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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 13:10

 

    Sans avoir de goût particulier pour hurler avec les loups, comment ne pas se joindre aujourd’hui au concert de protestations qui accompagnent l’abandon de la taxe carbone par le gouvernement ?

 

  Nous annoncions, il y a peu, deux mauvaises nouvelles pour l’environnement, il aurait donc fallu dire trois. A la première difficulté l’écologie passe à la trappe, il arrive précisément ce que nous redoutions (voir aussi : Panique à bord, écologie par-dessus bord). Comment imaginer que ces propos seraient aussi vite et aussi exactement illustrés ?

 

    Il y six mois à peine, la taxe carbone était présentée comme une réforme essentielle pour la protection de l’environnement. Même modeste, et elle l’était encore beaucoup trop, elle marquait un début de volonté.

 

   Sans doute, son impact sur les émissions planétaire de CO2 eut été infime, mais elle pouvait donner à la France un rôle exemplaire, susceptible d’entraîner les autres pays européens dans la bonne direction. Un peu de courage, un peu d’exemplarité, telles étaient ses vertus, on voit ce qu’elles sont devenues. S’il fallait illustrer le reniement…

 

 

   Cet abandon va au-delà de celui de taxe carbone. Par essence la protection de la nature est une œuvre de long terme. Il faut accepter de sacrifier des résultats ou des conforts d’aujourd’hui pour préserver demain et après demain.

   Malgré sa modestie, cette taxe relevait de cette démarche. Son abandon c’est aussi le retour à une logique de court terme, celle qui conduit inexorablement à l’échec.

 

  Bien des " excuses ", bien des " raisons ", viendront justifier une aussi funeste décision : La peur d’une contrainte économique mal venue, la peur d’une sanction électorale. Bien sûr, un  habillage présentable de la décision sera trouvé, cela commence déjà et l'on entend dire : On la refera plus tard... Sous une autre forme... En liaison avec nos partenaires européens…
   Ne soyons pas dupes !

 

  Par cette absence de vision, par ces petites lâchetés successives l’humanité va détruire sa planète.
   On attendait mieux d’un homme d’Etat, on attend mieux, en réalité, de tous les hommes.

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D’autres réflexions sur cette reculade : Les sites Notre Planète Info et Manicore (de M. Jean-Marc Jancovici).


http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2320_taxe_carbone_abandon.php

http://www.manicore.com/documentation/articles/Taxe_C_Echos.html

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Published by Didier BARTHES - dans Billets d'humeur
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 17:20

"On ne fait rien si l'on ne s'attaque à l'essentiel."


   Cette dernière quinzaine a vu tomber deux mauvaises nouvelles pour l’environnement. Apparemment sans rapport immédiat, elles participent de la même logique et justifient un réel pessimisme.


   La première est le constat d’échec de la protection du tigre (*). Le tigre est emblématique car c’est un grand prédateur dont la présence est difficilement compatible avec une humanité nombreuse et conquérante. Ses effectifs actuels seraient réduits à 3 200 animaux en liberté. Autant dire rien !
   Ils étaient 100 000 au début du siècle ! La baisse atteint donc 97 % ! Plus récemment encore, on a constaté l’accélération du phénomène. Selon le WWF, le nombre de tigres en Inde (pays où ils sont le plus nombreux) serait passé de 3 600 à 1 400 entre 2002 et 2008 soit un écroulement de plus de 60 % en 6 ans !
   A ce rythme, la fin est proche, dans 10 ans le tigre aura peut-être disparu !


   L’autre mauvaise nouvelle relève des propos de M. Nicolas Sarkozy à l’occasion du dernier salon de l’agriculture. Le Président de la République y a déclaré : " Les questions d’environnement : ça commence à bien faire. " On peut imaginer qu’il ne s’agissait là que de flatter un électorat supposé peu favorable aux thèses écologistes, on peut aussi y voir une confirmation de ce que nous évoquions dans l’article : " Panique à bord, écologie par-dessus bord. "


   A la première difficulté, l’écologie passe à la trappe, elle n’est pas l’objet de l’action politique, elle reste considérée comme une variable d’ajustement.

  Ces deux nouvelles sont des constats d’impuissance. D’une certaine façon la déclaration du Président de la République constitue une explication de l’échec dans la protection des tigres.


  Nous n’avons pas mis tous les moyens et donc nous avons échoué.


  Le tigre est, par sa beauté, peut-être le plus triste des exemples, il n’est hélas pas le seul. L’actualité récente du thon rouge illustre à merveille notre incapacité à prendre la mesure du problème et à engager des réformes, en l’occurrence pour le thon rouge, l’arrêt immédiat et absolu de toute capture.


  La question environnementale est la question principale qui se pose aujourd’hui à l’humanité. Nous ne gagnerons rien, qu'ici ou là, un report de quelques années, à ne prendre que des demi-mesures.  
   Il faut cesser de voir dans la protection de la nature une contrainte pour l’économie, un simple élément annexe que nous devrions prendre en compte. II faut faire de cette protection l’objectif même de l’activité des hommes, nous n’avons plus le choix. L’économie doit être un outil, non un but en soi.


   En d’autre termes, nous sommes, ou plutôt nous devrions, nous placer dans la situation d’une économie de guerre. Dans ce type d’économie tout est rapporté à un seul but. Les activités ne sont pas destinées à répondre aux intérêts de telles ou telles catégories, elles sont toutes soumises à l’impératif principal.


   Il arrive que les problèmes atteignent un tel stade de gravité que l’économie de guerre constitue la seule solution.
 Nous y sommes. Ou l’environnement devient la priorité absolue, ou le combat est perdu.


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(*) " Nous avons lamentablement échoué à protéger le tigre, pourtant listé comme espèce en danger depuis plus de trente cinq ans "

    " On arrive à un stade où [les tigres] ne pourront tout simplement plus se reproduire "


   Déclarations de M. John Sellar, Responsable de la lutte contre la fraude, lors de la récente réunion de la CITES, la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées.

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 11:45

     Pour une vie plus écolo au quotidien !

 

    Cet article s’adresse à ceux qui logent en appartement ou en habitat collectif.

 

    Ce que vous pouvez faire, de façon simple avec les 12 propositions suivantes, pour améliorer votre vie quotidienne et augmenter votre autonomie.

 

Ce qui dépend directement de vous et seulement de vous :

 

    Supprimez au maximum les sources de pollution intérieure liées à votre façon de vivre et aux matériaux d’ameublement et de décoration :

 

  • Evitez de polluer votre habitation en fumant à l’intérieur. Si vous ou vos amis fumez, faites comme au café ou au bureau, allez dehors.  
  • Remplacez vos moquettes et linos synthétiques par du parquet en bois ou des linos naturels. De même, évitez les meubles à base d’aggloméré dont les colles dégagent du formaldéhyde. Préférez des peintures bio et des enduits à la chaux ou à l’argile. Plus globalement donnez dans la mesure du possible la priorité aux matériaux naturels.  
  • Dans votre cuisine, renouvelez attentivement l’air ambiant, notamment si vous cuisinez au gaz. Utilisez plutôt des casseroles en inox ou en fonte (éviter par précaution celles en aluminium ou avec du téflon). Soyez attentifs aux produits de nettoyage utilisés et favorisez les produits ‘verts’.



Soyez économes et aussi un peu réactif :

 

  • Economisez l’eau en installant sur les robinets des mousseurs qui réduisent le débit d’eau jusqu’à 40%. Ayez une chasse d’eau à double débit. Mais d’abord, traquez les fuites.
  • Economisez l’électricité en supprimant vos vieux lampadaires ou appliques halogènes et en favorisant l’éclairage par LED. Surveillez la présence de givre dans vos frigos et congélateurs. Limitez l’emploi du lave-linge en ne lavant pas sans cesse vos habits et évitez dans la mesure du possible l’emploi d’un sèche-linge toujours gros consommateur d’électricité.
  • Le soir en hiver, fermez vos volets s’il y en a, et tirez vos rideaux en tissu assez épais : vous éviterez ainsi le phénomène dit de ‘paroi froide’ qui abaisse votre bien-être. A l’inverse, n’hésitez pas l’été aux heures les plus chaudes à occulter vos fenêtres sud et ouest pour vous protéger des chaleurs estivales.

 

Ce qui dépend de la copropriété :

 

    Que vous soyez propriétaire occupant ou locataire, vous pouvez agir.
    Si vous êtes propriétaire, vous pouvez intervenir lors des assemblées de gestion de la copropriété ; si vous êtes locataire, n’hésitez pas à demander à votre propriétaire d’intervenir, ou mieux encore, groupez vous avec d’autres locataires pour demander une gestion plus écologique de la copropriété.

 

  • Demandez un entretien des parties communes (paliers, escaliers, ascenseur, etc.) à base de nettoyants bio.  
  • S’il y a un jardin, demandez l’installation d’un système de récupération d’eau de pluie, qui servira pour les arrosages et diminuera la facture d’eau. Intervenez pour supprimer les désherbants chimiques et pour favoriser un jardinage bio. Défendez l’installation d’un bac à compost qui limitera le volume des déchets et enrichira les sols des espaces verts. Essayer de convaincre les autres habitants de réserver 10% de la surface du jardin pour créer une ‘zone sauvage’ qui sera par ses herbes folles et ses graines un territoire d’observation pour les enfants et un havre pour les oiseaux.  
  • S’il n’y a pas de jardin, proposez l’installation d’un système collectif de lombric-compostage afin de diminuer les déchets.  
  • Si un ravalement est envisagé, proposez de réaliser lors de cette opération une amélioration sensible de votre immeuble, comme une isolation par l’extérieur par exemple ou le remplacement des ouvrants par des fenêtres haute isolation.  
  • Si le chauffage est collectif, demandez au conseil syndical d’étudier quelles améliorations sont possibles, du renouvellement pour une chaudière à haut rendement à l’installation d’un chauffage mixte avec des panneaux solaires sur les toits ou les murs orientés sud. 
  • Si existe un garage à voitures souterrain, demandez à ce que soient effectués des travaux d’étanchéité (similaires à ceux réalisés pour combattre le radon) pour éviter que les polluants dégagés par les voitures ne pénètrent dans les zones d’habitation. S’il n’y a pas de local à vélos sécurisé, défendez-en l’idée pour favoriser ce mode de déplacement doux.

 

       Avec ces gestes, vous aurez pour vous-même et pour vos proches une vie plus saine, plus confortable et plus respectueuse de notre écosystème.

 

       A vous de jouer !

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 10:40

Voici un article un peu plus technique que d'habitude. Il s'adresse d'abord à ceux qui ont quelque goût pour les petits calculs ou veulent connaître plus en détail ce fameux effet de serre
Rappel général : L'effet de serre est ce mécanisme par lequel certains composants de l'atmosphère (vapeur d'eau, gaz carbonique méthane...) bloquent le rayonnement infrarouge réémis par la Terre et permettent à notre planète de conserver sa chaleur.

     

    Presque inconnu il y a encore dix ou vingt ans, l’effet de serre, est devenu le héros des temps modernes… mais aussi le Diable en personne.

   Lutter ou seulement prétendre lutter contre lui  est devenu gage de respectabilité. Mais qui est donc cet adversaire et quel est son étrange pouvoir ?

    Au premier abord et si l’on en croit les médias, l’effet de serre est ce  qui, au moyen du CO2, va bouleverser le climat, occire les ours blancs, assécher nos rivières, transformer nos vertes forêts en Sahara et faire de notre belle planète une seconde Vénus.

Pourtant, si l’on va un peu plus loin, l’effet de serre est au contraire ce mécanisme merveilleux qui adoucit les températures et qui, en maintenant durablement l’eau sous sa forme liquide, permet à la vie d’exister.

Si enfin, on pousse encore la curiosité, on découvre alors un phénomène complexe, essentiel à l’équilibre du climat (voir note 1) et auquel on peut attribuer un réchauffement d’une bonne trentaine de degrés. On découvre également que le CO2 n’est pas le seul GES (Gaz à Effet de Serre). Il n’est même pas le principal puisque la bien inoffensive vapeur d’eau lui dame le pion (voir notes 2, 3 et 4).

Nous ne reviendrons ni sur la description des principes généraux, ils sont déjà largement médiatisés ni non plus sur les détails, car il s’agit cette fois d’une affaire extrêmement compliquée. Déterminer pourquoi une molécule plutôt qu’une autre entre en résonance sous l’action d’un rayonnement de telle ou telle longueur d’onde relève d’un cours de physique de haut niveau. Sachez simplement que par cette interaction, les molécules absorbent l’énergie du rayonnement et en bloquent la progression

Je vous propose  seulement de  déterminer l’ampleur de ce réchauffement et de comprendre pourquoi on parle  d’une trentaine de degrés ?


    Voici les principes et les données nécessaires à notre calcul : 

 
-   La Terre est en équilibre thermique.

C’est à dire que sur une période courte (quelques jours par exemple) elle ne se refroidit ni ne se réchauffe (même le célèbre réchauffement climatique est absolument négligeable à ces échelles de temps). Or, comme notre planète n’est en contact matériel avec rien, elle ne peut se réchauffer ou se refroidir par conduction ou par convexion et n’a d’autre solution pour modifier sa température que d’échanger du rayonnement avec l’extérieur.
Donc, si elle est en équilibre thermique cela équivaut à affirmer que le rayonnement qu’elle reçoit de l’espace (du soleil en l’occurrence) est strictement égal au rayonnement qu’elle émet vers les cieux. Cette égalité constituera la cheville ouvrière de notre raisonnement.


Nous considérerons la Terre comme un Corps noir

Il s’agit là d’une forte  approximation et en réalité c’est loin d'être le cas, mais nous pouvons la tenir pour vraie si nous prenons soin, lors de nos calculs de prendre en compte l' albédo et de soustraire au rayonnement reçu la part directement renvoyée par réflexion (proportion évaluée à 30 % de l’énergie incidente).
Rappelons à cette occasion qu’un corps noir est un corps qui ne reflète aucun rayonnement (c’est pour cela qu’il est noir). Ainsi la lumière (c’est à dire, le rayonnement) que nous en recevons ne dépend que de sa seule température (sa composition qui influencerait le reflet n’intervient pas puisque justement, il n’y a aucun reflet).

Il existe un lien donné par la formule dite de Stephan entre la température d’un corps noir et le rayonnement émis.

Ce lien s'écrit :

L =  s s T 4 

L Etant la puissance (Luminosité) exprimée en watts (w).

T Etant la Température exprimée en degrés Kelvin (K).

S Etant la surface du corps exprimée en mètres carrés.
 Ici S sera égal à 1 car nous ferons le calcul pour un mètre carré (m2) ce qui simplifiera la question sans rien changer quant au fond.
s  : la constante de Stephan  vaut : 5,67 x 10–8 w m2 K-4.

 

Voici la démarche. 

  • A partir de la constante solaire (voir l’article Puissant Soleil) nous déterminerons la quantité de rayonnement reçu par chaque mètre carré de la Terre.  
  • De l’égalité entre rayonnement émis et rayonnement reçu nous déduirons la quantité de rayonnement émis.  
  • Par la constante de Stephan nous déterminerons la température que devrait avoir la Terre considérée en équilibre thermique compte tenu de l’énergie qu’elle émet.
  • L’effet de serre sera considéré comme l’excès de température entre la valeur théorique calculée précédemment et la valeur effectivement constatée (environ 15 C° soit 288 K).  

Détermination du Rayonnement reçu par la Terre.

 

Au niveau de l’orbite terrestre (à environ 150 millions de km de notre étoile donc), chaque mètre carré placé perpendiculairement au Soleil reçoit un rayonnement d’une puissance de 1 368 w, c’est la constante solaire.

Chacun des mètres carrés de la surface terrestre ne reçoit cependant (hors effets atmosphériques) que le quart de ce rayonnement. En Effet la Terre n’intercepte les rayons solaires que sur une surface égale à un disque de même diamètre qu’elle. Or la surface d’un disque (formule : Pi R2) est égale au quart de la surface d'une sphère de même taille (formule : 4 Pi R2).
Cela s’explique simplement.
. D’une part une moitié de la sphère est dans l’ombre car il fait nuit 50 % du temps et il faut donc diviser une première fois par deux le rayonnement reçu.

. D’autre part, la demi-sphère faisant face au Soleil étant bombée, sa surface est deux fois plus importante que celle du disque correspondant. Cela divise encore par deux le rayonnement reçu par unité de surface.

Cette double division par deux justifie la division du rayonnement reçu par un facteur 4.
Hors atmosphère, la surface de la Terre serait donc, toutes longueurs d’ondes confondues, soumise à un rayonnement de 1 368 w / 4  soit : 342 watts. Cependant l’atmosphère et en particulier les nuages interceptent une bonne partie de ce rayonnement et le renvoie dans l’espace. La surface elle-même du sol est partiellement réfléchissante. C'est en cela que la Terre ne peut, strico-sensu, être assimilée à un corps noir et c'est ici que nous en tenons compte et faisons la correction nécessaire par l'opération suivante.
Ce reflet est ce que l'on appelle l’albédo. Pour la Terre il est estimé à 30 %.  Le rayonnement effectivement reçu par la surface terrestre  pour un mètre carré (et non réfléchi) est donc égal à 70 % de 342 watts soit : 
   
                                 342 watts x 0,7  =  239 watts.

 

Détermination du rayonnement émis par la Terre

 

Par l’égalité entre rayonnement reçu et rayonnement émis la Terre émet un rayonnement d’une puissance de 239 w.m2

 

Détermination de la température théorique de la Terre.

 

Il s’agit de déterminer la température théorique d’un corps qui émet 239 watts par mètre carré.

Appliquons la formule de Stephan :   L = s s T 4
 

          Remplaçons :
          L par sa valeur : 239 w.m2,
          La surface S par 1 pour un  calcul sur 1 m2     
          La constante de Stephan  par : 5,67 x 10-8 m2 K-4 

          Nous obtenons :

 

                239 w m2 =   5,67 x 10–8 w m2 K-4 x 1 x T(K) 4

On, voit que seule la température (T) reste non définie, c’est l’inconnue qu’il faut trouver en résolvant cette équation.

                    T 4 = 239 w m2 / 5,67 x 10-8 w m2 K-

En simplifiant les unités , c'est à dire en supprimant w et m2  en même temps au numérateur et au dénominateur.

                      T4 = 239 / 5.67 x 10–8 K-4

            T4 = 239 x 1,76 x 107 K4

            T4 = 4,22 x 109 K4


  Soit en prenant la racine quatrième de ce  nombre :

           T = 255 K soit  – 18 C° (5) 

Détermination de l’impact de l’effet de Serre

 

La température moyenne de la planète est aujourd'hui évaluée à 15 C° soit à 288 K.
 

Le surplus par rapport à la température calculée ci dessus est donc de :

                        288 K – 255 K = 33 degrés
 

Compte tenu des simplifications retenues dans ce calcul nous arrondirons à  un peu plus de 30 degrés ".


Ce gain est donc extrêmement sensible et change complètement les conditions de la vie terrestre. Il reste toutefois bien modeste par rapport à ce qu’on observe sur Vénus où l’excès de température est évaluée à environ 480 degrés. La température de surface de vénus est d’environ 460 C° pour un équilibre à – 20 C° sans ce mécanisme. L’atmosphère de Vénus particulièrement dense et constituée presque exclusivement de CO2 explique l’ampleur du phénomène. Il est également remarquable que sur cette planète la température d’équilibre (- 20 C°) est proche de celle de la Terre alors que Vénus est plus près du Soleil et reçoit deux fois plus de lumière par unité de surface. Il se trouve que les nuages très épais bloquent le rayonnement qui ne peut ainsi atteindre le sol.

Remarques
Ce petit calcul à juste une vocation pédagogique. Il vise à donner l’ordre de grandeur du réchauffement dû à l’effet de serre ainsi qu’à se faire une idée de la méthode. Si le résultat est tout à fait conforme à ce qu’admettent aujourd’hui les scientifiques, il convient de souligner les quelques simplifications dont nous nous sommes ici accommodés.

  • L’albédo est évalué à 30 % C’est là une valeur imprécise. De plus il n’est pas identique pour toutes les longueurs d’ondes alors que nous l’avons supposé tel dans le calcul.
  • Nous n'avons pas ici évoqué les interactions entre le sol et l'atmosphère ni entre les océans et l'atmosphère. Il aurait fallu prendre en compte les très complexes mécanismes de chauffage de celle-ci par les sols et ainsi  que par la condensation des eaux océaniques évaporées. Toutefois, cela ne modifierait pas les  résulats. En effet vis à vis de l'espace, sol, océans et atmosphère constituent bien un tout qui n'échange de l'énergie que via le rayonnement.

D’autres explications.

Vous trouverez d’intéressantes explications sur l’effet de serre parmi les sites suivants
 -   
Manicore de Jean-Marc Jancovici.
 -   
Sagascience
(dossiers du net) avec un article de Madame
     Marie-Antoinette Mélières.
 -   
Wikipédia (Effet de Serre)

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  (1)  On dit parfois que toute la physique du monde est contenue dans le simple craquement d’une allumette. Chacun a pu vérifier cette assertion en constatant que les questions d’enfants génèrent toute une ribambelle de " pourquoi " en forme de poupées russes et que l’art d’un parent consiste à savoir y mettre un terme de la façon la plus habile et la moins voyante.
 (2)   La vapeur d’eau représente un peu moins de 1 % de la masse de l’atmosphère. C’est en terme de quantité et en fin de compte d’effet global le plus important des gaz à effet de serre. Toutefois sa proportion est variable selon les lieux et le temps. D’autre part, les effets des modifications introduites par l’homme sur la quantité de vapeur d’eau présente dans l’atmosphère ne font pas encore l’unanimité. Le fait aussi que ce gaz nous apparaît très naturel et très inoffensif explique peut-être que l’on en parle si peu.
(3)   Les molécules ayant, compte tenu des quantités présentes dans l’atmosphère terrestre le plus grand effet de blocage des rayonnements infrarouges émis par la Terre et tentant de retourner dans l’espace sont par ordre d’importance : La vapeur d’eau : H2O, le gaz carbonique ou dioxyde de carbone : CO2 et le méthane : CH4.
 (4)   Il est extrêmement difficile de dire pour une quantité donnée dans quelle proportion exacte un corps est un gaz à effet de serre plus efficace qu’un autre. En effet si à un instant donné la chose est claire, le méthane est plus puissant que le gaz carbonique qui l’est lui-même plus que la vapeur d’eau, ces différents composants n’ont pas la même persistance dans l’atmosphère. Ainsi, une molécule de méthane reste en moyenne 10 ans avant de se transformer en gaz carbonique et les molécules de ce dernier persistent  en moyenne un peu plus de 100 ans. Aussi déterminer l’impact exact de chacun de ces composants dépend du terme auquel on raisonne, et ne se peut se réduire à une réponse unique. Sur l'efficacité des différents gaz à effet de serrre, consultez l'article du site manicore
 (5)  La différence entre les degrés Kelvin (K) et les degrés Centigrades (C°) réside seulement dans le point d’origine :
- le zéro absolu pour les degrés Kelvin  situé à - 273,15 C°
- le point de congélation de l'eau pour les degrés Centigrades situé à + 273, 15 K.
On passe donc de la première échelle à la seconde en soustrayant ces 273,15 degrés. Au niveau du zéro absolu (0 K donc) il n’y plus de mouvement dans la matière, tout est figé.

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 06:20


      Nous évoquons souvent la question démographique.
      Il est bon sur ces sujets d'avoir à l'esprit les ordres de grandeur.
      Vous trouverez ci-dessous une estimation des effectifs de
      l'humanité sur différentes échelles de temps.

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Evolution de la population  depuis la révolution néolithique

                                      (En milliards d'habitants sur les 12 000 dernières années) 

courbe-population-wiki.png

Source : Wikipedia
_________________________________________________________
 

    Evolution de la population mondiale depuis 2000 ans


                                                                                                          (en millions d'habitants)

 


  
  Année      Effectifs          Années     Effectifs          Années    Effectifs
 
            0  :     250                   700   :      210                 1400   :        360

       100   :     250                   800  :       220                 1500   :        500

       200   :     250                   900  :       240                 1600   :        560
 
       300   :     200                 1000  :       260                 1700   :        640

       400   :     200                 1100  :       310                 1800   :        900

 
      
  500   :     200                 1200  :       360                 1900   :     1 650

      600   :     200                1300  :       400                 2000 (*) :     6 020



Sources : Moyennes réalisées par l'auteur à partir de différentes sources notamment celles présentées par l'US Census Bureau, par l'INED ou par  Wikipedia.

(*) L'estimation pour l'année 2000 (6 020 millions d'habitants) différe de celle du tableau suivant.(6 092 à mi-année il est vrai). La plupart des experts estiment que nos effectifs ne sont guère connus qu'a 1% près. Cela ne change rien quant à l'analyse de l'évolution.


Courbe de cette même évolution

courbe rouge DR
On note le caractère relativement stable (voir même la baisse) de la population mondiale au cours du premier millénaire de notre ère, même si, bien sûr, les données sur cette période sont entachées d'une certaine incertitude.

Globalement :

-  la population est stable de l'an 0 à l'an 1000
-  elle augmente doucement de l'an 1000 jusqu'à la révolution industrielle
-  elle explose avec la révolution industrielle
-  elle "sur-explose" au 20ème siècle, l'assymptote à la courbe étant quasi verticale.

Source:  Courbe réalisée par M. Rémi Manso de l'association Démographie Responsable

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Evolution de la population mondiale depuis un siècle

                             Effectifs en millions, taux de croissance annuel en % (*)
                             Source : US Census Bureau

Années   Effectifs   Croissance        Années     Effectifs  Croissance

1900 :   1 650       +  0,4  %                1960 :       3 042      +  1,3 % (**)

1910 :   1 700       +  0,6  %                1970 :       3 712      +  2,1 %

1920 :   1 860       +  1,0  %                1980 :       4 553      +  1,7 %

1930 :   2 070       +  1,0  %                1990 :       5 284      +  1,6  %

1940 :   2 300       +  1,0  %                2000 :       6 092      +  1,3 %
   
1950 :   2 520       +  1,4  %                2010 :       6 870      +  1,2 %

(*) Pour les années 1900 à 1950 le taux annuel de croissance a été calculé par l'auteur comme une moyenne de la croissance des dix années antérieures et postérieures. A partir de 1960 il s'agit du taux indiqué par l'US Census Bureau

(**) ce taux de croissance pour l'année 1960 n'est pas représentatif de l'augmentation de la population au cours de cette période.En moyenne entre 1955 et 1965 la croissance annulle de la population était d'environ +1,9 %. En 1960 ainsi qu'en 1959 la croissance a fortement été entachée des millions de morts et de "non naissances" provoqués par le 'grand bond en avant' chinois. Ce phénomène est encore plus explicite dans le graphique ci-dessous où l'on distingue la forte baisse  du taux de croissance global au cours de ces années. Le poids démographique de la Chine est tel qu'un changement dans ce seul pays marque profondément l'évolution mondiale.





Croissance de la population mondiale sur le siècle en cours
                           (Taux de croissance annuel en % sur la période 1950 -2050)

worldgr.gif


Source de ce graphique   : US Census Bureau


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Evolution de la population mondiale pendant  la dernière décennie

                 Effectifs en millions, estimations  à mi-année, croissance en % par an 
                               
 Années   Effectifs   Croiss             Années       Effectifs       Croiss                               
 
    2000    :    6 092     + 1,29  %            2006      :     6 554     + 1,18   %
    2001    :    6 170     + 1,28             2007      :     6 632     + 1,19   %
    2002    :    6 246     + 1,23             2008      :     6 710     + 1,14   %
    2003    :    6 322     + 1,22  %            2009      :     6 790     + 1,18   %
    2004    :    6 399     + 1,22  %            2010 (*)  :     6 870     + 1,18   %  
    2005    :    6 477     + 1,22             



Sources : US Census Bureau
(*) Pour 2010 : Prévisions

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Note : Une version très proche de cet article est désormais disponible dans les pages fixes de ce site,  dans la rubrique : les chiffres clefs.


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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 07:20

science et vie mars 2010     
      Le climat est à l'honneur ce mois-ci dans Science et Vie
    Sous le titre : " Climat : Le réchauffement est-il sûr ? ",
    la revue  pose la question qui fâche.

    

    Les attaques régulières et déja anciennes de Claude Allègre ou celles, plus récentes, de Vincent Courtillot peuvent instiller le doute dans l'esprit du public.

     Disons le tout de suite, l'article de Science et Vie ne donne pas raison à ces "climato-sceptiques" : Ni sur la réalité du réchauffement, ni sur la discussion concernant le  caractère anthropique ou non de ses causes.

        Sur la réalité d'abord : les indices sont tous convergents.

       -  La température moyenne de la Terre a bien augmenté depuis 1900 d'environ 0,6 C°. Cette augmentation a marqué une pause entre 1940 et 1970, mais depuis, le mouvement est reparti de plus belle.

       -  Depuis 1980, la surface estivale de la banquise arctique suit un trend décroissant et est passé en 30 ans (pour les données lissées) d'environ 7,5 à 6,5 millions de kilomètres carrés

       -  La floraison des arbres fruitiers est clairement en avance depuis les années 1980 (Science et Vie propose un graphique montrant  l'évolution historique de la floraison des célèbres cerisiers japonais).

        -  Enfin, le niveau des océans monte assez nettement et a gagné 10 centimètres depuis 1970. On sait que l'on attribue cette élévation pour partie à la fonte des glaciers et pour partie à la dilatation des eaux.



       Sur les causes du réchauffement climatique :

    De nombreux éléments  entrent bien sûr en ligne de compte, mais l'augmentation régulière du taux de gaz carbonique dans l'atmosphère constitue un facteur  déterminant et souvent les climato-sceptiques n'expliquent guère comment cette élévation resterait  sans conséquences.
     Or, la concentration en COest passée de 280 parties par millions avant l'ère industrielle à 387 ppm aujourd'hui. Il est difficile d'imaginer que ceci ne se traduise pas par une élévation des températures, sauf à trouver des mécanismes ad hoc exactement compensateurs. On sait que la pollution induit une réduction de l'ensoleillement du sol. Plutôt qu'y voir un mécanisme compensateur on peut hélas y voir un phénomène masquant et réduisant simplement pour un temps l'ampleur du réchauffement. Il serait dangereux (pour ne pas dire pervers) de compter sur certains effets de la pollution pour en masquer d'autres.


      Sciences et Avenir consacre également dans son numéro de mars quelques pages à la question. L'article propose un tableau comparatif des arguments des uns et des autres. Dans une troisième colonne, la revue donne son propre commentaire. Bien que de façon peut-être moins marquée que pour Science et Vie, la balance penche pour les points de vue du GIEC.


     Enfin et sur un sujet tout à fait différent, Pour la Science, nous offre sous la plume d'Henry Léridon un article intutilé : La croissance démographique est-elle soutenable ?
     A vrai dire, L'auteur discute plutôt des estimations qu'il ne répond à la question posée. En conclusion, M. Léridon estime que la population humaine devrait atteindre neuf  milliards en 2050 mais "que ce chiffre ne devrait plus guère augmenter après". C'est là un consensus sur lequel s'accordent beaucoup de démographes.
     Est-ce certain ?  Mais surtout est-ce que les neuf milliards d'êtres humains prévus pour 2050 ne constituent pas déja un effectif  insuportable pour la planète telle que nous l'aimons ? 
      Sur Economie Durable, vous savez que nous pensons que si.

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Pour plus d'information sur  ces sujets :

Taux de CO2 dans l'atmosphère : Les chiffres clefs du CO2
Mécanismes de l'effet de serres : Le site Manicore
De combien nous réchauffe l'effet de serre  ? Un peu de calcul

Science et Vie : numéro 1110,  mars 2010, pages 40 à 64.
Sciences et Avenir : numéro 757, mars 2010, pages 8 à 14.
Pour la Science : numéro 389, mars 2010, pages 22 à 25.

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 15:22

   

         Pour une vie plus écolo au quotidien !

       Cet article s’adresse à ceux qui logent dans une habitation individuelle.

          Ce que vous pouvez faire, de façon simple avec les 10 propositions suivantes, pour améliorer votre vie quotidienne et augmenter votre autonomie.

 


Dans votre jardin :

 

  • Eviter d’effectuer des traitements chimiques (désherbants, ….) et employer des méthodes naturelles pour éloigner les indésirables (coccinelles contre pucerons, papier collant sur les troncs des arbres fruitiers, ….).
  • Installer un bac à compost pour traiter vos déchets végétaux et vos  déchets ménagers (épluchures etc.)
  • Réserver 10% de la surface de votre jardin pour créer une zone sauvage, où vous n’interviendrez pas ou si peu.
  • Rendre votre jardin productif en plantant quelques arbres fruitiers dans la mesure du possible et selon vos goûts des haies de cassissiers ou de framboisiers ; éventuellement prévoyez un carré pour un potager (salades, pommes de terre, poireaux, radis, tomates, etc.).
  • Installer un récupérateur d’eau de pluie, qui vous servira pour vos arrosages.

 

 

Dans votre maison :

 

 

  • Eviter de polluer votre habitation en fumant à l’intérieur. Faites comme au café ou au bureau, allez dehors.

  • Eviter de garer votre voiture dans un espace situé sous la maison ou qui communique avec elle ; même à l’arrêt, votre voiture est source de pollution qui contaminera peu à peu votre habitation.

  • Dans votre cuisine, renouvelez attentivement l’air ambiant, notamment si vous cuisinez au gaz. Utilisez plutôt des casseroles en inox ou en fonte (éviter par précaution celles en aluminium ou avec du téflon).

  • Le soir, en hiver, fermez vos volets et tirez vos rideaux en tissu assez épais : vous éviterez ainsi le phénomène dit de ‘paroi froide’ qui abaisse votre bien-être. Dans la journée, en hiver, laissez entrer le soleil, il vous chauffera. N’hésitez pas à baisser de 2 ou 3° la température de vos chambres, on peut bien dormir à 16°C.

  • Pensez à effectuer quelques travaux d’aménagement peu coûteux ou dont l’amortissement se fait rapidement, en privilégiant d’abord l’isolation de votre maison avant d’envisager de changer de chauffage :

 

-    D’abord, pensez à isoler votre grenier avec un matériau naturel comme la laine de bois ou de chanvre ou éventuellement la ouate de cellulose, en n’hésitant pas à prévoir une épaisseur importante (si possible 30 cm). Vous aurez en prime une maison qui sera moins chaude pendant les pics de chaleur. Si vous n’avez pas de volets, installez-en.

 

-   Dans un second temps, valider la bonne qualité de vos ouvrants et n’hésitez pas à les changer pour des fenêtres très isolantes double ou triple vitrage.

 

-   Les autres travaux comme l’isolation par l’extérieur, l’installation de serres pour faciliter du solaire passif ou d’espaces tampons, ou de nouveaux modes de chauffage à partir d’énergie renouvelable, supposent des travaux importants et donc une vraie réflexion pour repenser votre habitation.

 

 

Par ces gestes, 

Vous augmenterez votre autonomie et votre résilience

 

  • en faisant du compost vous diminuez vos ordures, vous dépendrez moins du système de collecte des ordures ménagères, et vous éviterez d’avoir à acheter des sacs de compost à votre fournisseur pour améliorer la terre de votre jardin,

 

  • en utilisant l’eau de pluie, vous diminuez la consommation d’eau qui vous est facturée et êtes un peu moins dépendant des réseaux d’eau,

 

  • en rendant votre jardin productif, vous aurez des fruits et légumes à disposition ; toujours ça de moins à acheter et une bonne raison pour faire des confitures,

 

  • en limitant vos besoins de chauffage sans amputer votre confort et même en l’améliorant, vous diminuez un peu votre consommation d’énergie, et donc vos factures.

 

Et vous aurez une vie plus saine et plus naturelle:

 

  • sans tabac et sans voiture dans l’espace de la maison, vous respirerez un air moins pollué,

 

  • avec des fruits et légumes de votre jardin non traités chimiquement, vous aurez une nourriture saine à disposition, et vous aurez aussi fait un peu d’exercice physique,

 

  • par ses herbes folles et ses graines, la zone sauvage de votre jardin sera un territoire d’observation pour vos enfants et un havre pour quelques oiseaux.

     


    A vous de jouer !


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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 17:48

 

 

    Avec la réunion de Solaise s’est achevé le 4 février dernier le cycle de conférences Panorama 2010  organisées par  l’IFP * qui propose tous les ans  un ensemble d’interventions autour de notre avenir énergétique. Cette année le thème était :

  
   Quelle ressources en matières premières pour un système énergétique durable ?


    L’impression générale est celle d’un relatif apaisement face aux perspectives de déplétion. Si, bien sûr,  à long terme, nous nous dirigeons  inévitablement vers un épuisement des ressources fossiles (nous sommes dans un monde fini ), Monsieur Olivier Appert, président de l’IFP a mis l’accent sur certains facteurs susceptibles de repousser les échéances et donc d'atténuer les tensions et les difficultés à moyen terme.

 

 

   -  La reprise à un niveau élevé des exportations de pétrole par l’Irak. La production irakienne pourrait remonter et passer de 2,5 millions de barils par jour à 6,5 Mbj ** (sur un total mondial d’environ 85 Mbj).

  
   - La crise économique qui a réduit la pression sur les approvisionnements. Ainsi, la demande de pétrole a baissé pour la première fois depuis le choc de 1979 et la demande de gaz a, pour sa part, connu sa première chute depuis la seconde guerre mondiale.

  -  La mise en production de nombreux gisements gaziers non conventionnels en particulier aux Etats-Unis. Ces réserves appelées shales gaz étaient déjà connues depuis longtemps mais leur exploitation restait délicate.
      Les shales gaz sont stockés dans les roches de façon plus diffuse que les ressources traditionnelles. Leur exploitation nécessite une fracturation différente du substrat et réclame un grand nombre de puits. Ces difficultés techniques sont en voie d’être surmontées. De telles réserves existent peut-être partout où l'on trouve du gaz et  notamment en Russie. Elles pourraient s'avérer considérables et modifier sensiblement le panorama énergétique futur.

 

 
 

    Madame Manoëlle Lepoutre (société Total) a rappelé que la croissance démographique tirait  tendanciellement la consommation énergétique vers le haut.
    Comme M. Appert, elle a souligné l’intérêt et le potentiel probablement très important des shales gaz.
    Elle estime que les énergies d’origine fossiles devraient, dans les années à venir, voir leur poids dans la production d’énergie mondiale passer de 80 à 70 ou 75 %.
    Madame Lepoutre a conclu  sur la nécessité de donner un fort signal prix sur le CO2 si l’on souhaite voir l’ensemble des acteurs, et en particulier la Chine, prendre sérieusement en compte cette question.

 

 

 

    De son coté Monsieur Christophe Béhar (CEA), évoquant les ressources en combustible nucléaire a fait un vibrant plaidoyer pour le développement de la filière nucléaire à neutrons rapides (les surgénérateurs).

   Cette filière parfois qualifiée de quatrième génération (la troisième étant le fameux EPR en cours de construction) permet d’utiliser et même de réutiliser une plus grande partie du combustible nucléaire.

   Cette faculté se traduirait, selon Monsieur Behar, par une multiplication par 100 de la capacité des réserves d’uranium à produire de l’énergie. La déplétion se trouverait ainsi repoussée à un horizon très lointain (on parle de 3 000 ans, mais il est vrai que l’on ignore tout de nos besoins à de telles échéances).

   Enfin, et ce n’est pas le moindre des avantages attendus, l’utilisation plus complète des éléments radioactifs limite sensiblement la production de déchets, notamment de produits tels le Neptunium, le Curium ou l’Américium.

   Astrid sera peut-être Le prochain réacteur expérimental français (après Phénix et Superphénix). Selon M. Behar, qui appelle à sa réalisation, il sera de conception plus sûre que ces prédécesseurs et devrait, si sa fabrication est confirmée, voir le jour peu après 2020.

 


  Enfin, Monsieur Bernard Chaud (société Tereos) a proposé un panorama des ressources de biomasse. M. Chaud a évoqué l’apparition de nouvelles générations de semences  plus productives. La croissance des rendements constitue un facteur clef de  la rentabilité de ces ressources. M. Chaud a par ailleurs minimisé les conséquences écologiques de ces productions que plusieurs auditeurs avaient soulignées.


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Conférences à Paris le 28 janvier 2010 et à Solaise (près de Lyon) le 4 février 2010.


Intervenants  à Solaise et sujets de leurs exposés :


M.Olivier APPERT : Président de l’IFP : Panorama énergétique mondial 2009.


Mme Manoëlle LEPOUTRE : Directrice du développement durable et de l’environnement de Total :  Les ressources en hydrocarbures et le système énergétique du futur.


M. Christophe BEHAR : Directeur de l’énergie nucléaire au CEA : Les ressources en combustibles nucléaires et l’enjeu du recyclage.

M. Bernard CHAUD : Directeur Biocarburants de Tereos : Les ressources en biomasse pour les usages énergétiques.


(*)   IFP : Institut Français du Pétrole
(**) Mbj : Million(s) de barils par jour (un baril = 159 litres).




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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 08:58

Le-Point-Demographie-11-Fevrier-2010.jpg   
    Une fois n'est pas coutume, un grand hebdomadaire ose briser le tabou et fait sa une de la menace démographique.

     Surpopulation générale, urbanisation massive, problèmes alimentaires, pollution, poids des traditions (en Afrique en particulier avec l'exemple du Niger), liens entre natalité et niveau de vie, et entre natalité et éducation, déséquilibre des naissances hommes/femme :  la plupart des grandes questions démographiques sont abordées.

   
   L'article rappelle les quelques  associations tentant de faire prendre conscience de cette question  (l'Optimum Population Trust en Grande Bretagne et Démographie Responsable en France).

    Vous trouverez également un interview du démographe Henry Léridon et quelques propos de Gilles Pison.

   1969             
     Cette préoccupation démographique est rare dans la grande presse qui se plait généralement  à célébrer tous les records de natalité. Toutefois en 1969 l'Express avait évoqué la question en première page dans des termes assez proches : la marée humaine


   L'étude du Point se termine opportunément par un regard plus historique sur l'histoire de l'homme avec un article de Frédéric Léwino intitulé : Comment un petit singe à conquis le monde


   Notez que le même numéro propose également  quelques pages sur la surexploitation du  thon rouge, sujet que nous avions évoqué sur ce site.

____________________________________________________________

Le Point numéro 1952 daté du 11 février 2010.
Pages  52 à 69 pour les articles sur la démographie (textes d'Emilie Lanez, Medhi Benchelah Vanessa Dougnac Frédéric Léwino).  Notez que d'une certaine façon, le Point récidive puisque son directeur Claude Imbert avait, en décembre 2009, titré un éditorial : le tabou démographique.
Pages 70 à 73 pour l'article sur le thon rouge (texte de Frédéric Léwino et Karyn Poupée).



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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 13:22

 

    On accorde volontiers aux écologistes la vertu de se préoccuper des questions de long terme. Il s’agit en réalité moins d’une vertu que d’une nécessité. Agir en matière d’environnement présente peu d’intérêt pour le mois en cours, en offre modérément pour l’année qui vient mais se révèle déterminant pour préparer le siècle prochain.
    Cependant, la marche du temps ne s’arrêtera pas en 2100. Il faut souhaiter à notre planète et à ses habitants un avenir plus lointain. Que sera le monde dans 500, 1000, 10 000 ou 100 000 ans (1) ?


    Question oiseuse ?  Simple plaisir intellectuel ?  Non !


    Certes, le réel résulte d’une combinaison de trop de causes indépendantes pour qu’il soit raisonnable de parier sur le futur d’une société. A lointaine échéance, les meilleurs analystes peuvent prévoir des tendances lourdes, détecter des facteurs dominants mais il est délicat de prévoir leurs interactions mutuelles aussi bien que leurs imbrications avec des éléments factuels par nature imprévisibles. Souvent, les meilleurs analystes doivent au hasard le privilège de l’exactitude et la chance reste une qualité primordiale pour un futurologue.

    Malgré cette impuissance à la divination, envisager le long terme conserve tout son intérêt. C’est une démarche qui pousse à distinguer l’essentiel de l’accessoire. Elle conduit en cela à réfléchir à l’importance des enjeux et donc aux priorités temporelles et quantitatives de l’action.


Un exemple : Climat et biodiversité.


    Le risque de réchauffement climatique et le recul de la biodiversité font la une des débats. Quelle est la plus grave de ces deux menaces ? Où doivent d’abord porter nos efforts ? Une réflexion à longue échéance peut nous guider.

   Le gaz carbonique, principal responsable du risque de réchauffement, persiste dans l’atmosphère un peu plus d’un siècle (2). Compte tenu de ce délai et du montant des réserves d’énergies fossiles qu’il nous reste à consommer(3), compte tenu enfin de l’inertie des mécanismes climatiques (liée en particulier à la chaleur stockée dans les océans), il est raisonnable de considérer que dans mille ans, deux mille ans au plus, tout sera rentré dans l’ordre. L’atmosphère aura retrouvé sa composition initiale et le climat sera de nouveau soumis à ses déterminants naturels. Notons d’ailleurs qu’à ces échéances, (ou plus tard), nous pourrions nous trouver menacés par le retour d’une période glaciaire (4).
   Coté biodiversité, la perspective est différente. Si nous éliminons complètement la mégafaune, sa reconstitution équilibrée avec proies et prédateurs pourrait prendre des centaines de milliers voir des millions d’années. On ne " fabrique " pas tigres, lions, orques et ours polaires ou leurs équivalents du jour au lendemain (5). L’élaboration d’espèces nouvelles est longue ; elle réclame des délais sans commune mesure avec le rythme de nos sociétés ; elle suppose de laisser longtemps la sélection naturelle faire son travail, loin de l’action perturbatrice des hommes. Sur de telles durées, ce sont plusieurs enchaînements climatiques (périodes glaciaires / interglaciaires) qui auront eu le temps de se dérouler, soumettant, selon des cycles tout à fait naturels, les hommes et leurs civilisations à des écarts de températures comparables à ceux dont nous menace le fameux " réchauffement climatique d’origine anthropique ".

    Sous cet angle, alors la protection de la biodiversité constitue la priorité. Sa disparition engage la planète pour très longtemps.
    Si nous ne faisons rien pour le climat, dans un ou deux millénaires, nous reviendrons à la situation pré-industrielle, mais si nous ne faisons rien pour la faune, nous attendrons mille fois plus longtemps avant le retour à l’équilibre. Ce sont là des délais vertigineux sur lesquels l’humanité ne peut prendre aucun engagement, n’assurer aucune promesse. C’est une pente sur laquelle il serait imprudent de se laisser entraîner. Par définition, le " temps de réparation " est du même ordre de grandeur que celui de la vie des espèces, de la nôtre par exemple. Sous cet angle c’est donc à la protection de la biodiversité que nous devons donner la priorité (6).

 

La démographie


    C’est pour les même raisons, que nous militons ici pour une rapide maîtrise de nos effectifs, même si les durées en cause sont beaucoup plus courtes que celles évoquées précédemment.

    La pression démographique constitue une cause essentielle de la dégradation de l’environnement ! Pollution accrue et réduction drastique des espaces disponibles pour la faune et la flore menacent l’avenir et la beauté de notre planète.

    Il est important, bien entendu, de lutter contre ces fléaux en changeant aussi notre mode de vie, mais cela peut être fait en quelques décennies, la raréfaction progressive puis la fin des énergies fossiles devrait d’ailleurs involontairement participer à l’évolution de nos comportements.


   A l’inverse les mécanismes démographiques souffrent (ou bénéficient) d’une inertie beaucoup plus forte. Les hommes vivent longtemps et surtout, toute naissance ouvre elle-même la voie à une descendance.

   Les effectifs de l’humanité sont quasiment acquis pour les 40 ans à venir : Nous serons environ 9 milliards en 2050. Si nous voulons éviter que ce mouvement de croissance ne se poursuive au-delà, c’est dès maintenant qu’il faut agir. Tout conducteur sait qu’on freine d’autant mieux qu’on freine plus tôt.
    Si dans les années 2040 - 2050 nous n’avons pas stoppé la croissance de la population mondiale, alors nous préparons une fin de siècle difficile où la pression démographique viendra constamment contrecarrer et même anéantir les efforts écologiques consentis par ailleurs. Polluer deux fois moins par personne ne sert à rien si nous acceptons d’être deux fois plus nombreux.  Même frugaux, plus nombreux, nous consommerons plus d’espace.


    Là encore, c’est la prise en compte du temps, le recul et la réflexion sur le long terme qui constitueront nos meilleurs guides. Il ne sert à rien d’améliorer quelque peu demain si, de ce fait même, après demain doit être effroyable.

___________________________________________________________
 

(1) On pourrait aller au-delà et envisager des perspectives encore plus lointaines, mais ce serait là s’engager sur des inconnus toujours plus grand. N’oublions pas cependant que pour une planète, les millions d’années ne sont rien. Pour la Terre en tant que bloc rocheux, sur le plan matériel comme sur le plan temporel, l’existence de l’humanité n’est qu’un épiphénomène. " Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui " rappelle Claude Lévi-Strauss dans les dernières pages de Tristes Tropiques.

 
(2) Contre 10 ans seulement pour une molécule de méthane. Après ce délai la moitié des molécules se sont combinées avec l’oxygène de l’air pour former du CO2.

 

(3) Car ne nous faisons pas d’illusions, nous allons tout brûler, même les importantes réserves de charbon (aujourd’hui estimées entre 150 et 250 fois le niveau des consommations annuelles). Il est probable que les différentes mesures de restrictions mises en œuvre ne joueront qu’à la marge, réduisant seulement la vitesse d’épuisement des gisements et non le résultat final.

 

(4)  Pour mémoire notre planète connaît depuis quatre cent mille ans au moins une succession de cycles d’environ 100 000 ans comprenant 80 000 ans de période glaciaire et 20 000 ans d’interglaciaire. La civilisation est née au cours de ce dernier âge interglaciaire qui se poursuit encore aujourd’hui et devrait durer quelques milliers d’années. Une période glaciaire " classique ", revient à ensevelir la plupart des pays aujourd’hui développés sous une couche de plusieurs centaine de mètres de glace. Donc si le réchauffement est à la mode, n’oublions pas qu’une glaciation représenterait pour notre civilisation une remise en cause encore plus radicale. Pour plus d’information voir  le lien suivant :

http://www.manicore.com/documentation/serre/passe.html

 

(5) Admettons cependant que, si nous ne l’éliminons pas complètement, la reconstitution de la mégafaune pourrait être beaucoup plus rapide; encore faut-il que les effectifs des principales espèces ne tombent pas sous un seuil qui les condamne irrémédiablement.

 

 

 

 


(6) Sauf si toutefois le changement climatique par effet de seuil ou suite à un autre problème environnemental apportait un changement tellement radical qu’il conduirait à l’extinction de toute vie (ou de la majorité de la vie) sur la planète. Auquel cas, bien entendu, conclusions de court ou de long terme se rejoindraient. Ceci n’est pas absolument exclu.

 


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