il y a une forêt qui se cache. Le souci de l'écologie va nous coûter cher, car sa prise en compte va dissiper une bonne partie de l'énorme amélioration quantitative de notre niveau de vie qui s'est faite depuis 60 ans au moins sur des impasses techniques dangereuses pour notre santé comme sur une exploitation insoutenable dans la durée des ressources de la planète. Mais a-t-on le choix ?

    __________________________________________________________________________________________________   

1 : Il n'est peut-être pas illégitime de penser que les errances des politiques étatiques pourront à l'avenir largement compléter les pratiques d'obsolescence programmée pour accélérer la consommation. Après avoir incité à opter pour des automobiles diesel, l'État propose de les abandonner pour revenir à l'essence. Lorsque les pouvoirs publics prendront conscience du risque des ampoules au mercure, ne vont-t-ils pas nous proposer de nous défaire de ce qu'ils nous ont encouragé à acquérir ? De même pour les radiateurs électriques tant vantés par EDF et l'État français depuis 40 ans et qu'il faudrait mettre  au placard alors que ceux-ci fonctionnent pour la plupart encore parfaitement (voir note n°2). A quand une remise en cause des fenêtres double vitrage en PVC aujourd'hui subventionnées et qui risquent demain d'être considérées comme élément d'une pollution dangereuse ? Idem pour les laines de verre ! Et pour en revenir aux voitures, encourager financièrement comme l'a fait l'État français ces dernières années la mise à la casse d'automobiles âgées de huit années, catalysées et en bon état mécanique, parcourant quelques milliers de km par an, revient à jeter des produits en bon état sans tenir compte de l'énergie grise nécessaire à la fabrication de leur remplaçante ; il est à craindre que le bilan de l'opération n'ait été négatif sur le plan environnemental, sans même prendre en compte l'encouragement au gaspillage qu'a pu susciter cette politique.

2 : le recours aux radiateurs électriques est par exemple aujourd'hui remis en question pour favoriser une nouvelle politique de l'énergie, comme le dit dans une interview à Actu-environnement le 11 février 2013 Cyrille Cormier, chargé de campagne Énergie Climat à Greenpeace France : 'Dans le cadre du plan de rénovation des logements, nous appelons à la dépose des chauffages électriques, de type convecteur, rayonnant, accumulateur, etc. pour les remplacer par des moyens de production de chaleur renouvelables'. Outre la facilité d'usage de ce mode de chauffage, son abandon signifie des travaux conséquents et coûteux.

 D'autre part, des matériaux comme le PVC, la laine de verre ou certaines mousses isolantes font aujourd'hui l'objet d'interrogations sur leur innocuité ; les remplacer ne serait pas sans conséquences sur les coûts de construction.

3 : Les 7 milliards sont calculés à partir d'un alignement des taxes sur celles de l'essence. On peut cependant s'interroger sur le fait qu'il serait peut-être plus juste, puisque les voitures diésélisées sont plus polluantes et qu'elles consomment moins de carburant par km parcouru, que les taxes sur le gas-oil soient clairement plus élevées. Reprendre le différentiel de 18 centimes en le plaçant à terme au-dessus des 60 centimes de taxes dues sur le litre d'essence, voilà qui pourrait constituer un axe de réflexion.

 

     

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Published by Jean Bruguier - dans Fiscalité
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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 07:44

conf 24 oct

Le 24 octobre dernier, l'association Démographie Responsable organisait à Paris une conférence intitulée : Environnement et Démographie. Nous disposons désormais d'une vidéo qui en reprend les moments principaux. 

Articulée autour des interventions de Michel Sourrouille et de Hugues Stoekel, cette conférence fut l'occasion de lier enfin problèmes démographiques et problèmes environnementaux.

Michel Sourrouille est professeur de Sciences Economiques. Il est le fondateur des sites Biosphère Info et Biosphère Ouvaton. Le premier est un lieu d'information et de discussion sur l'environnement et la société, le second constitue une base de documentation sur l'écologie.

Mathématicien, Hugues Stoeckel est écologiste et ancien conseiller régional il est l'auteur de "La Faim du monde" un ouvrage  que nous avions commenté sur ce blog.

J'ai animé cette conférence avec M. Denis Garnier, président de Démographie Responsable. Le débat qui a suivi montre qu'à l'inverse des partis politiques ou même de certains partis écologistes, une fraction importante de la population est  consciente de l'enjeu et tout à fait d'accord pour briser le tabou. La question démographique doit avoir toute sa place et il sera bien difficile d'imaginer un monde à la fois surpeuplé et écologiquement vertueux.     

Visualisation de la conférence.

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 13:04

En ces temps de difficultés financières exacerbées, les allocations familiales occupent le devant de la scène. Doit-on les taxer de façon particulière ? Doit-on, comme d’autres prestations, les intégrer à l’assiette de l’impôt sur le revenu ? Faut-il les soumettre à des conditions de ressources ? Les plafonner ?

Toutes ces interrogations sont légitimes, elles relèvent d’une double préoccupation sociale et budgétaire. Pourtant, on doit regretter que la question de fond, c’est-à-dire leur raison d’être, soit bien souvent absente des débats.

Les allocations familiales sont avant tout le principal outil d’une politique nataliste. Leur objet est de favoriser la fécondité en faisant en sorte que l’arrivée d’un, et surtout de plusieurs enfants, n’occasionne pas de telles difficultés financières pour les familles qu’elles hésitent à se lancer dans l’aventure.

L’incitation se révèle efficace, et la France, généreuse en la matière (1), est aussi l’un des pays d’Europe les plus féconds avec environ deux enfants par femme quand ses voisins italien, allemand ou espagnol sont très en dessous (2). Le monde politique et la presse en général s’en félicitent régulièrement sans une once de questionnement avec le même naturel qu’ils prétendraient préférer le beau temps à l’orage ou la bonne santé à la maladie. Sur ce sujet, le réjouissement est implicite et presque obligé.  

Mais le mécanisme n’est-il pas allé trop loin quand, pour certaines familles, les allocations constituent la première source de revenu (3) ? Comme si l’enfant devenait un moyen de vivre, une industrie comme une autre, alors même que les prélèvements obligatoires ne cessent de progresser.

La poursuite d’une politique aussi volontariste en faveur de la natalité peut être mise en cause du triple point de vue écologique, moral et économique.

Ecologique d’abord, car la planète ne supporte plus nos effectifs. Au niveau mondial, ceux-ci ont été multipliés par deux au cours des 45 dernières années et par quatre au cours du siècle précédent, les forêts et la mégafaune sont sur le point de disparaître du fait de notre omniprésence. En France, la population a augmenté de plus de 15 millions de personnes depuis 1970 et notre pays bétonne l’équivalent d’un département tous les 10 ans. Dans ce cadre-là, est-il nécessaire de consacrer des fonds publics à encourager toujours plus le phénomène ? 

 Problème moral ensuite, car avant d’être des prestations, les allocations familiales sont d’abord des prélèvements et ces prélèvements touchent ceux, qui, par leur relative retenue démographique se comportent de la façon la plus responsable et la plus écologique. Dans le monde surpeuplé de demain, nous nous apercevrons que nous avons financé la catastrophe en taxant les plus vertueux au profit de ceux qui l’étaient moins.

Economique enfin, car quelle est la logique de ce soutien inconditionnel à la natalité ? On nous dit souvent qu’il faut préserver l’avenir et notamment financer les retraites : C’est une triste plaisanterie.

Plaisanterie à long terme, car sur le fond, peut-on sérieusement compter sur une société qui, pour maintenir son équilibre exigerait que chaque génération soit plus nombreuse que la précédente ? Sur un monde de surface finie, il ne peut s’agir que d’une fuite en avant. Il faut bien envisager la stabilisation, et le plus tôt, et au plus bas niveau, sera le mieux.

Plaisanterie à court terme aussi, car cela fait 40 ans que les pays occidentaux, et la France tout particulièrement, sont minés par le chômage et se montrent incapables de fournir du travail à leur jeunesse. Manque-t-on de main d’œuvre ? Est-ce cela qui plombe l’économie ? Non, on manque d’emplois ! On ne financera pas les retraites avec les chômeurs. Bien au contraire, l’arrivée chaque année sur le marché du travail de classe d’âges plus nombreuses creuse plus encore les déficits des comptes publics, puisque, d’une façon ou d’une autre, la collectivité doit offrir à ses membres un minimum de ressources. Une des raisons des meilleurs résultats de l’Allemagne sur le volet de l’emploi est qu’elle n’a pas à fournir tous les ans un travail à des jeunes aux effectifs stables ou croissants.

 

Propositions :

On pourrait comme le suggère l’association Démographie Responsable imaginer une autre politique visant à réorienter ces prestations en faveur des familles moins nombreuses tout en permettant de substantielles économies.

On pourrait ainsi mettre en place une allocation (100 euros par exemple au lieu de 0 actuellement) dès le premier enfant, puisque celui-ci génère de facto des dépenses non négligeables pour une famille.

L'on pourrait également revaloriser les allocations pour deux enfants en les faisant passer à 150 ou 200 € (au lieu de 127,05 € aujourd’hui). Puis, de façon à ne pas favoriser l’accroissement de la population, garder ce même montant quel que soit le nombre d’enfants. Ainsi, tout couple souhaitant se reproduire plus qu’à l’identique, c’est-à-dire avoir plus de deux enfants, devrait, en connaissance de cause (ou plutôt, de conséquence) assumer la charge financière que cela suppose et non demander à la collectivité de le faire à sa place. Il va de soi que de telles mesures ne devraient pas être rétroactives afin de ne pas mettre en péril financier des familles non préparées. Elles ne devraient prendre effet que pour les enfants à naitre et à une date annoncée suffisamment longtemps à l’avance. Enfin, le montant de ces allocations pourrait être soumis à l’impôt sur le revenu dans un souci de justice sociale et d’égalité du traitement des ressources. Dans le même temps, la fiscalité et les multiples avantages donnés aux familles nombreuses devraient aussi être réorientés.

________________________________________________________________________________________________

 

(1) Montant mensuel des allocations familiales en France en février 2013.

- 1 enfant   : rien (23,35 € dans les Dom Tom)

- 2 enfants : 127,05

- 3 enfants : 287,82

- 4 enfants : 452,59

     Puis      : 162,78 € par enfant supplémentaire

Ces sommes sont majorées de 63,54 € par enfant quand celui-ci atteint 14 ans (pour les enfants nés après 1997).

Les allocations sont versées jusqu’au 20ème anniversaire des enfants à la condition qu’ils soient toujours à la charge de leurs parents.

A ces mesures s’ajoutent bien sûr l’avantage fiscal lié à l’existence du quotient familial, mais son montant ne peut être facilement évalué, car il  dépend du niveau de revenu des parents. Il peut s'avérer important, c’est d’ailleurs l’un des objets du débat actuel.

Les droits à la retraite constituent un autre avantage sensible. Ces droits sont majorés pour les femmes ayant eu de nombreux enfants. Il y a là également une forme d’injustice, puisque les personne n’ayant pas eu d’enfant seront dans leur vieillesse privées de toute solidarité familiale, or, ce sont pourtant elles qui toucheront le moins de la collectivité (qui par ailleurs récupérera l’essentiel de leur patrimoine).

(2) L’indice synthétique de fécondité était en 2011 de 1,6 pour l’ensemble de l’Europe, il était de 1,3 pour le Portugal, de 1,4 pour l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, de 1,5 pour la Suisse, 1,8 pour la Belgique et les Pays Bas et de 2,0 pour la France et le Royaume Uni.

(3) Il s’agit là, je l’admets bien volontiers de cas extrêmes, néanmoins l’incitation financière est loin d’être toujours marginale dans le choix d’enfanter et l’amour des enfants parfois évoqué par les défenseurs du natalisme doit être relativisé.

 

Voir sur ce thème des allocations familiales l'excellent article du site Biosphère Info 

 

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Published by Didier BARTHES - dans Société
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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 13:44

 

Je reverrai la route blanche
Les pieds devant
Mais je chant'rai d'en d'ssous mes planch's
Merde à Vauban

Léo Ferré

 

Mariage pour tous - Logique du droit - PMA - GPA - Caserne libertaire - Société anthropocentrée - Société urbaine - Acceptation des noeuds de dépendances - Ecologie - Génocide du vivant - Ordonnateur et victime - Perte des repères - Tout est possible.

 

Homme, j’ai connu un temps où des femmes m’expliquaient sérieusement que le soutien-gorge était un instrument d’oppression. Puis j’ai connu, trente ans après et toujours à l’extrême-gauche, au nom du droit à la différence, des femmes qui défendaient avec le même sérieux le droit à porter le tchador dans la rue … Les valeurs d’une société changent en trente ans et leur évolution garde toujours une part d’imprévu. Alors pourquoi ne pas imaginer une évolution du code civil avec des couples d’hommes ou de femmes mariés, ce qui aurait été pourtant proprement impensables pour nos grands-parents ?

Et le droit a sa logique : si le mariage est toujours le cadre de référence promu pour concevoir et élever des enfants, si deux femmes ou deux hommes peuvent se marier entre eux, alors non seulement l’adoption doit être permise à ces couples homo, mais la procréation médicale assistée doit aussi être accordée aux couples de femmes et la gestation pour autrui aux hommes pour enfin contourner par la technique ce que la nature interdit.

A partir du moment où le droit n’est plus qu’une machine à enregistrer des pratiques sociales, pour reprendre l’expression de Pierre Legendre, on perçoit mal quel serait le problème et d’où viendraient les oppositions si ce n’est de la part de groupes en retard sur le mouvement de l’histoire. Et c’est souvent ainsi que les partisans du ‘mariage pour tous’ voient le combat des ‘anti’, opposants incompréhensibles à l’extension d’un droit à de nouvelles catégories de citoyens. Seule une homophobie au moins latente et/ou une perception passéiste d’un rôle particulier attribuable à l’homme et la femme, traduction d’un sexisme inacceptable, pourraient expliquer leur position.

De leur côté les partisans du statut quo voient dans cette évolution un bouleversement des structures de la parenté mettant en cause les fondements de notre civilisation et le dessein d’un monde dans lequel ils ne veulent pas entrer.

Il y a dans cet affrontement, au-delà du dialogue de sourds que l’on peut constater, une lutte à mort qui ne pourra se solder que par la défaite de l’un ou de l’autre camp. Même si le combat dure plusieurs années ou décennies, avec des compromis bricolés traduisant momentanément un rapport de force.

Comment en est on arrivé là ? Ou comment tout cela a-t-il été rendu possible ?

Les lecteurs de Pierre Legendre chercheront du côté de la logique hédoniste, qui refuse la dimension sacrificielle de la vie, pour deviner à travers la débâcle normative occidentale une démocratie retournée en caserne libertaire. Avec dans cet affaire un Etat qui se dessaisit de ses fonctions de garant de la raison, le mariage pour tous ne serait qu’un palier dans l’escalade de l’obscurantisme auquel nous assistons (1).

En complément de cette analyse, on peut aussi questionner la société de croissance. Car, c’est ma thèse, celle-ci porte en elle-même de quoi corroder ce sur quoi nous avons construit notre monde.

La société de croissance en surfant sur cet héritage culturel qui met l’homme au centre de tout et en instituant la technè (2) comme un horizon indépassable nous amène à vivre dans des environnements urbains artificiels qui nous éloignent des contraintes naturelles et développent en nous un nombrilisme d’espèce où nous ne voyons plus que nos problèmes. Il suffit de regarder des émissions de téléréalité comme ‘les ch’tis à Mykonos’ ou ‘les marseillais à Miami’ pour saisir cette tendance grandissante à ne plus ne nous occuper que de nous-mêmes. Bouillie télévisuelle pour jeunes décervelés dont il serait imprudent de tirer une signification? Peut-être, mais alors comment expliquer l’attitude somme toute similaire de nos meilleurs économistes et démographes, évitant par exemple de penser la croissance démographique au-delà de la question alimentaire ? Car il s’agit bien de cela, de ne voir que les besoins et les envies des hommes, sans s’occuper sérieusement des conséquences sur le reste du vivant qui partage cette planète avec nous. Qui s’interroge encore sur la place laissée à la faune sauvage dans un monde de dix milliards d’hommes ? Pas plus ‘les marseillais à Miami’ que nos économistes qui donnent une priorité systématique à l’homme (3)

Avec la société de croissance, nous vivons majoritairement dans un monde de béton et de bitume, habitués à échanger une activité économique précise que nous assurons contre une multitude de biens et de services qui nous sont proposés. Par là nous avons pris l’habitude d’être dépendants pour tout : pour notre nourriture que nous sommes de plus en plus juste capables de réchauffer, pour notre habitat que nous ne maîtrisons en rien concrètement, pour nos vêtements que nous achetons tout prêts, pour nos loisirs que des professionnels organisent, pour notre futur que les professionnels de l’Etat-providence nous prépare en gérant nos retraites. Et cette dépendance acceptée, il faut le reconnaître, nous permet d’évoluer dans un monde immédiatement plus confortable que celui de nos grands-parents. Bref, nous nous sommes collectivement habitués à vivre dans des nœuds de dépendances, et cela ne nous fait pas peur, cela nous paraît même une condition du progrès.

Mais ce qui nous paraît comme une condition du progrès impose en contrepartie une sérieuse division du travail, avec à la clé une explosion des normes pour compenser le fait qu’on ne travaille plus pour soi, dans le souci de soi et de ses proches. Des normes qui ont toujours au moins un train de retard pour mettre un frein au n’importe quoi. Et puis, comme il faut bien vivre et produire toujours moins cher pour ne pas sombrer dans le jeu d‘une concurrence toujours un peu faussée quelque part, chaque profession fait sa tambouille dans l’opacité des pratiques, dans ces zones grises où on joue sur les contraintes techniques pour optimiser ses gains à coup d’externalités négatives, de magouilles dans les commissions règlementaires, de prises de risque inconsidérée, et où l’amour ouvrier du travail bien fait décrit dans l’Argent par Péguy devient une incongruité. Avec à la sortie, une société de confiance basée sur du vent … Résultat : il y a notre confort construit sur la mort des autres ou de nous-mêmes, sur ce pourcentage accepté de dégâts collatéraux, sur ce risque infime mais toléré de la catastrophe possible, où chacun de nous est devenu à la fois un homo sacer, un de ces hommes qu’on peut tuer sans commettre d’homicide, et un homo faber dangereux mais moralement et juridiquement bien à l’abri dans l’entrelacs des normes et la complexité des choses. Avec de temps en temps un vertige qui nous saisit, un vertige comme un mal écho de la société industrielle avancée, et qui nous vrille dans la poitrine quand la réalité se dévoile : et c’est le pcb qui nous empoisonne parce qu’on ne s’est occupé de rien, les particules qui tuent les plus faibles dans nos villes en sacrifice à notre soif de mouvement, des territoires gelés par les radiations avec leur cortège de souffrances autour de Fukushima parce qu’on n’a pas voulu voir la question de l’énergie en face, le malheur des porcs d’élevage coincés dans leurs boxes hors sol afin qu’on puisse manger toujours plus de viande à meilleur prix, ou ces animaux marins qui s’échouent misérablement, troublés qu’ils sont par le bruit de nos machines dans leurs océans … je soutiens que ce vertige, qui nous saisit quand on sent que l’on ne peut plus se regarder dans la glace face à de tels malheurs dont nous sommes à la fois auteurs et victimes, atteint le sentiment qu’on peut porter sur notre humaine condition. Comment se sentir homme ? Comment encore trouver sa place dans la longue chaîne de l’humanité ? Comment ne pas avoir alors la tentation de fermer les yeux et de se laisser porter en laissant aller les choses au fil de l’eau tout en s’occupant aux mieux de nos immédiats désirs ?

   

Où l’on recolle les morceaux en parlant de coupure

La division du travail, la fragmentation de nos activités, l’émiettement de nos vies, tout cela produit sans cesse de la séparation, de la coupure.

C’est ainsi que la nourriture que nous mangeons ne vient plus d’une nature travaillée par des paysans mais est produite par des firmes agroalimentaires dans des immenses zones agricoles et des entrepôts que nous ne visitons jamais. La nature, celle que nous aimons, que nous croyons aimer, que nous fantasmons, c’est celle qui nous sert de décor et d’espace de jeux où s’ébattre le temps des vacances ou d’un week-end, pour recharger nos batteries usées par le rythme de nos mégalopoles. Une nature rêvée, exempt de violence, en contrepoint de nos villes stressées, et tout autant artificielle.

Et si la nature est désormais un décor et un espace de jeux et non plus l’endroit où l’on produit notre nourriture, le couple fantasmé est devenu amour et espace de plaisir et non plus le lieu de notre reproduction. La nourriture n’est plus dans le pré, elle est faite à coup de pétrole et d’intrants chimiques, et les enfants sont faits avec des éprouvettes, et non plus dans le corps-à-corps amoureux et incertain d’un homme et d’une femme. Science-fiction que tout ceci ?

Notons que tous les ingrédients sont là, fournis par la société de croissance.

- Elle nous a habitués à dépendre de techno-organisations complexes et à y voir les conditions du progrès. Pourquoi alors ne pas se remettre à la techno-science pour concevoir les enfants ? Il n’y a pas de raisons que cette techno-science ne fasse pas mieux que nous ou avec moins d’efforts. Après tout nous avons abandonné la fabrication des yaourts dans un cadre d’économie domestique et nous ne nous en portons que mieux avec des gains de temps et d’argent. Alors pourquoi ne pas appliquer ‘la règle du yaourt’ à notre procréation ?

 - En nous plongeant dans un univers urbain artificialisé, elle a renforcé notre sentiment d’être au centre de tout et accru l’importance que nous portons à l’écoute de nos propres désirs., quitte à passer par-dessus les contraintes biologiques. Dans ce cadre il devient logique qu’un sentiment de toute puissance nous habite et qui, mêlé à notre passion pour l’égalité et notre difficulté à supporter l’altérité de l’autre sexe et l’inconnu de la procréation naturelle, nous amène à refuser notre statut sexué d’homme ou de femme pour imaginer la possibilité de couples de même sexe pouvant enfanter.

- La société de croissance, d’après bien des veilleurs et autres lanceurs d’alerte, place notre humanité dans une orbite morte de l'histoire, et individuellement nous assigne dans le même temps un rôle de victime sans qualité et de complice d’un génocide du vivant. Comment imaginer que nous puissions supporter cela sans un trouble infini nous mettant en situation de faire n’importe quoi ?  

Dangereux Homo faber, homo sacer et homo sans père ni mère, il n’y aura pas que les tropiques à être tristes. Merde à Vauban !

 __________________________________________________________________________________________________    

1 : Cf. Entretien avec Pierre Legendre :’Nous assistons à une escalade de l’obscurantisme’ Propos recueillis par Antoine Spire, in Le Monde du 23.10.2001, p 21.    

2 : Du grec τέχνη. La technè désigne la production ou fabrication matérielle, l’action efficace, chez les Grecs de l’Antiquité. (source wikipedia)

3: Au-delà d’une phrase polémique, se noue un vrai débat sur la priorité à donner à l’homme telle que la défend Sylvie Brunel ou à penser l’homme comme un élément d’un tout, comme Arne Naess. Sur ce thème, voir par exemple le livre très engagé de Pascal Bruckner, Le Fanatisme de l'apocalypse. Sauver la Terre, punir l'Homme, Grasset-Fascelle, Paris 2011.        

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Published by Jean Bruguier - dans Société
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 15:04

 

 

A l'occasion d'un entretien avec le magazine Néoplanète, l'actrice Jane Fonda a résumé en quelques mots ce qui constitue peut-être la raison la plus profonde d'être écologiste : 

" Ensuite il y a un problème de conscience : à quoi ressemblera le monde sans animaux sauvages, sans vie marine ? Tout ça  parce qu’une seule espèce animale, la plus dangereuse,  l’homo sapiens, aura occupé tout l’espace et accaparé toutes les ressources ? Ne risquons-nous pas enfin des tensions, des guerres, si notre monde est encore plus surpeuplé, entassé ? Où va-t-on trouver la paix et le calme ? Le dépaysement ? Le recul ? Ou trouvera-t-on des terrains libres et non urbanisés pour avoir un contact avec la Nature ? Étant enfant, je me suis construite en explorant les plaines, les bois, et en jouant dans des endroits libres et envahis par la végétation. D’où va venir l’éveil de la jeunesse en 2045 ? "

 

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Published by Didier BARTHES - dans Billets d'humeur
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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 07:24

Evaluation de nos effectifs au 1er janvier 2013    

                                                                                                                            (en millions d'habitants) 

 

Sources      2013     2012 Progression Progression
      (en millions)   (en %)
  INED    7 091    7 013      +      78      +  1,11 %
  Population Data.net    7 099    7 014      +      85              +  1,21 %       
  Worldometers    7 089     7 013      +      76      +  1,08 % 
  Terriens.com     7 060     6 984      +      76      +  1,09 % 
  US Census Bureau    7 062     6 985      +      77      +  1,10 % 
   Population Mondiale.org    7 099     7 015      +      84      +  1,20 % 
         
  Moyenne    7 083    7 004    +      79   +     1,13 % 

 

     

Selon cette moyenne réalisée à partir d'un panel de compteurs de population nous serions donc aujourd'hui 7 milliards et 83 millions d'habitants sur la Terre. Avec 79 millions de personnes de plus en un an, la croissance de nos effectifs reste très élevée. Cela contredit quelque peu les affirmations rassurantes selon lesquelles l'explosion démographique serait une affaire du passé et une menace à oublier. Deux éléments militent envers plus de prudence :

Tout d'abord, le taux de croissance en 2012, estimé entre + 1,1 et + 1,2 % (a), s'il est effectivement plus bas que les maxima atteints entre 1960 et 1970 (+ 2,1 % certaines de ces années) reste très supérieur à ceux que l'humanité a connu tout au long de son Histoire et même de son Histoire récente (b). Ce taux est ainsi beaucoup plus élévé que celui qui prévalait lors des premières années du 20ème siècle où la population augmentait au rythme de + 0,4 % par an soit trois fois moins rapidement qu'aujourd'hui !

D'autre part, c'est évidemment le nombre absolu des hommes qui pèse sur la planète et sur ses équilibres écologiques. Or, nul ne doit être grand mathématicien pour comprendre qu'un taux plus faible, s'il s'applique à une base plus large, peut conduire à une évolution absolue plus importante. Ainsi, entre 1960 et 1970, décennie symbole de l'explosion démographique, les effectifs de l'humanité sont passés de 3 à 3,7 milliards ce qui suppose une croissance annuelle moyenne de 70 millions de personnes. Aujourd'hui, alors même que l'on tend à minimiser l'expansion du nombre des hommes, ce sont pourtant environ 80 millions d'habitants qui viennnent tous les ans s'ajouter à la surface de la Terre. Habitants qui auront des modes de consommation plus exigeants que ceux des générations précédentes et qui se présentent sur une  planète plus dégradée et déjà deux fois plus peuplée.

A terme toutefois, convenons-en, le taux est déterminant. Avec 0 % de croissance, par définition la population sera stabilisée. Mais  quand ? Et à quel niveau ?

En France et dans certains pays d'Europe, la fécondité qui avait baissé a connu des remontés ces dernières années.  Il en a été de même dans des pays de structures démographiques et économiques très différentes comme ceux du Maghreb dont pourtant on avait vanté la rapidité de la transition démographique.

Il faut donc considérer que la baisse tendancielle des taux de croissance de la population sur laquelle tablent de nombreux  analystes constitue une hypothèse mais non une certitude. Nous rappelions d'ailleurs l'an dernier que l'ONU avait revu à la hausse ses projections démographiques pour le siècle qui commence.

 

 

  Rappel des prévisions de l'ONU pour l'évolution au cours de ce siècle.

                                                                              (prévisions de 2011 en millions d'habitants)

 

  Prévisions        en 2050       en 2100
       
  Basse          8 500          6 200
  Moyenne          9 300        10 100
  Haute        10 600        15 800

 

________________________________________________________________________________________________ 

Les effectifs de la population mondiale moyenne indiqués pour 2012 (7 004 millions) sont très légèrement différents de ceux qui avait été retenus l'an dernier (7 003 millions). Ceci parce que la liste  des compteurs n'est plus exactement la même. Deux d'entre eux ont été exclus : Terre sacré.org ne publie plus de compteur et celui de Population Matters a trop largement changé de base pour être significatif.

(a) Il est illusoire de raisonner sur des chiffres trop précis compte tenu de la connaissance que nous pouvons avoir de nos effectifs et de leur évolution. Les données sur la population peuvent etre considérées comme exactes à 1 ou 2 %  près. Le taux de croissance annuel de   + 1,13 %  que nous indiquons fixe un ordre de grandeur. Ce serait une erreur de le prendre au pied de la lettre (ou plutôt du chiffre). Il en va évidemment de même pour toutes les autres statistiques démographiques ici présentées.

(b) Ajoutons qu'il est bien peu recommandable, comme on le fait parfois de prendre   systématiquement comme référence des années record par rapport auxquelles, par définition tout autre chiffre apparaitra plus raisonnable.  Comparer tous les chiffres de la croissance démographique au taux maximum jamais connu introduit un biais statistique évident et donc une comparaison faussée par nature. 

 

Sur ce site et sur le même sujet voir également :

Les chiffres clefs de la population.  

La population mondiale au 1er janvier : 2009, 2010, 2011, 2012, 2014, 2015 .

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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