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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 18:26

 

 

    On vient de le voir, déterminer le prix de la tonne de CO2 n'est pas si simple : 100 € pour les Suédois, 30 € pour la commission Rocard, 15 € pour François Fillon, et puis in fine ça sera 17 euros. Le prix semble bas, mais après tout nous sommes en crise économique et deux français sur trois n'apprécient pas la mesure ; dans ces conditions il faut reconnaître un certain courage politique à Nicolas Sarkozy.
     Et puis, il n'est pas interdit d'imaginer, comme souvent en matière fiscale, que les Français sur-réagiront à la taxe carbone et économiseront un peu l'énergie fossile. Et ce d'autant plus que le principe d'un coût croissant a été retenu, suivant en cela les préconisations de l'expert Jean-Marc Jancovici.

  
     Toutefois, quel serait le bon niveau de cette taxe ?

  
     Le bon niveau, c'est quand l'intégration de la taxe carbone rendra la laine de verre ou de roche, si utilisée pour l'isolation de nos bâtiments, plus coûteuse que la laine de bois dont le prix est actuellement au moins deux fois plus élevé ; c'est quand il reviendra moins cher de re-utiliser nos bouteilles en verre plutôt que de les recycler (voir l'article " l'affaire des contenants " dans ce même blog) ; c'est quand les linos à base de pétrole seront plus chers que ceux réalisés en matière naturelle.
    Il y a des centaines de marqueurs possibles, mais prenons ces trois-là, faisons les calculs et gageons, qu’elle garde son nom ou qu’on l’appelle contribution climat-énergie, que la taxe carbone n'a pas fini d'augmenter.

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Published by Jean Bruguier - dans Actualités
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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 08:15

 

 

    Les débats sur la taxe carbone alimentent aujourd’hui la presse. Son montant, son champ et ses modalités d’application, son évolution, son éventuelle redistribution et même sa véritable nature (constitue-t-elle un nouvel impôt ?) font débat.

 

    Le premier réflexe est de se féliciter que journalistes et ministres se donnent le mal d’analyser un problème complexe et tentent d’en concevoir aux mieux les conséquences.

     Les habitants de la campagne qui par force se déplacent un peu plus en voiture ne seront-ils pas lésés ? Et en ce cas, comment corriger ?  Les riches et les pauvres (en capital ou en revenus ?) seront-ils traités sur les mêmes bases ou bien doit-on imaginer un mécanisme compensateur ? Comment prendre en compte la consommation électrique sachant que le nucléaire et l’hydraulique fournissent, sans presque d’émission de gaz carbonique, l’essentiel de la production, mais que dans les heures de pointes on fait quand même appel aux énergies fossiles ? Faut-il alors taxer les seules heures de pointes ? Oui, mais c’est plus compliqué, et tout le monde ne dispose pas d’un compteur à double tarification.


    La difficulté s’accroît encore lorsque l’on essaye d’établir précisément les coûts : La bataille des chiffres est lancée. Combien en plus pour le sacro-saint litre de super ? Et pour un ménage, quel sera le montant de l’addition sur une année : 100, 150, 300 euros ?


    Alors la politique reprend ses droits, chacun accusant l’autre de favoriser ou défavoriser telle ou telle catégorie.


    Parions pourtant qu’à l’avenir les subtilités de ce débat nous paraîtrons bien mesquines car c’est une véritable guerre que l’humanité s’apprête à mener dans le siècle qui vient tant sur le plan de l’approvisionnement énergétique que sur celui plus général de l’environnement.


    Nous nous dirigeons à l’horizon de trois ou quatre décennies vers un monde sans pétrole et à un terme plus bref encore, quinze ou vingt ans peut être, vers un monde où le pétrole coûtera cinq, six ou même dix fois ce qu’il vaut aujourd’hui.

    Autant dire que se demander si la taxe carbone amputera notre budget personnel de 180 plutôt que de 160 euros en 2010 ou savoir si telle ou telle catégorie de citoyens paiera quelques pour cent de plus que telle autre ressemble à la querelle des petits et des gros-boûtistes (1).
    Dans quelques années, du fait de la déplétion pétrolière, c’est non par centimes mais par milliers d’euros que se chiffrera le surcoût de la facture énergétique si nous voulons garder notre de  mode de vie.

 

    Il ne faut pas se tromper de combat, et laisser l’emporter les querelles démagogiques de court terme. Concentrer le débat sur ces détails, c’est ne pas comprendre la nature du problème. La taxe carbone et plus globalement une augmentation du prix réel de l’énergie, sont inéluctables.

    Nous avons par notre nombre, comme par notre façon de vivre, consommé le capital de la planète. Nous devrons bien payer un jour. Ajoutons que nous paierons fortement et prochainement.
     Ne nous battons pas pour des centimes aujourd’hui quand c’est toute notre civilisation que nous devrons revoir demain.


    Que les associations de consommateurs poussent des hauts cris ne fait que souligner leur  inconscience du problème !
    Il est d’ailleurs amusant de voir comme le prix de l’énergie (et de l’essence en particulier) est sensible car, dans le même temps, les impôts locaux, auxquels il est pourtant encore plus difficile d’échapper, augmentent régulièrement  sans que cela ne provoque de telles réactions ni n’engage de tels débats.


(1) Dans les voyages de Gulliver, les peuples se disputaient pour savoir si l'on devait manger les oeufs par le gros ou le petit boût.

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Published by Didier BARTHES - dans Energie
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 08:10


   Pour ceux qui voudraient approfondir la "leçon sur le Thon rouge",  le mensuel Pour la Science propose dans son édition de juillet 2009 (numéro 381 p. 32) une étude intitulée : Thon rouge : Comment le sauver ?

   Vous y apprendrez presque tout sur ce poisson géant (quelques spécimens peuvent atteindre 750 kg), sur son mode de vie, ses migrations et sur les graves menaces qui assombrissent  son devenir.

   L'article met en lumière, ce qui est rare,  le problème des mesures visant à protéger les juvéniles en fixant
une taile mimima aux prises. On concentre ainsi l'effort de pêche sur les individus reproducteurs et on obère l'avenir.

   Chez les poissons, ceux qui ont déja dépassé une certaine taille ont plus de chance de se reproduire que les plus petits encore fragiles et menacés.
  Ce serait peut-être tout une politique à revoir, car cette pratique s'étend à beaucoup d'espèces. D'ailleurs, une fois un poisson  pris, le rejeter à la mer parce qu'il est trop petit ne le sauve généralement pas. 

  Une politique d'espaces complètement interdits à la pèche serait sans doute plus appropriée pour préserver les différentes espèces.


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Published by Didier BARTHES - dans Biodiversité
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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 07:37

 

 

Darwin et le poisson rouge, ou l’histoire d’un monde pas durable.

 

 

   Vous aimez les sushis ? Vous êtes allés récemment à Monaco ? Alors vous connaissez la leçon du thon rouge…

 

   Là-bas ce poisson est interdit à la vente et plus aucun restaurant de la Principauté ne pourra vous en servir, ordre du Prince. Ici, en France, en Italie ou au Japon, ou dans le reste du monde, vous pouvez en manger, il suffit de payer, mais c’est de plus en plus cher et il va vous falloir devenir riche très vite pour continuer à le déguster.

 

   Comment en est-on arrivé là ? C’est notre histoire depuis un demi-siècle qu’il faut résumer.


   Au tout début, seuls les riches japonais en consommaient vraiment ; puis le Japon s’est enrichi avec le boom économique d’après la seconde guerre mondiale et c’est toute la société japonaise qui s’est mise à aimer mettre du thon rouge au bout de ses baguettes, et les économistes ont appelé ce phénomène la démocratisation : enfin les classes moyennes pouvaient manger comme les riches et les puissants d’avant ; et puis cette pratique s’est étendue au reste de l’Asie : d’abord les classes sociales aisées, puis les autres. Et puis vint ce que les économistes ont appelé la mondialisation, et les classes aisées et moyennes d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs ont mis les sushis au thon rouge à leur menu.

 

   Et tout s’est bien passé : les moins aisés ont pu manger, avec juste quelques années de retard, comme les plus aisés ; et nous nous sommes mieux compris en partageant des habitudes alimentaires de l’autre bout du monde, ainsi avons-nous pu, comme on dit si bien, nous enrichir de nos différences. Bref, que du bonheur. Et les pêcheurs pêchaient, tous les ans un peu plus, tous les ans encore un peu plus, et les pêcheurs pêchaient … et le thon rouge mourrait. Tous les ans un peu plus.

 

   Alors les écologistes ont bougé. Alors les gestionnaires ont bougé. Alors il y a eu des quotas. Alors il y a eu des tricheurs. Et le thon rouge mourrait.

 

   Alors les prix ont vraiment commencé à monter, et Monaco a interdit le thon rouge dans les assiettes.

 

   Alors entendons les leçons du thon rouge.

 

  La première leçon du thon rouge, c’est que pour sortir de la crise écologique dans laquelle nous nous sommes fourrés, nous avons deux et seulement deux méthodes efficaces de régulation de la consommation à notre disposition : la réglementation par la loi, qui concerne tous les citoyens et va jusqu’à l’interdiction, et la régulation par le marché, c'est-à-dire par le prix, et seuls ceux qui peuvent et veulent payer ont accès à ladite consommation. A priori, la réglementation paraît plus efficace, car plus claire, plus juste socialement et plus radicale ; mais n'oublions pas que la vie est toujours plus complexe que la loi l'imagine généralement et à ce moment une régulation par le prix permet aux acteurs économiques d'arbitrer au plus fin de leurs besoins et de leurs contraintes.

   Prenons l'exemple du débat qui existe aujourd'hui en France quant à la meilleure méthode pour obtenir en 2050 un parc immobilier bien isolé et peu consommateur d'énergie : soit une obligation de mise aux normes qui s'appliquerait au moment de la vente d'un bien, les statistiques de fréquence de vente montrant que l'objectif serait alors tenu, soit une augmentation des prix de l'énergie taxe carbone comprise qui motiverait les acteurs économiques. Dans le premier cas, le risque est grand de gêner les acteurs économiques à un moment inopportun, le vendeur pouvant réaliser son bien pour raisons financières et l'acheteur étant au moment de l'achat le plus démuni pour faire un second investissement de long terme ; de plus quel serait l'intérêt d'obliger à isoler une maison de vacances utilisée seulement à la belle saison ? Bref la lourdeur et l'inefficacité bureaucratique...

   Les deux méthodes ont donc leurs vertus et leurs inconvénients, elles ne s’excluent pas obligatoirement l’une l’autre*, et on peut imaginer que le génie et la tradition des peuples fera la part des choses en y recourant, mais nous n’échapperons vraisemblablement ni à l’une ni à l’autre. Ni au contrôle social que cela implique.

 

 

   L’autre leçon du thon rouge, c’est que la généralisation à l’échelle mondiale d’une consommation historiquement réduite et adaptée à la rareté de la ressource ne peut se faire qu’en détruisant la ressource. Dans un premier temps tout va bien, l’homme tape dans le stock de la ressource ; celui-ci décroît mais la mécanisation permet de passer outre, sans augmentation insupportable des coûts de prélèvement … jusqu’au moment où la faiblesse du stock fragilise la ressource et la met en danger de disparaître définitivement**.

 

  Mais poursuivons la leçon. Nous sommes devenus des sociétés démocratiques, suite à de grands combats politiques et sociaux, suite à des convulsions terribles que nos parents ont vécues dans leurs âmes et dans leurs chairs, et nous en sommes fiers. Alors le mal peut-il venir de la démocratisation ? La question même dérange, la poser nous heurte, elle laisse soupçonner sur celui qui l’ose comme un regret de l’ordre ancien, comme un rejet de l’esprit des lumières et d’un minimum d’égalité entre les hommes. Comme si poser la question n’était qu’une instrumentalisation du thon rouge, un prétexte pour défendre un apartheid social.

 

   Et si nous prenions le problème autrement ? En nous rappelant que nous les hommes sommes une espèce parmi d’autres sur Terre, que les autres formes du vivant sont elles aussi le produit d’une évolution aussi ancienne que la notre, que toutes ont leur place sur notre planète et qu’il faut donc partager notre biotope, apprendre à vivre ensemble avec le reste du vivant. 
  Abandonner une vision de l’humanité centrée sur elle-même, qui fonderait un droit absolu à la domination et à l’exploitation du vivant. Digérer Darwin enfin, après Copernic.

 

  Alors il faut laisser vivre le thon rouge, alors il ne faut prélever les ressources qu’avec intelligence et mesure. Alors il faut des sociétés humaines construites sur le principe de sobriété, des sociétés humaines qui s’auto-limitent, des sociétés humaines qui ne vont pas chercher dans la destruction des autres les ressources nécessaires au maintien de leur propre équilibre social. Le secret de notre mal est là, dans nos sociétés qui ont sans cesse besoin d'agrandir la taille du gâteau que les hommes se partagent, afin qu'elles gardent un minimum de paix sociale. Et les pauvres d'Occident ont pu accéder à la consommation, et puis le tiers monde, et ce n'est que justice ... sauf que le thon rouge en disparaissant nous alerte : ce monde-là n'est pas possible.

   Alors il nous reste à faire évoluer nos sociétés pour qu'elles trouvent un point d'équilibre social et politique sans avoir à faire grossir toujours plus le gâteau de la consommation. Alors il nous faut vivre demain dans des sociétés qui sachent gérer l'envie et le mimétisme hors le matérialisme, des sociétés beaucoup plus égalitaires dans la vie de tous les jours, des sociétés capables d'affronter leurs propres déficits de cohérence sociale sans pratiquer la fuite en avant, sans jouer sur les ressources des autres sociétés humaines ou des générations futures, sans casser, sans détruire leur biotope.

 

   Il faut, il faut, cela pourrait ressembler à la célèbre formule il n’y a qu’à, ce n’est pas cela, pas du tout cela, c’est juste quelque chose qui s’impose à nous, un principe supérieur, une logique de nécessité pensée dans la durée, quelque chose qui nous oblige à faire avec. A nous d’imaginer, de rêver, de penser, d’établir un monde humain ouvert compatible avec la vie, avec l’évolution des autres espèces. Et vite, très vite.

 

 

   Allons plus loin encore. Dans l’ensemble nous les hommes nous consommons trop, nous nous agitons trop, nous allons trop souvent au bout de la ressource que nous avons sous la main, sans prudence, sans réflexion, et cela ne date pas d’aujourd’hui. ‘Les forêts précèdent les hommes, les déserts les suivent’ n’est pas chose nouvelle, ‘Collapse’*** est rempli d’histoires de sociétés humaines n’ayant pas su gérer leur biotope. Peut-être n’est ce pas un hasard si l’espèce qui met en risque le biotope Terre est issue de l’ordre des mammifères, ordre grandement dissipateur d’énergie. Beaucoup d’agitation, peu de pauses, une chaleur, un rythme interne à maintenir constamment, notre économie ressemble à notre espèce. Peut-être est-il temps de se méfier de nous-mêmes, de prendre du recul ? 

  Pourquoi ne pas se benchmarker avec d'autres formes de vie sur la façon de se fondre dans un biotope ? Peut-être est-il temps de s’inspirer d’autres formes du vivant, du lézard par exemple qui à masse égale consomme 10 fois moins d’énergie**** ?

  Car aujourd’hui avec la mécanisation du monde, avec son corollaire la mondialisation, nous n’avons plus qu’un seul biotope, la Terre. Nous n’avons pas droit à l’erreur et pourtant la catastrophe a déjà commencé.
  Demandez donc au thon rouge !

 

 

 

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* la réglementation sur la consommation de tabac conjugue en France à la fois l’interdiction totale dans certains lieux et des taxes élevées fixées pour dissuader de fumer. L’exemple du tabac montre qu’il y a aussi une troisième méthode de régulation employée, c’est l’information. Mais de l’avis de la majorité des experts, l’effet ‘Fumer tue’ est largement insuffisant. En fait l'information est employée pour légitimer les mesures contraignantes.

 

** Au-delà des espèces vivantes, le raisonnement fonctionne même pour le pétrole ou les autres ressources fossiles avec quelques ajustements, la renouvelabilité de celles-ci n’étant pas mesurable à l’échelle humaine…

 

*** Le livre est paru en France sous le titre :

     Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie de Jared Diamond, traduction d'Agnès Botz et Jean-Luc Fidel : mai 2006, éditions Gallimard NRF Essais.

**** Tout lien avec l’expression ‘lézarder’ qui pourrait par ailleurs évoquer un quelconque ‘droit à la paresse’ écrit par Paul Lafargue à la fin du XIXème siècle n’est pas complètement fortuit.


source du graphique : Wikipedia

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Published by J Bruguier - dans Biodiversité
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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 07:56

 

 

A propos du film de Yann Arthus-Bertrand

 

 

   J’ai eu la chance de voir ce long film dans la salle de cinéma du Grand-Bornand, ce village de Haute-Savoie connu pour ses champs de neige et ses champions de ski, pour son habitude désormais de recevoir le Tour de France, ce village où les vaches sont plus nombreuses que les habitants et où les potagers continuent à occuper les jardins, j’ai eu la chance de voir ce film d’un coin de France où la nature a été préservée et où on a encore l’habitude de vivre avec elle.
   Et la salle de cinéma était pleine. Pleine de personnes qui avaient voulu voir ce film esthétisant sur un grand écran, pleine de personnes qui avaient souhaité voir ce film ensemble pour donner à cette projection toutes les caractéristiques d’un rendez-vous citoyen. Avec le sentiment de participer un tout petit peu à un évènement mondial, à la cristallisation d’une opinion enfin sensibilisée à la question écologique.

 


   Le film de Yann Arthus-Bertrand est beau, inquiétant, pédagogique, peut-être fait-il encore trop preuve d’optimisme, peut-être ne nous prévient-il pas assez des épreuves qui attendent l’humanité. Il est en tous cas un bel exemple de la capacité de nos sociétés, grâce à leurs techniques, à leurs grandes entreprises*, aux réseaux mis en place, à diffuser de l’information avec un impact mondial.

 


   Ce sont pourtant aussi ces techniques, ces grandes entreprises, ces réseaux et un peu cette passion qui nous caractérise pour les images animées, qui nous ont éloignés de la nature, jusqu’à préférer vivre majoritairement dans ces environnements hors sol que sont nos métropoles urbaines, jusqu’à compenser nos manques et nos frustrations d’être sortis de notre cadre de vie multiséculaire par une boulimie de consommation matérielle, jusqu’à oublier la beauté de notre planète et la fragilité de ses équilibres.

 


   Nous ne ferons pas de rétropédalage pour retrouver un équilibre écologique semblable à celui que nous connaissions avant la révolution industrielle. Tout ce que nous pouvons espérer, c’est que les moyens d’exploitation de la nature que nous avons mis en place et le mode de vie qui va avec, et qui ont tant dégradé notre planète, qui ont si vite, à l’échelle humaine de l’histoire, cassé les équilibres écologiques, eh bien ! c’est que ces moyens, ce mode de vie, contribueront aussi, par leur capacité et leur rapidité, à nous permettre de réagir à temps.

 


   C’est là toute l’ambivalence et toute la puissance aussi du moment que nous venons de vivre avec ce film diffusé simultanément sur beaucoup d’écrans de notre planète.

 

 

 

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* le groupe PPR, dirigé par Didier Pineau-Valenciennes, dans une logique de mécénat écologique, a assuré le financement de cette opération.


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Published by J Bruguier - dans Télévision
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 10:05

 

  Un très beau film !

  
   C'était un film attendu que celui de Yann Arthus-Bertrand, et avouons-le, nous n’avons pas été déçus.

   Avec son esthétisme habituel le photographe-cinéaste a su nous faire partager son émerveillement pour les beautés de la planète et son inquiétude pour l’avenir.
  Les débuts mettent en perspective l’âge de la Terre avec celui de l’humanité, rappel bienvenu à un peu de modestie.

   C
ette œuvre constitue un diaporama légèrement animé, une déclinaison des multiples ouvrages déjà réalisés par l’auteur.
Mais si, parfois, dans ses livres les commentaires pouvaient être agaçants tant on semblait lire ce qu’il fallait penser, ici, les propos sonnent juste. Il y a peu d’inexactitude et en effet, nous serions bien avisés de prendre en compte ses avertissements.

   Quelques remarques vont plus loin que la vulgarisation habituelle, en particulier cette démonstration du formidable pouvoir du pétrole (et donc de notre dépendance) par comparaison entre l’énergie humaine et l’énergie fossile. On reconnaît là, la patte de notre ami, Jean-Marc Jancovici.

   De belles phrases aussi comme celle-ci :

   " La déforestation détruit l’essentiel pour produire le superflu"

    Pour la première fois, à notre connaissance, Yann Arthus-Bertrand évoque la surpopulation, hélas, sans développer le sujet.
Rappelons que toutes les solutions suggérées : une agriculture moins intensive et plus respectueuse de l’environnement, une utilisation massive d’énergies renouvelables, le respect des forêts primaires… supposent d’abord et sine qua non que nous soyons moins nombreux sur la Terre c'est à dire que nous nous reproduisions moins.
  Faute de quoi, ces méthodes seront insuffisantes pour nous alimenter et nous assurer un confort minimum.

   Afin de nous inciter à agir, la conclusion du film est optimiste et nous dit que tout n’est pas perdu. Souhaitons que notre talentueux cinéaste soit dans le vrai.

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Published by Didier BARTHES - dans Télévision
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 08:34

 
  Si l'on porte quelque crédit à l'intensité de la promotion, toute la France  "Ecophile" devrait se retrouver vendredi soir, qui devant son poste ou son ordinateur, qui au cinéma, qui chez son marchand de DVD pour la sortie multimédia du film de Yann Arthus-Bertrand : Home

   Ce film dont France 2 diffusera à 20 h 35 une version écourtée comporte, paraît-il, des images époustouflantes destinées à nous faire prendre conscience de la beauté de notre Terre et à nous inciter à tout faire pour la protéger.

  

   Nous serons curieux, bien entendu, de voir si la surpopulation souvent évoquée sur ce site sera mise en cause. 

   A vos écrans donc !

Home : de Yann Arthus-Bertrand, diffusée Vendredi 5 Juin à 20 h 35 sur France2. Sortie simultanée sur internet, au cinéma et en DVD.

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Published by Didier BARTHES - dans Télévision
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 10:24

 

 

Petite réflexion sur des arguments avancés contre cette loi, ou quand l’écologie oblige à la rigueur.

 

 

   Des arguments contre cette loi, il y en a eu beaucoup.
  Sur la difficulté du contrôle et le flicage que son application risque d’entraîner. Sur les erreurs qui pourront être faites sur l’identité des fraudeurs (voisins de wifi, appartement loué avec accès Internet, etc.) Sur l’automaticité de la sanction. Sur l’absence d’intervention d’un juge...

   Mais certains arguments avancés posent question d’un point de vue qui peut sembler très loin de cette problématique, je veux parler du point de vue écologique.
  J’en retiendrai deux : l’impossibilité pour les jeunes d’accéder à la culture si l’on ne leur donne pas un accès gratuit ou quasi gratuit aux œuvres accessibles sur le net, et la lourdeur relative à la mise en place d’un système où chaque consommateur devrait payer ce qu’il consomme, mise en place si lourde si complexe qu’elle n’en vaudrait pas la peine et qu’il serait alors plus sage de se tourner vers une logique forfaitaire basée sur l’accès au net.

 

  L’idée que les jeunes et tous les économiquement faibles puissent télécharger à volonté films, chansons, et toutes les musiques qu’ils aiment sans se soucier du prix à payer* pour rémunérer les hommes qui assurent ce qu’il faut bien appeler une production est généreuse. Dans ce qu’elle a de meilleur, elle ne restreint pas les gens avec peu de moyens de faire la connaissance d’autres peuples, d’autres cultures, via leur production audiovisuelle.
   Mais elle est dangereuse aussi. Car elle contribue à ancrer l’idée qu’avec un peu d’organisation et de légères contreparties la consommation illimitée de biens est possible. Car en évacuant la frustration de ne pas avoir accès à tout ce qu’on désire en matière de biens culturels, elle ne nous prépare pas, c’est le moins qu’on puisse dire, à vivre dans un monde de 7 milliards d’habitants où la limitation de notre consommation va peu à peu s’imposer à chacun d’entre nous si l’on veut garder une planète viable et respecter les autres formes de vie.

 

  Quant au second argument, il est vrai qu’on ne peut évacuer d’une pichenette la lourdeur et la complexité résultant de la mise en place d’un système faisant payer le consommateur réel et capable de sanctionner les fraudeurs et les voleurs.
  Mais peut-on sans faillir jeter aux orties nos principes**, sous la raison d’une impuissance trop facilement affichée ?
  Beaumarchais*** réveille-toi ! ils sont devenus fous …

  Plus grave encore : cette impuissance quasiment revendiquée face à une population qui ne veut pas payer le vrai prix des choses – ah ! le mythe d’un monde-internet où la gratuité serait reine – finit par ressembler à une vraie lâcheté… et augure mal des qualités et des capacités que devra déployer la puissance publique quand il va falloir mettre en musique les changements nécessaires pour s’adapter au nouvel ordre écologique qui doit émerger si l’on veut, vous connaissez la musique ! garder une planète viable et respecter les autres formes de vie sur terre.

 

   Il ne s’agit pas ici, rappelons le, de prendre parti sur la loi Hadopi, juste de récuser des arguments qui ne sont pas compatibles avec une perception honnête de ce qu’implique l’écologie. Ce qui déresponsabilise, ce qui peut faire croire à une consommation sans limite, ce qui s’appuie sur la facilité au détriment de valeurs profondes ou du courage d’affronter le réel, ce réel qu’évoquait si bien Jaurès, cela ne peut se conjuguer avec cette science politique consciente de la beauté du vivant qu’est l’écologie.
En un mot, écologie oblige.

 

 

 

* Hormis une taxe liée à la connexion Internet pour rémunérer les créateurs et producteurs ; cette solution, généralement proposée par les adversaires de la loi Hadopi, n’est en fait qu’un impôt ‘culture’ appelé 'licence globale' payé par tous les connectés au net et pouvant s’élever selon les diverses projections de 3 à 7 euros par mois ; elle suppose une redistribution monétaire ‘administrative’ aux créateurs et producteurs.

 


** En matière de droit d’auteur. Voir notamment les réactions de Pierre Arditi, Juliette Greco ou Maxime Le Forestier.

 


*** Beaumarchais peut être considéré comme le père du droit d’auteur en France, ou en tous cas comme son inspirateur.

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Published by J Bruguier - dans Société
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 07:15

De quoi le transport de marchandises d'aujourd'hui est-il le nom ?

Petite réflexion sur le transport de marchandises et l’écologie.

 Quand Turgot accède au pouvoir* dans le plus grand et le plus peuplé pays d’Europe occidentale dans la seconde partie du XVIIIème siècle, il doit gérer un état régulièrement confronté à des crises alimentaires locales, ponctuelles, avec leurs corollaires : de brusques tensions sociales allant jusqu’à l’émeute et des effets sanitaires lourds sur les populations.
Des émeutes de la faim dans un pays moderne ! Il y a quelque chose à faire dans ce grand pays morcelé par des dizaines de douanes, où l’habitude est de garder ses grains pour soi, dans sa région, pour parer à la disette qui guette, quitte à ne savoir que faire d’une surproduction momentanée.
Turgot voit bien, de Paris, qu’un manque de grains en Bretagne pourrait être résolu par une bonne récolte en Limousin, bref qu’une régulation à l’échelle d’un grand pays peut être la meilleure réponse pour parer aux crises alimentaires. D’où une politique de démantèlement des douanes régionales pour accroître les échanges inter-régionnaux.

Dans cette logique, il était important de faciliter matériellement les transports de grains ; il ne fallait à aucun prix que le temps et le coût du transport empêchent la circulation de cette marchandise et réduisent à néant la mise à bas des obstacles réglementaires. Or l’état technologique du transport, basé sur l’utilisation de charrettes, sur le recours à une navigation fluviale limitée aux grandes rivières et à quelques canaux, et sur l’emploi de navires de commerce à voile dont l’âge d’or ne sera effectif qu’un peu plus tard, limitait les quantités transportables et supposait des effectifs humains non négligeables ; donc des coûts élevés à la tonne kilomètre.

C’est sans doute à ce moment que s’est forgée chez les économistes** l’idée que le coût élevé du transport de marchandise était un obstacle majeur au progrès de la société. Si la spécialisation internationale et la loi des avantages comparatifs sont des concepts positifs qu’il faut appliquer pour favoriser le développement économique, alors le coût du transport est un frein à la mesure de son importance.
Cela fait deux siècles que l’on fait tout, explicitement et implicitement, pour tendre vers zéro le coût du transport.

Les grandes infrastructures, comme les routes, les voies navigables, les ports et aéroports, ont vu leurs coûts de réalisation en grande partie ou en totalité socialisés par le biais d’une prise en charge par la collectivité, le plus souvent au niveau national via un grand ministère de l’Equipement. Et ces travaux ont été le plus souvent demandés par des élus locaux qui voyaient là le moyen de désenclaver leur territoire et d’assurer le développement économique local, par des élus locaux facilement oublieux des conséquences écologiques négatives de ces mêmes infrastructures.

Quant aux coûts de fonctionnement, les prix des péages n’ont que peu reflété la réalité ; un camion par exemple use l’autoroute 1000 fois plus qu’une voiture particulière mais ne paie en France que 3 ou 4 fois plus cher
Et l’énergie ? Faut-il rappeler que le kérosène des avions n’est pas taxé ***? Et que le gas-oil, carburant des poids lourds, a souvent fait l’objet de détaxes plus ou moins importantes*** ? Peut-être peut-on aussi parler des entreprises de transport routier de marchandises prises en étau entre des contraintes réglementaires, sécuritaires et logistiques de plus en plus fortes et des prix de vente qui n’augmentent pas, et dont la profitabilité en Europe occidentale est de plus en plus faible malgré le recours à des camionneurs venus de l’est et moins bien payés.

Cela fait deux siècles que le prix à la tonne kilomètre diminue en valeur pour finir par ne plus constituer un coût significatif. Résultat, la théorie posée par les économistes a joué à plein et a rempli ses promesses : croissance des échanges inter-régionnaux et internationaux d’une part et allocation des ressources portée à un degré extrême d’autre part.
Résultat, des salades traversent deux fois notre continent pour aller se faire laver dans un pays de l’est européen où la main d’œuvre est moins chère. Et on peut multiplier les exemples. Résultat, les camions encombrent nos routes et autoroutes, et les conteneurs nos ports et océans. Résultat, un nombre de plus en plus important d’hommes est affecté aux questions de transport et de logistique, et la consommation d’énergie fossile pour transporter tous ces produits, toutes ces matières, constitue une part majeure de la consommation mondiale.

Alors, Turgot et Ricardo ont-ils eu tort ? Evidemment non. Permettre des régulations sur quelques centaines de kilomètres, ou même quelques milliers, et se donner les moyens de les réaliser pour des biens essentiels à la vie des hommes, qui remettrait cela en question ? Qui nierait que le Kenya ou l’Amérique centrale n’ont pas quelques avantages comparatifs pour produire du café ?

Mais qui ne voit aussi qu’il y a quelque chose d’inacceptable à prendre en compte de simples variations de coût de main d’œuvre pour justifier des transports sur des milliers de kilomètres ; ici, nul avantage comparatif naturel, nul avantage comparatif culturel lié à une tradition et un savoir-faire, juste une différence financière de coût de main d’œuvre lié à un taux de change, à un niveau de développement économique différent, ou à un déséquilibre démographique.
Dans ce cas, il faut un frein et ce frein doit être et sera le coût, le vrai coût du transport de marchandise.
Un coût complexe qui devrait intégrer l’occupation de l’espace par les  infrastructures, les frais effectifs d’amortissement, de maintenance et de rénovation de ces mêmes infrastructures, le financement des risques liés aux propagations involontaires comme ces insectes qui voyagent dans les pneus ou les conteneurs et peuvent déstabiliser gravement des biotopes, le financement aussi de la prévention des pollutions sonores, chimiques ou autres.
Sans oublier la problématique de l’énergie, car aujourd’hui nos transports fonctionnent au pétrole, que ce soit les avions avec le kérosène, les poids lourds et les cargos au gas-oil ; concrètement une taxe carbone significative devrait être prise en compte. Et le coût du transport de marchandise va nettement augmenter. Et ce coût de transport, élevé, forcément élevé, ce frein que certains peuvent sentir comme une brimade, ce frein, ce n’est que l’irruption du réel, c’est l’introduction de l’écologie dans l’économie.

 Demain, dans un monde qui prendrait en compte la question écologique et les vrais coûts du transport de marchandises, tous les camions d’aujourd’hui n’auront pas été transformés en camions ‘verts’ fonctionnant à l’électricité ou à la biomasse. Ni les avions, ni les cargos. Bien sûr des améliorations peuvent être apportées ou généralisées : recours systématique à des bourses de fret intelligentes pour diminuer encore plus les retours à vide, camions avec des fonctionnements optimisés, remise en question du diktat du ‘juste-à-temps’ afin de faciliter une meilleure organisation des transports, etc., mais il n’y a pas de miracle et le rêve d’un transport de marchandises à faible empreinte écologique ne se substituera pas à la faillite du rêve d’un transport à coût quasi-nul. Le développement durable dans le transport de marchandise, c'est moins de marchandises transportées et moins de kilomètres parcourus.
La solution viendra en grande partie d’une diminution drastique des tonnes kilomètres effectuées grâce à la généralisation de process de production favorisant la proximité. Une relocalisation nécessaire dans une logique qui favorise les néga-kilomètres ou plutôt les néga-tonnes kilomètres Avec des solutions complémentaires comme le recours plus important aux voies maritimes fluviales ou ferrées, la mise au point de cargos à propulsion mixte majoritairement éolienne, peut-être l’utilisation de dirigeables sécurisés, et la suppression de cette aberration écologique qu’est le transport par avion de marchandises.

Mais, attention, ce monde qui se dessine est bien différent du monde des XIX et XXèmes siècle. Terminée, la vision, l’utopie d’un monde où la distance ne compte pas. Moins de transports de marchandises, plus de produits fabriqués localement, c’est plus de dépendance à l’égard de chaque territoire. Plus d’identité, plus de contraintes aussi et moins de déséquilibres. Ce n’est pas seulement moins d’ananas sur les tables occidentales, c’est aussi moins de population sur des territoires incapables de les nourrir. Un monde vraiment différent.

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* Louis XVI nomme Turgot au Contrôle général (le ministère des finances) le 24 août 1774.

** David Ricardo, théoricien du libre-échange, publie à London en 1817 Des principes de l’économie politique et de l’impôt, ouvrage qui suppose une circulation physique importante des biens.

*** Alors que même taxé, Jean-Marc Jancovici démontre que le coût de l’énergie fossile est ridiculement bas ; in Le plein s’il vous plaît, 2006 ed. du Seuil, co-écrit avec Alain Grandjean.

 

Cet article est le second d’une série de trois sur le thème du déplacement.
le prochain abordera la question du transport aérien.
le premier traitait de l'automoblie (aller à cet article)

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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Transports
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 11:35



     Une affaire ? Quelle affaire ? Apparemment il s’agit juste pour les autorités de Bruxelles de donner un peu plus de liberté à nos producteurs dans le secteur de l’alimentation en les autorisant à s’affranchir des contraintes de poids des produits en vigueur jusqu’alors. Pourquoi devoir commercialiser la farine au kg ? 988 grammes, ce n'est pas mal non plus. Vendre au litre les jus de fruits ? Et si l’on les vendait à 0.95 litre ? Cela permettra de jouer sur la perception des prix, et c’est au consommateur, donc au marché, de comparer et de choisir de façon judicieuse.

  
    Bref, nos autorités européennes croient à la logique du marché et de la liberté. Ce sera peut-être un peu plus compliqué de faire ses courses, mais ce n’est pas une affaire… Sauf que nos autorités européennes ont oublié qu’il nous faut limiter le plus possible notre impact sur la planète, crise écologique oblige. Et que dans cette perspective, déréguler en cette matière, c’est éloigner la possibilité d’une utilisation rationnelle des contenants.

  
    Gardons l’exemple des bouteilles de jus de fruits. Aujourd’hui, la plupart de celles-ci sont en verre, de différentes formes censées véhiculer une certaine image du produit vendu, et ne se sont utilisées qu’une seule fois avant d’être récupérées puis refondues. Tout le monde est content : les industriels et les politiques mettent en avant le recyclage et peuvent parler les uns de développement durable et les autres de pratique citoyenne, les responsables marketing n’ont pas de contraintes sur leurs emballages, les services de contrôle sanitaire sont tranquillisés par l’usage unique dudit contenant, et les consommateurs n’ont pas grand-chose à faire pour se sentir vertueux.
   Tout ce circuit n’a qu’un défaut : il consomme une énergie primaire considérable lors de la refonte du verre. Bref, ce mode de fonctionnement reste un monument de gaspillage non compatible avec une vie harmonieuse au sein de notre biotope.

  
    Il y a une logique alternative et celle-ci consiste principalement à n’utiliser que des contenants en verre standards en nombre très limité, que ce soit pour les bouteilles de jus de fruits, les pots de confitures, ou les boites de conserves. Alors il sera possible et commode de les réutiliser, les lieux de commerce alimentaire faisant aussi office de points de collecte vis-à-vis des consommateurs et de points de distribution pour tous les producteurs.
    Solution économique, solution écologique, mais solution qui demande des efforts réels à tous : aux consommateurs qui devront ramener leurs contenants dans les points de collecte après les avoir nettoyés, aux responsables marketing privés de contenant support d’image, aux services sanitaires qui devront contrôler le réemploi des contenants dans le respect de normes sanitaires strictes, enfin aux commerçants qui auront un rôle nouveau à jouer dans le traitement de ces contenants (collecte, stockage, redistribution). Et aux politiques qui doivent d’abord mettre en perspective leurs idées et les contraintes écologiques, et aux Pouvoirs Publics qui doivent poser les règles et les faire respecter.

  
    Comme souvent en matière d’écologie, il s’agit d’échanger plus de travail humain et plus de complication contre moins d’énergie primaire dépensée et moins de pollution. Il s’agit aussi de réfléchir à long terme et de penser ‘global’ : il n’y a pas l’économie d’un côté et l’écologie de l’autre. Puissent nos autorités européennes ne pas complètement l’oublier.



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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Produits
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