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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 09:29

 
   Le mensuel Sciences et Avenir présente dans son dernier numéro une enquête sur la consommation d’énergie et la pollution générée par les nouvelles technologies (informatique, audiovisuel, téléphonie…)

   Les chiffres commencent à devenir inquiétants. Selon Sciences et Avenir, les centres serveurs consommeraient 1 % de l’électricité mondiale.

   Concernant l’informatique (internet compris), nos ordinateurs et terminaux ne sont pas seuls en cause. Les serveurs avec leur fonctionnement 24 h /24 et leurs machines redondantes consomment 50 % de l’énergie du secteur dont la moitié pour la seule climatisation (l’énergie liée à la fabrication des appareils n’est pas prise en compte dans cette étude).

    Pour la téléphonie mobile 75 % de l’électricité est consommée par les infrastructures et 20 % par les terminaux.

   Selon Olivier Sidler de la société Enertech, " 10 ans d’effort sur la réduction des consommations des appareils électroménagers ont été réduits à néant par la poussée de l’audiovisuel et de l’informatique " C’est là un phénomène tout à fait comparable à celui que nous avions signalé pour l’automobile : tous les progrès réalisés sur le rendements des moteurs sont anéantis par l’augmentation de poids et de puissance des véhicules.

    Encore un beau terrain pour la course aux économies !

 
Sciences et Avenir, numéro 745, p.74, mars 2009. Notez que le mensuel présente également une critique du livre " C’est maintenant ! " objet de notre article précédent.

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Published by Didier BARTHES - dans Revue de presse
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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 10:03

 

C'est Maintenant ! 3 ans pour sauver le monde 

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean
 


Editions du Seuil, janvier 2009 : 19,5 Euros
 

Le ton est donné dés le titre et le clou enfoncé dés le sous titre. Non seulement le problème est sérieux, mais il y a extrême urgence. Tandis que " Le plein s’il vous plaît " était avant tout consacré à l’énergie, ce nouvel ouvrage fait la part belle à l’économie et aux solutions radicales à mettre en œuvre.

 

   J-M Jancovici et A Grandjean souhaitent nous faire partager plusieurs messages :

  • Les menaces qui planent sur notre planète sont graves et leur trouver une solution est urgent. Il reste très peu de temps pour initier les mesures qui renverseront la vapeur.
  • Il y a déconnexion entre l’univers économique dont les " performances " sont mesurées par des indicateurs monétaires et les réalités physiques de notre monde. Celles-ci auront forcément le dernier mot au-delà de toutes les idéologies. Nous devons reconnecter nos activités aux possibilités de la planète. Les auteurs rappellent régulièrement que le PIB n’est qu’une mesure de flux et non d’enrichissement et que " l’argent n’achète que les hommes ". Ce monétarisme exclusif nous masque les réalités. Beaucoup d’économistes semblent hélas l’oublier.
  • Il nous faut réfléchir et agir sur le long terme. La plupart de nos dirigeants travaillent aujourd’hui sur des échéances beaucoup trop courtes.
  • Nous devons mettre en place rapidement un plan ambitieux monopolisant toutes les énergies comme cela a déjà été le cas pour la reconstruction européenne après la seconde guerre mondiale ou pour le projet Apollo. C’est la réussite de ces plans qui semble donner aux auteurs un peu d’optimisme. De façon générale J-M Jancovici et Alain Grandjean militent pour un renforcement du rôle de l’état, seul capable d’orienter la société vers les adaptations nécessaires. Ils nous convient à une véritable économie de guerre contre la destruction planétaire.
  • Ce grand projet peut et doit se réaliser dans un cadre démocratique comme d’ailleurs l’ont été les précédents. Pour autant, cela ne suppose pas que les leaders politiques suivent aveuglement l’opinion publique et les sondages. Ils doivent au contraire savoir tenir un langage de vérité. Nombreuses sont les références à l’attitude de Charles de Gaulle ou à celle de Winston Churchill. Si nous tardons trop, la démocratie pourrait être la première victime de l’effondrement de nos sociétés, c’est l’une des raisons de l’urgence.

   L’ensemble est à plusieurs reprises illustré par l’histoire romancée de l’effondrement de l’île de Pâques. Le monétarisme (le " coquillagisme ") et le symbolisme y ont pris peu à peu le pas sur les réalités matérielles. C’est là une caricature réussie du monde d’aujourd’hui. Les auteurs s’offrent un petit plaisir en imitant Galilée qui faisait défendre les différents points de vue par deux personnages. Ici nous faisons connaissance avec deux pseudo énarques : le bon qui est réaliste et l’incompétent qui croit savoir compter mais ne compte que ce qui, justement… ne compte pas : L’argent.

   La connaissance qu’ont les deux auteurs de leur sujet et en particulier des ordres de grandeur donne beaucoup de force à leur argumentation. Le " démontage " des énergies renouvelables en tant que solution pour les trois ou quatre décennies à venir est imparable quoi qu’en pensent les "verts" (bois et hydroélectricité exceptés).

 

   Concernant les méthodes et les solutions à mettre en œuvre, cet ouvrage ne cherche pas à brosser le lecteur dans le sens du poil ; encore qu’on puisse soupçonner J-M Jancovici et A Grandjean de fort bien savoir que tous leurs lecteurs ne sont pas des fans de Claude Allègre ou de Jacques Attali.

   La tendance générale est martelée dés la page 67 :

  " Il est grand temps de se réveiller et d’ouvrir les yeux. Nous allons devoir réduire notre consommation matérielle parce qu’elle a atteint un niveau qui n’est tout simplement pas durable. "

   Tout au long de leurs propos J-M Jancovici et Alain Grandjean mettent en garde contre la croyance en un progrès qui nous autoriserait tous à être de plus en plus riches et de plus en plus consommateurs. Le progrès ne sera pas cette fée qui nous permettrait d'échapper aux contraintes liées à la finitude de la planète.

 

   Le plan d’action qui occupe toute la fin du livre relève du bon sens et se montre cohérent. Il paraîtra sans doute révolutionnaire aux partis traditionnels.

  Tous les aspects de l’organisation sociale sont à revoir, le travail, les déplacements, la formation, le logement, l’urbanisme l’attitude face à la consommation… Il nous faudra renoncer, non pas au bonheur, mais à une forme de luxe qui nous paraît aujourd’hui normale et qu’en réalité l’humanité n’a connu que très récemment (et encore, pas partout, loin de là).

 

   Enfin les commentaires sur les compétences et le courage de nos hommes politiques sont hélas aussi sévères que justes. Pour la plupart, ces derniers n’ont pas une connaissance du problème supérieure à la moyenne. Les réactions puis les premières mesures prisent contre la crise récente l’illustrent à merveille : favoriser le l’automobile et le transport aérien était peut-être la dernière chose à faire.
    Quand par bonheur, on observe malgré tout une lueur de lucidité C’est le courage ou la volonté d’agir qui fait défaut : On ne heurte pas les électeurs surtout dans un système ou par exemple on vient de réduire la durée du mandat présidentiel. Nos hommes politiques sont pour la plupart des " court-termismes " par excellence.

 

Deux petites réserves cependant :

   La première, qui n’étonnera pas les lecteurs de ce blog, concerne le peu de place consacré à la question démographique. Si les auteurs affirment bien (p.68) que : " Même s’il est politiquement incorrect de le rappeler, l’explosion démographique est l’un des déterminants majeurs de l’accroissement de la pression de l’homme sur son environnement " Ce sont les seuls mots consacrés au problème. Deux lignes et demi sur 273 pages c’est assez peu court pour un " facteur déterminant " voir selon nous, pour le facteur déterminant. Pas un mot non plus donc sur les éventuelles solutions.

   C’est d’autant plus étonnant que Jean-Marc Jancovici a souvent montré sa sensibilité à la question. Dans ses écrits comme dans ses interventions il répète à l’envie, et avec raison, que " c’est la dose qui fait le poison ". Dans " Le plein s’il vous plaît ", il rappelait (p.56) que " En fait, le miracle énergétique serait parfaitement possible si nous étions 50 millions d’hommes sur Terre ". Il n’hésite pas à présenter dans ses conférences le célèbre graphique qui montre l’évolution de nos effectifs depuis la révolution néolithique. Graphique dont la courbe effrayante tend clairement vers une asymptote verticale.

    Nous ne pouvons soupçonner les auteurs d’avoir peur de dire les choses qui fâchent, c’est même leur activité préférée, mais leur ouvrage est en bonne partie consacré aux solutions, et ce point, il est vrai, n’est pas facile à traiter : Comment faire sensiblement baisser la natalité ? Par le développement disent les économistes ! En discuter ici nous entraînerait loin !

   Ajoutons que le sujet démographique est encore sensible.  La société est peut-être proche de comprendre le message sur la nécessité de changer son mode de vie. Elle semble plus loin de  comprendre la nécessité de modifier sa démographie. Aussi, insister sur ce point aurait contribué à rendre inaudible le message de ce livre qui se veut pragmatique.

   La seconde réserve, plus nuancée, porte sur la fable de L’île de Pâques. Image savoureuse, elle décrit sans doute assez bien ce qui s’est passé là-bas. Toutefois c’est une caricature du système capitaliste, Peut-on la généraliser ? On a vu en effet la société communiste qui n’était pas aussi obsédée par les questions monétaires ne pas se soucier du tout de l’environnement. On peut parier que si le modèle avait perduré quelques décennies de plus, la planète ne serait guère en meilleur état. Seule, probablement, la faible densité de son peuplement à permis à l’ex-URSS de ne pas connaître un effondrement écologique.

   Admettons cependant que comme l’île de Pâques et ses statues, le communisme accordait aux symboles une grande importance. Le capitalisme et le monétarisme ne sont pas seuls en cause dans la destruction environnementale. D’autres types d’organisation en sont capables.

 

   Enfin, une remarque qui ne constitue pas une critique mais une véritable interrogation. Tout au long du texte, les auteurs nous disent que nous devons nous mettre nos économies en adéquation avec les réelles capacités physiques de notre planète. Pour une bonne part, cela nécessite de réduire les flux et les quantités consommées, c’est le contraire de la croissance. Or ce livre ne dit pas un mot sur les théories de la décroissance. Bien entendu, il y a parmi les défenseurs de ces idéologies quelques farfelus mais on trouve aussi des travaux sérieux et remarquables. On aimerait avoir l’opinion de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean sur les analyses de quelqu’un comme Serge Latouche. De la même façon, leur critique du progrès comme solution à tous nos maux serait à rapprocher des réflexions de Jacques Ellull, de Jacques Neirynck ou d’André Lebeau qui ne sont pas évoquées. On trouve également beaucoup de proximités entre les propos d’un Antoine Waechter sur la nécessité de changer radicalement de mode de vie et ce que suggèrent nos deux auteurs.

 

  Autres livres du ou des auteurs sur des sujets connexes, Le plein s’il vous plaît (Seuil), L’effet de Serre (Flammarion), L’avenir climatique (Seuil)  et récemment : Le changement climatique expliqué à ma fille (Seuil). Voir également Le site internet Manicore.

    

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Published by Didier BARTHES - dans Notes de lecture
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 13:31

   
     La tempête qui a frappé en cette fin janvier le Sud-Ouest de la France pourrait être l’occasion d'un pas vers une gestion plus durable de notre planète.

    Dans les Landes et en Gironde, de nombreux pins ont été abattus et devront être replantés (rappelons que la forêt des landes loin d’être une forêt naturelle est avant tout une gigantesque exploitation de sylviculture). Sur ces terrains sablonneux, les pins aux racines peu profondes sont hélas particulièrement sensibles aux rafales. Pourquoi ne pas profiter pour replanter en partie en chênes-lièges ? Bien entendu ce sont des arbres du bassin méditerranéen mais il y en a depuis longtemps quelques-uns dans le sud des Landes.


    Cela offrirait plusieurs avantages


   - Tout d’abord fournir à terme une source de liège qui constitue un excellent isolant d’origine naturelle quand ceux que l’on nous propose sont le plus souvent d’origine pétrolière et demandent en outre beaucoup d’énergie pour leur fabrication.

   - Ensuite ces arbres moins hauts que les pins et aux racines plus résistantes bénéficieraient probablement d’une meilleure tenue aux vents.

    - Enfin, et ce n’est peut-être pas le moindre, ce serait une première démarche de long terme. Nous ne résoudrons aucun problème d’environnement avec des mesures de court terme qui ne visent qu’une efficacité rapide et médiatique. Les forêts n’ont que faire des médias ou des échéances électorales. S’engager dans des actions dont le résultat ne sera sensible que dans quelques dizaines d’années serait sur le plan symbolique et pédagogique un grand pas vers un peu de sagesse. 

    Notre réconciliation avec la nature passera, entre autres, par l’acceptation de ses rythmes.


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Published by Didier BARTHES - dans Actualités
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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 11:52


     Lundi 12 janvier, à l’issue de l’émission " C dans l'air " sur France 5 consacrée au conflit russo-géorgien, l’économiste Jean-Marie Chevalier a affirmé que le ratio entre les réserves prouvées de gaz et la consommation annuelle était de 65.

     L’animateur Thierry Guerrier en a alors conclu qu’il nous restait 65 ans de réserves et l’économiste a confirmé en précisant  : " On aura toujours du gaz "

    Rappelons donc qu’il n’y a pas identité entre un ratio réserves / consommation annuelle de 65 et la certitude d’avoir du gaz pour 65 ans.


    Pour que cette égalité soit exacte, il faudrait que soient remplies un certain nombre de conditions.

  • Que la consommation soit stable sur cette période ou au moins que la moyenne de ces consommations soit égale à celle de l’année de référence.
  •  Que nous puissions physiquement extraire du gaz au même rythme jusqu'à l’épuisement complet des gisements.
  •  Que même durant les dernières années, sachant que nous allons manquer très prochainement de gaz nous continuions à en consommer de la même façon.

Or aucune de ces conditions n’est satisfaite.

  • La consommation de gaz n’est pas stable, bien au contraire. Elle augmente de quelques pour cent par an. De plus cette augmentation est amenée à se poursuivre et probablement à s’accélérer non seulement à cause de la croissance démographique et économique, mais aussi parce que dans les décennies à venir, le pétrole entrera en déplétion. Une partie de L’énergie que nous en tirions devra donc être fournie par les autres sources fossiles et en particulier par le gaz qui lui est partiellement substituable. Cette considération réduira fortement les délais envisagés, rappelons qu’une croissance de la production de 2 % par an conduit à un doublement au bout de 35 ans.  
  • Un gisement ne s’arrête pas du jour au lendemain après avoir fourni le même débit jusqu’à la dernière seconde. Même si pour le gaz la chute de production est plus brutale que pour un gisement de pétrole, il va de soi que durant les dernières périodes d’exploitation la production ne soutient pas le rythme connu dans les meilleurs années.
  • Enfin bien entendu, et quoique l’humanité fasse souvent preuve d'imprévoyance, il est impossible d’imaginer que nous ferons " comme si " jusqu’au dernier mètre cube. Il faudra bien prendre un tout petit peu soin de l’avenir. Cette considération comme la précédente pourrait à l’inverse de la première, prolonger un peu les choses.

 

    En conséquence si le ratio évoqué est exact (ce qui d’ailleurs ne constitue pas une certitude ni dans un sens ni dans l’autre) il est probable que nous consommions encore un peu de gaz dans 65 ans et même au-delà. Mais, comme pour le pétrole, les quantités en cause seront déclinantes (et cela, bien avant 65 ans).
    Peu à peu ces deux sources d’énergie deviendront négligeables en terme de quantités et même sans doute finalement marginales en terme de part de marché. 
    Pour le pétrole, le ratio  réserves / consommations annuelles est d’environ 40. Cependant, là aussi, nous connaîtrons des pénuries  bien avant et cela, alors même que nous consommerons  encore un peu d’or noir dans 60 ou 100 ans. Le charbon, le nucléaire, les énergies renouvelables prendront probablement la relève, à moins que la civilisation ne s’écroule victime de nos aveuglements persistants.

   " C’est dans l’air "est généralement une excellente émission et mettons sur la pression de l’horloge (nous étions dans les dernières secondes) cette identité trop vite présentée comme vérité.

    Enfin la dernière remarque de Jean-Marie Chevalier illustre merveilleusement le raisonnement des économistes. Tout d’abord ceux-ci n’envisagent jamais le long terme. 65 ans lui semble le bout du monde puisqu’il affirme nous ne manquerons jamais de gaz. Or 65 ans est une broutille dans l’histoire de l’humanité et beaucoup des enfants qui naissent aujourd’hui ont même  la perspective de vivre dans un monde sans pétrole et sans gaz. Difficile à imaginer !   Non ?

 

    Plus fondamentalement encore, on mesure la réticence des économistes à prendre en compte les limites physiques du monde. La science économique ne s’intéressant et ne nommant même production que le résultat du travail des hommes elle continue à ignorer ou à tenir pour négligeables les dons de la nature. Il est vrai que si elle le faisait, il y a bien longtemps que les comptes de l’économie mondiale marqueraient une récession.

 

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Published by Didier BARTHES - dans Energie
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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 14:11


    La pérennité du financement des retraites constitue l’un des arguments favoris des tenants d’une forte natalité. Les retraites d’une génération étant assurées par le travail de la suivante, tout affaiblissement de la fécondité conduirait immanquablement à un effondrement du système. (1)

    L’erreur fondamentale de la position nataliste est de mettre le doigt dans un engrenage infernal. S’il faut plus d’enfants que précédemment pour assurer les retraites cela ne finira jamais.

   S’appuyer ainsi sur une croissance continue relève d’un calcul à courte vue car si les jeunes sont bien les cotisants de demain, n’oublions pas que ce sont aussi les retraités d’après demain.

   Nous allons d’ailleurs bientôt avoir l’occasion d’observer les conséquences de ce mécanisme. Si les régimes de retraites sont particulièrement menacés dans les deux ou trois décennies à venir c’est bien parce que vont devenir retraités les très (trop ?) nombreuses générations du baby boom. 
   L’attitude consistant à compter sur un surcroît de naissances pour le paiement de retraites s’appellerait de la cavalerie si nous étions dans le domaine de la finance. Cela revient tout simplement à rembourser un emprunt en en souscrivant un autre plus lourd encore. On sait bien que cela se finit toujours douloureusement.

 

    Sur ce thème voir également l'article : Retraites: L'équation impossible.

 
(1) Précisons d’ailleurs que, plus exactement, c’est la production d’une période qui permet le financement des retraites des travailleurs de la période précédente. Or, le nombre des entrants dans les tranches d’âges généralement considérées comme actives ne constitue qu’un des déterminants de la production.  Les jeunes peuvent être de plus en plus durablement en formation (comme aujourd’hui) ou … au chômage (comme aujourd’hui aussi ) !
Il faut également prendre en compte l'évolution de la productivité.

 

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Published by Didier BARTHES - dans Société
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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 09:53

 

 

 

    Que penser d’une politique qui consiste à disséminer un peu partout dans nos bureaux et nos maisons un objet qui à la fois contient des matières dangereuses et émet une pollution d’ordre électromagnétique non négligeable jusqu’à une distance de 2 mètres ? A priori, vous vous dites que c’est un choix qui fait fi de l’écologie et du développement durable … Erreur ! Celui-ci s’inscrit dans le droit fil du Grenelle de l’environnement et a été adopté au niveau européen : il s’agit de supprimer progressivement dés 2009 les ampoules à incandescence et de les remplacer par des ampoules dites basse consommation qui intègrent du mercure. En clair, un choix de court terme a été effectué : moins d’énergie consommée tout de suite, mais du mercure un peu partout sans que soit mis en place un circuit de ramassage draconien des ampoules usagées, et des risques à long terme pour la santé humaine. Silence des écologistes. Est-ce un oubli ?

 


    Ce silence n’est peut-être que la résultante du mépris habituel de nos élites politiques pour la technique ; regarder concrètement ce qu’implique un changement dans la vie des gens n’est pas de leur ressort : c’est à la population civile de s’adapter et d’encaisser les méfaits générés par les impensés des choix effectués en haut lieu. Comment expliquer autrement que rien ne soit prévu pour collecter de façon systématique les ampoules à mercure distribuées à millions ? Peut-on raisonnablement parier, au vu de la dangerosité du produit, sur un comportement citoyen de tous les acteurs, quand on connaît les pourcentages très mitigés constatés dans le tri des ordures ménagères ?

 


    Il est vrai que ce silence fait suite à d’autres silences du même type. D’abord deux exemples, dans la construction. La Réglementation Thermique des bâtiments (la RT 2005, et encore plus la RT 2010) encourage les ventilations mécaniques dites double flux qui permettent de récupérer les calories présentes dans les bâtiments, donc comme pour les ampoules basse consommation, des économies d’énergie. Ce qui n’est pas dit, c’est que ces systèmes supposent à la fois une dégradation de la qualité de l’air (l’air n’aime pas les tuyaux et y perd ses ions négatifs) et une tuyauterie compliquée souvent peu accessible dans sa totalité, d’où une maintenance complète quasi impossible ce qui implique de vrais risques pour les habitants (moisissures dans les conduits, air pollué, etc.) Ici encore, le choix est dicté par la facilité et la non-prise en compte des effets à long terme, alors que d’autres solutions, plus complexes, réclamant plus d’intelligence, jouant notamment sur l’inertie des matériaux et aussi la façon d’habiter, existent.


    Les nouvelles réglementations thermiques impliquent aussi le recours accru aux matériaux isolants. Mais de sérieux doutes pèsent sur l’innocuité des isolants minéraux comme la laine de verre, particulièrement utilisée en France. Sans compter que ce type de produit consomme tant d’énergie lors de sa fabrication que son rendement en est grandement compromis, certains calculs allant jusqu’à montrer que l’opération dans la durée est quasi nulle. Mais avez-vous entendu un appel solennel des écologistes à éviter ces techniques, ces produits ?

 


    Encore un exemple ? Alors parlons de l’aide apporté par l’état qui finance la moitié du prix des poêles à bois ? Est-ce raisonnable d’encourager au nom de l’écologie un mode de production de chaleur qui génère l'émission de particules dangereuses, sans imposer dans un même mouvement l’installation de filtres à particules ? Mais pourtant nulle protestation de la part des écologistes.

 


    Ces points sont techniques, et après tout les écologistes ne sont sans doute que des politiques comme les autres, même si on avait pu espérer que l’écologie soit porteuse d’autres valeurs et d’autres attitudes, plus proches du réel et de la vie des gens. Mais au-delà de l’explication traditionnelle pour le mépris de la technique de nos politiques, il n’est pas interdit de chercher d’autres raisons à ce silence des écologistes.

 


    Car les exemples précités heurtent certaines croyances écologistes.

 

    D’abord, ils remettent en cause l’idée que l’évolution vers une société à moindre empreinte écologique puisse se faire sans efforts significatifs de l’ensemble de la population. Installer des filtres à particules pour le chauffage à bois coûte cher, actuellement 1500 euros par filtre. Utiliser des produits naturels pour isoler comme la laine de bois, le chanvre ou le liège coûte cher, bien plus cher que le polystyrène et les laines minérales, et s’il faut les accompagner d’une pose précise et soigneuse pour éviter les ponts thermiques, cela implique une forte augmentation du nombre d’heures de travail dans la construction et là aussi des coûts croissants. Poser des briques de terre crue, cela renforce la capacité des maisons à stocker la chaleur en hiver et la fraîcheur en été, cela régule l’humidité et accroît le sentiment de confort, mais c’est cinq fois plus long que de poser une simple cloison. Installer un poêle de masse, c’est au minimum dix mille euros. Si on choisit de bons matériaux, sains pour la santé, si on choisit des techniques durables, on ne peut pas faire croire que la mise aux normes ‘basse consommation’ de nos habitats anciens et futurs pourra être simplement financée par les économies d’énergie générées calculées sur le prix actuel moyen de l’énergie. Cela suppose que la part dévolue au logement dans le budget des ménages va sensiblement augmenter, vraisemblablement au détriment des loisirs ou de l’habillement, la nourriture risquant là aussi de voir sa part s’accroître. Cela signifie que les politiques et notamment les écologistes doivent annoncer qu’une politique écologique va heurter nettement les habitudes actuelles de consommation. Sont-ils prêts à le faire ?

 


    S’interroger sur la pertinence de la technologie des ampoules basse consommation, c’est aussi s’interroger sur notre croyance en la capacité rapide de la R&D de trouver des solutions économes dans un délai proche. Peut-être pouvons-nous nous rappeler les leçons de Jacques Ellul et garder un œil critique sur les propositions des scientifiques et des industriels, même si ces propositions économisent l’énergie …quitte en attendant à modifier nos habitudes. Constater la dégradation rapide des équilibres écologiques et ne pas croire en une technique ‘père Noël’ qui sait tout résoudre pour peu qu’on le veuille, c’est abandonner l’idée du Progrès, ce rêve de facilité, et pour des politiques c’est devoir dès maintenant prendre des mesures fortes. Car gouverner, c’est prévoir et non faire des paris sur des inventions à venir qui nous éviteraient de nous remettre en question. Là encore, les écologistes politiques sont-ils prêts à le faire ?

La question du contrôle social.

 
    N’oublions pas non plus que le mouvement écologiste s’est construit dans l’ambiance libertaire des années 70, non sur un refus technique du nucléaire lié aux risques provenant de la technologie employée, mais principalement sur le refus des contraintes sociales qu’impose à la société le nucléaire. C’est-à-dire le refus d’une société incapable de supporter le désordre, le refus d’une société policière … car bien évidemment le nucléaire suppose d’être surveillé.

    Alors, le mouvement écologiste d’aujourd’hui peut-il réclamer la mise en place d’un système draconien de récolte des ampoules à mercure, système qui implique nécessairement un contrôle social fort ? Coincé entre la nécessité de faire baisser la consommation électrique et ses racines libertaires, il fait l’impasse. Mais qu’il le veuille ou non, une société à moindre empreinte sur notre biotope ne pourra fonctionner qu’avec un contrôle social accru. Reparlons des déchets : si on applique le principe payeur-pollueur, la taxe d’ordures ménagères devrait être remplacée par une facturation au poids responsabilisant chaque acteur …mais à condition que certains n’aillent pas verser leurs ordures dans la campagne. 
    Comment alors échapper à la nécessité d’une surveillance sociale, d'un contrôle fait par la collectivité ?

 

    Dépenser et consommer moins, être plus contrôlé. Il y a des choix difficiles à assumer, mais les taire est encore pire. A quand le débat ?   


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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Société
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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 11:42



L'effectif exact de la population mondiale n'est évidemment  pas connu  à l'unité près, mais voici les estimations que donnent quelques sources au 1er janvier 2009.


INED                                            :   6, 788  milliards

International Data Base (US)      :   6, 751 milliards  (*)

Population data net                     :   6, 750  milliards

Worldometers                              :   6, 738  milliards

  
En un an, notre effectif s'est accru de 75 à 80 millions de personnes, soit environ 1,3 fois la population métropolitaine française. Cela correspond à une croissance journalière  d'un peu plus de  210 000 personnes soit l'équivalent des deux tiers  de la population de l'Islande.
Dans le même temps, la quasi totalité des espèces de grands mammifères à connu une évolution inverse et les espaces encore naturels ont régressé au prorata.
L'urbanisation croissante du monde ne réduit pas la pression anthropique sur  les étendues disponibles puisqu'on note simultanément une extension des surfaces cultivées.
Ceci est d'ailleurs  fort logique malgré l'aveuglement de beaucoup de mouvements écologistes qui occultent toute reflexion sur l'impact de nos effectifs.
_________________________________________________________________________
(*) Valeur soumise à caution car plus tard, au cours de l'année 2009, les données pour l'International Data Base ( c'est à dire de l' US Census Bureau, remarquable base de données par ailleurs) se trouveront  peu compatibles avec cette estimation (il y aurait eu quasiment le même nombre d'habitants à mi année 2009 qu'au premier janvier de cette même année).

Pour les années suivantes : Population mondiale au 1er janvier : 2010, 2011, 2012, 2013, 2014.

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 15:53


" Notre civilisation se trouve dans la situation de celui que la drogue tuera, qu'il continue ou qu'il cesse brusquement d'en consommer. "

James Lovelock : "La revanche de Gaia, Pourquoi la Terre riposte-t-elle ? "


Editions Flammarion (Nouvelle Biblitohèque Scientifique), Paris 2007,
Traduction de Thierry Piélat.


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Published by Didier BARTHES - dans Citations
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 09:55

 
   La récession qui pointe son nez a renvoyé à toute allure le monde économique et politique à ses vieux réflexes : La croissance d’abord, la croissance avant tout !


   Cet automatisme est de bien mauvaise augure pour les tenants de l’écologie.

   La dégradation de notre planète est fonction du produit de notre nombre par nos consommations individuelles. Or, comme réduire notre nombre reste tabou, il serait peut-être sage de ne pas augmenter nos consommations et surtout pas n’importe lesquelles à corps (planète) perdu(e).


   La plus symbolique parmi les mesures avancées en France est bien sûr la fameuse " prime à la casse " destinée à relancer le secteur automobile, par malchance, l’un des plus agressif pour l’environnement.

 

    Rappelons qu’un véritable comportement responsable consiste au contraire à faire durer les objets le plus longtemps possible. Transformer les voitures en produits de consommation courante, vite achetés, vite jetés, est le pire qu’on puisse imaginer. En outre contrairement à une idée reçue, les nouvelles automobiles ne sont pas plus respectueuses de l'environnement que les précédentes, bien au contraire. Les légers progrès réalisés dans l’efficacité des moteurs sont anéantis par l’augmentation du poids et de la puissance des véhicules. La généralisation de la climatisation achève le tableau. On doit ajouter que la limite de 160 grammes de CO2 au kilomètre, si elle donne une petite teinte écolo, favorisera plus encore la diésélisation du parc qui constitue une catastrophe en terme de pollution et de santé publique. Les particules émises par les moteurs diesels, sont extrêmement cancérigènes.


   On comprend évidemment, la légitime inquiétude de responsables économiques face aux difficultés d’un secteur important en matière d’emploi. Mais s’il s’agit d’emploi, alors, un tel ensemble de subventions aurait été beaucoup plus utile en portant par exemple sur l’isolation des bâtiments (à conditions d’utiliser des matériaux naturels et non des tonnes de mousses ou de polystyrène). On pourrait, là aussi, bâtir un secteur fort.


    On participerait ainsi à la réduction de la consommation d’énergie et l’on favoriserait l’emploi puisque ces travaux sont très consommateurs de main d’œuvre d’origine locale (il est rare d’importer du travail artisanal de l’autre bout du monde). Quant au secteur automobile on aurait pu lui donner un signal fort (oui l’expression est à la mode !) en limitant la prime aux véhicules non directement émetteurs de pollution (véhicules électriques et à air comprimé).


    La baisse actuelle du prix du pétrole offre déjà bien peu d’encouragements à économiser l’énergie, était-il bien nécessaire de relancer le secteur le plus dévastateur et le plus énergivore ?

   Remarquons enfin, que cette crise a permis de balayer d’un revers de main toutes les contraintes budgétaires hier encore sacro-saintes ! Peut-on imaginer le même type de retournement, mais cette fois pour l’environnement ?

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Published by Didier BARTHES - dans Actualités
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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 16:48

Alors que nous mettons la question démographique au cœur de la problématique écologique et que nous regrettons que ce sujet soit considéré comme pratiquement tabou au sein même de la plupart des mouvements écologistes, il est réconfortant de voir le point de vue d’un homme tel que Claude Lévi-Strauss dont on fête cette semaine le centième anniversaire.


     Dans un entretien diffusé jeudi au cours de l’émission " Ce soir ou jamais " animée par Frédéric Taddeï sur France 2, Claude Lévi-Strauss considère lui aussi que le nombre des hommes constitue la principale menace pour l’avenir de l’humanité. Après avoir constaté que notre effectif était passé d’environ 1,6 milliard lors de sa naissance en 1908 à plus de 6 milliards aujourd’hui et à bientôt 8 ou 9, l’anthropologue se dit effrayé par cette progression.


     Claude Lévi-Strauss termine l’entretien par ces propos :


" Je ne peux pas avoir beaucoup d’espoir pour un monde trop plein "


    Comment mieux dire les choses ?




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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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