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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:37


     A dire la vérité, cet article devait s'intituler : Copenhague : Le succès des intentions.  Je pensais qu'un accord à minima, même de façade serait trouvé.
     Je souhaitais mettre en garde contre un optimisme excessif. Un  accord n'est qu'une intention, une promesse,  à l'instant de sa signature, rien n'est encore fait. 

      Eh bien, même pas !  Même les intentions n'y sont pas. 

      Copenhague accouche d'une  souris lit-on ici et là.  Une simple déclaration selon laquelle il faut faire des efforts pour limiter le réchauffement à deux degrés. Pas de calendrier, pas d'engagement, pas de contrôles et moins encore de contraintes !


     Est-ce grave ? 

    Bien sûr, le  sort de la planète ne se jouait pas en un jour et  en un sommet. Même en cas de succès, notre Terre ne s'en serait pas trouvé sauvée comme par miracle.
    Bien sûr, les mesures de réduction d'émissions de CO2 ne constituent en réalité que des mesures d'étalement des émissions au cours du temps. Or, nous avons maintes fois  souligné sur ce blog que, pour la planète, il était  peu important que tout le CO2 résultant de la combustion des réserves d'énergies fossiles soit émis en 50 ou en 100 ans.

    Ce que révèle l'échec de ce sommet est d'abord que le problème est très difficile. Désormais, les choses sont claires pour ceux qui en doutaient encore. 

   Réussir à endiguer le changement grandissant de la composition atmosphérique par la faute  des activités humaines revient en réalité à briser l'élan sur lequel le monde vit depuis la révolution industrielle et plus encore depuis la seconde guerre mondiale.

   Cet élan, c'est la croissance vertigineuse de la population (*) et de la production. Il est  la base de l'équilibre de nos sociétés. En conscience, aucun chef d'état n'est prêt à le remettre en cause. On sait désormais qu'on ne fera pas de politique écologique efficace à coup de mesurettes et c'est là une perspective contraignante, effrayante même.

   C'est cette promesse de contrainte, c'est cet effroi qui ont  conduit à l'échec. Copenhague  aura au moins eu cette vertu clarificatrice et pédagogique. Il a révélé notre impuissance.

    N'en déplaise aux optimistes forcenés tenants d'une "écologie positive" (le météorologue Laurent Cabrol ou le journaliste Christophe Barbier) ou d'une sortie par le haut avec plus de croissance et de technologie (Claude Allègre, Jacques Attali...), nous sommes aujourd'hui en droit de penser que cet échec donne  au pessimisme un peu plus de légitimité. 

    Hier soir, le désarroi d'un Nicolas Hulot l'illustrait à merveille.



(*) Ce matin 19 décembre  sur RTL, Franz Olivier Giesbert rappelait encore que la démographie galopante constituait notre  principal problème et qu'il n'avait pas été abordé à Copenhague).


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Published by Didier BARTHES - dans Actualités
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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 12:41


    Que la maîtrise de nos effectifs constitue un élément clef de notre bonne gouvernance environnementale est une idée qui commence à faire son chemin en dehors même des cercles écologistes (surtout en dehors, parfois !)

    Ainsi, sous la plume de Diane Francis, le très sérieux Financial Post, dans son édition du 8 décembre dernier évoque directement la question. Les suggestions de Madame Francis vont même parfois au delà de nos propres positions (en particulier sur la politique chinoise de l'enfant unique).

 

 

   Vous pouvez découvrir cet article  via le lien :

                          http://www.financialpost.com/story.html?id=2314438



   Vous trouverez ci-dessous la version  française. 

   Tous nos remerciements vont à Madame Alice Garnier qui a bien voulu en assurer gracieusement la traduction.


" "La vérité qui dérange" et qui plane au dessus de la conférence de Copenhague de l'ONU n'est pas que le climat se réchauffe ou se refroidisse, mais que les humains sont en train de surpeupler la planète.

    Une loi planétaire, s'inspirant de la politique chinoise de l'enfant unique, est le seul moyen d'inverser l’actuel taux désastreux de natalité mondial qui est de un million de naissances tous les quatre jours.


    Les autres espèces de la planète, la végétation, les ressources, les océans, les terres arables, les réservoirs d’eau et l'atmosphère sont en train d’être détruits en raison de la forte augmentation du taux de reproduction de l'humanité.

    Ironiquement, la Chine, malgré ses centrales au charbon polluantes, est le leader mondial en termes de structuration des politiques de lutte contre la dégradation de l'environnement, grâce à sa politique de l’enfant unique.


    La logique de tout ceci est la suivante:


   - Si les femmes ne mettaient au monde qu’un seul enfant à partir de maintenant, la population mondiale passerait du niveau actuel de 6,5 milliards à 5,5 milliards en 2050, selon une étude réalisée pour l’académie scientifique de l'Institut de démographie de Vienne.


   - En 2075, il y aurait 3,43 milliards d’êtres humains sur la planète. Cela aurait des effets positifs immédiats sur les forêts du monde, les autres espèces, les océans, la qualité de l’atmosphère et les niveaux de vie.


   - Ne rien faire, en revanche, se traduira par une population " non soutenable " de neuf milliards d’êtres humains en 2050.


    Les humains sont peut être les seuls animaux rationnels mais ils doivent encore le prouver. Les progrès médicaux et les autres avancées scientifiques ont été bénéfiques en offrant des taux de mortalité infantile plus bas ainsi que la longévité. Tous deux sont les bienvenus, mais l'humanité n'a pas encore modifié en conséquence ses comportements pour tenir compte du fait que la planète ne peut accueillir autant de gens, en particulier si ces milliards de personnes possèdent des réseaux de chauffage et des voitures.

    Le problème est simple. C'est dramatique. Et pourtant les dirigeants du monde ne l’ont même pas mis à leur ordre du jour à Copenhague. A la place, il y aura des séances de photos, des poses, des bla-bla sur la science du climat et la fraude du réchauffement climatique, des déclarations sur des parcs éoliens géants et des subventions pour les marchés de permis d’émission de CO2.

   
    Mais rien de tout ceci ne fonctionnera si la politique chinoise de l'enfant unique n’est pas imposée. Malheureusement, elle rencontre de puissants adversaires. Les dirigeants des grandes religions fondamentalistes prêchent en faveur de la procréation et sont farouchement opposés au contrôle des naissances. Et la plupart des dirigeants politiques des économies émergentes perpétuent ce désastreux " Catch-22 " (Ndlr : dilemme inextricable): beaucoup d'enfants (de fils) permet d’éviter des souffrances résultant de l’absence de sécurité sociale ou de développement économique mais empêche également ces protections ou ce développement.

 
    La Chine a prouvé que la limitation des naissances est une politique intelligente. Sa classe moyenne se développe, tous les citoyens disposent d'un logement, de soins de santé, d'éducation et de nourriture, et le cinquième de l’humanité qui y vit n’est pas responsable de la surpopulation de la planète.

   
    Pour ceux qui rechignent à l'idée que les gouvernements doivent contrôler les tailles des familles, attendez jusqu'à ce que la population humaine ait doublé, que la surface des pâturages  se soit transformée en désert ou jusqu’à ce que l’Amazonie soit détruite, que les éléphants disparaissent et qu' éclatent des guerres pour l’eau, les ressources limitées et les besoins en territoire.


   Le problème est que les sujets qui vont être discutés à Copenhague ne sont pas les bons.

 

    La seule solution est que tous les pays réduisent drastiquement leurs populations, remédient à leurs désordres et imposent des mesures de conservation obligatoires ".





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Published by Didier BARTHES, traduction: Alice GARNIER - dans Démographie
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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 09:26


    Même si pour diverses raisons, il semble que la question démographique ne  doive pas être officiellemement  évoquée à Copenhague, le lien entre impact anthropique et importance de la population reste bien réel.

    Ainsi la Chine lie-t-elle de façon très nette sa politique de l'enfant unique et ses efforts pour lutter contre le
réchauffement climatique.

   Voyez le lien :
    http://french.peopledaily.com.cn/96851/6838915.html


  Le problème démographique est mis sur la table par des climatosceptiques comme Claude Allègre ou Vincent Courtillot dont nous ne partageons pas tous les points de vue. De même, une politique de maîtrise démographique se voit défendue et mise en place par un état qui ne constitue pas, à nos yeux, une véritable démocratie.

    C'est ainsi ! On se trouve parfois soutenu par des gens que nous désapprouvons sur d'autre sujets, mais les faits restent présents. 
    La question démographique  se situe au coeur du problème environnemental, qui que soient ceux qui le mettent en avant.

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 10:08


    Enfin un éditorialiste prestigieux brise un tabou,

   Claude Imbert dans son dernier éditorial du Point (4 décembre 2009) évoque la question démographique et regrette que ce thème, pourtant déterminant pour l'avenir de la planète, ne soit pas au menu au sommet de Copenhague et n'ait guère de chance d'y être abordé. 

    A l'échelon des dirigeants politiques le tabou résiste (Chine exclue mais dans des conditions différentes). Cependant, ça et là, des brèches s'ouvrent.

   Claude Imbert propose de faire baisser la natalité par l'éducation.  C'est en effet probablement la méthode la plus efficace, la plus démocratique et celle qui provoquera le moins de controverses.

    Pour lire le texte complet :

http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2009-12-04/le-tabou-demographique/989/0/401690

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:54

 

    Les débats sur l’écologie comme ceux qui touchent aux questions de société souffrent de la difficulté à appréhender et à médiatiser la complexité.   
   Aucun facteur n’est univoque. Il existe des causes qui se contrarient et d’autres qui se renforcent ainsi que  des effets de seuils  qui viennent bouleverser les conclusions trop linéaires ou trop prudentes.


Quelques exemples


    L’émission de gaz à effet de serre entraîne une élévation de la température, mais ces rejets sont concomitants à la pollution générale de l’atmosphère et en particulier à l’émission de nombreux aérosols : poussières, suies et gouttelettes de produits divers. Or, ces aérosols présentent un effet inverse et tendent à refroidir le climat parce qu’ils limitent l’ensoleillement au sol.

    Lequel des deux mécanismes l’emportera ?

   Le second ne masquera-t-il pas le premier et ne nous fera-t-il pas sous estimer les menaces de réchauffement ?

   Cette concomitance sera-t-elle durable ou l'un des phénomènes prendra-t-il fin avant l'autre ?
   Questions complexes et non résolues !

 

    La hausse des températures provoque une fonte des glaciers et des calottes polaires participant ainsi à la hausse du niveau des océans(1)

   Sans doute, mais en Antarctique, les températures très basses s’accompagnent d’un climat excessivement sec. Un réchauffement pourrait ainsi s’accompagner d’une élévation des précipitations (neige pour l’essentiel) et, comme les températures moyennes resteront  très majoritairement en dessous de zéro la neige s’amoncellerait et se transformerait en glace. Le réchauffement conduirait ainsi paradoxalement à une augmentation du volume de la calotte antarctique et limiterait la hausse du niveau des mers.

   Alors augmentation ou diminution de la calotte antarctique ?
   Question complexe et non résolue.

 

     La hausse globale des températures mondiales pourrait modifier le régime des vents et des courants. Certains ont donc imaginé que le Gulf Stream s'affaiblirait et que, même dans le cadre d'un réchauffement planétaire, l'Europe pourrait connaître au contraire un refroidissement marqué(2).
    Alors l'Europe refroidie ou réchauffée ?
    Question complexe et non résolue !

    La hausse des températures va favoriser l'évaporation ce qui devrait augmenter la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère or, il s'agit d'un gaz à effet de serre ? Alors réchauffement supplémentaire ?
    Cela n'est pas acquis car on ignore dans quelle proportion l'évaporation se trouvera renforcée. De plus la vapeur d'eau génère des nuages dont certains rafraîchissent et d'autre réchauffent l'atmosphère.
    Solde du phénomène : Inconnu.


   Ajoutons un dernier exemple en guise de question subsidiaire : 
  Est-il différent pour la planète que nous brûlions toutes nos réserves d’énergies fossiles en 50 ans sans faire d’économie ou en 100 ans en se montrant prudent ? Dans les deux cas, dans un siècle les compositions atmosphériques seraient très proches.

    Alors  différence ou pas ?
    Question complexe et non résolue !

 

    Les experts sont parfois divisés justement à cause de cette complexité, même si le Giec propose une vision relativement homogène présentant l’hypothèse du réchauffement comme presque certaine.

    Moins qu’un autre, le problème climatique est un sujet qui s’accommode de slogans simplificateurs. Ni les dirigeants politiques ni les écologistes ni même le public ne pourront faire l’économie d’un effort intellectuel de compréhension.
    Copenhague s'avance sur un terrain difficile.

   La nature est belle, fragile … et subtile.

(1) Dans le cadre d'un réchauffement planétaire, la hausse du niveau des mers proviendrait pour une part de la fonte des islandis et pour une autre part de la dilatation des eaux.

(2)  L'affaiblissement du Gulf Stream serait lié à la modification de la salinité des eaux dans l'Atlantique Nord à cause de la fonte des glaciers Groenlandais qui déverserait de grandes masses d'eau douce dans l'océan.
     Précisons toutefois pour illustrer ces propos sur la complexité que le mécanisme n'est pas certain car le Gulf Stream fait partie de l'ensemble de la circulation dite thermohaline et que l'on ignore comment l'ensemble se réorganiserait.
     D'autre part et contrairement à une idée reçue ce n'est pas le Gulf Stream qui est principalement responsable de la douceur du climat des côtes ouest de l'europe, mais bien les vents dominants. Généralement, à latitudes égales, et indépendemment des courants les côtes ouest de notre planète connaissent des hivers plus doux que les côtes est.

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Published by Didier BARTHES - dans Climat
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 10:45

    
     Il est de bon ton de prétendre qu'on peut faire dire aux chiffres ce que l'on souhaite. C'est évidemmement faux pour peu que l'on fasse preuve à la fois de sérieux dans l'analyse et d'honnêteté dans les conclusions.

     Les débats sur la réalité du réchauffement climatique constituent un terrain de jeux rêvé pour tous ceux qui voudraient tirer la couverture à eux et ne retenir que les éléments allant dans le sens de leur présupposés.

    La dérive la plus courante est de s'appuyer sur des records pour déterminer une tendance. Cependant une année comporte 365 jours  et plusieurs dizaines de villes en France tiennent des registres de températures. Aussi n'est-il pas étonnant, même au cours d'une année moyenne, de trouver régulièrement des valeurs qui battent un record centenaire. C'est le  contraire qui constituerait une anomalie statistique.

    Météo France vient de publier une estimation des températures automnales moyennes en France depuis 1900. L'automne 2009 serait le second automne le plus chaud (+ 1,5 C°par rapport à la moyenne). Ces données permettent d'illustrer la dérive que nous dénonçons.


    On constate sur ces 110  ans une légère tendance à l'élévation des températures (les données ici proposées sont les écarts par rapport à la moyenne sur la période 1971- 2000).

    Cette élévation n'est pas discutable, le calcul de ce que les statisticiens appellent une droite de régression permettrait d'en tracer la courbe montante. Pour autant cette tendance n'empêche en rien, que les automnes 2007 et 2008 aient été plus froids que l'automne 1900, ni même que l'ensemble des la décennie 1970-1980 ait connu des automnes plutôt frisquets.

     Il n'est pas besoin d'être docteur en mathématiques pour comprendre qu'une tendance ne s'extrapole pas de quelques valeurs extrèmes par leur intensité ou par leur position dans la période de référence. C'est malheureusement une erreur (ou une tricherie) que commettent beaucoup de ceux qui nient le réchauffement actuel.
    Cela n'interdit pas bien entendu, d'écouter également d'autres de leurs arguments qui eux, peuvent être significatifs.

Source du graphique: Météo France.


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Published by Didier BARTHES - dans Climat
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 07:15

    
      Pour avoir fréquemment défendu la thèse selon laquelle nous ne sortirions pas durablement de l'impasse écologique sans une maîtrise de notre démographie, nous avons pu, sur ce site même, constater combien cette idée choquait. 

     Et pour la déconsidérer rien n'est plus fréquent que de la qualifier de malthusienne.

      Malthus, malthusien, malthusianisme.... les gros mots sont lachés.

      Et pourtant, sans doute, si le message de Malthus avait été compris la situation serait-elle moins préoccupante . 

       Depuis des décennies, les étudiants en économie apprennent à longueur d'année (et se doivent de le répéter dans leur copies) combien Malthus s'était trompé. En réalité n'avait-il pas eu raison trop tôt ?

     Aujourd'hui, le sens du mot  malthusianisme s'est élargi et s'applique à toute solution qui pour résoudre une question voudrait en réduire l'ampleur. 
      Pourtant que la nature d'un problème change avec son étendue est une idée forte et sérieuse. Une rixe et une guerre sont toutes deux des conflits mais leur nature est différente.

      Récemment encore, le président de la république, M. Nicolas Sarkosy moquait et méprisait quelque peu les tenants de la décroissance. Bref, le malthusianisme reste un gros mot au plus haut sommet de l'état et " malthusien" reste la meilleure invective pour déconsidérer l'autre et esquiver le débat.


    Y a-t-il  un frémissement ? Les idées commenceraient-elles à évoluer ?
    On peut l'espérer à la lecture de cet article paru dans le Monde sous la plume d'un certain Polémiquevictor  (amusant, mais après tout, on mérite bien un nom d'explorateur quand on défriche de nouvelles idées).


http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/12/01/malthusien-est-ce-toujours-un-gros-mot_1274330_3232.html

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 08:42


     Sous le titre "Contrôler le climat", le mensuel Sciences et Avenir propose un dossier complet sur les enjeux de la conférence de  Copenhague qui se tiendra du 7 au 18 décembre 2009.



    Etat des lieux, impact du réchauffement, risque d'emballement climatique, positions et moyens d'actions des principaux pays, tous les grands thèmes sont abordés.

   Intéressante aussi, la position de Brice Lalonde, ancienne figure de l'écologie politique française, qui sera notre ambassadeur à ce sommet.

    Brice Lalonde y qualifie le nucléaire de "mal nécessaire". Rares sont les écologistes qui ne rejettent pas cette technologie  même  si James Lovelock en Angleterre ou Jean-Marc Jancovici en France ont depuis longtemps expliqué que c'était là un moindre mal face aux autres formes de production d'énergie finalement plus polluantes. 

   Sciences et Avenir (mensuel), numéro 754,  décembre 2009

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Published by Didier BARTHES - dans Revue de presse
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 15:18


    M. Barack Obama ira donc au sommet de Copenhague.

   Si certains s'en réjouissent et veulent voir là un sensible virage de la politique américaine, d'autres notent que le progrès est pour le moins modeste. Certes, M. Obama se rendra au sommet climatique avec des objectifs chiffrés mais ceux-ci restent bien peu ambitieux.


    Les Etats-Unis s'engageraient à réduire leurs émissions de CO2
de 17 % en 2020 par rapport au niveau de 2005.

   Notons cette référence à 2005 alors que la plupart des pays retiennent l'année 1990. C'est une pratique qui relève du marketing. Il serait bon que l'ensemble des pays s'accordent  sur le point de départ. Proposons l'an 2000. Ce sera plus clair et facilitera le travail des historiens pour les comparaisons à venir.

    Ces 17 % par rapport à 2005 correspondraient à environ 3 ou 4 % par rapport à 1990. C'est vraiment insuffisant. D'autant que les Etats Unis étant un pays particulièrement gaspilleur ils disposent de " réserves d'économie" facilement accessibles. Un cran en moins pour la climatisation, un degré en moins pour le chauffage, des voitures plus proches des modèles du vieux continent et le tour est joué. Si les Américains vivaient comme les Européens, gageons que l'objectif serait atteint. Pas de grande révolution, pas d'effort surhumain en vue.

    Ajoutons que les Etats-Unis  disposent de la technologie nucléaire et pourraient assez facilement se passer d'une grande partie du charbon aujourd'hui  utilisé pour la production d'électricité. Or, on sait que le charbon constituera la grande menace climatique de l'avenir, au moins pour la seconde moitié du siècle quand pétrole et gaz seront par la force des choses réduits à un rôle marginal (autrement dit, il n'y en aura plus).

   Les américains ont les cartes en main, pour l'instant leurs propositions sont largement insuffisantes. Ils ne donneront pas ainsi au reste du monde le signal audacieux qui  permettrait d'avancer.
   A quoi s'engagera la Chine ? Et surtout, les promesses seront-elles tenues ? Rien n'est moins sûr, bien entendu, la crise économique  peut faciliter les choses, mais elle repoussera aussi les exigences écologiques au second plan. 
   Dans le même temps les perspectives climatiques semblent de plus en plus s'orienter vers la fourchette hausse des prévisions. Le vingt et unième siècle sera chaud et difficile.

   
  

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Published by Didier BARTHES - dans Climat
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 13:24

 

 

     La reprise de la pêche à la baleine en Islande, mais aussi le maintien d’une hypocrite chasse scientifique au Japon ou la poursuite d’une activité commerciale même réduite en Norvège, paraissent aux yeux de beaucoup comme d’incompréhensibles anachronismes dans un monde qui voudrait afficher sa bonne volonté écologique.
     Ces captures, c’est à dire ces tueries, constituent en réalité beaucoup plus.

     C’est d’abord évidemment un scandale de tuer ces merveilleux animaux que sont les grands cétacés dont la survie est fortement menacée. Ces espèces au cerveau souvent plus lourd que le nôtre ont un niveau de conscience probablement très élevé et nous nous comportons en barbares.

  
     Mais ces massacres justifient également le plus profond des pessimismes.

      L’Islande, le Japon et la Norvège sont des pays riches pour qui cette chasse ne représente absolument rien de significatif (1). On sait que l’observation touristique des baleines constitue d'ores et déjà une activité économique largement plus importante (2).

     Mais surtout, les peuples de ces différentes nations bénéficient d’un haut niveau d’éducation et, on pourrait l’espérer, d’une forte conscience écologique, ils en ont d’ailleurs peu ou prou la réputation.

  
     Or, cela n’empêche rien !

  
     Si donc, les pays les plus riches et les plus éduqués ne sont pas capables de si petits sacrifices, s’ils ne peuvent comprendre l’absurdité de tels comportements, alors que peut-on attendre de l’humanité dans son ensemble ? 

     La plupart des hommes vivent dans des conditions plus précaires que les Islandais, les Norvégiens ou les Japonais, et ils n’ont pas toujours les moyens de placer l’écologie à la pointe de leurs préoccupations.

     On peut  imaginer sans difficultés qu’à la moindre crise c'est toute la mégafaune qui sera massacrée.
     Qui  pourra faire la leçon si les peuples privilégiés donnent d’aussi lamentables exemples ?

 

    Quant à la tradition évoquée par certains, elle prendra fin avec la dernière baleine et c’est trop tard que ceux là mesureront alors l’inanité de l’argument.

 


 

 (1) Certains avancent l’hypothèse qu’en réalité le Japon se moque bien de poursuivre la chasse à la baleine pour elle-même mais que ce pays redoute qu’en cédant sur ce point il n'ouvre la voie à d’autres compromis économiquement  plus significatifs, sur le thon rouge en particulier mais aussi sur toute la pêche en général. Par sa démographie le japon n’a pas les moyens physiques de se contenter de ses propres productions.

 

 (2) Je signale ce point, mais ne souhaite pas en faire un argument. Même si économiquement la chasse était plus importante que l’observation elle n’en serait pour autant ni écologiquement ni moralement justifiable.


Source de l'illustration : Wikipedia. 

 

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Published by Didier BARTHES - dans Biodiversité
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