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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 18:45

 

 

    Cela fait des années qu’en France nous parlons d’environnement, du droit à l’environnement, d’un ministère de l’environnement. Et face à l’aveuglement de ceux qui ne veulent pas voir les impasses auxquelles nous mène une politique du toujours plus assise sur la consommation matérielle, il est tentant de s’y rallier.

 


   Et pourtant, c’est parce que notre société perçoit l’homme au centre de toute chose, perçoit l’homme comme supérieur à toutes les espèces vivantes, comme radicalement différent du reste du vivant (1), que nous nous permettons d’utiliser le monde à notre convenance, à ne voir dans les éléments qui composent le biotope dans lequel nous vivons que des ressources dans lequel nous pouvons puiser à volonté.

 

 
    Paradoxe : dans un monde occidental où la faim a disparu, nous ne voyons dans le faisan qui s’envole ou la vache qui broute dans un pré qu’un morceau à manger ou une valeur monétaire, nous ne voyons plus la vie qui bat ; nous ne voyons dans la terre qu’un grand frigo où piocher pour ensuite aller regarder des films animaliers sur nos écrans, installés bien au chaud dans nos agglomérations hors sol ; c’est au moment où nous avons le plus les moyens de ne pas avoir une vision utilitariste du monde, le plus les moyens intellectuels et techniques de développer avec les espèces qui nous entourent des rapports harmonieux, que nous ne voyons dans le monde que des ressources propres à alimenter les chaudières sans fin de nos sociétés.

 


   Tant que nous percevrons le monde comme quelque chose qui nous environne, comme une fonction qui regarde vers l’homme (2), alors nous nous interdirons de penser l’homme comme un élément parmi d’autres dans un biotope complexe, de penser l’homme comme une espèce dont la maîtrise technique qu’elle a acquise l’oblige à respecter la vie, à sentir la beauté du monde, à appréhender la subtilité du vivant.


   Tant que nous ne parlerons que d’environnement, nous écraserons la nature ou au mieux nous planifierons son épuisement.
    Est-ce ainsi que nous voulons vivre, entourés seulement de semblables et de ressources ?

 

 

   Cela fait aussi deux ans désormais qu’en France tout ce qui se fait en matière de politique écologique s’affiche sous la bannière d’un Grenelle de l’environnement, ainsi nommé car il fût élaboré au moyen d’une vaste confrontation entre ONG, pouvoirs publics et acteurs sociaux. Mais pouvait-on plus mal nommer ce qui allait constituer la politique écologique de la France ?

 


    Car enfin, qui a oublié que les historiques Accords de Grenelle ont scellé la fin de la part la plus riche de la révolte de Mai 68, celle qui voulait la qualité de la vie plus que la quantité, celle qui refusait la société de consommation en proclamant ‘qu’on ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance’ ?! Qui a oublié que ces accords ont contribué à étouffer cette pulsion de vie qui charmait tant Maurice Clavel (3), que ces accords ont misérablement échangé cette demande de vie et cette joie irrévérentieuse qui l'accompagnait contre une augmentation de pouvoir d’achat, avec la bénédiction de tous les productivistes, pompidoliens ou communistes ?

 


    Historiquement, les Accords de Grenelle, c’est le pouvoir d’achat, la TV, la bagnole comme on disait alors,  c’est le choix de la consommation contre la vie … Alors afficher la politique écologique de la France et proclamer la nécessité de changer de modèle, avec un nom pareil, avouons que c’est farce ! Plus sérieusement, que signifie ce lapsus ? Juste une erreur liée à une méconnaissance ? Ne traduit-il pas plutôt les ambiguités de la démarche entreprise, avec ses vraies-fausses solutions aussi emblématiques que la voiture électrique (4) ?


   Mais après tout, Grenelle et Environnement vont bien ensemble ; si nous n'y prenons pas garde, ils peuvent se conjuguer  pour construire une société de gaspillage et de domination un peu durable, mais si triste.


 

 (1) Il y a par exemple énoncé dans notre droit une summa divisio entre les hommes et les choses: un arbre, un chien , une baleine est une chose au même titre qu'un livre, une table ou un programme informatique. A contrario, relison Jack London !

(2) Cédric Lagandré développe aussi ce thème. Il a publié récemment L’actualité pure : essai sur le temps paralysé aux PUF 10/2009 et La société intégrale chez Flammarion 09/2009.

(3) Voir notamment son fim présenté le 13 décembre 1971 dans l'émission "A armes égales", émission qu'il quittera après avoir lancé un célèbre "Messieurs les censeurs Bonsoir", refusant de voir ledit film censuré. Voir également ses chroniques hebdomadaires publiées dans le Nouvel Observateur après Mai 68, ou revient souvent le thème du "soulèvement de vie"  d'une jeunesse lasse de la société de consommation.

(4) La voiture électrique est représentative de ces solutions illusoires; rappelons que dans le monde l'électricité est majoritairement produite à partir d'énergie fossile.

 

 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:47


    Ce mot de Blum au lendemain de la victoire du Front Populaire me vient naturellement à l’esprit à propos du sommet de Copenhague.

    Douze ans après Kyoto, Copenhague, c’est d’abord une victoire. Victoire de la reconnaissance de l’urgence écologique avec une mobilisation sans précédent des sphères politiques et civiles. Et cette mauvaise conscience qui nous étreint tous après l’échec, politiques, ONG, simples citoyens, c’est aussi une victoire, un sentiment impossible à imaginer il y a 20 ans. Bref, il y aura un avant et un après Copenhague.

 

 


    Copenhague, c’est aussi une clarification.

 


    Clarification avec les réticences mises sur la table par les USA, grand pays démocratique qui ne sait pas comment convaincre ses citoyens de consommer et vivre un peu sobrement, eux qui pourtant disposent de marges de manœuvre considérables du fait d’un mode de vie écologiquement abracadantesque.

   Clarification avec le refus de la Chine, grand pays autoritaire, d’envisager un contrôle des engagements derrière lequel se dessine une Organisation Mondiale de l’Environnement.

 

   Clarification d’ordre plus général avec les réticences de tous les pays à s’engager à la hauteur de ce qu’exige la situation, et même les plus apparemment vertueux : comment croire que la baisse de 20% sur les GES en dix ans à laquelle s’engage l’Union Européenne prépare sérieusement une division par 4 d’ici 2050 ?

 

 
    En quoi ces trois points constituent-ils une clarification ? Tout simplement parce qu’à travers leurs réticences à s’engager sous contrôle d’une instance internationale à réduire fortement l’empreinte écologique de nos sociétés, les dirigeants de la plupart des pays expriment leur sentiment quant à la difficulté à atteindre cet objectif.

 

  
    Le greeenbusiness qui sauve nos emplois et la croissance, les villes qui se mettent à nouveau à sentir bon tout en se chauffant au soleil, la douce animation d’une campagne verdoyante par les pales en mouvement des éoliennes, tout cela n’est pas faux mais tout cela a la véracité d’une publicité.

 


    Car derrière les engagements qu’il faudra prendre un jour, il y a une autre réalité : la nécessité de réduire de façon drastique nos déplacements, le besoin d’accorder dans nos dépenses une part bien plus grande à l’alimentation et au logement (et corrélativement une baisse des autres consommations), l’obligation sans doute de réapprendre le poids de la rareté, une attention renouvelée à notre poids démographique. 

    Dans ‘économie’, ce mot qui nous gouverne, il y a ‘économe’ et nos démocraties qui se sont construites concomitamment à la révolution industrielle et à une consommation sans cesse accrue de biens matériels n’ont historiquement aucune expérience de promotion d’une vie plus sobre. On conçoit mieux alors la peur des politiques à s’engager réellement, eux qui devront pour la plupart affronter le suffrage universel dans 1, 2 ou 3 ans au plus tard.

 

 
    Si Copenhague a contribué à déchirer le voile qui masquait les efforts à faire et les difficultés à les orchestrer, alors Copenhague n’aura pas été inutile.

    Pour que les prochains sommets de Bonn ou de Mexico ne soient pas l’objet d’accords a minima forcément insuffisants, il faut que perce un langage de vérité sur la sobriété qui soit entendu et relayé par les opinions. Evidemment celles des pays riches, mais aussi celles des pays dits émergents. Tourner le dos à la facilité et à la démagogie, affronter les obstacles ici et maintenant et sans attendre de miracles technologiques.

 


     Après presque 40 ans de dénégations de ruses et de faux-fuyants*, l’idée de l’écologie s’impose comme le problème mondial du siècle en cours : les difficultés commencent. Enfin ! 

 

* Dés le début des années 70, de nombreuses personnalités et le mouvement écologique d’alors avaient annoncé que la poursuite de la société de consommation aboutissait à une impasse, et préconisé des changements radicaux.

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:37


     A dire la vérité, cet article devait s'intituler : Copenhague : Le succès des intentions.  Je pensais qu'un accord à minima, même de façade serait trouvé.
     Je souhaitais mettre en garde contre un optimisme excessif. Un  accord n'est qu'une intention, une promesse,  à l'instant de sa signature, rien n'est encore fait. 

      Eh bien, même pas !  Même les intentions n'y sont pas. 

      Copenhague accouche d'une  souris lit-on ici et là.  Une simple déclaration selon laquelle il faut faire des efforts pour limiter le réchauffement à deux degrés. Pas de calendrier, pas d'engagement, pas de contrôles et moins encore de contraintes !


     Est-ce grave ? 

    Bien sûr, le  sort de la planète ne se jouait pas en un jour et  en un sommet. Même en cas de succès, notre Terre ne s'en serait pas trouvé sauvée comme par miracle.
    Bien sûr, les mesures de réduction d'émissions de CO2 ne constituent en réalité que des mesures d'étalement des émissions au cours du temps. Or, nous avons maintes fois  souligné sur ce blog que, pour la planète, il était  peu important que tout le CO2 résultant de la combustion des réserves d'énergies fossiles soit émis en 50 ou en 100 ans.

    Ce que révèle l'échec de ce sommet est d'abord que le problème est très difficile. Désormais, les choses sont claires pour ceux qui en doutaient encore. 

   Réussir à endiguer le changement grandissant de la composition atmosphérique par la faute  des activités humaines revient en réalité à briser l'élan sur lequel le monde vit depuis la révolution industrielle et plus encore depuis la seconde guerre mondiale.

   Cet élan, c'est la croissance vertigineuse de la population (*) et de la production. Il est  la base de l'équilibre de nos sociétés. En conscience, aucun chef d'état n'est prêt à le remettre en cause. On sait désormais qu'on ne fera pas de politique écologique efficace à coup de mesurettes et c'est là une perspective contraignante, effrayante même.

   C'est cette promesse de contrainte, c'est cet effroi qui ont  conduit à l'échec. Copenhague  aura au moins eu cette vertu clarificatrice et pédagogique. Il a révélé notre impuissance.

    N'en déplaise aux optimistes forcenés tenants d'une "écologie positive" (le météorologue Laurent Cabrol ou le journaliste Christophe Barbier) ou d'une sortie par le haut avec plus de croissance et de technologie (Claude Allègre, Jacques Attali...), nous sommes aujourd'hui en droit de penser que cet échec donne  au pessimisme un peu plus de légitimité. 

    Hier soir, le désarroi d'un Nicolas Hulot l'illustrait à merveille.



(*) Ce matin 19 décembre  sur RTL, Franz Olivier Giesbert rappelait encore que la démographie galopante constituait notre  principal problème et qu'il n'avait pas été abordé à Copenhague).


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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 13:34


     
     "Ce que je constate, ce sont les ravages actuels, c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales; et que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime."


     Comment mieux rendre hommage à  Claude Lévi-strauss que par le rappel de l'une de ses dernières déclarations, à l'occasion de son centième anniversaire ?
     Le vieux savant qui avait si bien su nous faire comprendre toutes les richesses du multiculturalisme avait compris mieux que personne l'impasse vers laquelle se dirige notre monde.


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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 19:05

 

     
   La rocambolesque et lamentable tricherie dont semble s’être rendue coupable l’écurie Renault (1) pourrait être l’occasion d’une volte face bienvenue.

    Dans un monde qui se veut et de toute façon se devra être (beaucoup) plus frugal, (beaucoup) plus léger et (beaucoup) plus doux avec la nature ; quel est le sens de la compétition automobile ?


    Dans ce monde là, vitesse, puissance, dépenses sans limites : tous ses symboles, toutes ses valeurs que la formule 1 véhicule jusqu’au paroxysme n’auront guère de place.

    Ce serait là un signe fort encourageant de voir la grande marque automobile profiter de ce petit scandale pour annoncer publiquement qu’elle renonce à la formule 1 et à tout ce qu’elle représente.


    Montrer qu’elle ne compte plus sur la vitesse et la victoire pour façonner son image de marque mais que par exemple, elle engage toutes ses ressources jusqu’alors consacrées à la course automobile (on parle de 300 millions d’euros à l’année) pour la mise au point de véhicules électriques: voilà qui serait de bonne augure.

   Aux dernières nouvelles les choses semblent mal parties et Renault s’engage dans la poursuite de la compétition. 

    Tant que le monde de l’automobile comptera sur ce type de message pour faire sa promotion il y a peu d’espoir de lui voir jouer un rôle positif dans la défense de l’environnement.

 

 

 

     (1) Lors d’un grand prix l’an dernier, l’équipe aurait ordonné ou suggéré à un de ses pilotes de provoquer volontairement un accident afin de permettre à son leader (Fernando Alonso) de refaire son retard en profitant de l’intervention prévisible de la voiture de sécurité. La stratégie avait (provisoirement donc) payé.

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 18:26

 

 

    On vient de le voir, déterminer le prix de la tonne de CO2 n'est pas si simple : 100 € pour les Suédois, 30 € pour la commission Rocard, 15 € pour François Fillon, et puis in fine ça sera 17 euros. Le prix semble bas, mais après tout nous sommes en crise économique et deux français sur trois n'apprécient pas la mesure ; dans ces conditions il faut reconnaître un certain courage politique à Nicolas Sarkozy.
     Et puis, il n'est pas interdit d'imaginer, comme souvent en matière fiscale, que les Français sur-réagiront à la taxe carbone et économiseront un peu l'énergie fossile. Et ce d'autant plus que le principe d'un coût croissant a été retenu, suivant en cela les préconisations de l'expert Jean-Marc Jancovici.

  
     Toutefois, quel serait le bon niveau de cette taxe ?

  
     Le bon niveau, c'est quand l'intégration de la taxe carbone rendra la laine de verre ou de roche, si utilisée pour l'isolation de nos bâtiments, plus coûteuse que la laine de bois dont le prix est actuellement au moins deux fois plus élevé ; c'est quand il reviendra moins cher de re-utiliser nos bouteilles en verre plutôt que de les recycler (voir l'article " l'affaire des contenants " dans ce même blog) ; c'est quand les linos à base de pétrole seront plus chers que ceux réalisés en matière naturelle.
    Il y a des centaines de marqueurs possibles, mais prenons ces trois-là, faisons les calculs et gageons, qu’elle garde son nom ou qu’on l’appelle contribution climat-énergie, que la taxe carbone n'a pas fini d'augmenter.

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 13:31

   
     La tempête qui a frappé en cette fin janvier le Sud-Ouest de la France pourrait être l’occasion d'un pas vers une gestion plus durable de notre planète.

    Dans les Landes et en Gironde, de nombreux pins ont été abattus et devront être replantés (rappelons que la forêt des landes loin d’être une forêt naturelle est avant tout une gigantesque exploitation de sylviculture). Sur ces terrains sablonneux, les pins aux racines peu profondes sont hélas particulièrement sensibles aux rafales. Pourquoi ne pas profiter pour replanter en partie en chênes-lièges ? Bien entendu ce sont des arbres du bassin méditerranéen mais il y en a depuis longtemps quelques-uns dans le sud des Landes.


    Cela offrirait plusieurs avantages


   - Tout d’abord fournir à terme une source de liège qui constitue un excellent isolant d’origine naturelle quand ceux que l’on nous propose sont le plus souvent d’origine pétrolière et demandent en outre beaucoup d’énergie pour leur fabrication.

   - Ensuite ces arbres moins hauts que les pins et aux racines plus résistantes bénéficieraient probablement d’une meilleure tenue aux vents.

    - Enfin, et ce n’est peut-être pas le moindre, ce serait une première démarche de long terme. Nous ne résoudrons aucun problème d’environnement avec des mesures de court terme qui ne visent qu’une efficacité rapide et médiatique. Les forêts n’ont que faire des médias ou des échéances électorales. S’engager dans des actions dont le résultat ne sera sensible que dans quelques dizaines d’années serait sur le plan symbolique et pédagogique un grand pas vers un peu de sagesse. 

    Notre réconciliation avec la nature passera, entre autres, par l’acceptation de ses rythmes.


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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 09:55

 
   La récession qui pointe son nez a renvoyé à toute allure le monde économique et politique à ses vieux réflexes : La croissance d’abord, la croissance avant tout !


   Cet automatisme est de bien mauvaise augure pour les tenants de l’écologie.

   La dégradation de notre planète est fonction du produit de notre nombre par nos consommations individuelles. Or, comme réduire notre nombre reste tabou, il serait peut-être sage de ne pas augmenter nos consommations et surtout pas n’importe lesquelles à corps (planète) perdu(e).


   La plus symbolique parmi les mesures avancées en France est bien sûr la fameuse " prime à la casse " destinée à relancer le secteur automobile, par malchance, l’un des plus agressif pour l’environnement.

 

    Rappelons qu’un véritable comportement responsable consiste au contraire à faire durer les objets le plus longtemps possible. Transformer les voitures en produits de consommation courante, vite achetés, vite jetés, est le pire qu’on puisse imaginer. En outre contrairement à une idée reçue, les nouvelles automobiles ne sont pas plus respectueuses de l'environnement que les précédentes, bien au contraire. Les légers progrès réalisés dans l’efficacité des moteurs sont anéantis par l’augmentation du poids et de la puissance des véhicules. La généralisation de la climatisation achève le tableau. On doit ajouter que la limite de 160 grammes de CO2 au kilomètre, si elle donne une petite teinte écolo, favorisera plus encore la diésélisation du parc qui constitue une catastrophe en terme de pollution et de santé publique. Les particules émises par les moteurs diesels, sont extrêmement cancérigènes.


   On comprend évidemment, la légitime inquiétude de responsables économiques face aux difficultés d’un secteur important en matière d’emploi. Mais s’il s’agit d’emploi, alors, un tel ensemble de subventions aurait été beaucoup plus utile en portant par exemple sur l’isolation des bâtiments (à conditions d’utiliser des matériaux naturels et non des tonnes de mousses ou de polystyrène). On pourrait, là aussi, bâtir un secteur fort.


    On participerait ainsi à la réduction de la consommation d’énergie et l’on favoriserait l’emploi puisque ces travaux sont très consommateurs de main d’œuvre d’origine locale (il est rare d’importer du travail artisanal de l’autre bout du monde). Quant au secteur automobile on aurait pu lui donner un signal fort (oui l’expression est à la mode !) en limitant la prime aux véhicules non directement émetteurs de pollution (véhicules électriques et à air comprimé).


    La baisse actuelle du prix du pétrole offre déjà bien peu d’encouragements à économiser l’énergie, était-il bien nécessaire de relancer le secteur le plus dévastateur et le plus énergivore ?

   Remarquons enfin, que cette crise a permis de balayer d’un revers de main toutes les contraintes budgétaires hier encore sacro-saintes ! Peut-on imaginer le même type de retournement, mais cette fois pour l’environnement ?

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 11:21

Le Monde daté du 26 septembre 2008 annonce la publication par le GPC (Global Carbon Project) des données sur les émissions de CO2.

Résumé de la situation :    C’est de pire en pire.


" Le niveau d’émission de dioxyde de carbone se situe un peu au-dessus des scénarios les plus pessimistes du GIEC "

Les quantités émises sont élevées et leur progression n’est en rien ralentie, bien au contraire.

De 1990 à 2000 la quantité de gaz carbonique générée par les activités humaines à cru au rythme moyen de + 0,9 % l’an. De 2000 à 2007, le rythme de progression est passé à + 3,5 % l’an.
Nous nous trouvons donc en face d'une  croissance de la croissance  (on imagine sans doute qu’en réalité cette augmentation de la  progression s'est faite   plus régulièrement de 1990 à 2007 sans que l’année 2000 constitue une telle charnière).
 Le pire scénario réalisé par le GIEC envisageait une croissance des émissions de 2,7 % l’an.
Autre mauvaise nouvelle : l’économie dans son ensemble devient de moins en moins propre. Une unité de PIB génère de plus en plus d’émission de CO2.

 

Principaux responsables :

 

  •  

  • Aucune mesure significative dans les pays développés.
  •  

     

  • Croissance forte des émissions des pays dits émergents, Chine et Inde en tête (la Chine est aujourd’hui le premier émetteur de CO2).
  •  

     

  • Déforestation.
  •  

     

  • Baisse de l’efficacité des puits naturels de carbone (ce point très technique reste à valider).
  •  

 

 

Rien de nouveau sous le soleil donc, cela confirme les informations relayées en juin 2007 par Science et Vie dont nous avions fait échos dans un article sur le même sujet (Voir : " CO: De pire en pire ", du 28 juin 2007).

Il y a beaucoup de bruit autour de la question du CO2 mais en pratique rien n’est fait et il est probable que l’ensemble des réserves de pétrole et de gaz se verront transformées en gaz carbonique dans les 40 ans à venir sans que nous ne fassions rien d’autre que le déplorer.

Sans action vigoureuse sur la croissance et la démographie tous les discours, toutes les intentions ne seront que bons sentiments… et mensonges !

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 15:07

Les actuels débats sur la mise en place de taxes " écologiques " sur différents produits et les voltes faces récentes du gouvernement ont l’avantage de mettre l’accent sur un point que bien peu d’hommes politiques ont le courage d’affronter en face :
La contradiction fondamentale entre une société de consommation et le respect de l’environnement. Qu’elle soit qualifiée de droite ou de gauche, aucune politique n’aura d’efficacité réelle en matière de protection de la nature si elle ne remet pas en cause le principe d’une croissance continue de nos consommations matérielles. Il est illusoire d’imaginer une croissance vertueuse basée sur de " gentils " produits respectueux de l’environnement. Il nous faut apprendre à être plus légers sur la Terre, plus modestes dans notre rôle, dans notre nombre et dans nos productions. Le reste relève simplement de la bonne conscience médiatique.

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