Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 10:02

 

  C'est une nouvelle qui n'a pas fait la une des grands média français et pourtant, elle nous en dit peut-être beaucoup sur notre avenir :

  Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite a demandé l'arrêt de la prospection pétrolière dans son pays afin de préserver l'avenir  (voir l'article sur un blog du Monde)

  Nombreux sont ceux qui soupçonnent l'Arabie Saoudite, ainsi que les principaux producteurs d'or noir d'avoir largement surestimé leurs réserves.

  Cette annonce pourrait donc donner raison à ces rumeurs. L'heure n'est plus à la prospection et la production tous azimuts. Par cette décision l'Arabie Saoudite renonce à entrer dans une spirale de "toujours plus". Le fait que ce renoncement soit certainement forcé (y a-t-il encore d'immenses réserves à découvrir en Arabie Saoudite : Probablement pas), souligne la prise de conscience progressive des dirigeants pétroliers.

  Plusieurs signaux convergent,  en particulier, la stagnation de la production sur les dernières années, pour laisser penser que nous sommes en train de vivre le fameux Peack-Oil qui annonce une inévitable baisse des niveaux de production et donc de consommation.

  L'heure de l'après pétrole commence et les dénégations de quelques-uns n'y pourront rien. L'humanité va devoir peu à peu vivre sur des ressources renouvelables et non plus continuer à consommer son capital.

  C'est une révolution de grande ampleur, plus importante que les bouleversements politiques que l'Histoire aime à mettre en avant.

  Elle est certainement incompatible avec le maintien durable d'une croissance économique et démographique.

 

Sur le pic pétrolier, voir l'excellent dossier de Wikipédia.

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Energie
commenter cet article
29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 12:53

 

Frank Fenner, un scientifique australien réputé, lance un bruyant et double pavé dans la mare de la bien-pensance.

 

D’une part, il prédit que l’humanité ou au moins les sociétés organisées ne passeront pas notre siècle et surtout qu’il est trop tard pour inverser la tendance.

D’autre part, Franck Fenner fait de la surpopulation la cause principale de cette terrible prévision.

 

Voyez ses propos et les commentaires du site notre planete info sur :

 

Frank Fenner et la disparition de l'humanité

  

Double attaque en effet contre ce qui l'on entend généralement.

 

D’abord parce que l’optimisme est de rigueur dans le monde médiatique où il semble que les oiseaux de mauvais augure soient rarement écoutés. Le message habituel est : mobilisons-nous, nous avons tout pouvoir !

 

Bien sûr, cet optimisme a un sens et l’existence d'associations comme Démographie Responsable en atteste : Sinon, à quoi bon se mobiliser pour défendre une cause perdue ? Pour une médaille posthume que nous attribueront les derniers insectes survivants ?

 

Pourtant, il me semble  également sain que les gens puissent dire exactement ce qu’ils pensent en dehors de toute pression médiatique et indépendamment de toute injonction d’efficacité : Frank Fenner pense que l’humanité va disparaître : Il le dit : C’est son droit et nous devons l’écouter. Nous ne pouvons démentir ses propos que par la reflexion et non par un à priori.

 

Notons aussi l’originalité du propos : La plupart des écologistes estiment que les espèces de grands animaux vont disparaître (cela hélas, fait presque l’unanimité). Lui, va jusqu’à l’homme.

 

Il faut aussi remarquer le courage dont fait preuve M. Fenner en mettant la surpopulation comme cause première (il cite aussi la surconsommation) à la destruction de l’équilibre écologique du monde. Nous savons ici qu’il a raison et combien il est difficile de faire passer le message.

 

Sur la disparition de l’humanité au cours du siècle, je ne partage pas son point de vue, au moins, dans les délais indiqués, mais je pense qu’en effet ce siècle sera le dernier pour la grande faune sauvage, et le plus dur pour l'espèce qui s’est longtemps placée en dehors du monde animal ou pour le moins, très au-dessus du reste du vivant.

 

Les sociétés géantes et organisées telles que nous les connaissons auront bien du mal à résister à la crise écologique que nous préparons avec une  persévérance diabolique. Le " toujours plus " pourrait bien nous mener au … " plus grand chose ".

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Avenir de l'humanité
commenter cet article
24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 13:12

 

concorde 

 

Le 25 juillet 2000, le dramatique accident de Gonesse tuait 113 personnes et sonnait le glas de Concorde (1).

Suspendus le temps de l’enquête et de la réalisation de quelques aménagements de sécurité (remplacement des pneus, mise en place de protection sous les réservoirs…) les vols devaient reprendre en novembre 2001, mais il ne s’agissait là que d’un répit.

Incertaines quant à la sécurité et incapables d’assurer la rentabilité de l’appareil, les deux compagnies exploitantes décidaient d’arrêter l’aventure. Ainsi, quelques mois après Air France, le 24 octobre 2003, British Airways posait Concorde à l’issue de son dernier vol commercial. Les rares exemplaires de l’avion prirent le chemin du musée (2).

 

De nombreuses raisons furent invoquées pour justifier cet échec.

 - La mauvaise volonté des américains qui, par pur protectionnisme, auraient volontairement surestimé les nuisances sonores de l’aéroplane afin d’en restreindre plus facilement l’accès à leur territoire.

 - La conception intrinsèque de l’avion :

   . Sa complexité d’abord qui engendrait naturellement une maintenance coûteuse (3).

   . Le dessin même de l’avion avec sa voilure delta sans le fameux empennage horizontal qui tend à stabiliser naturellement l’attitude des appareils(4).

   . Ses difficiles problèmes d’équilibre qui nécessitaient en fonction de la vitesse et du taux de remplissage des réservoirs de transférer régulièrement le carburant de l’avant vers l’arrière ou inversement afin de faire constamment évoluer la position du centre de gravité.

   Le pilotage de Concorde restait ainsi toujours délicat et la sécurité, sans doute légèrement inférieure à celle des autres avions de ligne (5).  

La malchance enfin, puisque, conçu à une époque de pétrole bon marché, l’appareil commencera sa carrière avec le renchérissement de l’énergie lié aux crises pétrolières de 1973 et 1979 qui le frappèrent donc de plein fouet.

 

La première raison, d’ordre purement commercial ou politique est sans rapport avec ce qui nous intéresse. Par contre, de la complexité de l’appareil et du renchérissement du coût de l’énergie nous pouvons peut-être tirer une leçon plus large.

Le modèle économique du 20ème siècle fait la part belle à un schéma que les économistes aiment à appliquer à la plupart des innovations.

Ces dernières, dans un premier temps réservées à quelques passionnés, généralement fortunés, sont sensées se démocratiser peu à peu jusqu’à devenir d’un usage courant pour une large majorité de la population.

Ainsi en fut-il, de tous nos appareils ménagers, de nos ordinateurs, du téléphone ou de tous les objets de communication modernes. L’automobile évidemment, puis l’aviation, dans une moindre mesure cependant (6), connurent le même parcours.

A la naissance de Concorde, à la fin des années 1960, beaucoup voulurent croire qu’il en serait de même pour le vol supersonique. On imaginait que tous les grands constructeurs allaient développer un projet similaire et que bientôt le déplacement supersonique serait la norme pour les voyages à longues distances.

Las ! Il n’en fut rien. Concorde connut un échec commercial retentissant. Un seul autre pays se lança dans l’aventure. Sur la soixantaine d’exemplaires prévus, seize seulement furent construits. De leur coté, les Américains renoncèrent, quant à la tentative russe avec le Tupolev 144 elle fut encore plus catastrophique que l’expérience européenne (7).

De cet échec, plutôt que des rancœurs anti-américaines, il faut tirer un enseignement plus profond.

Le schéma évoqué pour la diffusion des inventions n’était pas applicable au Concorde, car celui-ci, en tant qu’appareil sinon de consommation courante du moins largement diffusé touchait et, c’est le plus important, touche encore à nos limites et aux limites de la planète.

Ce schéma, on le remarquera, ne fait référence ni aux difficultés industrielles supposées disparaître avec la mise en route de grande séries ni aux ressources terrestres considérées comme infinies.

Or, ce sont ces deux négligences qui rendent ce raisonnement inapplicable au Concorde.

La maintenance, c’est avant tout du travail. Un appareil plus complexe demande plus de travail. Un travail extrêmement qualifié qui ne peut guère être mécanisé et sur lequel on ne peut pas attendre de gains significatifs de productivité. Ce travail à un coût qui se répercute sur le prix du billet qui ne peut infiniment descendre, fermant ainsi la voie royale de la démocratisation. De ce point de vue, le mécanisme général de démocratisation butte sur des limites incontournables.

Pour le pétrole dont le renchérissement coïncida peu ou prou avec la mise en exploitation commerciale de l’appareil, les choses sont un peu plus complexes, car décalées dans le temps, mais finalement de même nature.

La crise de renchérissement de l’énergie de 1973 était moins une crise de disponibilité physique qu’un rééquilibrage économique et politique entre producteurs et consommateurs de pétrole.

Concorde ne s’est donc pas heurté dés sa naissance aux limites de la planète, mais simplement à l’augmentation politique du prix du pétrole.

 

Pourtant sur le fond, le monde se dirige vers une disparition des réserves fossiles et inexorablement vers une élévation très importante du prix de l'énergie, pour une raison bien physique cette fois. En ce sens, Concorde et tous les transports supersoniques étaient condamnés et ce sont bien in fine les limites de notre planète qui en sont responsables. Limites que les économistes ont tant de difficultés à percevoir.

L’échec de Concorde est donc un véritable symbole.  Pour l’une des premières fois, l’humanité a dû reculer dans sa marche vers le "toujours plus", toujours plus de vitesse, toujours plus de puissance.

Sans même prendre en compte les contrôles qui, dans l'aérien, représentent désormais une part significative des temps de transports, les personnes fortunées vont en Amérique aujourd'hui plus lentement qu'elle ne pouvaient le faire il y a vingt ou trente ans. Ce recul qui, sans doute, en annonce d'autres  qui viendront avec l'inévitable déplétion des énergies fossiles, est à méditer.

Concorde a coûté quelques milliards. Pourtant si la leçon de cet échec pouvait être entendue, cela ne serait pas si cher.

 ____________________________________________________________________________________________

 

(1) Selon le scénario le plus en vue aujourd’hui, lors du décollage, une pièce métallique présente sur la piste se trouva projetée sous le réservoir provoquant un violent incendie. Les réacteurs perdirent leur poussée, et l’avion alla s’écraser sur un hôtel moins de deux minutes après son envol tuant tous ses occupants ainsi que quatre personnes au sol. Précisons que certains remettent en cause cette version des faits affirmant que l’avion était en feu avant l’incident de la pièce métallique (nous ne pouvons ici entrer dans ce débat, le procès est en cours à l'heure où nous publions ces lignes).

(2) Deux exemplaires de Concorde peuvent être admirés et visités dans le très beau Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget.

(3) L’encyclopédie en ligne Wikipedia évoque 18 à 20 heures d’entretien pour une heure de vol soit un ratio environ 10 fois plus élevé que pour les autres avions de ligne !

(4) L’empennage horizontal sur les avions " classiques " tend à stabiliser automatiquement l’appareil. Si celui-ci vient à piquer, la pression de l’air sur cet empennage le fait se redresser et inversement le fait piquer s’il tendait à se cabrer. Un tel empennage n’est toutefois guère concevable sur les avions supersoniques où il engendrerait une traînée rédhibitoire.

(5) Ce point, j’en suis bien  conscient, ne convaincra pas les inconditionnels du bel oiseau blanc.

(6) L’aviation, il faut le reconnaître, offre déjà une certaine entorse à ce principe. En France et dans l’ensemble des pays développés la majorité des gens ne prennent pas régulièrement l’avion.

(7) Un Tupolev 144 s’écrasa au Bourget le 3 juin 1973 lors d’une présentation en vol faisant 14 victimes et un autre exemplaire s’écrasa le 23 mai 1978 en Russie tuant deux des membres de l’équipage. Les vols commerciaux prirent fin une semaine après (le 1er juin 1978)

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Transports
commenter cet article
11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 15:52

La presse s’en est largement fait l’écho (1): Nous allons, nous devrons manger des insectes !  

Cela se pratique ici et là depuis fort longtemps, aussi n'est-ce pas la dernière idée à la mode,  non, il s’agit, hélas, de bien plus encore. C'est une des solutions, sinon la solution pour nourrir les probables neuf milliards d’humains qui peupleront la planète à la moitié de ce siècle.

C’est qu’ils présentent mille avantages les insectes :

Foisonnants, appartenant à des espèces variées, faciles à accommoder, ils seraient, dit-on, emplis de protéines qu’ils auraient la bonté de produire avec un rendement supérieur à la plupart des autres animaux.

Disons le tout net : cela ne me met guère en appétit. - Simple a priori culturel - me répondra-t-on, tant il est vrai qu’en matière gustative l’apprentissage est déterminant. Pourtant, deux petits inconvénients me semblent devoir être soulignés.

Une difficulté diététique en premier lieu, si les insectes sont riches en protéines, ils sont généralement  consommés frits dans l’huile (de mauvaises langues suggéreront qu’il s’agit-là de masquer une saveur qui n’égalerait pas celle de l’entrecôte). Est-il vraiment certain que manger de l’huile ou toute autre matière grasse grillée à longueur de repas constitue le fin du fin en matière d’équilibre alimentaire ?

Une étrangeté culturelle ensuite : Alors même qu’il est de bon ton de vanter et de considérer comme égales toutes les cultures, il est amusant de constater combien nous sommes prêts à piétiner la nôtre et à changer de mode d’alimentation (il ne s'agit que d'intentions, il est vrai).

Cependant, au-delà de ces deux remarques, et aussi, je le confesse, d’un certain dégoût personnel que j’ai la faiblesse de croire partagé, il existe quelque chose de beaucoup plus grave dans ce projet entomophage : Manger des insectes est une fuite en avant !

Nous serons bientôt neuf milliards ; c’est la panique alimentaire. Les sept milliards déja présents peuvent être nourris (pas toujours, d'ailleurs) parce que nous avons transformé la plus grande part de la planète en terres agricoles au mépris absolu de tous les espaces naturels mais aussi parce que nous utilisons largement (pour les engrais, la mécanisation et le transport) une énergie fossile dont nous savons pourtant qu’elle est amenée à disparaître à brève échéance.

Alors, tout est bon. Après avoir vidé les continents et les océans de leur faune sauvage, après avoir poussé l’élevage à ses limites, nous allons nous jeter sur la dernière fraction du monde animal encore disponible.

Quelle sera l’étape suivante ? Le steak de bactérie ? Allons-nous tous devenir végétariens, non par goût ou par compassion envers le monde animal, ce qui serait respectable, mais bien par contrainte ?

Pourquoi toujours cet aveuglement ? Pourquoi toujours cette fuite en avant ? Nous voulons à toute force adapter la Terre à notre nombre,  ne serait-il pas plus sage d’adapter notre nombre à la Terre ?

 "Le mode de vie américain n’est pas négociable" avait affirmé en 1992 Georges Bush (père). Le monde entier, écologistes en tête, l’avait fustigé pour cette prétention.

Hélas, ne voyons nous pas que nous faisons démographiquement preuve de la même arrogance ? Nos effectifs nous apparaîssent non négociables, il faudra bien qu’ils le soient pourtant, avant que la nature ne nous impose ses règles. Une fois encore, plus nous attendons plus le tribut sera lourd.

En Provence, à Serignan du Comtat, Jean-Henri Fabre doit se retourner dans sa tombe. En ses chers insectes, l’humanité ne sait plus voir qu’une ressource.

 ____________________________________________________________________________________________________   

(1) Voir en particulier les articles suivants et leurs commentaires, sur les sites :

  "Le Monde" et  "Développement Durable"

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Alimentation
commenter cet article
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 08:16

 

PLS.jpg  Pour la Science (1) consacre un long article de son numéro de juin 2010 à la fusion nucléaire. Allons droit à la conclusion; si l'on en croit les auteurs : Ce n’est pas fait ! Cette promesse de profusion énergétique, cette véritable corne d’abondance dont l'idée est ancienne semble encore bien éloignée.

 

 

 

  Le mensuel détaille les deux principales techniques aujourd’hui développées : le confinement magnétique (comme dans ITER) et le confinement inertiel (par tir laser sur de petites sphères de combustible).

  Dans les deux cas, il s’agit d’imiter le Soleil et les étoiles. On tente de faire fusionner des noyaux d’hydrogène afin de les transformer en noyaux d’hélium. La différence de masse entre les éléments d’entrée et de sortie étant convertie, et on l’espère récupérée, sous forme d’énergie utilisable.

  Pour des raisons liées aux densités et aux températures accessibles aux moyens humains (2), la fusion, et cela dans chacune des deux filières, ne concerne pas des noyaux d’hydrogène classique (un proton) mais plutôt deux de ses isotopes : le deutérium (un proton + un neutron) et le tritium (un proton + deux neutrons). Notons que le deutérium est la variété d’hydrogène que l’on trouve dans l’eau lourde (3), bien connue des physiciens nucléaires.

  La technique du confinement magnétique consiste à enfermer dans un grand tore (4) un volume substantiel de deutérium et de tritium et à provoquer leur fusion en les chauffant à l’aide d'intenses champs magnétiques. Cette technique dite du tokamak est celle retenue pour le réacteur de recherche ITER actuellement en construction à Cadarache.

  Dans la filière par confinement inertiel, on focalise de puissants rayons laser sur de petites sphères de combustible, provoquant leur fusion et donc une mini explosion nucléaire dont, là aussi, on tentera de récupérer l’énergie.

  Chacune des options pose de très difficiles problèmes à deux niveaux.

 

  D’abord sur la réaction nucléaire proprement dite :

  Dans le cadre du tokamak, il faut pouvoir entretenir cette réaction, suffisamment longtemps et réussir à produire plus d’énergie que l’on en a dépensé pour chauffer le plasma. Ni ces problèmes de durée ni ces problèmes de rendement ne peuvent être aujourd’hui considérés comme réglés.

  Pour la filière laser, il faut être capable de faire succéder à un rythme rapide (une dizaine de fois par seconde) plusieurs explosions nucléaires au même endroit ( !) Les sphères doivent donc être manipulées et positionnées très précisément et à grande vitesse dans un environnement difficile.

 

  Sur la récupération de l’énergie ensuite.

 La fusion nucléaire est extrêmement agressive pour les parois des réacteurs. Les parois des tokamaks doivent simultanément : Résister au rayonnement sur longue période, assurer le transfert de l’énergie (en récupérant l’énergie cinétique des neutrons et en la transformant en chaleur) et fournir une source régulière de tritium (5) l’impact du rayonnement sur les parois étant susceptible de générer cet élément par ailleurs quasi introuvable sur Terre car, assez fortement radioactif, il présente une très brève durée de vie et disparaît rapidement (demi-vie de 12,3 ans).

  Pour la filière " laser " la question de la récupération énergétique n’est pas encore réglée non plus.

  Indépendamment des questions techniques (qui ne constituent pas un détail), la fusion nucléaire est considérée comme prometteuse par les quantités d’énergie qu’elle pourrait produire et par le peu de radioactivité qu’elle génère, notamment au niveau des déchets et comparativement à celle émise par les centrales à fission.

  Ceci ne doit pas nous dispenser d’une réflexion plus générale (qui ne fait en aucun cas partie de l’étude de Pour la Science) : 

  Même en admettant que la fusion finisse par fonctionner, et même en admettant que les problèmes de radioactivité soit si minimes qu’ils en soient acceptables, un tel succès sera-t-il un bienfait pour l’humanité ? Une source pratique et infinie d’énergie serait-elle potentiellement écologique ?  Si l’homme n’a plus de barrière à son pouvoir, ne risque-t-il pas d’être tenté de mettre toute la planète sous sa coupe ?   Si l’énergie n’est plus, ni rare, ni polluante (ce rêve qui réunit les écologistes et les économistes en une touchante unanimité), alors l’homme ne macadamisera-t-il pas l’ensemble de la planète pour la transformer moitié en routes et autoroutes, moitié en villes, usines et bureaux ?

  En un mot, les contraintes énergétiques et même écologiques que nous subissons actuellement, ne sont-elles pas en réalité de précieux garde-fous ? On aimerait entendre les écologistes sur ce point. (voir sur ce même site l'article :  Energie facile: Et si ce rêve était un chauchemar ! ) 

 

  Pour leur part, Science et Vie (6) et Sciences et Avenir (7) consacrent tous deux quelques pages à l’éruption de l’Eyjafjöll qui a mis en émoi le ciel européen. C’est l’occasion pour les deux revues de nous rappeler la modestie de cette éruption (même si la présence de glace à, au contact de la lave, favorisé l’émission de particules dans l’atmosphère). C’est un appel à reconsidérer les choses avec modestie. De grandes éruptions comme la Terre en connaît régulièrement feraient beaucoup plus que paralyser quelques jours le trafic aérien au-dessus d’un continent.

  Notre société industrielle et consommatrice, notre démographie nombreuse s’est bâtie sur une relative clémence des conditions climatiques et géologiques. La planète connaîtra des périodes volcaniques beaucoup plus intenses et des changements climatiques puissants (de nouvelles périodes glaciaires par exemple). Nous devrons nous y adapter.

  Notons que les deux revues disent aussi un petit mot du nucléaire. Science et Vie (8) en évoquant les difficultés de la filière EPR et Sciences et Avenir (9) par la brève description d’un projet de réacteur à fission à longue durée de vie (100 ans).

 _____________________________________________________________________________________________

 

(1) Pour la Science, La fusion nucléaire sera-t-elle un jour exploitable ? Numéro 392, juin 2010, pages  27 à 45, article de Michael Moyer et Christine Labaune. 

(2) Dans le Soleil et les étoiles, c’est la gravité qui maintient la matière confinée.

(3) L’eau lourde, malgré ses liens avec l’industrie nucléaire n’est en aucun cas un produit radioactif, elle sert de ralentisseur de neutrons et permet, dans certains réacteurs de favoriser les réactions de fission (en aidant à la capture des neutrons). L’eau lourde (et une autre variété, dite eau semi-lourde où, seul un des deux noyaux d’hydrogène est remplacé par du deutérium) est naturellement présente en petite proportion dans l’eau des océans. C’est pourquoi le deutérium (à la différence du tritium, très rare parce qu'il est radioactif et de courte période) est largement disponible sur Terre. Notons également que, dans les armes nucléaires (les bombes dites H) ce sont aussi ces deux isotopes (deutérium et tritium) qui sont utilisés et non l’hydrogène classique comme dans le Soleil.

(4) Le volume de la chambre de fusion d’ITER est d’environ 200 mètres cubes.

(5) Le tritium serait généré par impact des neutrons sur du lithium que l’on ferait circuler dans les parois du réacteur.

 (6) Science et Vie : Volcan islandais : L’éruption qui a paralysé l’Europe, numéro 1113, juin 2010, pages 14 à 21.

 (7) Sciences et Avenir : Volcans : Le grand réveil, article de Azar Khaltabari et Rachel Mulot, numéro 760, juin 2010 pages 10 à 16.  

(8) Science et Vie : EPR : Les quatre erreurs de la filière française, article de Vincent Nouyrigat, même numéro, pages 86 à 97. 

(9) Sciences et Avenir : Un réacteur nucléaire peut-il fonctionner cent ans ? même numéro, pages 82 et 83.

 

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Revue de presse
commenter cet article
27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 14:30

   Les shadocks, vous vous souvenez ? C'étaient ceux qui prenaient l'eau derrière leur bateau et la mettaient devant pour continuer d'avancer ... et ils pompaient, ces fabuleux shadocks, ils pompaient !! avec l'inoubliable voix de Claude Piéplu pour nous conter tout ça.
   Claude Piéplu est mort, les Shadocks sont désormais entrés dans l'histoire du XXème siècle, mais nous avons gardé intact notre capacité à défier la physique et le bon sens.

   Un exemple ? Paris dans le cadre de l'opération 'Nature Capitale' couvre complètement pour ce week-end de Pentecôte 2010 les Champs Elysées de champs de blé, d'haies et d'arbres.

   Il a fallu pour ce faire préparer des centaines de caisses remplies de morceaux de nature découpée, qui là un peu de blé, qui ici un cognassier, qui encore un beau charme, pour ensuite les transporter et les mettre en place à l'aide de dizaine de transpalettes. Des centaines de personnes y travaillent. Et on attend 2 millions de personnes. Et le responsable de l'opération Gad Veil, interrogé (1), parle fièrement de ce projet en évoquant 'une nature en situation'.

   Mais quoi de plus artificiel que tout cela ? Quoi de plus inutile ? Quoi de plus insensé ?

   Ceci n'est qu'une gabegie qui traumatise inutilement des végétaux, qui a un impact carbone désastreux, qui se situe dans le déni des coûts de transport, qui occupe des centaines de personnes, et ce pour rien de tangible et de durable. La même logique que celle de Paris-Plage, mais pour un temps qui se mesure ici en jour et non en semaine. Ceci ne fait que s'inscrire dans cette logique de flux qui caractérise notre société aux dépens d'un développement soutenable.

   Il faut aussi avoir perdu gravement le sens des mots pour évoquer, au sujet de centaines d'arbres et d'arbustes déplacés hors de leur milieu sur du bitume aussi prestigieux soit-il pour seulement 3 jours et à grand frais, une nature en situation. Cette fraude lexicale n'est pas sans risque, comme en avertissaient en leur temps Platon ou Camus (2).

   Mais il faut peut-être prendre cette qualification au sérieux et s'interroger. Que cela veut-il nous dire ? De quoi cette nature-là est-elle le nom ? Une nature qui vient à nous, dans le centre de nos territoires urbains, enfin bordée, encadrée, propre, serait-ce cela sa place la plus désirable, la plus admirable, sa meilleure place en somme ?

   Alors il faut sans doute comprendre que c'est ce rapport-là à la nature que nous prépare ces étonnants écologistes au pouvoir à Paris et en Ile-de-France, ces écologistes qui ont accepté Paris-Plage et ladite opération de Nature-Capitale, ces écologistes citadinisés qui préfèrent prôner l'entassement urbain plutôt que la maîtrise démographique, ou la socialisation du vélo (3) au mépris de tous les coûts plutôt que la trop simple responsabilité de chacun de son deux-roues, ces écologistes idéologisés qui en période de déficits publics graves défendent le principe très classique à gauche d'une imposition des revenus du capital plutôt que la création de taxes sur les activités polluantes (4), ces écologistes enfin qui ne voient dans la nature qu'un environnement à la disposition de l'homme (5) qu'il faut juste gérer un peu plus intelligemment, plutôt que d'essayer de penser l'homme comme une vie parmi la vie dans ce merveilleux biotope qu'est la Terre.

 

   Avec ces éco-Shadocks, nous n'avons pas fini de défier la physique et le bon sens ; si nous les écoutons, nous n'avons pas fini de pomper ....

 

(1) au JT de 13h00 sur TF1 le vendredi 21 mai 2010.  

(2) "La perversion de la cité commence par la fraude des mots" avait dit Platon, idée reprise par Camus : "Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde".

(3) Cela s'appelle Vélib et coûte cher à la fois au niveau de la gestion spatiale du parc de vélos et au niveau de l'entretien des machines. Sans compter les milliers de vélos détruits ou trouvés au fond du Canal de l'Ourcq. A l'inverse les propriétaires de vélo font attention à leur engin et les font durer plusieurs années, d'où une économie de ressources naturelles (un vélo, c'est aussi quelques kilos d'acier et d'alu) et humaines: les centaines de personnes préposées à la maintenance doivent à la longue s'interroger sur le sens d'un travail qui consiste à réparer des dégradations pour la plupart volontaires.

(4) Ce qui revient par exemple mais trés concrètement à taxer la personne âgée qui loue son logement pour financer sa maison de retraite médicalisée plutôt que la personne qui se paie des week-end en avion à l'autre bout de l'Europe ; sur ce thème, voir entre autres les diverses déclarations de Cécile Duflot, leader du parti des Verts.

(5) Difficile de ne voir autre chose que 'notre bon plaisir' dans ce déplacement de végétaux effectué ce week-end de Pentecôte pour Nature Capitale ; comment mieux prouver que la nature est à notre disposition ?

 

Repost 0
Published by Jean Bruguier - dans Billets d'humeur
commenter cet article
26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 13:24

 

   ARTE diffusait hier soir (1) une émission consacrée aux conséquences écologiques de l'explosion de la centrale de Tchernobyl en 1986.

   Ceux qui s'intéressent au sujet savaient déjà que la nature ne s'est jamais si bien portée à Tchernobyl que depuis la catastrophe du sinistre réacteur (2).

   La façon dont les espèces ont réagi et se sont défendues contre les effets de la radioactivité était détaillée (mécanisme de réparation du génome dont les informations sont doublées, intense sélection naturelle... tout y était).

   Si, après l'explosion et l'incendie, les très fortes doses de radioactivité ont effectivement beaucoup tué, très vite, dés que cette radioactivité a commencé à baisser (tout en restant très élevée par rapport aux nivaux "naturels"), les animaux sont revenus et se sont adaptés.

   Bien sûr, il y a eu des mutations plus nombreuses qu’à l’ordinaire, mais la sélection naturelle a vite rétabli l’ordre des choses : une souris à deux pattes et demi n’a guère le loisir de transmettre son problème. D’ailleurs, toutes les espèces végétales, comme animales, ne résistent pas de la même manière, les petits rongeurs ou les bouleaux sont particulièrement résistants. Les chercheurs commencent à comprendre les raisons de ces différences et leurs hypothèses ont été évoquées.

   Aujourd'hui, la zone entourant Tchernobyl est très riche du point de vue de la faune et de la flore (sauf pour certains oiseaux, donc). Elle est même devenue "exportatrice naturelle" d'animaux sauvages vis à vis des régions environnantes. On y trouve de grands prédateurs comme les loups.

   Dommage qu'il ait fallu attendre la fin du reportage pour en comprendre la raison, ce n'est pas que la radioactivité soit bénéfique:  c’est juste qu'elle a chassé les hommes et que la nature, quand on lui laisse de la place et du temps sait se remettre de beaucoup d'agressions.

 

   Voila une leçon : N'essayons pas de protéger la nature par mille et mille mesures, laissons-lui simplement de la place pour vivre. Voici pourquoi nous devons faire preuve d'une plus grande "modestie démographique".

 

  L’exemple des forêts était également fort instructif, depuis que les forestiers n’entretiennent plus la forêt en coupant ou retirant les arbres morts ou malades, celle-ci se porte mieux et les arbres abîmés sont le siège d’une riche et nécessaire biodiversité.

 

  Moins nous intervenons, mieux vont les choses !

 

  La zone d’exclusion de Tchernobyl présente un rayon d’environ trente kilomètres, peut-être pourrions nous tenter, ici ou là, d’en créer d’autres dans le monde (dans les océans aussi). Il n’est même pas nécessaire d’y faire  préalablement exploser un réacteur nucléaire !

 

  Tchernobyl est une catastrophe humaine pour les nombreuses personnes qui y ont perdu la vie directement et indirectement (je ne rentre pas ici dans le débat des chiffres dont je sais qu'ils sont très controversés), ce n'est pas une catastrophe écologique (bien qu’en réalité, on ait construit, pas très loin une autre ville à la place pour reloger les habitants, il le fallait bien).

 

 

(1) Tchernobyl, une histoire naturelle, de Luc Riolon (France, 2009), diffusée le 25 mai 2010 à 20 h 35.

 

(2) Sauf les hirondelles et quelques oiseaux, comme le reportage l’expliquait fort bien et en détaillait les raisons. Les pins aussi ont moins bien résisté que d’autres arbres.

 

 

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Télévision
commenter cet article
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 12:44

  

    Un blog est un espace bien petit pour évoquer toutes les réflexions qui ont été menées en vue de la construction d'une économie durable. Aussi, avons-nous récemment mis en ligne une bibliographie plus complète que vous retrouvez en fin de cet article.

    Cependant, les livres ou les revues ne constituent pas la seule source de savoir.  Internet offre accès à de nombreuses vidéos de conférences, de cours ou de simples interviews.

    Nous en avons sélectionnés quelques-unes qui proposent sur la question des éclairages différents, parfois philosophiques ou historiques, parfois d'orientation plus techniques. 

     Quelques soient ceux que vous choisirez, et quelque soit le média, bonne écoute ou bonne lecture.

 

 

Quelques vidéos

 

 

  Jacques Ellul

 

    Le système technicien :

 

    1/6 http://www.dailymotion.com/video/xczyxj_jacques-ellul-le-systeme-technicien_webcam

    2/6 http://www.dailymotion.com/video/xd6zmg_jacques-ellul-le-systeme-technicien_webcam

    3/6 http://www.dailymotion.com/video/xd75r7_jacques-ellul-le-systeme-technicien_webcam

    4/6 http://www.dailymotion.com/video/xd8a8k_jacques-ellul-le-systeme-technicien_webcam

    5/6 http://www.dailymotion.com/video/xd8fqi_jacques-ellul-le-systeme-technicien_webcam

    6/6 http://www.dailymotion.com/video/xd8fzt_jacques-ellul-le-systeme-technicien_webcam

 

    Le progrès:

 

         http://www.dailymotion.com/video/x8er1l_jacques-ellul-et-le-progres_news

 

    Extraits du film : Le jardin et la ville

 

         http://www.dailymotion.com/video/x4dwrz_jacques-ellul_tech

 

 

 

Jean-Marc Jancovici

 

     L’ingénieur face à la contrainte carbone (conférence à l’ESPCI) :

 

         http://www.espci.org/fr/jancovici

 

  •  Pour une présentation plus complète du même sujet voir aussi sur le site manicore ou sur le site de l’Ecole des Mines de Paris (ParisTech) un lien vers un ensemble de conférences (16 heures de vidéos regroupées en 8 modules de deux fois une heure chacun).

 

Serge Latouche 

 

     La décroissance (les mardis du club stratégies) :

 

       http://www.strimoo.com/video/14909492/Decrossance-par-serge-latouch-par-Aodrenn-MySpaceVideos.html

 

 

André Lebeau 

 

     Présentation du livre : " L'engrenage de la technique " 

     (audio : entretien sur France Culture)

 

       http://www.dailymotion.com/video/x6c8vt_andre-lebeau-france-culture-science_tech 

 

 

Claude Lévi-Strauss 

 

    Un Monde trop plein (entretien télévisé de novembre  2008):

 

     http://www.youtube.com/watch?v=ky0QTKRDDk0&feature=related

 

 

 

 

 

Quelques livres

 

  • Giorgio Agamben,

           - Homo sacer, Le Seuil, février 1997

 

  • Paul Aries,

            - Décroissance ou barbarie, Golias, 2004

  

  • Michel Barnier 

           - Le défi écologique, Stock, 1990 

 

  • Dominique Belpomme,

           - Avant qu'il ne soit trop tard, Fayard, février 2007 

 

  • Gilbert-Keith Chesterton,

            - Le monde comme il ne va pas

               Bibliothèque l'Age d'Homme, mai 1994

            - Plaidoyer pour une propriété anti-capitaliste

               Editions de l'Homme Nouveau, avril 2009 

 

  • Pierre Clastres, 

          - La société contre l'état, Editions de minuit,1974 

 

  • Daniel Cohen,

          - La prospérité du vice, Albin Michel, septembre 2009 

 

  • Jared Diamond,

          - Effondrement, Comment les sociétés décident de leur

               dispartion ou de leur survie, Gallimard, NRF Essai, 2006 (**)

            Traduction française de Collapse, how societies chose to

                fail or succed,  Viking Penguin, 2005

 

  • Jean Dorst,

           - Avant que nature ne meure, pour une écologie politique,

             Delachaux et Niestlé, 1965

 

  • Jean-Pierre Dupuy,

            - Pour un catastrophisme éclairé, Le Seuil, 2002 

 

  • Paul R. Ehrilch,

             - La bombe P, J'ai lu (pour l'édition française), 1971

 

  • Jacques Ellul,

            - La trahison de l'occident, Calman-Lévy, 1975

            - La technique ou l'enjeu du siècle, Economica, 1990

            - L'illusion politique, Table ronde, 2004

            - Le système technicien, Le cherche midi, mai 2004

 

  • Geneviève Ferone,

            - 2030 Le krach écologique, Grasset, 2008 (**)

 

  • Nicholas Georgescu-Roegen,

            - La décroissance, entropie, écologie, économie,

             Editions Sang de la Terre, juin 2006

 

  • Richard Heinberg,

            - Pétrole, la fête est finie,

              pour la traduction française, éditions Demi-Lune,

              collection Résistance, octobre 2008 

 

  • Yvan Illitch,

            - Energie et équité,  Le Seuil, 1973

 

  • Jean-Marc Jancovici,

          - L'avenir climatique, quel temps ferons nous ? 2002

 

  • Jean-Marc Jancovici, Alain Grandjean

           - Le plein s’il vous plait, Le Seuil, 2005 (*)

              - C'est maintenant ! 3 ans pour sauver le monde, 

             Le seuil, 2009 (**)

 

  • Bertrand de Jouvenel,

             - La civilisation de puissance, Fayard, 1976

  

  • André Gorz,

            - Ecologie et politique, Galilée, 1975

 

  • Nicolas Hulot,

           - Le syndrome du Titanic, Calmann-Lévy, 2004 (*)

           - Pour un pacte écologique, Calmann-Lévy, 2006

 

  • Robert Kandel,

           - Le réchauffement climatique, Coll Que sais-je ?, PUF 2002

 

  • Cédric Lagandré,

            - L'actualité pure; essai sur le temps paralysé, PUF, 2009

            - La société intégrale, Flammarion, septembre 2009

 

  • Serge Latouche,

            - Petit traité de la décroissance sereine,

               Mille et une nuits, 2007

 

  • Eric Laurent,

            - La face cachée du pétrole, Pocket, février 2007 

  • Pierre Legendre,

           - L'empire de la vérité , Fayard,1983

           - Ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident 

                     coll. les quarante piliers, Editions Mille et une nuits, 2004

 

  • Claude Lévi-Strauss,

            - La pensée sauvage, Plon, 1962

 

  • André Lebeau, 

           - L’engrenage de la technique, NRF Gallimard, 2005 (*)

           - L'enfermement planétaire, Coll le débat, Gallimard, 2008 (*)

 

  • James Lovelock,

          - La Terre est-elle un être vivant  ? L’hypothèse Gaïa,

             traduction française, Editions du Rocher, 1986

          - La revanche de Gaïa, Pourquoi la Terre riposte-t-elle ?

             Nouvelle Bibliothèque Scientifique, Flammarion, 2007

 

  • Robert Thomas Malthus,

              - Essai sur le principe de population,1798

 

  • Jean-Claude Michéa,

           - L'empire du moindre mal, Champs, coll Essais, mars 2010

 

  • Théodore Monod,

            - Et si l’aventure humaine devait échouer, Grasset, 2000


  • Jacques Neirynck,

            - La grande illusion de la technique, Poche jouvence, 2006

  • Adolphe Nicolas,

            - 2050 Rendez-vous à risques, Belin (Pour la science), 2004

  • Yves Paccalet,

           - L’humanité disparaîtra bon débarras ! Arthaud, 2006

 

  • Pierre Papon,

           - L'énergie à l'heure des choix, Belin, (Pour la science), 2007

 

  • Jean-Marie Pelt,

           - Le tour du monde d'un écologiste,   Fayard, 1990

           - La Terre en héritage, Fayard, 2000 

 

  • Pierre Rahbi,

           - Vers la sobriété heureuse, Acte Sud, Avril 2010

 

  • René Riesel, Jaime Semprun,

         - Catastrophisme, administration du désastre et soumission

           durable, Edition de l'encyclopédie des nuisances, 2008

 

  • Aldo Schiavone,

            -  L'histoire brisée, Belin, 2003

 

  • Ernst Friedrich Schumacher,

            - Small is beautiful, une société à la mesure de l'homme, 

             pour la traduction française, Le Seuil, 1973 

 

  • Joseph E Stigliz,

            - Principe d'économie moderne

              De Boek Université, Bruxelles, 2007

 

  • Michel Tarrier, 

           - 2050 Sauve qui peut la Terre, Editions du temps, 2008

  • Michel Tarrier, Daisy Tarrier,

           - Faire des enfants tue, éloge de la dénatalité,

             Editions du temps, 2008

  • Henry David Thoreau,

           - L’esprit commercial des temps modernes,

             Le grand souffle éditions, 2007 (écrit en 1837).

 

  • Ernest U. Von Wiensäeker, Amaury B. Lovins, L. Hunter Lovins,

          - Facteur 4,  deux  fois plus de biens en consommant deux  fois

              moins de ressources

            Rapport au club de Rome, Terre Vivante, décembre 2007

 

  • Jean-Luc Wingert,

          - La vie après le pétrole, Autrement, 2005 (*)

 

 

(*)   :   Ouvrages faisant l'objet d'un commentaire dans la bibliographie.
(**)  :  Ouvrages faisant l'objet d'une note de lecture ou d'un article dédié.

 

 

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - Jean-Christophe VIGNAL - dans Bibliographie
commenter cet article
11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 12:20

 

Pour une vie plus écolo au quotidien !

 

 

Ce que vous pouvez faire, de façon simple avec les 10 propositions suivantes, pour mieux vous nourrir tout en limitant votre empreinte écologique.

 

Quand vous mangez chez vous :

 

  • Manger beaucoup de fruits et légumes bio, choisis en fonction de la saison et de leur proximité de production ; vous pouvez les acheter via des ‘amap’ ou dans des réseaux commercialisant du bio, comme les biocoops. N’hésitez pas à consommer des légumes secs, économiques à l’achat comme les pois-chiches ou les lentilles ; dans le même ordre d’idée, pensez aussi aux graines germées.

 

  • Prenez le temps de préparer vos repas. Cela vous évitera d’acheter des plats tout préparés souvent coûteux, généralement trop salés et à fort impact en matière de d’emballage et de transport notamment, sans compter la chaine du froid énergivore pour les plats surgelés.

 

  • Réhabilitez les céréales, notamment les anciennes comme l’épeautre plus riche en protéines, mais aussi en magnésium, en zinc, en fer et en cuivre que son "grand frère" le blé, ou l’engrain à faible teneur en gluten : employées judicieusement elles ne font pas grossir. Pour les petits déjeuners ou les goûters, n’oubliez pas la tartine de pain bio, c’est bon simple et moins coûteux que les biscottes et autres produits vendus dans les linéaires des hypermarchés.

 

  • Si vous n’êtes pas végétariens, vous pouvez limiter votre consommation de viande à 2 fois par semaine et privilégier les viandes blanches bio comme le poulet ou le canard.

 

  • Si la nourriture bio est chère pour votre budget, préférez limiter votre budget ‘boissons’… en préférant l’eau tout simplement ! Vous pouvez aussi réduire et même supprimer l’achat de desserts préparés industriellement en vous habituant vous et votre famille à terminer le repas sur un fruit tout simplement plutôt que sur une crème glacée. Eviter aussi les yaourts aux fruits aux compositions incertaines, mettez un peu de confiture dans votre yaourt nature, vous saurez ce que vous mangez et en plus c’est moins cher.

 

  • Pour vos cafés, refusez l’emploi de capsules d’ailleurs chères ; même si le café garde mieux son arôme, l’impact écologique est trop important. Par contre faites le difficile, achetez du café bio et équitable.

 

  • Dans la mesure du possible, essayez toujours d’utiliser directement les matières premières ou prenez les produits les moins travaillés. Plus vous remontez la chaine alimentaire, plus vous la maîtrisez !

 

  • Dans votre cuisine, privilégiez les ustensiles en inox (évitez par précaution celles en aluminium ou avec du téflon), et aérez attentivement si vous utilisez le gaz comme mode de cuisson.

 

  • Pour vos déchets alimentaires, essayez de les composter si vous avez un jardin, ou utilisez un lombric-composteur si vous êtes en appartement.

 

Et si vous êtes hors de chez vous  mais dans le cadre d’un restaurant d’entreprise, groupez vous avec quelques collègues pour demander des menus bio.

 

 

 

Avec ces éco-gestes,

 

  • vous limitez les transports aérien et terrestre de marchandises en privilégiant l’économie locale,
  • vous favorisez une agriculture de proximité respectueuse de la nature,
  • vous consommez moins d’espace agricole et vous laissez ainsi de la place pour les espèces sauvages,
  • vous diminuez les déchets à traiter,
  • et en plus vous et votre famille, vous vous porterez sans doute mieux !

 

Mais soyons réaliste, cela vous coûtera plus qu’aujourd’hui à la fois en temps et en argent, même si vous mangez moins de viande, achetez moins de sodas, gardez le vin pour les repas avec les amis, et préparez des légumes secs. La nourriture, c’est important, nous sommes aussi ce que nous mangeons … alors prévoyez de réorienter votre budget avec une nouvelle priorité.

 

A vous de jouer !

 

 

Repost 0
4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 04:31

 

 

     La marée noire qui frappe aujourd’hui les côtes américaines donne lieu à de nombreux commentaires qui révèlent toute l’ambiguïté de notre attitude face aux questions écologiques.

 

     Tout d’abord, il y a cette étrange pratique qui consiste à évaluer en litres par jour le montant des fuites de pétrole. Cela rappelle cette habitude qu’avait un célèbre homme politique français des années 1970 qui aimait, pour impressionner son auditoire, exprimer les grandes fortunes en centimes de francs !

     Alors oui, cela fait beaucoup de litres ! 160 000, 800 000 ? On ne sait plus et les chiffres évoluent sans cesse. Mais le litre est-il une unité bien adéquate pour évoquer des grandeurs océanes ? Que penserait-on d’un astronome qui évaluerait la distance des galaxies en millimètres ?

     Ce n’est pas être anti-écologique, ni vouloir minimiser les choses que de le rappeler. Utilisons des unités significatives et non pas médiatiques : Pour des rejets dans l’océan,  parlons en milliers de tonnes.

 

 

     La question du bouc émissaire est également passionnante.

    Que n’entend-on sur British Petroleum ? De véritables assassins de planète à en croire la majorité des commentaires. Certes, après un accident, on peut toujours montrer que si telle ou telle erreur n’avait pas été commise, la catastrophe eut été évitée et l’exploitant se trouve évidemment le plus souvent à l’origine du problème.

    Toutefois, et là bien sûr, sous réserves de ce que montreront les enquêtes, on ne peut s’empêcher de soulever une contradiction.

     La sécurité coûte cher et les gains marginaux sont parfois prohibitifs. Or, s'il y a une majorité de gens pour accuser BP on trouve une autre majorité (donc il y a forcément communauté, au moins partielle, de ces deux ensembles) pour hurler au moindre centime de hausse des carburants.

     L'humanité ne peut vouloir massivement  consommer du pétrole (surtout à moindre coût) et en cas de pollution, en rejeter presque exclusivement la faute sur les exploitants.

 

     Même si cette marée noire s’annonce comme l'une des plus importantes (c’est un réservoir géologique qui se vide et non un simple navire au contenu forcément plus limité), prenons du recul.

    Si chaque catastrophe est individuellement évitable, il n'y a rien de surprenant à ce que, dans un monde qui consomme 85 millions de barils de pétrole par jour, soit près de cinq milliards de tonnes par an, il y ait quelques ratés et que plusieurs  centaines de milliers ou même quelques millions de tonnes s’échappent du circuit. C’est statistiquement inévitable !

     Rassurons-nous, dans quatre ou cinq décennies le problème des marées noires (importantes) sera définitivement réglé faute de combattant.  Ce ne sont pas elles qui, à long terme, constituent la  plus grave menace pour la biodiversité.

 

     Le pétrole est un produit biodégradable. S’il est aujourd'hui problématique dans le golf du Mexique, dans quelques années tout aura été recyclé par la nature, et ceci d'autant plus rapidement que nous nous trouvons dans une mer chaude où les réactions chimiques sont exacerbées et la vie foisonnante.

     Dans un siècle, la situation écologique de la planète ne sera absolument pas différente que nous ayons, d’ici là, connu vingt grandes marées noires ou zéro.

     Rappelons aussi, sans malice aucune, que si ce pétrole n’était pas allé salir  la mer nous l’aurions brûlé et envoyé polluer l’atmosphère en (presque) toute bonne conscience ! 

     Enfin n’oublions pas que les rejets naturels de pétrole sont nombreux de par le monde et que s’ils sont généralement moins concentrés, ils représentent des quantités significatives, le plus souvent passées sous silence.

 

 

    Ce n’est pas seulement un jeu intellectuel que de se moquer de ces contradictions. Il y a des conséquences graves à cet aveuglement.

 

    Pendant longtemps on a tant voulu masquer les marées noires, qu’on utilisait des dispersants chimiques qui étaient eux-mêmes  aussi polluants, sinon plus, que le pétrole qu’ils étaient censés combattre.

    Aujourd'hui encore, on essaye souvent (avec de la craie notamment) de faire couler ce pétrole. Or le faire couler, c’est le précipiter dans des zones froides et sans lumière où le processus de biodégradation sera très fortement ralenti.  Ce n’est probablement pas la meilleure solution.

 

 

    Ces propos constituent une réflexion générale visant à prendre du recul, ils ne nient en aucun cas  que localement et temporairement les conséquences soient  impressionnantes et graves pour la faune et la flore. Ils n'ignorent pas non plus la peine de ceux qui voient souillé un littoral qu’ils aiment.

   Il va de soi également, que la poursuite de forages et d’exploitations en eaux très profondes, sur lesquels il est extrêmement difficile d’intervenir en cas d'accident,  n’est  pas une pratique à encourager.

 

    Encore une fois, la meilleure prévention ne réside pas dans une avalanche de mesures techniques, mais dans une attitude plus modeste et plus humble envers la planète :  Ne consommons pas tout, partout, à toute force.

 

 

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Pollution
commenter cet article

Présentation

  • : ECONOMIE DURABLE
  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
  • Contact

Recherche