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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 17:06

Le mensuel Science et Vie intitule son "Hors-série" de juin 2008: Construire un monde durable ( trimestriel hors-série numéro 243).

Le titre de l’éditorial : Planète finie, pose le problème avec justesse et concision. L’ensemble est complet et bien conçu. On y retrouve toutes les grandes questions qui décideront de notre avenir : Pollution, agriculture, biodiversité énergie, urbanisme…
Seul regret,  la problématique démographique n’est véritablement abordée que sur un quart de page. Les lecteurs de ce blog savent que nous mettons ce sujet au cœur de la réflexion écologique. Si nous ne maîtrisons pas la démographie, tous les efforts et tous les progrès réalisés par ailleurs seront anéantis. Il ne sert à rien de polluer chaucun deux fois moins  si nous sommes deux fois plus nombreux. Au mieux nos efforts ne retarderont ainsi que de quelques années l’effondrement écologique de la planète.

Une jolie phrase  extraite de l’interview du socio-anthropologue Alain Gras : " Aujourd’hui, la seule condition de survie réside dans l’établissement d’un rapport plus humble avec la planète ". Oui, c’est bien là ce qui doit guider toute la démarche de l’humanité.
Le temps de la domination et de sa glorification est révolu.

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 09:25

Le 26 mai, l’émission " C dans l’air "  animée  sur France 5 par Yves Calvi était consacrée à la hausse des produits pétroliers et en particulier à celle du gasoil dont on sait qu’il bénéficie d’une faveur croissante chez les automobilistes. Plusieurs économistes étaient invités.

Le ton a été donné dés l'une des premières phrases de l’un d’entre eux.

" Ce n'est pas une question de géologie, les réserves on les a ". a-t-il dit

Cette sentence assénée comme une vérité résume et illustre à elle seule l’incompréhension des économistes envers la crise écologique qui touche notre planète.

La science économique s’est bâtie sur un ensemble de théories où la valeur était une mesure du travail incorporé. Les biens fournis par la nature n’ont jamais été considérés comme des richesses et seul l’effort pour se les approprier pouvait être considéré comme partie intégrante de leur valeur. Leur prix qui est une notion différente pouvant par ailleurs être fixé par l’équilibre offre / demande sur les marchés.

Il résulte de cette approche que tous les biens naturels sont exclus du domaine de l’économie et que les économistes s’intéressent peu aux contraintes matérielles qui s’y rattachent et en tout cas pas à leur éventuelle disparition. Si les ressources naturelles deviennent plus rares ou plus difficiles d’accès alors leur valeur et leur prix augmentent mais ont peut toujours se les procurer par plus d’investissement ou plus de travail ( plus de " production ").

Les limites de la nature sont inconnues de l’économiste, seul compte le travail et l’investissement.

Poursuivant ses affirmations l’intervenant a donc attribué la hausse des prix au comportement des hommes : Les investissements dans le domaine du raffinage sont insuffisants et les pays producteurs préfèrent garder leur réserves plutôt que les vendre aujourd’hui car ils anticipent encore une hausse durable (ce que l’on peut considérer au choix comme de la spéculation ou bien comme une marque de sagesse ou peut-être comme les deux).

Tout cela est juste mais relève d’une cause intermédiaire.

Ce que ne veulent pas comprendre les économistes est que ces attitudes ont justement pour origine un manque physique de pétrole (relativement à notre demande qui atteint environ 85 millions de barils par jour). Si le pétrole était durablement abondant (à ce rythme de production), aucun de ces comportements n’aurait de sens et ne serait tenable plus de quelques temps. La tendance haussière n’aurait aucune raison d’exister et ne serait donc pas anticipée.

 

Nous allons manquer de pétrole et les acteurs du secteur le savent beaucoup mieux que les professeurs d’économie (cf. notre article sur la journée Panorama 2008 organisée par l’IFP)

Aucune méthode ne permettra de faire face au manque physique. Dans quelques décennies d’ailleurs la plupart des gisements accessibles requerront pour leur exploitation plus d’énergie qu’ils ne seront susceptibles d’en restituer. Dans ces conditions de rendement négatif le pétrole ne sera jamais rentable, à n’importe quel prix. En cela le raisonnement valable pour d’autres matières premières ne peut être appliqué aux produits énergétiques qui demandent de leur propre matière pour être exploités.

 

Cette déconnexion de l’économie d’avec le monde naturel est source de bien des incompréhensions et risque d’opposer longtemps l’économie à l’écologie.

 

Les réserves de pétrole sont loin d’être infinies, elles sont précieuses et mieux vaudrait les préserver pour des usages où elles sont difficilement remplaçables que de demander leur exploitation plus intensive. Cela ne fera que rendre la crise plus proche et plus brutale et nous laissera moins de temps pour trouver des alternatives.

N’oublions pas qu’à trop suivre certains des concepts chers aux économistes nous arrivons vite à des absurdités, ainsi dans un monde où l’air serait payant nous serions plus riches puisque le PIB augmenterait.

Peut-être l’économie est-elle une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls économistes ?

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Published by Didier BARTHES - dans Energie
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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 08:02


Une bien belle idée : Des lions et des éléphants en Amérique.

 

    Le lion et l’éléphant, le roi et le plus grand des mammifères terrestres sont pour nous des symboles de l’Afrique. C’est là pourtant une restriction géographique bien récente. Il y seulement 50 000 ans, une goutte d’eau à l’échelle de l’histoire de la vie, ce que l’on appelle la mégafaune peuplait toutes les terres de la planète, Amérique comprise bien entendu. Beaucoup de vestiges y ont d’ailleurs été découverts.

    De plus en plus d’indices laissent penser que c’est l’arrivée de l’homme il y a environ 13 000 ans pour les vagues migratoires les plus significatives qui a précipité la disparition de tous ces grands animaux. Par leurs effectifs restreints ces espèces sont fragiles et une chasse intensive peut facilement les éliminer.

   Curieux et heureux retournement des choses, le mensuel " Pour la Science " nous apprend dans son numéro de juin 2008 (n° 368, p74) que certains chercheurs forment le projet de réintroduire ces splendides animaux sur le continent américain.


   L’opération s’appuierait sur l’expérience acquise lors de précédentes réintroductions comme celle du loup gris, qui fut un succès et constitue désormais un classique du genre fort commenté dans la littérature écologique. Les animaux seraient parqués dans de grandes réserves et non en totale liberté pour assurer leur protection et éviter les problèmes de voisinage avec la population humaine.

  
    Il est intéressant de souligner que les Etats Unis et le Canada qui par leur mode de vie, constituent la bête noire et la cible de la plupart des écologistes du monde sont néanmoins par la relative faiblesse de leur densité démographique (avec la Russie qui fait mieux encore parmi les pays développés) les seuls pays à permettre ce genre d’opération. C’est là une sagesse (ou un état de fait) qu’il faut méditer. L’absence de surpopulation est une condition sine qua non de la protection de la faune et l’Amérique du Nord est bien placée quoi qu’en pense une certaine mouvance écologiste.


    L’auteur de l’article souligne avec justesse que pour inverser la tendance, (tendance à l’aggravation de la situation des espèces menacées) : "  l’action audacieuse doit devenir la règle. " 
    Voilà une remarque que nous reprenons à notre compte pour la plupart des questions relatives à la protection de la nature. Les demi-mesures n'apporteront rien d'autre qu’un bref répit.

.

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Published by Didier BARTHES - dans Biodiversité
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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 09:41

 

 

    Si tout travail mérite salaire et si toute profession à droit à s’exercer dans de justes conditions de concurrence, l’idée de faire bénéficier les pêcheurs de gasoil sous taxé ou même subventionné par un mécanisme quelconque relève de l’hérésie.


    Nous sommes dans un monde qui dispose de moins en moins de poissons et de moins en moins de pétrole et nous nous apprêtons à donner des subventions pour pêcher du poisson avec du pétrole !


     Cela ressemble à un médecin qui devant un malade souffrant d’un cancer du poumon lui ordonnerait de doubler sa consommation de tabac. Voilà certes une façon de régler plus vite le problème, mais la pire !

    Avec ce genre de politique qui illustre bien comme le monde politique n’a encore rien saisi de la nature de la crise qui se profile, nous allons nous retrouver sans poisson, sans pétrole et … sans pêcheur !


    Il faut payer les produits à leur juste coût, si le poisson coûte cher à cause de sa rareté et à cause du prix du pétrole alors nous devons le payer à ce prix, aucune autre solution ne sera durable.


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Published by Didier BARTHES - dans Actualités
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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 10:39

Vive le pétrole cher !

Ainsi commence enfin l’éditorial d’un magazine grand public !

Dans son hors série numéro 154 ( mai - juin 2008), le mensuel Science et Avenir offre un large panorama de la question automobile sous les contraintes croisées de l’écologie et de la future déplétion pétrolière.

On y trouvera quelques éléments sur le rôle de la voiture dans la société et sur le symbole qu’elle constitue, mais on découvrira surtout une excellente synthèse des réflexions sur son avenir.

Le dossier consacré à la voiture électrique dont on annonce le grand retour est fort complet : Autonomie, temps de recharge, fiabilité, politique des flottes, tous les sujets sont abordés.

Les biocarburants comme les voitures hybrides en prennent pour leur grade. Il est vrai que leurs supposés avantages résistent mal à une analyse approfondie. Ces questions d’ailleurs ont été évoquées dans d’autres articles de ce blog et nos conclusions vont dans le même sens (voir, : "Les dérives de la publicité" et "Energies renouvelables: pas de naïveté").

Rappelons aussi que beaucoup de solutions existent déjà. Ainsi le moteur à air comprimé (commercialisé par la société MDI) et la voiture électrique dans son état de développement actuel sont dors et déjà capables de répondre à nombre de nos besoins, la quasi-totalité des déplacements urbains en particulier. Seules les conditions de recharge surtout pour l’électrique sont encore un peu délicates pour les personnes en appartement.

En un mot des articles instructifs qui formeront une bonne base de réflexion pour qui s’intéressent à ces questions.

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 14:25

2030 le krach écologique,  Geneviève FERONE, Grasset 2008

 

Selon Geneviève Ferone  à l'aproche des années 2030, la planète se trouvera sous le feu de  crises concomitantes: l’écologie, la démographie, l’énergie et la croissance.

Ce livre constitue l’une des nombreuses démonstrations prouvant que « nous allons dans le mur ». Démonstration hélas si peu écoutée du monde politique.

 

On y trouve des remarques intéressantes :

 

La question démographique, sujet si souvent tabou, est assez largement évoquée. Une réserve cependant, l’ouvrage part de l’hypothèse selon laquelle nous serons 7 milliards en 2030. Erreur, ce sera en 2012 environ, nous y sommes presque, il y a déja 6,7 milliards. d'être humains sur la Terre.

 

Mme Ferone souligne avec justesse que les premiers pays qui prendront des mesures (par exemple sur la taxation de l'énergie) seront également les premiers pénalisés sur le plan de la compétitivité économique, ceci constitue un hanicap sérieux envers les initiatives en la matière.

 

L'auteur s'attaque courageusement au  « politiquement correct » qui nous interdit de mettre en garde les pays en voie de développement sur leurs atteintes à l’environnement sous prétexte que nous l’avons fait avant eux (Rappel : la révolution industrielle a eu lieu en Europe dans un monde de  un milliard  d’habitants et non de sept et bientôt dix milliards, aussi les conditions sont elles bien différentes et la position de Genevieve Ferone plutôt bienvenue).

 

Le livre souligne le peu d’efficacité de mesures qui seraient prises sans inclure des pays comme la Chine et l’Inde. A quoi cela sert-il que nos voitures consomment quelques pour cent de moins si la Chine double son parc automobile ou construit une à deux centrales à charbon par semaine ? C'est là un véritable problème !

 

Deux légères critiques cependant :

 

Il manque quelques données chiffrées qui fixeraient les idées du lecteur sur les ordres de grandeur en matière de production et de population. le livre s’appuie sur des références qui ne sont pas rappelées. Il en est de même pour les questions climatiques qui sont évoqués mais de façon trop superficielle. La question est beaucoup plus complexe que cet ouvrage ne le laisse supposer.

 

En second lieu les mesures préconisées sont un peu floues, la décroissance n’est pas étrillée comme souvent mais Geneviève Ferone la dit incapable de résoudre les choses à court terme et souligne qu’elle sera mal acceptée par les nouveaux acteurs de la croissance (on veut bien le croire). De la même façon tous les échecs du  protocole de Kyoto sont lourdement mis en évidence et en conclusion  l’auteur nous dit que cet accord n’est pas un échec (sans que ce soit seulement au sens du symbole). Alors on ne sait plus très bien ce qu’il faut faire ! On ne sait pas non plus si Geneviève Ferone considère la technologie comme une solution ou comme une fuite en avant, il est vrai qu’il y a peut être un peu des deux.

 

Malgré ces petites réserves, encore un livre nécessaire pour prendre conscience du problème.

 

Vous retrouverez cette critique et celles d’autres livres (plus brèves pour l’instant) dans la rubrique bibliographie.

 

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 14:21

La hausse continue des prix des matières premières et de l’énergie  (le pétrole dépasse aujourd’hui les 110 $ le baril) a poussé quelques revues à évoquer la question.

« La recherche » dans son numéro daté de mars 2008 propose un supplément sur le pétrole en 2030 sous titré : la transition nécessaire.  « Science et vie »  pour sa part livre dans son numéro d'avril  un article intitulé « Pétrole : Pourquoi il flambe ? »

Le supplément de « La recherche » qui semble sponsorisé par le BRGM, TOTAL,  l’IFP et L’ADEME  laisse la même impression que le colloque de l’IFP : panorama 2008 organisé récemment à Paris et à Solaize. (Cf. compte rendu sur ce blog)

Les acteurs du monde pétrolier sont très conscients des problèmes (pollution et épuisement des réserves de pétrole malgré les dénégations de façade) mais nous devons cependant nous préparer un avenir très émetteur de CO2 via les projets de liquéfaction et de gazéification du charbon. La Chine serait en train de concevoir sa première usine de ce type et  nous savons qu’elle possède de très importantes réserves. Les projets de stockage du CO2 paraissent pour l’instant peu convaincants: très embryonnaires et mal adaptés à beaucoup d’usages.

            L’article assez bref de « Science et vie » propose un bon survol de la situation et présente un historique des cours de l’or noir en données corrigées de l’inflation. Cela permet de prendre un peu de recul.
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 15:24
  La vague écologiste a évidemment largement touché la publicité. Il est aujourd’hui impossible de vendre un produit sans en avoir auparavant vanté les mérites écologistes même si par nature et peut- être plus spécialement si par nature ce produit est particulièrement agressif pour l’environnement.
 
  L’écologiquement correct s’embarrasse peu de cette contradiction et l’on voit fleurir des arguments vraiment stupéfiants et pour tout dire franchement mensongers. Il y a quelques années déjà des sociétés d’autoroutes mettaient en avant leurs efforts pour l’environnement. Quelques « crapauducs » et autres passages aménagés ne compensent pourtant qu’infiniment faiblement les espaces irrémédiablement détruits et l’appel au trafic automobile toujours plus intense que génère la construction de nouvelles voies.
 
  On découvre ces mois-ci une publicité pour des voitures japonaises dont la motorisation hybride est supposée réduire les émissions polluantes. Bien entendu, on sait que la double motorisation thermique et électrique ne produit pas de miracle. La traction électrique ne concerne qu’une petite partie des trajets effectués et la recharge des batteries dépend du moteur thermique ce qui ne constitue pas la méthode la plus respectueuse de l’environnement. Pourtant il y a pire. Quand on regarde l’argumentation en détail on voit que les automobiles en question (il y en a deux) disposent respectivement de plus de 340 et 440 chevaux ! Bien sûr avec une telle puissance ces véhiculent produisent au kilomètre beaucoup plus de gaz carbonique qu’une petite voiture non hybride. Fondamentalement tant que nous considérerons comme normal d’utiliser des voitures de cette puissance, tant qu’une telle publicité ne nous paraîtra pas déplacée, alors tous les discours sur l’écologie seront sans objet. Cette absurde volonté de puissance dont cette publicité n’est qu’une illustration parmi d’autres conduit le monde à la catastrophe.
 
  Autre exemple : Depuis quelques jours, une grande marque française nous invite à remplacer nos vieilles voitures par des modèles plus récents censés être plus propres. Il s’agit simplement d’un appel à la consommation, rappelons que la première démarche écologiste est de faire durer les produits autant que possible et non de les changer avant leur terme. Si les moteurs sont un peu plus efficaces aujourd’hui n’oublions pas que les voitures sont de plus en plus lourdes et de plus en plus puissantes ce qui compense en bonne partie les gains acquis sur les moteurs. Rappelons aussi le grand problème que pose la « diéselisation » du parc (un domaine dans lequel la France fait triste figure). Si le diesel émet en effet un (tout petit) peu moins de gaz carbonique que l’essence il émet beaucoup plus d’autres polluants et en particulier de particules fines, les plus difficiles à filtrer.
 
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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 15:18
Le mensuel « Science et Vie » publie dans son numéro de mars 2008 une enquête consacrée aux énergies renouvelables (ou vertes). L’étude confirme que les énergies renouvelables ne constituent pas une solution miracle et sont bien loin d’être universellement vertueuses.
 
Ces énergies souffrent de deux handicaps majeurs.
 
-         Si l’on exclut le bois de chauffage en Afrique et l’hydroélectricité (dont la production ne peut être indéfiniment développée) ces énergies (biomasse, vents, marée, solaire, géothermie…) ne représentent et ne pourront représenter à l’avenir qu’une part relativement faible de notre consommation énergétique actuelle (quelques pour-cent) Les politiques d’économies d’énergie ou même la relance du nucléaire porteront sur des montants beaucoup plus importants
 
-         Ces énergies sont loin d’être écologiquement irréprochables. Elles consomment des surfaces gigantesques : La comparaison entre la surface utilisée par une centrale nucléaire (0,2 km2) et la surface nécessaire pour produire de la biomasse qui puisse fournir la même quantité d’énergie (plus de 3 000 km2 soit 15 000 fois plus) est édifiante. Enfin la fabrication des matériaux nécessaires à leur production : béton et acier pour l’éolien par exemple ou panneaux de silicium pour le solaire est loin d’être écologique.
 
Ajoutons aussi une remarque personnelle sur les critiques portées à l’une de ces solutions : la biomasse.
On lui reproche d’entrer en concurrence avec les cultures vivrières, on oublie souvent que les terres réservées à la fabrication de biomasse pour les carburants sont également prises sur les rares espaces naturels encore libres pour la faune et la flore.
Cela souligne bien que domine encore  l’idée selon laquelle la planète est à notre service et que les seuls problèmes sont ceux qui gênent nos productions. Nous retrouvons ici l’utilitarisme de certains écologistes. L’idée que la nature doit être préservée et respectée pour elle même est reléguée  en seconde position . Or cette idée là est la principale, celle qui à notre sens doit sous-tendre toute la démarche écologique. Sans elle nous ferons toujours autant de massacres : fussent-ils peints en vert !
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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 15:13
L’institut Français du Pétrole organisait jeudi 14 février 2008 dans le cadre des rencontres panorama 2008 une journée consacrée à l’avenir du charbon et aux implications climatiques de la question.
Le temps est bien fini où les écologistes pouvaient caricaturer les professionnels de l’énergie en les accusant de ne rien comprendre aux enjeux du futur. Malgré quelques dénégations publiques le monde de l’énergie connaît très bien les menaces qui pèsent sur l’avenir des réserves fossiles et il ne traite plus les problèmes d’environnement à la légère.
 
La journée panorama 2008 organisée à Solaise par l’IFP (voir le site www.IFP.fr) a confirmé ce point de vue. Plusieurs conférenciers ont fait le tour de la question.
 
Trois grandes lignes se dégagent.
 
-         Bien qu’ils affirment qu’il y a encore beaucoup de pétrole les responsables du monde de l’énergie agissent comme si pétrole et gaz vivaient leur dernier siècle. De toute évidence en 2100 la planète sera passé à d’autres sources.
 
-         Le charbon est la source d’énergie du futur (pour les 150 à 250 ans à venir) ses réserves sont abondantes, bien réparties et en particulier dans les pays consommateurs (à l’inverse du gaz et du pétrole).
 
-         Le charbon pose de grands problèmes écologiques à cause de la forte émission de CO2 qu’entraîne sa combustion.
 
Notons que ces grandes lignes présupposent deux autres données (que nous pensons justes d’ailleurs). L’énergie nucléaire même si elle se développe ne constituera pas une solution majoritaire pour l’ensemble de la planète et les énergies dites renouvelables resteront d’un usage marginal. (bois excepté pour le chauffage et la cuisson dans nombre de pays en voie de développement au moins jusqu’à ce qu’il reste un arbre debout sur la planète).
 
Cette focalisation sur le charbon, si elle atteste de la parfaite conscience des enjeux pose de nombreux problème dont sont bien conscients les industriels.
 
-         Tout d’abord le charbon n’est pas aussi pratique à utiliser que les gaz ou les liquides aussi sous l’appellation CTL (Coal To Liquid) se profile la fabrication à grande échelle de carburants liquides à partir de charbon. Les techniques sont au point même si leur rendement est très moyen et si elles sont très polluantes. Un colloque consacré à ce sujet sera d’ailleurs organisé à Paris en Avril ( www.world-CTL2008.com )
 
-         En second lieu face aux problèmes d’émission de gaz carbonique de nombreuses recherches sont faites sur le stockage du CO2. Rien n’indique que ces techniques seront parfaitement efficaces, elles sont de toute façon coûteuses, elles-mêmes consommatrices d’énergies et à priori réservées aux grandes unités de production (on ne mettra pas un récupérateur de CO2 à l’arrière de nos véhicules).
 

En un mot, on trouve chez les professionnels de l’énergie une bonne connaissance et une bonne conscience des problèmes, hélas, on voit aussi se profiler un avenir bien sombre qui conduira à utiliser toutes les réserves d’hydrocarbures de la planète sans beaucoup de certitudes quant à nos capacités à limiter les conséquences de cette consommation (voir dans ce blog les articles déjà consacrés au charbon).

 

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