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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 09:55

 
   La récession qui pointe son nez a renvoyé à toute allure le monde économique et politique à ses vieux réflexes : La croissance d’abord, la croissance avant tout !


   Cet automatisme est de bien mauvaise augure pour les tenants de l’écologie.

   La dégradation de notre planète est fonction du produit de notre nombre par nos consommations individuelles. Or, comme réduire notre nombre reste tabou, il serait peut-être sage de ne pas augmenter nos consommations et surtout pas n’importe lesquelles à corps (planète) perdu(e).


   La plus symbolique parmi les mesures avancées en France est bien sûr la fameuse " prime à la casse " destinée à relancer le secteur automobile, par malchance, l’un des plus agressif pour l’environnement.

 

    Rappelons qu’un véritable comportement responsable consiste au contraire à faire durer les objets le plus longtemps possible. Transformer les voitures en produits de consommation courante, vite achetés, vite jetés, est le pire qu’on puisse imaginer. En outre contrairement à une idée reçue, les nouvelles automobiles ne sont pas plus respectueuses de l'environnement que les précédentes, bien au contraire. Les légers progrès réalisés dans l’efficacité des moteurs sont anéantis par l’augmentation du poids et de la puissance des véhicules. La généralisation de la climatisation achève le tableau. On doit ajouter que la limite de 160 grammes de CO2 au kilomètre, si elle donne une petite teinte écolo, favorisera plus encore la diésélisation du parc qui constitue une catastrophe en terme de pollution et de santé publique. Les particules émises par les moteurs diesels, sont extrêmement cancérigènes.


   On comprend évidemment, la légitime inquiétude de responsables économiques face aux difficultés d’un secteur important en matière d’emploi. Mais s’il s’agit d’emploi, alors, un tel ensemble de subventions aurait été beaucoup plus utile en portant par exemple sur l’isolation des bâtiments (à conditions d’utiliser des matériaux naturels et non des tonnes de mousses ou de polystyrène). On pourrait, là aussi, bâtir un secteur fort.


    On participerait ainsi à la réduction de la consommation d’énergie et l’on favoriserait l’emploi puisque ces travaux sont très consommateurs de main d’œuvre d’origine locale (il est rare d’importer du travail artisanal de l’autre bout du monde). Quant au secteur automobile on aurait pu lui donner un signal fort (oui l’expression est à la mode !) en limitant la prime aux véhicules non directement émetteurs de pollution (véhicules électriques et à air comprimé).


    La baisse actuelle du prix du pétrole offre déjà bien peu d’encouragements à économiser l’énergie, était-il bien nécessaire de relancer le secteur le plus dévastateur et le plus énergivore ?

   Remarquons enfin, que cette crise a permis de balayer d’un revers de main toutes les contraintes budgétaires hier encore sacro-saintes ! Peut-on imaginer le même type de retournement, mais cette fois pour l’environnement ?

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 11:21

Le Monde daté du 26 septembre 2008 annonce la publication par le GPC (Global Carbon Project) des données sur les émissions de CO2.

Résumé de la situation :    C’est de pire en pire.


" Le niveau d’émission de dioxyde de carbone se situe un peu au-dessus des scénarios les plus pessimistes du GIEC "

Les quantités émises sont élevées et leur progression n’est en rien ralentie, bien au contraire.

De 1990 à 2000 la quantité de gaz carbonique générée par les activités humaines à cru au rythme moyen de + 0,9 % l’an. De 2000 à 2007, le rythme de progression est passé à + 3,5 % l’an.
Nous nous trouvons donc en face d'une  croissance de la croissance  (on imagine sans doute qu’en réalité cette augmentation de la  progression s'est faite   plus régulièrement de 1990 à 2007 sans que l’année 2000 constitue une telle charnière).
 Le pire scénario réalisé par le GIEC envisageait une croissance des émissions de 2,7 % l’an.
Autre mauvaise nouvelle : l’économie dans son ensemble devient de moins en moins propre. Une unité de PIB génère de plus en plus d’émission de CO2.

 

Principaux responsables :

 

  •  

  • Aucune mesure significative dans les pays développés.
  •  

     

  • Croissance forte des émissions des pays dits émergents, Chine et Inde en tête (la Chine est aujourd’hui le premier émetteur de CO2).
  •  

     

  • Déforestation.
  •  

     

  • Baisse de l’efficacité des puits naturels de carbone (ce point très technique reste à valider).
  •  

 

 

Rien de nouveau sous le soleil donc, cela confirme les informations relayées en juin 2007 par Science et Vie dont nous avions fait échos dans un article sur le même sujet (Voir : " CO: De pire en pire ", du 28 juin 2007).

Il y a beaucoup de bruit autour de la question du CO2 mais en pratique rien n’est fait et il est probable que l’ensemble des réserves de pétrole et de gaz se verront transformées en gaz carbonique dans les 40 ans à venir sans que nous ne fassions rien d’autre que le déplorer.

Sans action vigoureuse sur la croissance et la démographie tous les discours, toutes les intentions ne seront que bons sentiments… et mensonges !

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 15:07

Les actuels débats sur la mise en place de taxes " écologiques " sur différents produits et les voltes faces récentes du gouvernement ont l’avantage de mettre l’accent sur un point que bien peu d’hommes politiques ont le courage d’affronter en face :
La contradiction fondamentale entre une société de consommation et le respect de l’environnement. Qu’elle soit qualifiée de droite ou de gauche, aucune politique n’aura d’efficacité réelle en matière de protection de la nature si elle ne remet pas en cause le principe d’une croissance continue de nos consommations matérielles. Il est illusoire d’imaginer une croissance vertueuse basée sur de " gentils " produits respectueux de l’environnement. Il nous faut apprendre à être plus légers sur la Terre, plus modestes dans notre rôle, dans notre nombre et dans nos productions. Le reste relève simplement de la bonne conscience médiatique.

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 17:06

Le mensuel Science et Vie intitule son "Hors-série" de juin 2008: Construire un monde durable ( trimestriel hors-série numéro 243).

Le titre de l’éditorial : Planète finie, pose le problème avec justesse et concision. L’ensemble est complet et bien conçu. On y retrouve toutes les grandes questions qui décideront de notre avenir : Pollution, agriculture, biodiversité énergie, urbanisme…
Seul regret,  la problématique démographique n’est véritablement abordée que sur un quart de page. Les lecteurs de ce blog savent que nous mettons ce sujet au cœur de la réflexion écologique. Si nous ne maîtrisons pas la démographie, tous les efforts et tous les progrès réalisés par ailleurs seront anéantis. Il ne sert à rien de polluer chaucun deux fois moins  si nous sommes deux fois plus nombreux. Au mieux nos efforts ne retarderont ainsi que de quelques années l’effondrement écologique de la planète.

Une jolie phrase  extraite de l’interview du socio-anthropologue Alain Gras : " Aujourd’hui, la seule condition de survie réside dans l’établissement d’un rapport plus humble avec la planète ". Oui, c’est bien là ce qui doit guider toute la démarche de l’humanité.
Le temps de la domination et de sa glorification est révolu.

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 09:41

 

 

    Si tout travail mérite salaire et si toute profession à droit à s’exercer dans de justes conditions de concurrence, l’idée de faire bénéficier les pêcheurs de gasoil sous taxé ou même subventionné par un mécanisme quelconque relève de l’hérésie.


    Nous sommes dans un monde qui dispose de moins en moins de poissons et de moins en moins de pétrole et nous nous apprêtons à donner des subventions pour pêcher du poisson avec du pétrole !


     Cela ressemble à un médecin qui devant un malade souffrant d’un cancer du poumon lui ordonnerait de doubler sa consommation de tabac. Voilà certes une façon de régler plus vite le problème, mais la pire !

    Avec ce genre de politique qui illustre bien comme le monde politique n’a encore rien saisi de la nature de la crise qui se profile, nous allons nous retrouver sans poisson, sans pétrole et … sans pêcheur !


    Il faut payer les produits à leur juste coût, si le poisson coûte cher à cause de sa rareté et à cause du prix du pétrole alors nous devons le payer à ce prix, aucune autre solution ne sera durable.


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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 14:21

La hausse continue des prix des matières premières et de l’énergie  (le pétrole dépasse aujourd’hui les 110 $ le baril) a poussé quelques revues à évoquer la question.

« La recherche » dans son numéro daté de mars 2008 propose un supplément sur le pétrole en 2030 sous titré : la transition nécessaire.  « Science et vie »  pour sa part livre dans son numéro d'avril  un article intitulé « Pétrole : Pourquoi il flambe ? »

Le supplément de « La recherche » qui semble sponsorisé par le BRGM, TOTAL,  l’IFP et L’ADEME  laisse la même impression que le colloque de l’IFP : panorama 2008 organisé récemment à Paris et à Solaize. (Cf. compte rendu sur ce blog)

Les acteurs du monde pétrolier sont très conscients des problèmes (pollution et épuisement des réserves de pétrole malgré les dénégations de façade) mais nous devons cependant nous préparer un avenir très émetteur de CO2 via les projets de liquéfaction et de gazéification du charbon. La Chine serait en train de concevoir sa première usine de ce type et  nous savons qu’elle possède de très importantes réserves. Les projets de stockage du CO2 paraissent pour l’instant peu convaincants: très embryonnaires et mal adaptés à beaucoup d’usages.

            L’article assez bref de « Science et vie » propose un bon survol de la situation et présente un historique des cours de l’or noir en données corrigées de l’inflation. Cela permet de prendre un peu de recul.
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 15:24
  La vague écologiste a évidemment largement touché la publicité. Il est aujourd’hui impossible de vendre un produit sans en avoir auparavant vanté les mérites écologistes même si par nature et peut- être plus spécialement si par nature ce produit est particulièrement agressif pour l’environnement.
 
  L’écologiquement correct s’embarrasse peu de cette contradiction et l’on voit fleurir des arguments vraiment stupéfiants et pour tout dire franchement mensongers. Il y a quelques années déjà des sociétés d’autoroutes mettaient en avant leurs efforts pour l’environnement. Quelques « crapauducs » et autres passages aménagés ne compensent pourtant qu’infiniment faiblement les espaces irrémédiablement détruits et l’appel au trafic automobile toujours plus intense que génère la construction de nouvelles voies.
 
  On découvre ces mois-ci une publicité pour des voitures japonaises dont la motorisation hybride est supposée réduire les émissions polluantes. Bien entendu, on sait que la double motorisation thermique et électrique ne produit pas de miracle. La traction électrique ne concerne qu’une petite partie des trajets effectués et la recharge des batteries dépend du moteur thermique ce qui ne constitue pas la méthode la plus respectueuse de l’environnement. Pourtant il y a pire. Quand on regarde l’argumentation en détail on voit que les automobiles en question (il y en a deux) disposent respectivement de plus de 340 et 440 chevaux ! Bien sûr avec une telle puissance ces véhiculent produisent au kilomètre beaucoup plus de gaz carbonique qu’une petite voiture non hybride. Fondamentalement tant que nous considérerons comme normal d’utiliser des voitures de cette puissance, tant qu’une telle publicité ne nous paraîtra pas déplacée, alors tous les discours sur l’écologie seront sans objet. Cette absurde volonté de puissance dont cette publicité n’est qu’une illustration parmi d’autres conduit le monde à la catastrophe.
 
  Autre exemple : Depuis quelques jours, une grande marque française nous invite à remplacer nos vieilles voitures par des modèles plus récents censés être plus propres. Il s’agit simplement d’un appel à la consommation, rappelons que la première démarche écologiste est de faire durer les produits autant que possible et non de les changer avant leur terme. Si les moteurs sont un peu plus efficaces aujourd’hui n’oublions pas que les voitures sont de plus en plus lourdes et de plus en plus puissantes ce qui compense en bonne partie les gains acquis sur les moteurs. Rappelons aussi le grand problème que pose la « diéselisation » du parc (un domaine dans lequel la France fait triste figure). Si le diesel émet en effet un (tout petit) peu moins de gaz carbonique que l’essence il émet beaucoup plus d’autres polluants et en particulier de particules fines, les plus difficiles à filtrer.
 
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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 14:15

  A l'occasion des basses températures rencontrées en ce début de semaine, la puissance électrique utilisée en France à un instant donné a battu des records 
  Le lundi 17 décembre 2008  vers 19 h un pic de 88,96 gigawatts a été atteint. Pour obtenir cette puissance,  la France a dû importer un peu plus de courant qu'elle n'en exportait au même instant. Le surplus est principalement venu d'Allemagne. 
  Curieusement, dans la plupart des média, cela a été présenté comme un record, presque une performance. Ne devrait-on pas y voir notre incapacité à reduire quelque peu notre consommation énergétique ? Il semble que le mythe du record soit médiatiquement plus porteur que celui de la sobriété.
  Finalement c'est plutôt une mauvaise nouvelle pour l'environnement !

 

 

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  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
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