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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 09:53

 

 

 

    Que penser d’une politique qui consiste à disséminer un peu partout dans nos bureaux et nos maisons un objet qui à la fois contient des matières dangereuses et émet une pollution d’ordre électromagnétique non négligeable jusqu’à une distance de 2 mètres ? A priori, vous vous dites que c’est un choix qui fait fi de l’écologie et du développement durable … Erreur ! Celui-ci s’inscrit dans le droit fil du Grenelle de l’environnement et a été adopté au niveau européen : il s’agit de supprimer progressivement dés 2009 les ampoules à incandescence et de les remplacer par des ampoules dites basse consommation qui intègrent du mercure. En clair, un choix de court terme a été effectué : moins d’énergie consommée tout de suite, mais du mercure un peu partout sans que soit mis en place un circuit de ramassage draconien des ampoules usagées, et des risques à long terme pour la santé humaine. Silence des écologistes. Est-ce un oubli ?

 


    Ce silence n’est peut-être que la résultante du mépris habituel de nos élites politiques pour la technique ; regarder concrètement ce qu’implique un changement dans la vie des gens n’est pas de leur ressort : c’est à la population civile de s’adapter et d’encaisser les méfaits générés par les impensés des choix effectués en haut lieu. Comment expliquer autrement que rien ne soit prévu pour collecter de façon systématique les ampoules à mercure distribuées à millions ? Peut-on raisonnablement parier, au vu de la dangerosité du produit, sur un comportement citoyen de tous les acteurs, quand on connaît les pourcentages très mitigés constatés dans le tri des ordures ménagères ?

 


    Il est vrai que ce silence fait suite à d’autres silences du même type. D’abord deux exemples, dans la construction. La Réglementation Thermique des bâtiments (la RT 2005, et encore plus la RT 2010) encourage les ventilations mécaniques dites double flux qui permettent de récupérer les calories présentes dans les bâtiments, donc comme pour les ampoules basse consommation, des économies d’énergie. Ce qui n’est pas dit, c’est que ces systèmes supposent à la fois une dégradation de la qualité de l’air (l’air n’aime pas les tuyaux et y perd ses ions négatifs) et une tuyauterie compliquée souvent peu accessible dans sa totalité, d’où une maintenance complète quasi impossible ce qui implique de vrais risques pour les habitants (moisissures dans les conduits, air pollué, etc.) Ici encore, le choix est dicté par la facilité et la non-prise en compte des effets à long terme, alors que d’autres solutions, plus complexes, réclamant plus d’intelligence, jouant notamment sur l’inertie des matériaux et aussi la façon d’habiter, existent.


    Les nouvelles réglementations thermiques impliquent aussi le recours accru aux matériaux isolants. Mais de sérieux doutes pèsent sur l’innocuité des isolants minéraux comme la laine de verre, particulièrement utilisée en France. Sans compter que ce type de produit consomme tant d’énergie lors de sa fabrication que son rendement en est grandement compromis, certains calculs allant jusqu’à montrer que l’opération dans la durée est quasi nulle. Mais avez-vous entendu un appel solennel des écologistes à éviter ces techniques, ces produits ?

 


    Encore un exemple ? Alors parlons de l’aide apporté par l’état qui finance la moitié du prix des poêles à bois ? Est-ce raisonnable d’encourager au nom de l’écologie un mode de production de chaleur qui génère l'émission de particules dangereuses, sans imposer dans un même mouvement l’installation de filtres à particules ? Mais pourtant nulle protestation de la part des écologistes.

 


    Ces points sont techniques, et après tout les écologistes ne sont sans doute que des politiques comme les autres, même si on avait pu espérer que l’écologie soit porteuse d’autres valeurs et d’autres attitudes, plus proches du réel et de la vie des gens. Mais au-delà de l’explication traditionnelle pour le mépris de la technique de nos politiques, il n’est pas interdit de chercher d’autres raisons à ce silence des écologistes.

 


    Car les exemples précités heurtent certaines croyances écologistes.

 

    D’abord, ils remettent en cause l’idée que l’évolution vers une société à moindre empreinte écologique puisse se faire sans efforts significatifs de l’ensemble de la population. Installer des filtres à particules pour le chauffage à bois coûte cher, actuellement 1500 euros par filtre. Utiliser des produits naturels pour isoler comme la laine de bois, le chanvre ou le liège coûte cher, bien plus cher que le polystyrène et les laines minérales, et s’il faut les accompagner d’une pose précise et soigneuse pour éviter les ponts thermiques, cela implique une forte augmentation du nombre d’heures de travail dans la construction et là aussi des coûts croissants. Poser des briques de terre crue, cela renforce la capacité des maisons à stocker la chaleur en hiver et la fraîcheur en été, cela régule l’humidité et accroît le sentiment de confort, mais c’est cinq fois plus long que de poser une simple cloison. Installer un poêle de masse, c’est au minimum dix mille euros. Si on choisit de bons matériaux, sains pour la santé, si on choisit des techniques durables, on ne peut pas faire croire que la mise aux normes ‘basse consommation’ de nos habitats anciens et futurs pourra être simplement financée par les économies d’énergie générées calculées sur le prix actuel moyen de l’énergie. Cela suppose que la part dévolue au logement dans le budget des ménages va sensiblement augmenter, vraisemblablement au détriment des loisirs ou de l’habillement, la nourriture risquant là aussi de voir sa part s’accroître. Cela signifie que les politiques et notamment les écologistes doivent annoncer qu’une politique écologique va heurter nettement les habitudes actuelles de consommation. Sont-ils prêts à le faire ?

 


    S’interroger sur la pertinence de la technologie des ampoules basse consommation, c’est aussi s’interroger sur notre croyance en la capacité rapide de la R&D de trouver des solutions économes dans un délai proche. Peut-être pouvons-nous nous rappeler les leçons de Jacques Ellul et garder un œil critique sur les propositions des scientifiques et des industriels, même si ces propositions économisent l’énergie …quitte en attendant à modifier nos habitudes. Constater la dégradation rapide des équilibres écologiques et ne pas croire en une technique ‘père Noël’ qui sait tout résoudre pour peu qu’on le veuille, c’est abandonner l’idée du Progrès, ce rêve de facilité, et pour des politiques c’est devoir dès maintenant prendre des mesures fortes. Car gouverner, c’est prévoir et non faire des paris sur des inventions à venir qui nous éviteraient de nous remettre en question. Là encore, les écologistes politiques sont-ils prêts à le faire ?

La question du contrôle social.

 
    N’oublions pas non plus que le mouvement écologiste s’est construit dans l’ambiance libertaire des années 70, non sur un refus technique du nucléaire lié aux risques provenant de la technologie employée, mais principalement sur le refus des contraintes sociales qu’impose à la société le nucléaire. C’est-à-dire le refus d’une société incapable de supporter le désordre, le refus d’une société policière … car bien évidemment le nucléaire suppose d’être surveillé.

    Alors, le mouvement écologiste d’aujourd’hui peut-il réclamer la mise en place d’un système draconien de récolte des ampoules à mercure, système qui implique nécessairement un contrôle social fort ? Coincé entre la nécessité de faire baisser la consommation électrique et ses racines libertaires, il fait l’impasse. Mais qu’il le veuille ou non, une société à moindre empreinte sur notre biotope ne pourra fonctionner qu’avec un contrôle social accru. Reparlons des déchets : si on applique le principe payeur-pollueur, la taxe d’ordures ménagères devrait être remplacée par une facturation au poids responsabilisant chaque acteur …mais à condition que certains n’aillent pas verser leurs ordures dans la campagne. 
    Comment alors échapper à la nécessité d’une surveillance sociale, d'un contrôle fait par la collectivité ?

 

    Dépenser et consommer moins, être plus contrôlé. Il y a des choix difficiles à assumer, mais les taire est encore pire. A quand le débat ?   


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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Société
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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 11:42



L'effectif exact de la population mondiale n'est évidemment  pas connu  à l'unité près, mais voici les estimations que donnent quelques sources au 1er janvier 2009.


INED                                            :   6, 788  milliards

International Data Base (US)      :   6, 751 milliards  (*)

Population data net                     :   6, 750  milliards

Worldometers                              :   6, 738  milliards

  
En un an, notre effectif s'est accru de 75 à 80 millions de personnes, soit environ 1,3 fois la population métropolitaine française. Cela correspond à une croissance journalière  d'un peu plus de  210 000 personnes soit l'équivalent des deux tiers  de la population de l'Islande.
Dans le même temps, la quasi totalité des espèces de grands mammifères à connu une évolution inverse et les espaces encore naturels ont régressé au prorata.
L'urbanisation croissante du monde ne réduit pas la pression anthropique sur  les étendues disponibles puisqu'on note simultanément une extension des surfaces cultivées.
Ceci est d'ailleurs  fort logique malgré l'aveuglement de beaucoup de mouvements écologistes qui occultent toute reflexion sur l'impact de nos effectifs.
_________________________________________________________________________
(*) Valeur soumise à caution car plus tard, au cours de l'année 2009, les données pour l'International Data Base ( c'est à dire de l' US Census Bureau, remarquable base de données par ailleurs) se trouveront  peu compatibles avec cette estimation (il y aurait eu quasiment le même nombre d'habitants à mi année 2009 qu'au premier janvier de cette même année).

Pour les années suivantes : Population mondiale au 1er janvier : 2010, 2011, 2012, 2013, 2014.

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 15:53


" Notre civilisation se trouve dans la situation de celui que la drogue tuera, qu'il continue ou qu'il cesse brusquement d'en consommer. "

James Lovelock : "La revanche de Gaia, Pourquoi la Terre riposte-t-elle ? "


Editions Flammarion (Nouvelle Biblitohèque Scientifique), Paris 2007,
Traduction de Thierry Piélat.


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Published by Didier BARTHES - dans Citations
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 09:55

 
   La récession qui pointe son nez a renvoyé à toute allure le monde économique et politique à ses vieux réflexes : La croissance d’abord, la croissance avant tout !


   Cet automatisme est de bien mauvaise augure pour les tenants de l’écologie.

   La dégradation de notre planète est fonction du produit de notre nombre par nos consommations individuelles. Or, comme réduire notre nombre reste tabou, il serait peut-être sage de ne pas augmenter nos consommations et surtout pas n’importe lesquelles à corps (planète) perdu(e).


   La plus symbolique parmi les mesures avancées en France est bien sûr la fameuse " prime à la casse " destinée à relancer le secteur automobile, par malchance, l’un des plus agressif pour l’environnement.

 

    Rappelons qu’un véritable comportement responsable consiste au contraire à faire durer les objets le plus longtemps possible. Transformer les voitures en produits de consommation courante, vite achetés, vite jetés, est le pire qu’on puisse imaginer. En outre contrairement à une idée reçue, les nouvelles automobiles ne sont pas plus respectueuses de l'environnement que les précédentes, bien au contraire. Les légers progrès réalisés dans l’efficacité des moteurs sont anéantis par l’augmentation du poids et de la puissance des véhicules. La généralisation de la climatisation achève le tableau. On doit ajouter que la limite de 160 grammes de CO2 au kilomètre, si elle donne une petite teinte écolo, favorisera plus encore la diésélisation du parc qui constitue une catastrophe en terme de pollution et de santé publique. Les particules émises par les moteurs diesels, sont extrêmement cancérigènes.


   On comprend évidemment, la légitime inquiétude de responsables économiques face aux difficultés d’un secteur important en matière d’emploi. Mais s’il s’agit d’emploi, alors, un tel ensemble de subventions aurait été beaucoup plus utile en portant par exemple sur l’isolation des bâtiments (à conditions d’utiliser des matériaux naturels et non des tonnes de mousses ou de polystyrène). On pourrait, là aussi, bâtir un secteur fort.


    On participerait ainsi à la réduction de la consommation d’énergie et l’on favoriserait l’emploi puisque ces travaux sont très consommateurs de main d’œuvre d’origine locale (il est rare d’importer du travail artisanal de l’autre bout du monde). Quant au secteur automobile on aurait pu lui donner un signal fort (oui l’expression est à la mode !) en limitant la prime aux véhicules non directement émetteurs de pollution (véhicules électriques et à air comprimé).


    La baisse actuelle du prix du pétrole offre déjà bien peu d’encouragements à économiser l’énergie, était-il bien nécessaire de relancer le secteur le plus dévastateur et le plus énergivore ?

   Remarquons enfin, que cette crise a permis de balayer d’un revers de main toutes les contraintes budgétaires hier encore sacro-saintes ! Peut-on imaginer le même type de retournement, mais cette fois pour l’environnement ?

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Published by Didier BARTHES - dans Actualités
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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 16:48

Alors que nous mettons la question démographique au cœur de la problématique écologique et que nous regrettons que ce sujet soit considéré comme pratiquement tabou au sein même de la plupart des mouvements écologistes, il est réconfortant de voir le point de vue d’un homme tel que Claude Lévi-Strauss dont on fête cette semaine le centième anniversaire.


     Dans un entretien diffusé jeudi au cours de l’émission " Ce soir ou jamais " animée par Frédéric Taddeï sur France 2, Claude Lévi-Strauss considère lui aussi que le nombre des hommes constitue la principale menace pour l’avenir de l’humanité. Après avoir constaté que notre effectif était passé d’environ 1,6 milliard lors de sa naissance en 1908 à plus de 6 milliards aujourd’hui et à bientôt 8 ou 9, l’anthropologue se dit effrayé par cette progression.


     Claude Lévi-Strauss termine l’entretien par ces propos :


" Je ne peux pas avoir beaucoup d’espoir pour un monde trop plein "


    Comment mieux dire les choses ?




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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 14:42

    L’installation de l’écologie au cœur des débats de société a généré une véritable explosion du nombre de sites sur internet. L’exhaustivité est impossible, aussi en avons nous sélectionné quelques-uns uns en rapport avec les thèmes habituellement évoqués sur economiedurable.

La clarté, le sérieux et  la richesse du contenu nous ont guidé dans nos choix.

 
Manicore


    Le site Manicore de M. Jean-Marc Jancovici est particulièrement riche, vous y trouverez des données nombreuses et une vision argumentée des principales menaces qui planent sur notre Terre. L’ensemble se présente sous forme d’une suite d’articles traitant (entre autres) des questions climatiques, de la problématique de l’énergie sous tous ses aspects et notamment de la déplétion pétrolière. Si vous disposez d’un peu de temps, quelques-uns une des conférences données par l’auteur sont mises en ligne. Toutes sont passionnantes, mais celles réalisées à l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris (8 conférences de deux heures chacune !) sont évidemment les plus complètes.

Démographie

    La question démographique est au coeur de la problématique écologique (même si de nombreux écologistes ne veulent pas en entendre parler). Enrayer l'explosion démographique est un impératif,Quelques mouvements se forment pour faire partager leur point de vue sur cet objectif: Ainsi l'association Démographie Responsable milite pour la réduction de la natalité et propose quelques pistes.
     Vous trouverez par ailleurs sur le site de 
l'Institut National d'Etudes Démographiques  (INED beaucoup de données statistiques sur le sujet.  Le site International Data Base (Etats Unis) est  également  extrèmement riche, vous pouvez par exemple obtenir pour tous les pays du monde la pyramide des âge pour l'année que vous souhaitez.


Pétrole et Energie

    Nous proposons ensuite plusieurs renvois vers des sites spécifiquement consacrés à la future déplétion pétrolière. L’ASPO (Association for Study of the PeakOil) regroupe beaucoup de scientifiques et de responsables ou souvent ex-responsables de l’industrie pétrolière. Le site français (ASPO France) propose une lettre d’information publiée sept ou huit fois par an. Le site de l’ASPO International est beaucoup plus complet mais … il est en anglais.

 

    Les deux sites suivants  : Oleocene " et le Loup derrière la porte " sont très bien conçus et riches d’enseignements. Oleocene " vous proposera de nombreux renvois. le Loup derrière la porte  " malgré son titre ressemblant à celui d’un livre d’enfant est de très bon niveau et particulièrement fourni. On y trouve des données statistiques à jour et judicieusement sélectionnées. Pour ceux qui disposent de moins de temps, nous recommandons l’article de Wikipedia sur le pic pétrolier.

 

 Développement durable, réflexion sur la croissance 


    Deux sites sont dédiés aux questions du développement durable (mais développement est-il le bon mot ?): Cdurable et Notre Planète Info Vous trouverez ici des nouvelles et des éléments sur les débats qui animent ces thèmes de réflexions. Notre planète Info présente également de nombreux livres.

 

    On ne peut réfléchir à l’avenir de la planète sans poser le problème de la croissance. Un partie (mais sans doute pas la majorité) de la mouvance écologiste estime d’ailleurs que là se situe le fond du problème et qu’il n’y aura pas d’économie respectueuse de l’environnement sans remise en cause de cette véritable religion de nos sociétés. Ce sont les partisans de la décroissance. Au sein de cette mouvance les débats sont intenses, certains incluent la démographie d’autres rejettent catégoriquement la question et ne veulent considérer que l’économie. Décroissance.org est l’un des sites consacrés au sujet.


Respect des animaux 


     Enfin le combat écologique est un tout. Il ne prend guère de sens si fondamentalement nous ne changeons pas d’attitude envers la planète. Si nous ne regardons pas avec respect et tendresse toutes les espèces qui y vivent. Comment dans ce cadre peut-on disposer de la vie des animaux pour son simple (et cruel) plaisir ? Vous trouverez un accès au site du Rassemblement des Opposants à la Chasse, la ligue ROC, Cette association est aujourd’hui présidée par le célèbre astrophysicien Hubert Reeves.

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Published by Didier BARTHES - dans Bibliographie
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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 09:38

Le mensuel  Science et Vie fait un point dans son numéro de novembre 2008 (numéro 1094, page 72) sur les réserves pétrolières dans l’Arctique.
Ces réserves sont l’objet d’importants débats. Selon les plus " optimistes ", elles s’élèveraient à 90 milliards de barils (avec une probabilité de 50 % pour que ce montant soit atteint). C’est évidemment très important mais ne correspond toutefois qu’à 3 ans de consommation mondiale et ne change en rien la problématique énergétique de la planète. D’autres comme Jean Lahererre, cofondateur de l’ASPO estiment que la probabilité que le sous sol de l’océan glacial recèle de telles quantités n’atteint sans doute que 5 % et que l’on doit plutôt compter sur 10 milliards de barils (3 à 4 mois de consommation mondiale).

En tout état de cause, ces réserves posent de nombreux problèmes. Tout d’abord leur combustion, bien sûr, s’ajouterait à celle des quantités existantes et augmenterait d’autant la pollution. En second lieu les conditions extrêmes (froid, profondeur…) pourraient être source de marées noires (rupture de canalisation, accidents de navires liés aux icebergs ou à la banquise, d’autant que le trafic maritime serait en forte augmentation).
Enfin l’Arctique est un lieu fragile. Le froid ralentit les processus de décomposition et une marée noire aurait des effets de très long terme. La lutte contre une telle catastrophe serait elle même particulièrement difficile, certaines zones étant couvertes de glace une bonne partie de l’année (voir en permanence mais le réchauffement climatique devrait changer cela !)

 

 

De son coté Sciences et Avenir (numéro 74,  novembre 2008, page 38), évoque la question des hydrates de méthane et fait part d’inquiétantes nouvelles. Sous le titre "   La bombe à méthane est amorcée " la revue relate les découvertes d’une équipe suédoise selon laquelle on noterait une concentration inhabituelle de méthane dissous dans l’océan.

Cette concentration serait liée à un dégazage de méthane sur le plateau continental sibérien. On sait que le relâchement des immenses réserves de méthane sous les fonds marins (sous la forme d’hydrate de méthane) ou dans le permafrost sur Terre, constitue l’une des grandes menaces écologiques pour les siècles à venir. Le réchauffement climatique, pourrait favoriser ces dégazages et entraîner une très forte augmentation de la concentration du méthane dans l’atmosphère. Ce processus aurait déjà eu lieu plusieurs fois dans l’histoire de la planète et pourrait être à l’origine de brutaux épisodes de réchauffement tant le méthane est un gaz à effet de serre efficace.

C’est là la double illustration de ce qu’on appelle un effet de seuil et une spirale infernale. Au dessus d’un certain niveau des températures, le méthane stocké se libère et cette libération entraîne à son tour une augmentation de l’effet de serre et par là à nouveau des températures.
Les hausses peuvent alors s’avérer extrêmement importantes et changer complètement la face de la biosphère. Attention quand même au catastrophisme systématique. Si le mécanisme est enclenché, le danger potentiel est extrême mais les faits doivent encore être confirmés et plus précisément chiffrés par d’autres recherches.

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Published by Didier BARTHES - dans Revue de presse
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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 08:54

Bonus malus abusus ! 

 

Mondial de l’automobile, et déjà 10 mois d’expérience du bonus malus : c’est le moment de s’interroger sur ce dispositif au service du développement durable mis en place par le tandem Jean-Louis Borloo-Nathalie Kosciusko-Morizet dans la foulée du Grenelle de l’environnement.

A première vue, c’est un succès : la part des petites voitures a nettement augmenté au détriment des grosses automobiles, plus rapides, plus lourdes et donc plus polluantes. Succès si important que l’équilibre financier du dispositif initialement prévu – les malus finançant les bonus distribués – a été mis à mal et que l’Etat y est de sa poche.

A tout le moins, si on déclare se situer dans une logique de long terme, il faudrait exiger que toute redistribution financière à fin d’orienter les choix des consommateurs d’une activité polluante, même s’il s’agit d’en réduire ses effets, soit financée par les consommateurs de cette activité eux-mêmes. Le système de bonus malus automobile doit s’équilibrer, sinon il fonctionne comme une pompe qui marche à l’envers et se transforme en mode de subvention à une consommation polluante, un bonus malus abusus !

Autre interrogation : est-il malin de la part des Pouvoirs publics de qualifier d’écologique et d’encourager les Français à acheter une voiture qui va générer lors de sa durée de vie, comme signalé plus haut, environ 25 tonnes de CO2 ; et qui devra fonctionner au diesel ou à l’essence jusqu’en 2023, terme prévisible de son fonctionnement ? Outre que l’on produit une pollution du langage à qualifier une telle voiture d’écologique, on lance les consommateurs dans une impasse économique, car nous savons tous que l’économie du pétrole ne permettra pas de circuler à bon compte dans les années 2015-2020 avec du diesel ou de l’essence. Or l’achat d’une voiture est un achat lourd, structurant et engageant pour le budget des ménages ; en l’absence d’une rupture technologique nécessaire (voiture légère, moteur Stirling à air comprimé, etc.), il serait plus prudent pour les consommateurs de faire durer leur voiture actuelle encore quelque temps et de garder leur argent ou de l’investir par exemple dans une meilleure isolation de leur logement. Cela aurait aussi pour vertu de mettre les constructeurs automobiles sous tension, car il faut bien reconnaître qu’ils ne se pressent pas de s’adapter aux contraintes écologiques. Qu’attendent-ils, sans attendre de miracles en R&D, pour produire dés maintenant des voitures légères, conçues avec une vitesse de pointe de 120 km/h, ce qui permettrait d’économiser sur le système de freinage, les pneumatiques, la motorisation, en fait sur la totalité de la voiture ?

Allons plus loin encore ! Et constatons que se déplacer en automobile a un coût élevé pour la planète. Sans oublier qu’aujourd’hui l’automobile n’est pas zappable, voici quelques suggestions d’action pour tous ceux qui veulent se situer dans une logique de long terme.  

Pourquoi ne pas garder le principe du bonus malus, mais en l’étendant à la logique du déplacement ? En d’autres termes, passer du bonus malus automobile au bonus malus déplacement ; donc taxer les voitures les plus polluantes comme aujourd’hui et utiliser cet argent pour encourager les modes de circulation propres en finançant par exemple l’amélioration des trains de banlieue, ou des pistes cyclables et des parkings à vélo, ou en multipliant les voies piétonnes. Et pour les voitures actuellement objet d’un bonus se contenter d’une absence de taxe.

Pourquoi ne pas interdire la publicité pour les voitures, comme on l’a fait pour le tabac ? Il faut sortir de notre imaginaire ‘le désir de voiture’, cela à terme aura des conséquences sur cette consommation-là. Bien sûr, cela va poser un problème à nos constructeurs automobiles ; alors prévenons les au plus vite qu’ils doivent s’adapter et/ou se diversifier, un peu comme les grands groupes pétroliers sont en train de se transformer en spécialistes de l’énergie.

Pourquoi ne pas baisser immédiatement la vitesse maximale à 120 ou même 110 km/h sur les autoroutes, comme il en était question au Grenelle de l’environnement ?  

Pourquoi ne pas imposer aux villes de plus de 5000 habitants la création d’une zone sans voitures significative ?

Pourquoi plus globalement ne pas réfléchir en terme de néga-kilomètres, comme certains le font en matière d’énergie avec les néga-watts ? Autrement dit, il faut favoriser le non-déplacement ou minimiser les distances à parcourir. Ce qui suppose de réfléchir en profondeur à l’aménagement de nos territoires. Une épicerie qui ferme dans un quartier, combien de km en voiture ? Combien de tonnes de CO2 ? Réfléchir en néga-kilomètres, c’est assez vite penser à établir une taxe carbone significative pour obliger chacun à faire ses choix en matière de situation du logement et/ou du travail, et de déplacements pour les courses, les promenades ou les vacances. Qu’est ce qu’une taxe carbone significative ? Une taxe qui oblige à faire des vrais choix, donc d’un montant d’au moins 50 centimes par litre de carburant pour commencer, et qui devrait doubler d’ici à 5 ans. En contrepartie, les sommes collectées doivent être utilisées à baisser les impôts pour rester à niveau de prélèvement constant et à aider les ménages déstabilisés par ce changement à s’adapter. Cela peut nous affecter fortement dans notre vie quotidienne, dans notre niveau de vie, cela ne sera pas facile, mais ne rien faire aujourd’hui sera encore plus pénalisant demain, et d’abord pour les plus fragiles d’entre nous.

Encore un mot, remettre en question les déplacements automobiles d’aujourd’hui n’est pas vouloir un monde immobile et fermé sur lui-même. C’est plutôt notre monde, en formatant, en uniformisant, qui tue la diversité, qui tue le voyage et la découverte de l’autre. Eviter les déplacements inutiles et polluants, éviter de passer une partie importante de son temps à financer une voiture prise quotidiennement dans les embouteillages comme le dénonçait déjà Ivan Illich il y a plus de trente ans, c’est aussi gagner du temps pour voyager et découvrir le monde.

 

Cet article fait partie d’une série de trois articles sur le thème du déplacement ; les deux prochains aborderont la question du transport de marchandises et la question du transport aérien.

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Published by Jean Christophe VIGNAL - dans Transports
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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 08:52

On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré.

 

Au moment où tant de personnages politiques vantent, la science et la croissance pour nous sortir de l’impasse écologique dans laquelle se trouve le monde, cette petite phrase attribuée à Albert Einstein et citée (entre autres) par Paul Ariès dans " Décroissance ou Barbarie " me semble devoir être méditée !

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Published by Didier BARTHES - dans Citations
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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 06:17

France 5 diffuse ce jeudi 9 octobre à 15 h 35 une émission intitulée :


                                  Vent de fronde contre l’éolien.


Si les éoliennes ont la cote auprès des écologistes elles suscitent de plus en plus d’opposition de la part des riverains ou tout simplement des défenseurs des paysages.

L’éolien, source intéressante pour les lieux isolés (encore que son intermittence suppose l’existence de moyens de stockage du courant) constitue également une technologie  qui serait parfaite dans un monde peu gourmand en énergie.

Dans un pays comme la France, très consommateur, l’essentiel de l’électricité est fournie par le nucléaire (sans émission de Gaz à effet de serre). Dans ce cadre, doit-on effectivement sacrifier tant de paysages et raccorder au réseau des milliers d’éoliennes dont l’apport restera finalement marginal face aux grandes centrales électriques ? De récentes études montre que les oiseaux sont fortement victimes des pales géantes.

Rien n’est simple en matière d’environnement, et les solutions les plus sympathiques ne résistent pas toujours à l’analyse.

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Published by Didier BARTHES - dans Télévision
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  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
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