Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 20:10

 

    Il y a eu les nouveaux philosophes, il y a les nouveaux écologistes. Des gens qui pensent que l’écologie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux écologistes et s’invitent au débat. Economistes ou politologues, ils ont compris que la question écologique est et restera une problématique majeure dans le siècle. Ils sont pour une écologie raisonnable, rationnelle et positive. Ils veulent une écologie gestionnaire et efficace, et ils n’hésitent pas à critiquer voire à brocarder ces vieux écologistes indécrottables issus de la contre-culture, souvent passionnés de végétarisme et de décroissance. Pour un peu, ils les accuseraient d’avoir transformé l’écologie en un truc tellement indigeste que les écolos seraient un peu responsables du retard de nos sociétés à s’engager dans une logique de développement durable.

 


    Les nouveaux écologistes, ce n’est pas une école, pas même un cercle de réflexion, juste une galaxie d’intervenants partageant une même culture économique et politique raisonnable. Et optimiste. Ceux-ci ont bien compris qu’une croissance matérielle infinie pose problème dans un monde fini, mais ils savent aussi que la science et la technologie sont là pour repousser les limites ; ils savent bien que l’histoire depuis 120 ans a continûment donné tort à Malthus et que l’homme moderne a plus d’un tour dans son sac pour contourner les contraintes physiques et sociales. Faire voler le plus-lourd-que-l’air ? Nous savons. Aller sur la Lune ? Nous savons. Faire de l’ingénierie sociale ? Nous savons. Gérer le trou d’ozone ? Nous savons. Quand nous voulons, nous pouvons.

 


    Alors, ils sont bien d’accord pour remercier les écologistes d’avoir attiré l’attention du monde sur les limites de la planète, pour citer René Dumont à l’occasion(1), oui là-dessus ils sont d’accord, les nouveaux écologistes. Mais pas question d’aller plus loin, pas question de rentrer dans une logique de privation, ou pire encore de cautionner les discours catastrophiques qui ne pourraient que remettre en cause le fragile équilibre politique de nos démocraties et ouvrir la porte à on ne sait quelles aventures.


    Pour les nouveaux écologistes, l’urgence c’est de mettre le paquet sur la voiture électrique, sur le ferroutage et sur le solaire photovoltaïque ou l’éolien, sans oublier pour beaucoup d’entre eux le nucléaire.


    Leur idée de l’avenir : des déplacements en voitures ‘propres’ et en avions efficients, des habitats à énergie positive, une circulation des marchandises construites autour d’un réseau ferré intelligent et de lignes maritimes calculées, une place majeure faite à la recherche et développement ; leur idée du présent : un formidable défi à relever, avec des secteurs économiques entiers à inventer ou à reconstruire, un peu comme après une guerre. En un mot, derrière le greenbusiness, il y a de nouvelles Trente Glorieuses qui se profilent.

 
    Ils ? Entendez Jean-Paul Fitoussi dénonçant ‘l’extrême écologique’(2), Christophe Barbier conseillant à Europe Ecologie d’abandonner leurs débats sur la croissance et défendant l’avenir politique d’une écologie positive(3), Philippe Jurgensen promouvant ‘l’économie verte’(4), Yves Thréard vent debout ‘contre une écologie pénalisante, négative, à l'image de la taxe carbone’(5), ou Jacques Marseille qui ne voit, dans les prémices d’un Etat écologique symbolisés par la taxe carbone, que la simple continuation de l’hyper-état français, bien peu sensible à la faible capacité d’arbitrage de ses citoyens(6).

     Et peut-être peut-on aussi joindre à ces optimistes(7) que sont ces nouveaux écologistes ceux qui comme Philippe Frémeaux(8) ou Hervé Le Bras considèrent sans inquiétude majeure l’augmentation prévisible de la population mondiale à 9 milliards en 2050, en insistant sur la tendance à la baisse du nombre d’enfants par femme ? Ils défendent l’idée que l’alphabétisation des jeunes filles, le travail des femmes et un mode de vie plus urbain accentueront cette tendance : ainsi pourrions-nous échapper à toute nécessité d’une décroissance volontariste de notre démographie, si difficile à aborder dans nos sociétés marquées à la fois par l’injonction de croissance portée par les religions dominantes, par la politique nazie d’extermination mise en œuvre au siècle dernier, et par le refus de pouvoirs dictatoriaux comme l’est l’Etat chinois qui seul a osé promouvoir une politique autoritaire de contrôle des naissances.

      Néanmoins les faits sont têtus.

    Nous vivons dans un monde de plus en plus pollué par les gaz d’échappement de nos véhicules, les fumées de nos usines, les produits qui nous environnent au quotidien et la nourriture que nous absorbons, et nous commençons seulement à en voir les conséquences à travers la multiplication des allergies et des cancers, comme le dénonce le Professeur Belpomme qui nous somme d’agir ‘avant qu’il ne soit trop tard’ (9).

  
    Nous vivons dans un monde où la biodiversité régresse formidablement, et cette régression handicape notre avenir.


    Nous vivons dans un monde rongé par les tensions au sein des pays développés, avec des écarts qui s’accroissent si fortement entre riches et pauvres qu’ils bloquent l’établissement d’un vrai consensus. Et par des rancœurs et des tensions si profondes entre pays développés et pays pauvres ou émergents que tout effort partagé pour gérer notre planète est saboté par la prise en compte d’intérêts immédiats, dans un enchaînement impossible à rompre d’externalités négatives (10).

 

    Nous vivons dans une société sans consensus où seule la croissance matérielle sert de ciment dans la logique mortifère d’un toujours plus sans cesse revendiqué.

 

     Nous vivons dans un monde où nous nous croyons tout puissants car nous avons su faire voler des avions, aller sur la Lune et garantir un minimum de droits pour tous. Mais nous n’avons pas vu que tout cela n’a été possible que grâce à l’emploi de ce concentré d’énergie formidable qu’est le pétrole(11). Ce pétrole qui permet de s’affranchir des lois de la pesanteur, ce pétrole qui a remplacé la force physique de l’homme par les machines et permis de nous donner du temps pour apprendre, se cultiver, se distraire, se reposer, se soigner et inventer des objets que nos plus beaux contes n’avaient osé imaginer. Certes nous avons fait preuve d’intelligence, de sens du progrès et d’adaptation pour capter, maîtriser, utiliser cette énergie extraite des entrailles de la Terre, mais sans pétrole et sans énergie fossile nous ne sommes pas si puissants que nous voulons le croire.

 

    Or nous touchons dans un même temps aux limites de la capacité de la Terre à absorber les gaz à effets de serre provenant de la combustion des énergies fossiles et aux limites des réserves de ces mêmes énergies.

 

    Or nous vivons aujourd’hui dans un monde sans gouvernance efficace, avec une population mondiale croissante qui souhaite ardemment vivre sur le modèle occidental, et la Terre ne peut nous offrir les moyens de vivre à 9 milliards comme des américains, ni même comme des européens.

 

    Concrètement nous n’avons plus les moyens d’une croissance verte. Ce qui aurait été imaginable dans les années 70 du siècle dernier, juste après la première grande prise de conscience écologique, dans un monde à 4 milliards d’habitants, ne l’est plus aujourd’hui(12).

 

    Aujourd’hui, il nous reste à inventer et à mettre en place dans nos sociétés riches d’Occident un modèle de vie incroyablement économe par rapport au modèle actuel.

 

    Si nous avons pour objectif de diviser par 5 nos rejets de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, cela suppose une réduction de 4 % par an, sans oublier que dans ce domaine aussi la théorie des rendements décroissants s’applique. En clair, les gains de 4 % de la décennie 2040 seront bien plus difficiles à obtenir que les premiers gains. Une approche sérieuse voudrait donc que nous tentions une réduction supérieure à 4% les premières années.

 

    Il y a une autre raison pour agir vite et fort.

 

    Si c’est le modèle occidental qui sert de référence, alors il est urgent que nous mettions au plus vite en scène un modèle de vie basé sur la sobriété pour avoir une petite chance d’entraîner les déjà 3 milliards d’hommes qui veulent vivre demain comme le milliard que nous sommes. S’il faut frapper fort, alors il ne faut pas hésiter à abandonner dés demain ce qui ne nous est pas strictement nécessaire. Le transport aérien de marchandises ? Les voyages d’agrément d’un coup d’aile ? Les plats cuisinés pour lesquels nous dépensons 70 calories pour une seule ingérée ? Des centaines d’euros de jouets par enfant quand nos grands-parents se contentaient d’un seul, sinon d’une orange ?

    Il y a un recentrage à opérer sur les choses importantes, la nourriture qui doit être bonne et exempte de produits toxiques, le logement qui doit offrir un cadre de vie sain et agréable, le travail qui doit s’effectuer de manière conviviale, le temps nécessaire pour se parler et vivre ensemble, pour construire des rêves. Ce modèle de vie n’est pas compatible, il faut le dire, avec un environnement économique qui nous pousse à détruire des véhicules âgés de 8 ans au nom d’éco-bonus, dans une logique de fonctionnement toujours basée sur des flux croissants(13).

 

    Et ce n’est pas tout. Il nous revient aussi d’inaugurer dans un cadre démocratique la problématique d’une décroissance démographique. Nos pays d’Occident sont rarement autosuffisants sur un plan alimentaire et nous devons penser à laisser la place nécessaire pour les énergies non fossiles et pour ce que nous appelons les espaces utiles au maintien des équilibres naturels (zones sauvages, forêts, etc..). Si nous voulons vivre bien, en évitant par exemple d’avoir à choisir entre se nourrir et se déplacer comme on l’a vu lors du débat sur les agro-carburants, alors nous devons envisager d’être moins nombreux. Là encore, la puissance du pétrole nous a trompés en autorisant une agriculture intensive impossible à maintenir dans la durée.


    Cette décroissance volontaire peut nous heurter ; elle pose le problème de l’ingérence du pouvoir, même démocratique, dans l’intimité du noyau familial(14) et nous y sommes d’autant plus sensibles que cela touche à notre pouvoir de procréation(15). Faut-il envisager une interdiction de dépasser un certain nombre d’enfants ? Permettre d’acquérir ou d’échanger un droit à enfanter, sur le modèle des droits à polluer dans une logique de marchandisation de la vie ? Jouer simplement sur les allocations familiales, comme le propose Yves Cochet ? Observons qu’aujourd’hui, nous avons mis en place un système qui ne fait pas payer aux familles le vrai coût d’un enfant ; autrement dit les pouvoirs publics s’ingèrent dans le choix des parents en faisant prendre en charge par la collectivité une grande partie des coûts liés à l’enfant, qui est en quelque sorte subventionné : enseignement gratuit, crèches et repas scolaires à prix réduits, application du mécanisme du quotient familial dans le calcul de l'impôt sur le revenu.


     Cette décroissance démographique, peut non seulement nous prendre à contre-pied et renverser des habitudes pluri-millénaires, mais pose d’innombrables problèmes. Jusqu’ici nous n’avons pas pensé une société où nous serions moins : alors comment faire ? Comment gérer la transition démographique, avec beaucoup de personnes âgées et peu de jeunes ? Comment gérer les retraites ? Que faire des enseignants en surnombre ? Il y a beaucoup de questions à défricher et les réponses apportées seront aussi utiles aux pays hors Occident. Comment imaginer que le Bengladesh qui prévoit 250 millions d’habitants ne soit pas intéressé pour savoir comment ajuster sa population à des ressources durables ? Ou l’Inde ? Et tant d’autres…

 

 

    Il y a les nouveaux écologistes, il y a la réalité. Il ne s’agit pas d’être catastrophiste. Il ne s’agit pas d’être irréaliste. Il s’agit simplement de prendre les problèmes à bras le corps, sans démagogie, sans se raconter d’histoire. En ayant conscience des extrêmes tensions qui traversent un monde qui a été occupé, colonisé et fasciné par l’Occident. Et qui veut sa part du gâteau, comme disent les enfants. Alors il nous reste, vite, très vite, ici et maintenant, à mettre en scène un modèle de vie le plus sobre possible, le plus joyeux possible, le plus désirable possible(16), dans une geste si fortement formidable que nous serons amenés à nous dépasser vraiment. Si nous voulons survivre … et vivre(17) !

 


________________________________________________________________________________________________

 

(1) René Dumont a été le premier candidat écologiste à la Présidence de la République en 1974.

(2) in Du grain à moudre, France-Culture le 05.01.2010

(3) in C dans l’air, jeudi 3 décembre 2009 Copenhague : plutôt verts que morts !

(4) in L’Economie verte  paru en février 2009 aux éditions Odile Jacob.

(5) in Le figaro du 30.12.2009 ‘Sarkozy et le poison écologiste’

(6) in C dans l’air, 05.01.2010 La taxe carbone revient !

(7) Un bel exemple d’optimisme donné par Jean-Louis Caccomo, professeur à l'université de Perpignan in Les externalités, le marché et l’Etat : ‘Si la dynamique de croissance a pu, malgré tout, perdurer dans les pays développés, c’est que l’on est en droit de penser que les effets externes positifs ont été de nature à dégager les ressources permettant de compenser les effets externes négatifs. … la croissance a survécu au charbon, comme elle survivra sans doute au pétrole. Source : http://libertariens.chez-alice.fr/exters.htm

(8) Directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques, pourtant défenseur de la taxe carbone et familier des thèses écolos depuis des années. Voir sa position sur la démographie, très proche de celle d’Hervé Le Bras, exprimée in C dans l’air, 21 décembre 2009 Copenhague se moque du monde

(9) Avant qu’il ne soit trop tard, professeur Dominique Belpomme, Fayard, février 2007

(10) Sur ce sujet, voir notamment Joseph E. Stiglitz, Principes d’économie moderne, de Boeck Université, Bruxelles, 2003.

(11) Sur ce sujet, voir notamment Le plein s’il vous plaît J-M Jancovici et A Grandjean, Le Seuil, février 2006.

(12) Voir sur le même theme Stern: Rich nations will have to forget about growth to stop climate change in Guardian Friday 11 September 2009 ; ou Un futur désirable sans croissance est possible, mais... Jean Gadrey, professeur d’économie à l’Université de Lille, in Entropia, octobre 2009.

(13) Voir les développements de Cédric Lagandré sur ce même sujet. Il a publié récemment L’actualité pure : essai sur le temps paralysé aux PUF 10/2009 et La société intégrale chez Flammarion 09/2009.

(14) Ce point est bien souligné par Philippe Frémeaux in C dans l’air, 21 décembre 2009, précité.

(15) A contrario l’obligation de certaines vaccinations, qui disent tout de même que notre corps ne nous appartient pas complètement, ne nous choquent plus vraiment.

(16) Même Paul Aries, promoteur parfois un peu austère du thème de la décroissance, insiste désormais sur l’importance de rendre celle-ci désirable, voir Rendre la décroissance désirable interview à Libération en date du 02.05.2009

(17) En référence à la revue du même nom disparue dans les années 70, et au groupe éponyme constitué autour de Pierre Samuel.



Repost 0
Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Actualités
commenter cet article
8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 10:03

 

 

    Quand l’horizon s’assombrit, quand le vent se lève et que grossit la houle, le marin réduit les voiles. Dans la tempête, c’est folie de vouloir tenir les délais et conserver le cap.


    On ne combat pas l’ouragan, on s’y adapte. Face à lui,  de nouvelles règles s'imposent : on présente son meilleur bord, on se fait modeste.

  
     Les tempêtes qui menacent l’homme et la nature pour ce 21ème siècle sont d’une toute autre ampleur que celles que peuvent connaître les océans. Disparitions accélérée des espèces, effondrement de la pêche, épuisement des réserves d’énergie fossile, recul des forêts… Et toujours plus d’hommes à faire vivre !

   Or, face à cet ouragan, que proposent les capitaines Attali, les commandants Allègre ? Continuons, forçons la croissance, faisons plus de recherche, donnons nous  plus encore de pouvoir sur la nature.
    En un mot, faisons exactement ce qui nous a conduit jusque là, mais poussons le à son paroxysme.
Comme si par miracle, un Dieu bienveillant allait changer les règles du jeu. Comme si par miracle ce qui nous a conduit au bord du désastre allait soudainement nous en sauver.

  
    Etrange pari ! Permettez-moi de ne pas y souscrire.

    Mauvais marins ! Mauvais Terriens !

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Billets d'humeur
commenter cet article
5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 18:58

 

 

      Il y a des périodes difficiles, échec de Copenhague, retoquage de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, où il est possible pour un pouvoir de se dire que l’écologie qu’il entend pratiquer ne manque ni d’adversaires ni d’objecteurs qui estiment qu’il y a mieux et plus urgent à faire. 
     Au-delà des difficultés de politique internationale ou d’ordre juridique, c’est une ambiance aussi qui s’installe : c’est par exemple l’éditorialiste du Figaro Yves Thréard qui parle de ‘Sarkozy et du poison écologiste*’, qui s’insurge ‘contre l’usage abusif de l’écologie’ et proteste ‘contre une écologie pénalisante, négative, à l'image de la taxe carbone’, lui encore qui considère comme ‘coupable le retard pris par les gouvernements pour encourager les constructeurs à développer des voitures électriques fiables et peu chères’ en croyant mordicus aux vertus de la R&D et de l’investissement sans se préoccuper des inévitables contingences matérielles**.

 

      Bref, c’est difficile de tracer un chemin qui dessinerait une sortie de crise un tout petit peu moins incompatible avec le respect de la planète, sans désavantager l’économie nationale avec des contraintes non partagées par nos voisins. Sarkozy n’est pas Staline et l’époque ne se prête pas si aisément à une expérience écologique dans un seul pays ***…

 

      Mais il est au moins un domaine où il est possible d’agir : c’est celui de la consommation et surtout de l’éco-habitat. Là, la concurrence internationale ne joue pas réellement et les accords de l’OMC ne nous empêchent pas d’agir.
      Rien ne s’oppose à ce que la sortie de crise ne se traduise et ne se construise par un investissement massif des français dans l’amélioration écologique de leur habitat : en isolant les logements avec des produits bio comme la laine de bois ou de chanvre et des fenêtres de haute qualité à double ou triple vitrage, nous offrons notamment des débouchés à notre agriculture et du travail dans le secteur du bâtiment tout en limitant notre dépendance énergétique et en augmentant à terme la résilience des ménages par une plus grande autonomie.
       Alors et dans ce cadre, comment comprendre cette diminution de 40% des aides fiscales en matière de fenêtres isolantes (qui correspond concrètement à un passage de 25 à 15 % du crédit d’impôt) à partir du 1er janvier 2010 ?

 

      Tout se passe comme si, au-delà des discours, ce nouveau monde plus écolo n’arrivait pas à briser la coquille du vieux monde dispendieux des ressources de la planète.
      Nous avons mis des milliards d’euros pour sauver l’industrie automobile à travers le financement du chômage partiel, les aides publiques aux investissements en matière de R&D, ou encore les aides à la consommation de voitures thermiques****, et nous ne voyons dans les aides fiscales à l’amélioration écologique de l’habitat et aux négawatts que des niches fiscales à combattre.

 

      Si la droite au pouvoir en France veut un avenir avec l’écologie, alors il est nécessaire de revenir sur cette mesure, et plus fortement d’imaginer une sortie de crise qui s’appuie plus clairement sur le développement écologique des secteurs du bâtiment et de la production agricole, tous deux futurs gros consommateurs de main d’œuvre et dont les marges de progression écologiques sont immenses. Chiche, Monsieur le Président ?

 

 

 

 

 

* In Le Figaro du 30 décembre 2009

 

** Il y a une illusion avec la voiture électrique, qui renvoie au rêve d’un monde à la fois écologiquement clean et assez proche du notre où une grande proportion d’entre nous se déplace beaucoup à coût peu élevé ; or la solution de la voiture électrique pour tous les pays ne pourra pas remplacer la voiture thermique essence ou diesel actuelle, car notre Terre n’a pas assez de ressources ni pour supporter la fabrication d’un milliard de voitures (ce qui correspond à seulement 1 voiture pour 8 habitants à l’horizon 2025, chiffre bien éloigné des standards occidentaux), ni pour les alimenter en énergie renouvelable. Rappelons simplement que l’électricité n’est pas une source d'énergie et que nos centrales électriques sont majoritairement dans le monde alimentées par des énergies fossiles comme le pétrole ou le charbon ; sur ce thème, voir notamment J-M Jancovici - A Grandjean in Le plein s’il vous plaît.

 

*** Allusion au débat après la révolution soviétique sur le socialisme dans un seul pays.

 

**** Qui se sont traduites par une augmentation de 10,7 % des ventes de voitures en 2009 en France, voitures qui rejetteront chacune, bien que bardées d’un bonus écologique, au moins 15 tonnes de CO2 dans l’atmosphère dans les années qui viennent.

Repost 0
Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Société
commenter cet article
1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 08:17

       
        Evaluation de nos effectifs au 1er janvier 2010.


Source                     En 2010            En 2009             Croissance  
                                 (en millions)    (en millions)  (en millions)    (en %)

INED                            6 866              6 788              78          +   1,15 %
Population data.net      6 833              6 750              83          +   1,23 %
Worldometers              6 816              6 738              78          +   1,16 %
US Census Bureau      6 794                          (non relevé)
OPT                              6 889                          (non relevé)
Terriens.com                6 831                          (non relevé)

Moyenne :                   6 838              6 759              79          +  1,17 %
(sur les trois premières sources)

   Au 1er janvier 2010 à 0 h nous  étions donc presque  80 millions de plus que l'an dernier (en moyenne pour les données disponibles).

   Si le taux de croissance de l'humanité continue de diminuer très légèrement, sa croissance absolue, qui avait marqué une certaine baisse est repartie à la hausse.

   Selon le US Census Bureau (sorte d'INED américain qui gère l'International Data Base, une base   très complète), nous avions atteint une croissance annuelle de plus 87 millions en 1987 pour revenir  à une augmentation de  76 millions par an en 2002.
    Notez que cet établissement prévoit pour cette  année et les années à venir une croissance légèrement inférieure aux 79 millions ici indiqués. 


    Cette croissance correspond à  l'ajout quotidien de 215 000 hommes sur Terre:  résultat du solde journalier d'environ  365 000  naissances et 150 000 décès.
    Si nous retenons une densité  comparable à celle de la France métropolitaine (115 habitants par kilomètre carré environ), ce sont plus de  1 850 kilomètres carrés qui, chaque jou,r se trouvent nouvellement peuplés.

     En 10 jours seulement, c'est l'équivalent d'une ville comme Paris qui s'additionne à nos effectifs.


    Notons que " l'année démographique " a été marquée par le passage du seuil du milliard d'habitants sur le continent africain.

     Enfin, c'est  en 2012 que sera franchi le cap des 7 milliards, celui  des 6 milliards avait été atteint  en 1999.
     Il avait fallu à l'humanité environ 10 000 ans (*) pour atteindre le premier milliard et un peu plus de 100 ans pour passer de un à deux milliards.
      Aujourd'hui, c'est tous les 13 ans que nous "gagnons"  un milliard d'habitants  !
 ________________________________________________________________ 

(*) En prenant la révolution néolithique comme point de départ de l'humanité "moderne".


-    L'estimation de Terriens. com est reprise par l'association Démographie Responsable.
- L' OPT, c'est à dire l' Optimum Population Trust, est une association britannique qui lutte pour une démographie plus raisonnable.

   Parmi les sources retenues, seuls l'INED et l'US Census Bureau (International Data Base) peuvent être considérés comme de véritables professionels de la statistique démographique, les autres ne sont que des diffuseurs. Leurs estimations sont-elles plus exactes ? Difficile à dire. Pour les pays qui ne sont pas les leurs, même ces deux organismes ne font (en partie, parce qu'ils conduisent aussi des recherches sur le reste du monde) que transcrire l'information d'instituts nationaux.

   Globalement les démographes estiment que la population mondiale est connue dans une fourchette de 100 millions. En arrondissant, nous serions donc  entre 6,8 et 6,9 milliards en ce jour de nouvel an 2010.

Pour l'année précédente et  trois années suivantes voir :

La population mondiale au 1er janvier 2009

La population mondiale au 1er janvier 2011

La population mondiale au 1er janvier 2012

La population mondiale au 1er janvier 2013

Voir également pour un point plus général :

Les chiffres clefs de la population

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Démographie
commenter cet article
30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 21:17


             Sous le titre les promesses des énergies renouvelables, le mensuel La RECHERCHE publie dans son numéro daté de décembre 2009 un dossier complet sur les énergies renouvelables : 
               
            Eolien, Solaire, Géothermie, Biomasse, Hydraulique, vous saurez tout de l'état actuel des techniques comme sur les ordres de grandeurs de la production.  
           C'est l'occasion de faire le point sur les espoirs soulevés et les  difficultés générées par ces énergies qui ne sont pas nouvelles puisqu'elles ont longtemps été les seules dont disposaient les hommes. 

   
           La Recherche, décembre 2009, numéro 436, pages 38 à 53.
            Principaux auteurs : Franck Daninos, Jean-Philippe Braly, Jacques-Olivier Baruch, ainsi qu'un  un entretien avec Arthouros Zervos par Yves Sciama.


Repost 0
Published by Didier BARTHES. - dans Revue de presse
commenter cet article
21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 18:45

 

 

    Cela fait des années qu’en France nous parlons d’environnement, du droit à l’environnement, d’un ministère de l’environnement. Et face à l’aveuglement de ceux qui ne veulent pas voir les impasses auxquelles nous mène une politique du toujours plus assise sur la consommation matérielle, il est tentant de s’y rallier.

 


   Et pourtant, c’est parce que notre société perçoit l’homme au centre de toute chose, perçoit l’homme comme supérieur à toutes les espèces vivantes, comme radicalement différent du reste du vivant (1), que nous nous permettons d’utiliser le monde à notre convenance, à ne voir dans les éléments qui composent le biotope dans lequel nous vivons que des ressources dans lequel nous pouvons puiser à volonté.

 

 
    Paradoxe : dans un monde occidental où la faim a disparu, nous ne voyons dans le faisan qui s’envole ou la vache qui broute dans un pré qu’un morceau à manger ou une valeur monétaire, nous ne voyons plus la vie qui bat ; nous ne voyons dans la terre qu’un grand frigo où piocher pour ensuite aller regarder des films animaliers sur nos écrans, installés bien au chaud dans nos agglomérations hors sol ; c’est au moment où nous avons le plus les moyens de ne pas avoir une vision utilitariste du monde, le plus les moyens intellectuels et techniques de développer avec les espèces qui nous entourent des rapports harmonieux, que nous ne voyons dans le monde que des ressources propres à alimenter les chaudières sans fin de nos sociétés.

 


   Tant que nous percevrons le monde comme quelque chose qui nous environne, comme une fonction qui regarde vers l’homme (2), alors nous nous interdirons de penser l’homme comme un élément parmi d’autres dans un biotope complexe, de penser l’homme comme une espèce dont la maîtrise technique qu’elle a acquise l’oblige à respecter la vie, à sentir la beauté du monde, à appréhender la subtilité du vivant.


   Tant que nous ne parlerons que d’environnement, nous écraserons la nature ou au mieux nous planifierons son épuisement.
    Est-ce ainsi que nous voulons vivre, entourés seulement de semblables et de ressources ?

 

 

   Cela fait aussi deux ans désormais qu’en France tout ce qui se fait en matière de politique écologique s’affiche sous la bannière d’un Grenelle de l’environnement, ainsi nommé car il fût élaboré au moyen d’une vaste confrontation entre ONG, pouvoirs publics et acteurs sociaux. Mais pouvait-on plus mal nommer ce qui allait constituer la politique écologique de la France ?

 


    Car enfin, qui a oublié que les historiques Accords de Grenelle ont scellé la fin de la part la plus riche de la révolte de Mai 68, celle qui voulait la qualité de la vie plus que la quantité, celle qui refusait la société de consommation en proclamant ‘qu’on ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance’ ?! Qui a oublié que ces accords ont contribué à étouffer cette pulsion de vie qui charmait tant Maurice Clavel (3), que ces accords ont misérablement échangé cette demande de vie et cette joie irrévérentieuse qui l'accompagnait contre une augmentation de pouvoir d’achat, avec la bénédiction de tous les productivistes, pompidoliens ou communistes ?

 


    Historiquement, les Accords de Grenelle, c’est le pouvoir d’achat, la TV, la bagnole comme on disait alors,  c’est le choix de la consommation contre la vie … Alors afficher la politique écologique de la France et proclamer la nécessité de changer de modèle, avec un nom pareil, avouons que c’est farce ! Plus sérieusement, que signifie ce lapsus ? Juste une erreur liée à une méconnaissance ? Ne traduit-il pas plutôt les ambiguités de la démarche entreprise, avec ses vraies-fausses solutions aussi emblématiques que la voiture électrique (4) ?


   Mais après tout, Grenelle et Environnement vont bien ensemble ; si nous n'y prenons pas garde, ils peuvent se conjuguer  pour construire une société de gaspillage et de domination un peu durable, mais si triste.


 

 (1) Il y a par exemple énoncé dans notre droit une summa divisio entre les hommes et les choses: un arbre, un chien , une baleine est une chose au même titre qu'un livre, une table ou un programme informatique. A contrario, relison Jack London !

(2) Cédric Lagandré développe aussi ce thème. Il a publié récemment L’actualité pure : essai sur le temps paralysé aux PUF 10/2009 et La société intégrale chez Flammarion 09/2009.

(3) Voir notamment son fim présenté le 13 décembre 1971 dans l'émission "A armes égales", émission qu'il quittera après avoir lancé un célèbre "Messieurs les censeurs Bonsoir", refusant de voir ledit film censuré. Voir également ses chroniques hebdomadaires publiées dans le Nouvel Observateur après Mai 68, ou revient souvent le thème du "soulèvement de vie"  d'une jeunesse lasse de la société de consommation.

(4) La voiture électrique est représentative de ces solutions illusoires; rappelons que dans le monde l'électricité est majoritairement produite à partir d'énergie fossile.

 

 

.

Repost 0
Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Actualités
commenter cet article
19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:47


    Ce mot de Blum au lendemain de la victoire du Front Populaire me vient naturellement à l’esprit à propos du sommet de Copenhague.

    Douze ans après Kyoto, Copenhague, c’est d’abord une victoire. Victoire de la reconnaissance de l’urgence écologique avec une mobilisation sans précédent des sphères politiques et civiles. Et cette mauvaise conscience qui nous étreint tous après l’échec, politiques, ONG, simples citoyens, c’est aussi une victoire, un sentiment impossible à imaginer il y a 20 ans. Bref, il y aura un avant et un après Copenhague.

 

 


    Copenhague, c’est aussi une clarification.

 


    Clarification avec les réticences mises sur la table par les USA, grand pays démocratique qui ne sait pas comment convaincre ses citoyens de consommer et vivre un peu sobrement, eux qui pourtant disposent de marges de manœuvre considérables du fait d’un mode de vie écologiquement abracadantesque.

   Clarification avec le refus de la Chine, grand pays autoritaire, d’envisager un contrôle des engagements derrière lequel se dessine une Organisation Mondiale de l’Environnement.

 

   Clarification d’ordre plus général avec les réticences de tous les pays à s’engager à la hauteur de ce qu’exige la situation, et même les plus apparemment vertueux : comment croire que la baisse de 20% sur les GES en dix ans à laquelle s’engage l’Union Européenne prépare sérieusement une division par 4 d’ici 2050 ?

 

 
    En quoi ces trois points constituent-ils une clarification ? Tout simplement parce qu’à travers leurs réticences à s’engager sous contrôle d’une instance internationale à réduire fortement l’empreinte écologique de nos sociétés, les dirigeants de la plupart des pays expriment leur sentiment quant à la difficulté à atteindre cet objectif.

 

  
    Le greeenbusiness qui sauve nos emplois et la croissance, les villes qui se mettent à nouveau à sentir bon tout en se chauffant au soleil, la douce animation d’une campagne verdoyante par les pales en mouvement des éoliennes, tout cela n’est pas faux mais tout cela a la véracité d’une publicité.

 


    Car derrière les engagements qu’il faudra prendre un jour, il y a une autre réalité : la nécessité de réduire de façon drastique nos déplacements, le besoin d’accorder dans nos dépenses une part bien plus grande à l’alimentation et au logement (et corrélativement une baisse des autres consommations), l’obligation sans doute de réapprendre le poids de la rareté, une attention renouvelée à notre poids démographique. 

    Dans ‘économie’, ce mot qui nous gouverne, il y a ‘économe’ et nos démocraties qui se sont construites concomitamment à la révolution industrielle et à une consommation sans cesse accrue de biens matériels n’ont historiquement aucune expérience de promotion d’une vie plus sobre. On conçoit mieux alors la peur des politiques à s’engager réellement, eux qui devront pour la plupart affronter le suffrage universel dans 1, 2 ou 3 ans au plus tard.

 

 
    Si Copenhague a contribué à déchirer le voile qui masquait les efforts à faire et les difficultés à les orchestrer, alors Copenhague n’aura pas été inutile.

    Pour que les prochains sommets de Bonn ou de Mexico ne soient pas l’objet d’accords a minima forcément insuffisants, il faut que perce un langage de vérité sur la sobriété qui soit entendu et relayé par les opinions. Evidemment celles des pays riches, mais aussi celles des pays dits émergents. Tourner le dos à la facilité et à la démagogie, affronter les obstacles ici et maintenant et sans attendre de miracles technologiques.

 


     Après presque 40 ans de dénégations de ruses et de faux-fuyants*, l’idée de l’écologie s’impose comme le problème mondial du siècle en cours : les difficultés commencent. Enfin ! 

 

* Dés le début des années 70, de nombreuses personnalités et le mouvement écologique d’alors avaient annoncé que la poursuite de la société de consommation aboutissait à une impasse, et préconisé des changements radicaux.

Repost 0
Published by Jean BRUGUIER - dans Actualités
commenter cet article
19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:37


     A dire la vérité, cet article devait s'intituler : Copenhague : Le succès des intentions.  Je pensais qu'un accord à minima, même de façade serait trouvé.
     Je souhaitais mettre en garde contre un optimisme excessif. Un  accord n'est qu'une intention, une promesse,  à l'instant de sa signature, rien n'est encore fait. 

      Eh bien, même pas !  Même les intentions n'y sont pas. 

      Copenhague accouche d'une  souris lit-on ici et là.  Une simple déclaration selon laquelle il faut faire des efforts pour limiter le réchauffement à deux degrés. Pas de calendrier, pas d'engagement, pas de contrôles et moins encore de contraintes !


     Est-ce grave ? 

    Bien sûr, le  sort de la planète ne se jouait pas en un jour et  en un sommet. Même en cas de succès, notre Terre ne s'en serait pas trouvé sauvée comme par miracle.
    Bien sûr, les mesures de réduction d'émissions de CO2 ne constituent en réalité que des mesures d'étalement des émissions au cours du temps. Or, nous avons maintes fois  souligné sur ce blog que, pour la planète, il était  peu important que tout le CO2 résultant de la combustion des réserves d'énergies fossiles soit émis en 50 ou en 100 ans.

    Ce que révèle l'échec de ce sommet est d'abord que le problème est très difficile. Désormais, les choses sont claires pour ceux qui en doutaient encore. 

   Réussir à endiguer le changement grandissant de la composition atmosphérique par la faute  des activités humaines revient en réalité à briser l'élan sur lequel le monde vit depuis la révolution industrielle et plus encore depuis la seconde guerre mondiale.

   Cet élan, c'est la croissance vertigineuse de la population (*) et de la production. Il est  la base de l'équilibre de nos sociétés. En conscience, aucun chef d'état n'est prêt à le remettre en cause. On sait désormais qu'on ne fera pas de politique écologique efficace à coup de mesurettes et c'est là une perspective contraignante, effrayante même.

   C'est cette promesse de contrainte, c'est cet effroi qui ont  conduit à l'échec. Copenhague  aura au moins eu cette vertu clarificatrice et pédagogique. Il a révélé notre impuissance.

    N'en déplaise aux optimistes forcenés tenants d'une "écologie positive" (le météorologue Laurent Cabrol ou le journaliste Christophe Barbier) ou d'une sortie par le haut avec plus de croissance et de technologie (Claude Allègre, Jacques Attali...), nous sommes aujourd'hui en droit de penser que cet échec donne  au pessimisme un peu plus de légitimité. 

    Hier soir, le désarroi d'un Nicolas Hulot l'illustrait à merveille.



(*) Ce matin 19 décembre  sur RTL, Franz Olivier Giesbert rappelait encore que la démographie galopante constituait notre  principal problème et qu'il n'avait pas été abordé à Copenhague).


Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Actualités
commenter cet article
16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 12:41


    Que la maîtrise de nos effectifs constitue un élément clef de notre bonne gouvernance environnementale est une idée qui commence à faire son chemin en dehors même des cercles écologistes (surtout en dehors, parfois !)

    Ainsi, sous la plume de Diane Francis, le très sérieux Financial Post, dans son édition du 8 décembre dernier évoque directement la question. Les suggestions de Madame Francis vont même parfois au delà de nos propres positions (en particulier sur la politique chinoise de l'enfant unique).

 

 

   Vous pouvez découvrir cet article  via le lien :

                          http://www.financialpost.com/story.html?id=2314438



   Vous trouverez ci-dessous la version  française. 

   Tous nos remerciements vont à Madame Alice Garnier qui a bien voulu en assurer gracieusement la traduction.


" "La vérité qui dérange" et qui plane au dessus de la conférence de Copenhague de l'ONU n'est pas que le climat se réchauffe ou se refroidisse, mais que les humains sont en train de surpeupler la planète.

    Une loi planétaire, s'inspirant de la politique chinoise de l'enfant unique, est le seul moyen d'inverser l’actuel taux désastreux de natalité mondial qui est de un million de naissances tous les quatre jours.


    Les autres espèces de la planète, la végétation, les ressources, les océans, les terres arables, les réservoirs d’eau et l'atmosphère sont en train d’être détruits en raison de la forte augmentation du taux de reproduction de l'humanité.

    Ironiquement, la Chine, malgré ses centrales au charbon polluantes, est le leader mondial en termes de structuration des politiques de lutte contre la dégradation de l'environnement, grâce à sa politique de l’enfant unique.


    La logique de tout ceci est la suivante:


   - Si les femmes ne mettaient au monde qu’un seul enfant à partir de maintenant, la population mondiale passerait du niveau actuel de 6,5 milliards à 5,5 milliards en 2050, selon une étude réalisée pour l’académie scientifique de l'Institut de démographie de Vienne.


   - En 2075, il y aurait 3,43 milliards d’êtres humains sur la planète. Cela aurait des effets positifs immédiats sur les forêts du monde, les autres espèces, les océans, la qualité de l’atmosphère et les niveaux de vie.


   - Ne rien faire, en revanche, se traduira par une population " non soutenable " de neuf milliards d’êtres humains en 2050.


    Les humains sont peut être les seuls animaux rationnels mais ils doivent encore le prouver. Les progrès médicaux et les autres avancées scientifiques ont été bénéfiques en offrant des taux de mortalité infantile plus bas ainsi que la longévité. Tous deux sont les bienvenus, mais l'humanité n'a pas encore modifié en conséquence ses comportements pour tenir compte du fait que la planète ne peut accueillir autant de gens, en particulier si ces milliards de personnes possèdent des réseaux de chauffage et des voitures.

    Le problème est simple. C'est dramatique. Et pourtant les dirigeants du monde ne l’ont même pas mis à leur ordre du jour à Copenhague. A la place, il y aura des séances de photos, des poses, des bla-bla sur la science du climat et la fraude du réchauffement climatique, des déclarations sur des parcs éoliens géants et des subventions pour les marchés de permis d’émission de CO2.

   
    Mais rien de tout ceci ne fonctionnera si la politique chinoise de l'enfant unique n’est pas imposée. Malheureusement, elle rencontre de puissants adversaires. Les dirigeants des grandes religions fondamentalistes prêchent en faveur de la procréation et sont farouchement opposés au contrôle des naissances. Et la plupart des dirigeants politiques des économies émergentes perpétuent ce désastreux " Catch-22 " (Ndlr : dilemme inextricable): beaucoup d'enfants (de fils) permet d’éviter des souffrances résultant de l’absence de sécurité sociale ou de développement économique mais empêche également ces protections ou ce développement.

 
    La Chine a prouvé que la limitation des naissances est une politique intelligente. Sa classe moyenne se développe, tous les citoyens disposent d'un logement, de soins de santé, d'éducation et de nourriture, et le cinquième de l’humanité qui y vit n’est pas responsable de la surpopulation de la planète.

   
    Pour ceux qui rechignent à l'idée que les gouvernements doivent contrôler les tailles des familles, attendez jusqu'à ce que la population humaine ait doublé, que la surface des pâturages  se soit transformée en désert ou jusqu’à ce que l’Amazonie soit détruite, que les éléphants disparaissent et qu' éclatent des guerres pour l’eau, les ressources limitées et les besoins en territoire.


   Le problème est que les sujets qui vont être discutés à Copenhague ne sont pas les bons.

 

    La seule solution est que tous les pays réduisent drastiquement leurs populations, remédient à leurs désordres et imposent des mesures de conservation obligatoires ".





Repost 0
Published by Didier BARTHES, traduction: Alice GARNIER - dans Démographie
commenter cet article
11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 09:26


    Même si pour diverses raisons, il semble que la question démographique ne  doive pas être officiellemement  évoquée à Copenhague, le lien entre impact anthropique et importance de la population reste bien réel.

    Ainsi la Chine lie-t-elle de façon très nette sa politique de l'enfant unique et ses efforts pour lutter contre le
réchauffement climatique.

   Voyez le lien :
    http://french.peopledaily.com.cn/96851/6838915.html


  Le problème démographique est mis sur la table par des climatosceptiques comme Claude Allègre ou Vincent Courtillot dont nous ne partageons pas tous les points de vue. De même, une politique de maîtrise démographique se voit défendue et mise en place par un état qui ne constitue pas, à nos yeux, une véritable démocratie.

    C'est ainsi ! On se trouve parfois soutenu par des gens que nous désapprouvons sur d'autre sujets, mais les faits restent présents. 
    La question démographique  se situe au coeur du problème environnemental, qui que soient ceux qui le mettent en avant.

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Démographie
commenter cet article

Présentation

  • : ECONOMIE DURABLE
  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
  • Contact

Recherche