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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 14:24

Le réchauffement climatique et la réduction des émissions de gaz à effets de serre qui en sont la cause figurent parmi les quelques questions écologiques qui ont réussi à mobiliser le monde politique. Au point que tous les ans, depuis un peu plus de 20 ans, sont organisées des COP (conférences des parties) censées coordonner l’action des États en la matière. La dernière, la COP 21 en France, avait d’ailleurs bénéficié d’une forte médiatisation.

Chaque fois, les différentes sources d’émissions et les moyens de les réduire sont étudiés. Toutes les sources ou presque, sauf une : l’augmentation continue du nombre des hommes ! Depuis 1970 l’humanité a doublé ses effectifs et bien sûr, à comportement égal a de ce fait, doublé les sources potentielles d’émissions.

Pourtant le sujet reste tabou et rares sont aujourd’hui les responsables politiques osant l'évoquer.

C’est contre cette aberration, prétendre s’occuper d’un problème tout en refusant d’aborder l’un de ses déterminants principaux, qu’a décidé de lutter l’association Démographie Responsable en lançant le 20 septembre dernier une pétition destinée aux organisateurs et participants à la COP 22 qui aura lieu prochainement à Marrakech et en leur demandant de mettre la démographie à l’ordre du jour de leur discussions.

Vous trouverez ci-dessous le texte de cette pétition vous que pouvez par ailleurs soutenir via le lien suivant :

Pour que la démographie soit évoquée à la COP 22

Cette pétition est également disponible en langue anglaise

 

Pour que la démographie soit évoquée à la COP 22

Du 7 au 18  novembre 2016 se tiendra à Marrakech la 22ème Conférence des parties (COP 22) consacrée aux questions climatiques.

Depuis 1995 et la première réunion à Berlin, chaque année de telles conférences analysent les données scientifiques, proposent des mesures et engagent les Etats à les mettre en œuvre afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Toutefois, un facteur déterminant de ces émissions - et plus généralement de la pression anthropique - a été le plus souvent passé sous silence lors des COP précédentes : la démographie.

Depuis 1995 la population mondiale a augmenté de 1,7 milliard  (+ 30 %). Selon les projections de l’ONU  nos effectifs devraient encore progresser de 3,8 milliards d’ici la fin du siècle, soit une nouvelle augmentation de 50 %. En deux siècles, de 1900 à 2100, la population humaine aura été multipliée par 7. A comportement égal, c’est donc aussi par 7 qu’aura, été multiplié notre potentiel d’émissions de CO2. Ce facteur ne peut être éternellement ignoré.

La majeure partie de cette croissance démographique devrait avoir lieu dans les pays les plus défavorisés, là où les accès à la contraception comme à l’éducation restent les plus difficiles. Là aussi où, compte tenu du faible niveau de vie, il serait aussi irréaliste que  moralement injuste d’imposer des efforts importants en matière de réduction de la consommation énergétique.

Cette pétition a donc pour objet de demander à toutes les parties prenantes à la COP 22 d’inscrire la démographie à l’ordre du jour de cette conférence  afin de proposer des mesures susceptibles de freiner la croissance continue de nos effectifs. Mesures  telles que l’extension des moyens alloués à la planification familiale et à l’éducation dont on sait qu’ils constituent un élément fondamental en faveur de la baisse de la fécondité.

De telles mesures auraient d’ailleurs d’autres conséquences favorables, sur le plan du développement, sur le plan de la justice sociale et sur le plan environnemental en réduisant l’ensemble de nos rejets comme notre pression sur les territoires. 

Association Démographie Responsable

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie Climat
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 12:36

Les inondations qui viennent de frapper les Alpes Maritimes suscitent évidemment moult commentaires. Commentaires sur les causes mais aussi sur les responsabilités éventuelles.

Si en effet, les médias continuent d’attribuer les épisodes récurrents de pollution sur l’Ile de France à la mauvaise volonté de la météo, il semble qu’en matière de pluies brutales nous soyons un peu plus lucides et que la responsabilité anthropique soit désormais largement reconnue.

Deux types d’implications sont retenus. D’une part, une responsabilité globale et diffuse via le réchauffement climatique censé favoriser les « épisodes extrêmes », d’autre part, à un niveau  local, une responsabilité sur ce qui a généré de telles conséquences pour ces pluies. L’imprévoyance et/ou l’avidité de quelques maires et promoteurs prompts à ignorer les mises en garde et à bétonner à tout va pour des profits financiers ou politiques de court terme sont largement mises en cause.

Comme lors du tremblement de terre d’Haïti en 2010, (voir ici l’article que nous avions consacré à cette catastrophe) l’urbanisation à outrance constitue le coupable idéal; celui dont la dénonciation vous vaudra votre diplôme d’écologiste clairvoyant sinon bienpensant. Seul un esprit particulièrement taquin et mal intentionné pourrait faire remarquer que ce sont souvent ces mêmes écologistes qui se font par ailleurs les défenseurs de la densification de l’habitat.

C’est que se contenter de dénoncer l’urbanisation, c’est s’arrêter en route, c’est ne pas aller un cran plus loin en s’interrogeant sur ce qui, en amont, favorise cette urbanisation. Une fois encore nous retrouvons l’incontournable question du nombre des hommes.

Nous la retrouvons bien sûr au niveau planétaire sur la question du réchauffement climatique, puisque à mode de vie équivalent, les émissions de gaz à effet de serre sont tout simplement proportionnelles au nombre de terriens (1). Mais nous la retrouvons aussi au niveau local ; car si dans l’urbanisation effrénée, la cupidité et l’ambition de quelques-uns ont évidemment leur rôle, elles ne trouvent à s’appliquer que parce qu’une demande bien réelle existe de la part d’une population toujours plus nombreuse, et cela en France comme dans le monde entier. Une proportion importante et d’ailleurs croissante de la population mondiale vit à proximité des côtes parfois pour des raisons économiques, mais parfois également, comme c’est largement le cas sur les côtes méditerranéennes françaises, pour des raisons climatiques.

Cependant, la surdensité locale que l’on rencontre en tel ou tel point du territoire et notamment sur la côte d’Azur n’est pas le seul fruit d’un appétit économique ou d’un désir de confort (2), elle est aussi le fruit d’une pression démographique sur l’ensemble du territoire. Si un certain pourcentage d’une population veut s’installer dans telle ou telle portion du pays, le nombre de personnes qui s’installeront effectivement sera notamment déterminé par la taille de la population totale. La surdensité locale parfois dénoncée est pour partie le fruit de la surdensité globale qui, elle, n’est jamais évoquée. Cet enchaînement-là reste quasiment passé sous silence comme il semble devoir l’être lors des prochaines négociations climatiques de Paris (1).

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(1) La responsabilité du facteur démographique sera discutée lors de deux conférences intitulées « Réchauffement climatique et surpopulation » organisées à Paris et à Suresnes par l’association Démographie Responsable les 19 et 21 novembre prochains. Parmi les intervenants se trouveront notamment Yves Cochet, député européen, ancien ministre de l’environnement et aujourd’hui président de l’ Institut Momentum  ainsi qu’Antoine Waechter, président du Mouvement Ecologiste Indépendant et ancien candidat à la Présidence de la République.

(2) Désir de confort parfois méprisés, mais pourtant tout à fait légitime, toutes les espèces vivantes ne tentent-elles pas de s’installer là où les conditions leur paraissent optimales ? Finalement le droit au soleil fait partie de ces droits qui, comme beaucoup d’autres, risquent d’être sacrifiés dans un monde qui mettra le droit au nombre au-dessus de de tous les autres.

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Published by Didier BARTHES - dans Climat
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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 11:04

Faut-il y croire ? A Brisbane, Australie, les principaux dirigeants de la planète ont fait le pari de la croissance – objectif + 2.1 % - tout en prenant position, dimanche 16 novembre, en faveur d’une action « résolue et effective » sur le climat Comme le dit Claire Guélaud  (1), ce sommet « restera probablement comme le G20 où le climat s’est imposé comme un sujet majeur, un peu plus d’un an avant la conférence de Paris (COP21) de décembre 2015. Le terrain avait été préparé par le sommet Asie-Pacifique de Pékin où les États-Unis et la Chine ont annoncé des objectifs précis de réduction de leurs gaz à effet de serre. Quand les deux premières économies du monde, et ses deux plus grands pollueurs, s’engagent, difficile de résister ! »

Qu'ont tenté nos dirigeants à Brisbane ? En fait, ils ont simplement essayé de répondre aux deux principaux défis auxquels les pays du G20 sont confrontés. Un premier défi immédiat qui est celui du chômage qui frappe une partie non-négligeable de leurs populations, chômage identifié comme l'effet d'une trop faible croissance du PIB de chacun des états et qui déstabilise les sociétés. Un second défi de moyen terme, celui d'une crise écologique globale qui commence à être perçue au sommet des états comme potentiellement gravissime, notamment à travers la question du réchauffement du climat.

Pour faire face au premier défi, le G20 de Novembre 2014  propose un « plan d'action Brisbane » qui passe par des réformes structurelles afin d'augmenter la valeur du PIB des pays du G20 de 2,1 % supplémentaires par rapport à la trajectoire qu'elle suivrait d'ici à 2018 ; le G20 veut aussi une coopération renforcée dans le secteur de l'énergie pour garantir des marchés énergétiques plus stables et prévoit d'améliorer le fonctionnement du marché du gaz ; le G20 souhaite encore faire la promotion des investissements d'infrastructures, publics et privés via une plate-forme ad hoc chargée de faire le lien entre gouvernements, groupes privés et banques de développement pour dynamiser les grands travaux. Le tout dans un cadre financier plus strict d'une part en soutenant les réformes en cours dans le secteur bancaire pour imposer des règles plus rigoureuses de capital pour les banques mondiales d'importance systémique, et d'autre part en affirmant sa volonté de limiter  les process d'optimisation fiscale.

Bref il s'agit de sécuriser le jeu d'une économie mondiale par trop dérégulée tout en levant le maximum d'obstacles pour que la croissance économique reparte de plus belle.

Quant au second défi,  le G20 s'engage à promouvoir une « action forte et efficace » et prévoit de renforcer les moyens du Fonds Vert de l'ONU destiné à aider les pays en développement à s'adapter aux effets du réchauffement climatique. Comme le dit François Hollande, « Le G20 représente un acquis très important pour nous retrouver à Paris et signer l’accord global qui permettra d’éviter une augmentation de 3 ou 4 degrés de la température de la planète, ce qui serait source de catastrophe, pour ne pas dire de guerre. »

S'il faut se réjouir de voir la question écologique désormais traitée dans l'enceinte prestigieuse du G20, il n'est toutefois pas interdit de se demander si la volonté de poursuivre à tout prix une logique de croissance élevée - supposant d'après les experts (2) une hausse de la consommation mondiale d'énergie de 40 % en 25 ans - est compatible avec les recommandations du GIEC.

En fait à Brisbane nos dirigeants ont fait le pari d'une croissance forte dans le respect des grands équilibres de la planète, c’est-à-dire qu'ils ont fait le pari de l'effectivité du développement durable. Pari déjà fait au sommet de Rio il y a plus de 20 ans, et qui n'a rien donné sinon une aggravation de quasiment toutes les données écologiques de notre planète (3). Le pari de Brisbane pourrait être le pari de trop.

Reste à proposer un plan B, plan qui commence à se dessiner chez les écologistes qui refusent les facilités démagogiques de la croissance verte. Plan qui viserait une prospérité sans croissance à base de low-tech (4), de vita povera et d'une démographie maîtrisée.

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1 : In  « Pour la première fois le G20 s'engage pour le climat » , Le Monde Economie du 17.11.2014.

2 : Voir Hayat Gazzane, « La consommation mondiale d'énergie bondira de près de 40 % d'ici 2040 » in Le Figaro du 12.11.2014.  

3 : On peut d'ores et déjà s'interroger sur la validité des engagements pris par les États-Unis au récent sommet Asie-Pacifique à Pékin (où les États-Unis se sont engagés sur une réduction de 26 - 28 % de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2025 par rapport à 2005) quand on voit ce qu'en dit Mitch Mc Conell, le chef de la majorité républicaine au Sénat américain :  « Ce projet irréaliste, que le président (Barack Obama) refourguera à son successeur, veut dire à coup sûr des prix de l'énergie plus élevés et encore beaucoup moins d'emplois ». Pour Mc Conell, la diminution prévue du recours au charbon n'est qu'une « guerre idéologique du président » et il importe « d'atténuer la charge que constituent déjà les régulations de l'EPA (l'Agence de Protection de l'Environnement) ».  Sur ce sujet,  « Climat : le leader républicain au Sénat juge "irréalistes" les nouveaux objectifs »   in Le Point du 12.11.2014.  

4 : Sur ce sujet, et dans la lignée des réflexions d'Ivan Illitch et de Jacques Ellul, voir aussi L'Âge des Low Tech,  Philippe Bihouix, Le Seuil, 2014, 336 pages, 19,50 €.    

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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Climat
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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 18:04

La presse commence à l'évoquer (1), pour la première fois, certaines mesures ont, ou sont sur le point, de révéler un taux de 400 parties par millions  de CO2 dans l'atmosphère. Du fait de la saisonalité  du phénomène (graphique 6)  et de la variabilité géographique des mesures, ce taux n'est pas encore définitivement acquis, mais il deviendra bientôt la norme, et nous pouvons parier que ce siècle connaîtra les 500 puis peut-être les 600 ppm. De 1980 à 2010, le gain à été d'environ 1,7 ppm par an ce qui correspond à une augmentation séculaire de 170 ppm. Cette seule augmentation est supérieure à la moitié du taux préindustriel. 

On estime en effet que jusqu'aux années 1800,  le gaz carbonique composait l'atmopshère à hauteur d'environ 280 parties par millions. Plus précisément, la proportion de ce gaz aurait oscillé entre 200 et 280 ppm au cours des 400 000 dernières années (graphique 1). En seulement deux cent ans, notre omniprésence et l'explosion de nos activités auront donc augmenté  cette proportion d'environ 43 % ! La poursuite de la croissance démographique - l'humanité devrait gagner encore environ deux milliards de représentants d'ici 2050 et trois d'ici 2100 - mais aussi  le développement de nombreux pays émergents, la Chine et l'Inde en tout premier lieu, favoriseront évidemment l'évolution en cours.
Vous trouverez ci-dessous quelques tableaux et graphiques donnant une image de ces variations sur différentes échelles de temps. Pour la première fois, une espèce modifie significativement la composition atmosphérique de notre planète. Les conséquences climatiques en sont encore débattues, mais l'hypothèse d'un réchauffement non négligeable fait aujourd'hui presque l'unanimité.
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1 :  Evolution du taux de CO2  sur longue période  

    Variation des teneurs de l'atmosphère en gaz carbonique sur les 400 000 dernières années (forage de Vostok) Petit & al, Nature, juin 1999 (disponible sur le site Manicore)

  CO2 sur longue période________________________________________________________________

 2 :  Evolution du taux de CO2
 au cours des dernières années
    
    (au Mauna Loa)
Tableau des valeurs moyennes
Données en ppm pour l'année commençant chaque décennie et croissance par rapport au début de la décennie précédente.
 


  1960  : 316,91 ppm
  1970  : 325,68 ppm (+   8,8 ppm soit + 2,8 % par rapport à 1960)
  1980  : 338,68 ppm (+ 13,0 ppm soit + 4,0 % par rapport à 1970)
  1990  : 354,16 ppm (+ 15,5 ppm soit + 4,6 % par rapport à 1980)
  2000  : 369,40 ppm (+ 15,2 ppm soit + 4,3 % par rapport à 1990)
  2010  : 389,78 ppm (+ 20,4 ppm soit + 5,5 % par rapport à 2000)
                                     

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  3 :  Graphique de l'évolution du CO
2 sur cinquante ans.
          (au Mauna Loa)
 
Courbe rouge :  données brutes 
Courbe noire  :  données désaisonnalisées
  CO2 longue période avril 2013 _________________________________________________________________________________________________        
  
 4 :   Evolution de la croissance moyenne annuelle du CO2 sur 50 ans
       (au Mauna Loa) 
Barres verticales bleuesDonnées annuelles
Traits noirs horizontaux : Moyennes sur la décennie
   
croissance-moyenne-depuis-50-ans-avril-2013.pngAprès une pause au cours de la décennie 1990 (pause qui n'a en rien abaissé le taux de CO2 dans l'atmosphère mais en a simplement ralenti le taux de croissance), on observe une forte reprise de l'évolution, puisqu'au cours de la décennie 2000, le taux de croissance du gaz carbonique dans l'atmosphère est reparti à la hausse et bat tous les records avec une progression moyenne d'environ 2 ppm par an, soit 20 ppm par décennie.
   
_________________________________________________________________________________________________

 

 5 :  Evolution du nombre de ppm sur la dernière décennie

          (au Mauna Loa)  

 

Années nb de ppm croissance (*)        

Années

nb de ppm croissance (*)
                             
  2000 369,52   + 1,62     2007   383,76   + 2,20
  2001 371,13   + 1,58     2008   385,59   + 1,62
  2002 373,22   + 2,53     2009   387,38   + 1,88
  2003 375,77   + 2,29     2010   389,85   + 2,42
  2004 377,49   + 1,56     2011   391,57   + 1,94
  2005 379,80   + 2,52     2012   393,82   + 2,66
  2006 381,90           + 1,76                                              

(*) Le nombre de ppm pour chaque année correspond à la valeur moyenne de l'année considérée. La croissance (toujours en ppm) correspond à celle publiée par l'ESRL entre le 1er janvier de l'année et le 1er janvier de la suivante. La croissance entre les deux valeurs moyennes annuelles peut être différente de la croissance consatée entre deux premiers janvier, voici pourquoi on ne passe pas d'une année à l'autre en ajoutant la valeur de la croissance ici indiquée.
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   6 :  Evolution sur les cinq dernières années      
         Au mauna Loa (premier graphique) puis globalement sur la planète (second graphique)   
Courbe rouge : données brutes
Courbe noire : données désaisonnaliséesCO2-sur-5-ans-janvier-2013-version-2.png
CO2 5ans avril
La saisonnalité de l'évolution est ici bien  visible et justifie l'établissement de courbes désaisonnalisées (courbes noires). Ces graphiques confirment que globalement nous allons très prochainement atteindre au moins provisoirement le seuil symbolique des 400 ppm . En avril 2013,  le dernier relevé mensuel publié par l'ESRL donnait 398,40  ppm ! (pour 396,18 ppm l'an dernier, à la même période).
Cette saisonalité est liée au rôle prédominant de l'hémisphère nord dans l'émission de CO2, principalement au cours de  l'hiver. On voit d'ailleurs que le pic a lieu quand l'hiver est fini, c'est à dire,  en avril-mai  et que tout le gaz carbonique que nous avons émis en hiver s'est accumulé sans avoir encore été suffisamment absorbé par la croissance de la végétation. En été au contraire, la moindre consommation de l'hémisphère nord et la poussée de la végétation font provisoirement redescendre les courbes. L'hémisphère sud, moins peuplé, et moins arboré, car principalement maritime, participe plus faiblement à ce mécanisme saisonnier.
Au rythme actuel de progression du CO2, il faut environ cinq ans pour que le pic le plus bas de l'année atteigne le niveau de ce qui fut le pic le plus haut.  On peut donc estimer que dans cinq ans les 400 ppm consitueront notre quotidien.
   
Cette augmentation graduelle du taux de CO2  peut être visualisée via cette animation fort pédagogique. 
 
(1) :  Voir par exemple les articles des Echos de Libération ou de Futura Environnement. voir aussi l'émission C dans l'air du 20 mai 2013 .
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Sources : Les tableaux et graphiques reproduits ici (sauf le premier)  proviennent de l' ESRL (Earth System Research Laboratory) et sont librement consultables sur ses excellents sites. L'ESRL est un laboratoire de recherche du NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) La plupart proviennent de mesures réalisées depuis 1958  sur le volcan Mauna Loa à Hawaï, au coeur du Pacifique, et donc loin de toute concentration humaine ou industrielle significative. 
Les chiffres de la dernière année peuvent être soumis à quelques réajustements. Il ne faut donc pas les considérer comme définitifs même si, bien sûr, ces réajustements ne sont pas susceptibles de changer les ordres de grandeur.
   
Les principaux éléments de cet article sont repris dans une page fixe de ce site : Les chiffres clefs du CO2, page qui est et sera mise à jour au fur et à mesure  de la disponibilité de nouvelle statistiques.   
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Published by Didier BARTHES - dans Climat
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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 14:04

 

Le réchauffement climatique est aujourd’hui la menace environnementale la plus médiatisée. La lutte contre ce phénomène est devenu le fondement emblématique de "l’écologiquement correct".

Les choses sont-elles si simples ?  Le réchauffement constitue-il vraiment la catastrophe que l’on nous prédit ?   Comment envisager dans le long terme l’évolution des civilisations sur une planète au climat changeant ?

En émettant ces doutes je ne veux en rien rejoindre l’ensemble des climato-sceptiques. Ni ceux, relativement rares,  qui nient la réalité du processus (sur une quarantaine d’années la tendance au réchauffement planétaire est manifeste), ni ceux qui, tels Claude Allègre ou Vincent Courtillot, sans le réfuter (1) lui refusent une origine principalement anthropique. Les quantités de CO2  et accessoirement de méthane envoyées dans l’atmosphère par l’ensemble des activités humaines me paraissent tout à fait à même d’expliquer la hausse des températures. Cette analyse fait l’objet d’un consensus relativement large chez les scientifiques et les conclusions du GIEC  paraissent solides.

Là où je souhaite me dégager de l’unanimisme ambiant c’est d’abord dans l’identification du réchauffement (et plus généralement de tout changement) à une dégradation voire à une pollution. Même si, bien sûr, ce réchauffement accompagne nos activités polluantes et en constitue l’une des conséquences, il me semble impossible de juger de son caractère intrinsèquement néfaste indépendamment des conditions dans lesquelles il s’opère c’est-à-dire à la fois très rapidement et dans l’omniprésence de l’humanité et de ses infrastructures.

Une Terre au climat plus chaud est-elle par nature une Terre plus polluée, plus abimée ? Notre planète a déjà été plus chaude même dans des périodes récentes  (voir cette page du site manicore) et ne s’en est pas si mal portée (2).

La difficulté provient-elle alors du rythme du changement ? Il est vrai que les modifications de températures que nous provoquons sont extrêmement rapides : de l’ordre de quelques degrés en un siècle (3). Même si dans le passé certaines évolutions climatiques ont été également assez rapides, seules probablement, celles résultant de la chute d’une météorite géante, dont on comprend bien qu’elles constituent un cas à part et très exceptionnel même aux échelles de temps géologiques, ont été plus violentes que celle que nous connaissons et induisons.

Là où le problème du réchauffement climatique d’aujourd’hui se révèle très particulier et très grave c’est qu’il se produit sur une Terre où le monde vivant a vu ses possibilités d’adaptation largement anéanties par l’homme. En notre absence et en cas de réchauffement, il n’était pas très difficile aux animaux de gagner chaque année quelques kilomètres vers le Nord. Bien sûr il y avait des perdants mais ils y avaient aussi des gagnants. Si les ours blancs ou les espèces polaires voyaient leurs effectifs diminuer, beaucoup d’autres animaux, et cela est vrai pour la flore également, prospéraient sur de nouveaux territoires

Aujourd’hui, il n’y a que des perdants. Même si la forêt remonte légèrement vers les hautes latitudes au détriment de la toundra, on ne peut envisager là une compensation partielle aux déforestations qui ravagent le reste de la planète.  Nombreux sont ceux y voient au contraire une opportunité en faveur de l’ouverture de nouvelles zones d’exploitation pour le pétrole, le gaz, le bois ou même l’agriculture en général. Dans ce contexte, comment espérer que le tigre gagne ce que perdra l’ours polaire ?

Laisser à la nature des espaces disponibles quand nous pourrions les utiliser ne fait pas partie des options d’une espèce conquérante. Les eaux n’échapperont pas plus à notre volonté de toute puissance. Les mers circumpolaires et en particulier l’océan Arctique seront plus largement dégagées de glaces en été. Est-ce une chance pour la nature ? Non, car l’homme pense déjà exploiter les eaux libres aussi bien pour faciliter le commerce (via le fameux passage du Nord-Ouest) que pour favoriser l’exploitation des hydrocarbures. La Russie et ses voisins sont engagés dans de lourdes batailles pour déterminer l’extension précise des talus continentaux dont la propriété est celle de l’état limitrophe et   se situeraient de prometteurs gisements gaziers et pétroliers.

Bref, tout est prêt pour que la nature soit empêchée de s’adapter et c’est là que se situent la menace principale. Pas dans le réchauffement mais dans les conditions dans lesquelles il s’opère, c’est-à-dire sur une planète handicapée et rendue, si j’ose dire, inapte à l’adaptation du fait de notre nombre et de nos infrastructures.  

Cette question du réchauffement soulève également une réflexion plus générale sur la place de l’homme et de la civilisation dans le long terme. Sur plusieurs plans, le réchauffement climatique peut mettre en cause quelques éléments de notre civilisation. On peut notamment imaginer qu’une température excessive ou que des sécheresses durables et étendues dans les latitudes intertropicales posent de réels problèmes à l’agriculture et donc à l’alimentation d’une humanité de sept et bientôt neuf milliards de représentants. En ce sens la civilisation est responsable de la dégradation des conditions matérielles sur lesquelles elle s’appuie.

Toutefois, il serait bien prétentieux d’imaginer que nous sommes seuls à avoir ce pouvoir de dégradation et que la Terre doit naturellement offrir toujours et partout les conditions optimales à la survie et même au développement de nos sociétés modernes. La Terre a montré sa capacité à abriter la vie depuis plusieurs milliards d’années et la vie de grands animaux depuis plusieurs centaines de millions d’années. Il n’est en rien écrit que la Terre soit capable d’offrir les conditions optimales aux civilisations technologiquement dépendantes sur de longues durées.  

Si l’on se focalise sur les époques plus récentes, il semble bien que depuis le quaternaire la Terre connaisse une succession de cycles d’environ 100 000 ans présentant une alternance plus ou moins régulière de 80 000 ans de périodes froides et de 20 000 ans plus tempérées dites d’interglaciaires (4). Nous sommes (et la civilisation y est née) dans une de ces phases interglaciaires. Dans les périodes glaciaires La température de surface moyenne du globe serait d’environ 5 C° inférieure à celle que nous connaissons. De telles conditions recouvriraient de glace un grande partie du monde aujourd’hui économiquement développé, l’essentiel de l’Europe et des Etats-Unis en particulier, rendant impossible la poursuite de notre mode de vie au moins sur ces territoires.

Il apparait donc qu’indépendamment de l’activité de l’homme la Terre est susceptible de connaître des climats brisant net notre élan vers une économie toujours plus développée et vers une artificialisation complète du monde. Ceux qui souscrivent à l’interprétation de James Lovelock verront peut-être là une sagesse de Gaïa.

Ces remarques n’ont pas pour objet de nous inciter à minimiser l’impact des activités humaines sur l’environnement, bien au contraire, d’autant qu’il existe des effets de seuil susceptibles de précipiter et d’aggraver les phénomènes (5). Elles n’ont pas non plus pour but de nous faire espérer que le réchauffement climatique  vienne opportunément contrer les effets redoutables d’une entrée en glaciation (les délais ne sont pas les mêmes, le réchauffement nous « menace » dès ce siècle même). A long terme, de toute façon, le CO2 se résorbera et nous retrouverons probablement la prééminence des grands cycles naturels.

Ces remarques ont pour objet de nous inciter à un peu de modestie. De nous inciter à comprendre que le monde n’est pas l’outil obligé de notre économie. Que nous devons nous comporter comme une espèce légère sur la Terre. Légère dans ses effectifs et ses consommations ; légère pour respecter le reste du vivant mais aussi pour être capable de s’adapter le jour où sur notre planète, quelle qu’en soit la cause, les évolutions climatiques interdiront aux grandes et lourdes civilisations l’usage d’une majeure partie des territoires. Une humanité de dix milliards de représentants hyper consommateurs et tous dépendant d’immenses technostructures ne le pourra pas. Seule le pourra une humanité moins nombreuse, moins dépendante et en cela plus « résiliente ».

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(1) Encore qu’il semble que désormais, Vincent Courtillot ne remette pas seulement en cause l’origine anthropique du réchauffement mais exprime des doutes sur sa poursuite. Selon lui le réchauffement se serait arrêté depuis une douzaine   d’années. Ce point de vue est loin de faire l’unanimité et ne me parait pas évident même à la lecture des statistiques proposées  sur le site qui lui est consacré.  

(2) Quitte à contredire mon propre point de vue je dois toutefois  noter que le  père de l'hypothèse  Gaïa, le célèbre écologue James Lovelock   estime  à l’inverse, que globalement la Terre est plus productive pour le vivant dans les périodes de glaciation que dans les périodes chaudes. Selon lui, ce qui dans ces temps glacés est perdu aux pôles ou dans les latitudes moyennes en terme de productivité de la matière vivante serait largement compensé par ce qui est gagné dans les zones tropicales ou équatoriales. Voir sur ce point son excellent ouvrage : La revanche de Gaïa : Pourquoi la Terre riposte-elle ? Editions Flammarion, mars 2007.

(3) Voir  « Le dernier Grand Réchauffement » un article  de Lee Kump paru dans le mensuel "Pour la Science" d’octobre 2011 (numéro 408, p 41). L’auteur  y compare le rythme de réchauffement actuel à celui survenu au cours du crétacé (il y a entre 120 et 90 millions d’années) et surtout à celui   qui a marqué la frontière entre le paléocène et l’éocène (il y a 56 millions d’années). Ces deux réchauffements étaient beaucoup plus lents. Pour la question qui nous concerne Il faudrait toutefois comparer le rythme actuel à celui qui a accompagné les alternances glaciaires-interglaciaires du quaternaire. Voir pour cela le graphique du climat sur les 400 000 dernières années sur le site  Manicore de Jean Marc Jancovici  déjà évoqué.

 (4) Il s’agit là d’une présentation quelque peu schématique je renvoie sur ce point à toute la littérature climatique. Globalement ces évolutions récentes (depuis le quaternaire) sont liées à des données astronomiques : variations cycliques de l’orbite terrestre (variations de l’excentricité) et de l’inclinaison de la Terre (variation de l’amplitude  de l’obliquité et interaction entre la date des saisons et le passage de la Terre au périhélie et à l’aphélie liée à la précession des équinoxes).

(5) Il ne faut pas passer sous silence la question des effets de seuils dont on sait qu’ils sont susceptibles, au-delà de certaines variations de température, d'entrainer le climat dans un cercle vicieux. Cerle dans  lequel les effets s’auto entretiendraient et s’auto renforceraient. Le processus  le plus souvent évoqué est celui par lequel le réchauffement favoriserait la fonte du permafrost et la libération d’importantes quantités de méthane qui à leur tour enrichiraient l’atmosphère en gaz à effet de serre lesquels renforceraient le réchauffement en une boucle de rétroaction positive. Toutefois ce raisonnement peut s’appliquer à un phénomène d’origine naturelle aussi bien qu’à un mécanisme d’origine anthropique ; il peut également se concevoir en sens inverse vers le refroidissement : un refroidissement augmente les surfaces couvertes de glace ce qui élève l’albédo de la Terre et favorise à son tour un rafraîchissement.    

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 10:40

Voici un article un peu plus technique que d'habitude. Il s'adresse d'abord à ceux qui ont quelque goût pour les petits calculs ou veulent connaître plus en détail ce fameux effet de serre
Rappel général : L'effet de serre est ce mécanisme par lequel certains composants de l'atmosphère (vapeur d'eau, gaz carbonique méthane...) bloquent le rayonnement infrarouge réémis par la Terre et permettent à notre planète de conserver sa chaleur.

     

    Presque inconnu il y a encore dix ou vingt ans, l’effet de serre, est devenu le héros des temps modernes… mais aussi le Diable en personne.

   Lutter ou seulement prétendre lutter contre lui  est devenu gage de respectabilité. Mais qui est donc cet adversaire et quel est son étrange pouvoir ?

    Au premier abord et si l’on en croit les médias, l’effet de serre est ce  qui, au moyen du CO2, va bouleverser le climat, occire les ours blancs, assécher nos rivières, transformer nos vertes forêts en Sahara et faire de notre belle planète une seconde Vénus.

Pourtant, si l’on va un peu plus loin, l’effet de serre est au contraire ce mécanisme merveilleux qui adoucit les températures et qui, en maintenant durablement l’eau sous sa forme liquide, permet à la vie d’exister.

Si enfin, on pousse encore la curiosité, on découvre alors un phénomène complexe, essentiel à l’équilibre du climat (voir note 1) et auquel on peut attribuer un réchauffement d’une bonne trentaine de degrés. On découvre également que le CO2 n’est pas le seul GES (Gaz à Effet de Serre). Il n’est même pas le principal puisque la bien inoffensive vapeur d’eau lui dame le pion (voir notes 2, 3 et 4).

Nous ne reviendrons ni sur la description des principes généraux, ils sont déjà largement médiatisés ni non plus sur les détails, car il s’agit cette fois d’une affaire extrêmement compliquée. Déterminer pourquoi une molécule plutôt qu’une autre entre en résonance sous l’action d’un rayonnement de telle ou telle longueur d’onde relève d’un cours de physique de haut niveau. Sachez simplement que par cette interaction, les molécules absorbent l’énergie du rayonnement et en bloquent la progression

Je vous propose  seulement de  déterminer l’ampleur de ce réchauffement et de comprendre pourquoi on parle  d’une trentaine de degrés ?


    Voici les principes et les données nécessaires à notre calcul : 

 
-   La Terre est en équilibre thermique.

C’est à dire que sur une période courte (quelques jours par exemple) elle ne se refroidit ni ne se réchauffe (même le célèbre réchauffement climatique est absolument négligeable à ces échelles de temps). Or, comme notre planète n’est en contact matériel avec rien, elle ne peut se réchauffer ou se refroidir par conduction ou par convexion et n’a d’autre solution pour modifier sa température que d’échanger du rayonnement avec l’extérieur.
Donc, si elle est en équilibre thermique cela équivaut à affirmer que le rayonnement qu’elle reçoit de l’espace (du soleil en l’occurrence) est strictement égal au rayonnement qu’elle émet vers les cieux. Cette égalité constituera la cheville ouvrière de notre raisonnement.


Nous considérerons la Terre comme un Corps noir

Il s’agit là d’une forte  approximation et en réalité c’est loin d'être le cas, mais nous pouvons la tenir pour vraie si nous prenons soin, lors de nos calculs de prendre en compte l' albédo et de soustraire au rayonnement reçu la part directement renvoyée par réflexion (proportion évaluée à 30 % de l’énergie incidente).
Rappelons à cette occasion qu’un corps noir est un corps qui ne reflète aucun rayonnement (c’est pour cela qu’il est noir). Ainsi la lumière (c’est à dire, le rayonnement) que nous en recevons ne dépend que de sa seule température (sa composition qui influencerait le reflet n’intervient pas puisque justement, il n’y a aucun reflet).

Il existe un lien donné par la formule dite de Stephan entre la température d’un corps noir et le rayonnement émis.

Ce lien s'écrit :

L =  s s T 4 

L Etant la puissance (Luminosité) exprimée en watts (w).

T Etant la Température exprimée en degrés Kelvin (K).

S Etant la surface du corps exprimée en mètres carrés.
 Ici S sera égal à 1 car nous ferons le calcul pour un mètre carré (m2) ce qui simplifiera la question sans rien changer quant au fond.
s  : la constante de Stephan  vaut : 5,67 x 10–8 w m2 K-4.

 

Voici la démarche. 

  • A partir de la constante solaire (voir l’article Puissant Soleil) nous déterminerons la quantité de rayonnement reçu par chaque mètre carré de la Terre.  
  • De l’égalité entre rayonnement émis et rayonnement reçu nous déduirons la quantité de rayonnement émis.  
  • Par la constante de Stephan nous déterminerons la température que devrait avoir la Terre considérée en équilibre thermique compte tenu de l’énergie qu’elle émet.
  • L’effet de serre sera considéré comme l’excès de température entre la valeur théorique calculée précédemment et la valeur effectivement constatée (environ 15 C° soit 288 K).  

Détermination du Rayonnement reçu par la Terre.

 

Au niveau de l’orbite terrestre (à environ 150 millions de km de notre étoile donc), chaque mètre carré placé perpendiculairement au Soleil reçoit un rayonnement d’une puissance de 1 368 w, c’est la constante solaire.

Chacun des mètres carrés de la surface terrestre ne reçoit cependant (hors effets atmosphériques) que le quart de ce rayonnement. En Effet la Terre n’intercepte les rayons solaires que sur une surface égale à un disque de même diamètre qu’elle. Or la surface d’un disque (formule : Pi R2) est égale au quart de la surface d'une sphère de même taille (formule : 4 Pi R2).
Cela s’explique simplement.
. D’une part une moitié de la sphère est dans l’ombre car il fait nuit 50 % du temps et il faut donc diviser une première fois par deux le rayonnement reçu.

. D’autre part, la demi-sphère faisant face au Soleil étant bombée, sa surface est deux fois plus importante que celle du disque correspondant. Cela divise encore par deux le rayonnement reçu par unité de surface.

Cette double division par deux justifie la division du rayonnement reçu par un facteur 4.
Hors atmosphère, la surface de la Terre serait donc, toutes longueurs d’ondes confondues, soumise à un rayonnement de 1 368 w / 4  soit : 342 watts. Cependant l’atmosphère et en particulier les nuages interceptent une bonne partie de ce rayonnement et le renvoie dans l’espace. La surface elle-même du sol est partiellement réfléchissante. C'est en cela que la Terre ne peut, strico-sensu, être assimilée à un corps noir et c'est ici que nous en tenons compte et faisons la correction nécessaire par l'opération suivante.
Ce reflet est ce que l'on appelle l’albédo. Pour la Terre il est estimé à 30 %.  Le rayonnement effectivement reçu par la surface terrestre  pour un mètre carré (et non réfléchi) est donc égal à 70 % de 342 watts soit : 
   
                                 342 watts x 0,7  =  239 watts.

 

Détermination du rayonnement émis par la Terre

 

Par l’égalité entre rayonnement reçu et rayonnement émis la Terre émet un rayonnement d’une puissance de 239 w.m2

 

Détermination de la température théorique de la Terre.

 

Il s’agit de déterminer la température théorique d’un corps qui émet 239 watts par mètre carré.

Appliquons la formule de Stephan :   L = s s T 4
 

          Remplaçons :
          L par sa valeur : 239 w.m2,
          La surface S par 1 pour un  calcul sur 1 m2     
          La constante de Stephan  par : 5,67 x 10-8 m2 K-4 

          Nous obtenons :

 

                239 w m2 =   5,67 x 10–8 w m2 K-4 x 1 x T(K) 4

On, voit que seule la température (T) reste non définie, c’est l’inconnue qu’il faut trouver en résolvant cette équation.

                    T 4 = 239 w m2 / 5,67 x 10-8 w m2 K-

En simplifiant les unités , c'est à dire en supprimant w et m2  en même temps au numérateur et au dénominateur.

                      T4 = 239 / 5.67 x 10–8 K-4

            T4 = 239 x 1,76 x 107 K4

            T4 = 4,22 x 109 K4


  Soit en prenant la racine quatrième de ce  nombre :

           T = 255 K soit  – 18 C° (5) 

Détermination de l’impact de l’effet de Serre

 

La température moyenne de la planète est aujourd'hui évaluée à 15 C° soit à 288 K.
 

Le surplus par rapport à la température calculée ci dessus est donc de :

                        288 K – 255 K = 33 degrés
 

Compte tenu des simplifications retenues dans ce calcul nous arrondirons à  un peu plus de 30 degrés ".


Ce gain est donc extrêmement sensible et change complètement les conditions de la vie terrestre. Il reste toutefois bien modeste par rapport à ce qu’on observe sur Vénus où l’excès de température est évaluée à environ 480 degrés. La température de surface de vénus est d’environ 460 C° pour un équilibre à – 20 C° sans ce mécanisme. L’atmosphère de Vénus particulièrement dense et constituée presque exclusivement de CO2 explique l’ampleur du phénomène. Il est également remarquable que sur cette planète la température d’équilibre (- 20 C°) est proche de celle de la Terre alors que Vénus est plus près du Soleil et reçoit deux fois plus de lumière par unité de surface. Il se trouve que les nuages très épais bloquent le rayonnement qui ne peut ainsi atteindre le sol.

Remarques
Ce petit calcul à juste une vocation pédagogique. Il vise à donner l’ordre de grandeur du réchauffement dû à l’effet de serre ainsi qu’à se faire une idée de la méthode. Si le résultat est tout à fait conforme à ce qu’admettent aujourd’hui les scientifiques, il convient de souligner les quelques simplifications dont nous nous sommes ici accommodés.

  • L’albédo est évalué à 30 % C’est là une valeur imprécise. De plus il n’est pas identique pour toutes les longueurs d’ondes alors que nous l’avons supposé tel dans le calcul.
  • Nous n'avons pas ici évoqué les interactions entre le sol et l'atmosphère ni entre les océans et l'atmosphère. Il aurait fallu prendre en compte les très complexes mécanismes de chauffage de celle-ci par les sols et ainsi  que par la condensation des eaux océaniques évaporées. Toutefois, cela ne modifierait pas les  résulats. En effet vis à vis de l'espace, sol, océans et atmosphère constituent bien un tout qui n'échange de l'énergie que via le rayonnement.

D’autres explications.

Vous trouverez d’intéressantes explications sur l’effet de serre parmi les sites suivants
 -   
Manicore de Jean-Marc Jancovici.
 -   
Sagascience
(dossiers du net) avec un article de Madame
     Marie-Antoinette Mélières.
 -   
Wikipédia (Effet de Serre)

________________________________________________________________________________

  (1)  On dit parfois que toute la physique du monde est contenue dans le simple craquement d’une allumette. Chacun a pu vérifier cette assertion en constatant que les questions d’enfants génèrent toute une ribambelle de " pourquoi " en forme de poupées russes et que l’art d’un parent consiste à savoir y mettre un terme de la façon la plus habile et la moins voyante.
 (2)   La vapeur d’eau représente un peu moins de 1 % de la masse de l’atmosphère. C’est en terme de quantité et en fin de compte d’effet global le plus important des gaz à effet de serre. Toutefois sa proportion est variable selon les lieux et le temps. D’autre part, les effets des modifications introduites par l’homme sur la quantité de vapeur d’eau présente dans l’atmosphère ne font pas encore l’unanimité. Le fait aussi que ce gaz nous apparaît très naturel et très inoffensif explique peut-être que l’on en parle si peu.
(3)   Les molécules ayant, compte tenu des quantités présentes dans l’atmosphère terrestre le plus grand effet de blocage des rayonnements infrarouges émis par la Terre et tentant de retourner dans l’espace sont par ordre d’importance : La vapeur d’eau : H2O, le gaz carbonique ou dioxyde de carbone : CO2 et le méthane : CH4.
 (4)   Il est extrêmement difficile de dire pour une quantité donnée dans quelle proportion exacte un corps est un gaz à effet de serre plus efficace qu’un autre. En effet si à un instant donné la chose est claire, le méthane est plus puissant que le gaz carbonique qui l’est lui-même plus que la vapeur d’eau, ces différents composants n’ont pas la même persistance dans l’atmosphère. Ainsi, une molécule de méthane reste en moyenne 10 ans avant de se transformer en gaz carbonique et les molécules de ce dernier persistent  en moyenne un peu plus de 100 ans. Aussi déterminer l’impact exact de chacun de ces composants dépend du terme auquel on raisonne, et ne se peut se réduire à une réponse unique. Sur l'efficacité des différents gaz à effet de serrre, consultez l'article du site manicore
 (5)  La différence entre les degrés Kelvin (K) et les degrés Centigrades (C°) réside seulement dans le point d’origine :
- le zéro absolu pour les degrés Kelvin  situé à - 273,15 C°
- le point de congélation de l'eau pour les degrés Centigrades situé à + 273, 15 K.
On passe donc de la première échelle à la seconde en soustrayant ces 273,15 degrés. Au niveau du zéro absolu (0 K donc) il n’y plus de mouvement dans la matière, tout est figé.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:54

 

    Les débats sur l’écologie comme ceux qui touchent aux questions de société souffrent de la difficulté à appréhender et à médiatiser la complexité.   
   Aucun facteur n’est univoque. Il existe des causes qui se contrarient et d’autres qui se renforcent ainsi que  des effets de seuils  qui viennent bouleverser les conclusions trop linéaires ou trop prudentes.


Quelques exemples


    L’émission de gaz à effet de serre entraîne une élévation de la température, mais ces rejets sont concomitants à la pollution générale de l’atmosphère et en particulier à l’émission de nombreux aérosols : poussières, suies et gouttelettes de produits divers. Or, ces aérosols présentent un effet inverse et tendent à refroidir le climat parce qu’ils limitent l’ensoleillement au sol.

    Lequel des deux mécanismes l’emportera ?

   Le second ne masquera-t-il pas le premier et ne nous fera-t-il pas sous estimer les menaces de réchauffement ?

   Cette concomitance sera-t-elle durable ou l'un des phénomènes prendra-t-il fin avant l'autre ?
   Questions complexes et non résolues !

 

    La hausse des températures provoque une fonte des glaciers et des calottes polaires participant ainsi à la hausse du niveau des océans(1)

   Sans doute, mais en Antarctique, les températures très basses s’accompagnent d’un climat excessivement sec. Un réchauffement pourrait ainsi s’accompagner d’une élévation des précipitations (neige pour l’essentiel) et, comme les températures moyennes resteront  très majoritairement en dessous de zéro la neige s’amoncellerait et se transformerait en glace. Le réchauffement conduirait ainsi paradoxalement à une augmentation du volume de la calotte antarctique et limiterait la hausse du niveau des mers.

   Alors augmentation ou diminution de la calotte antarctique ?
   Question complexe et non résolue.

 

     La hausse globale des températures mondiales pourrait modifier le régime des vents et des courants. Certains ont donc imaginé que le Gulf Stream s'affaiblirait et que, même dans le cadre d'un réchauffement planétaire, l'Europe pourrait connaître au contraire un refroidissement marqué(2).
    Alors l'Europe refroidie ou réchauffée ?
    Question complexe et non résolue !

    La hausse des températures va favoriser l'évaporation ce qui devrait augmenter la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère or, il s'agit d'un gaz à effet de serre ? Alors réchauffement supplémentaire ?
    Cela n'est pas acquis car on ignore dans quelle proportion l'évaporation se trouvera renforcée. De plus la vapeur d'eau génère des nuages dont certains rafraîchissent et d'autre réchauffent l'atmosphère.
    Solde du phénomène : Inconnu.


   Ajoutons un dernier exemple en guise de question subsidiaire : 
  Est-il différent pour la planète que nous brûlions toutes nos réserves d’énergies fossiles en 50 ans sans faire d’économie ou en 100 ans en se montrant prudent ? Dans les deux cas, dans un siècle les compositions atmosphériques seraient très proches.

    Alors  différence ou pas ?
    Question complexe et non résolue !

 

    Les experts sont parfois divisés justement à cause de cette complexité, même si le Giec propose une vision relativement homogène présentant l’hypothèse du réchauffement comme presque certaine.

    Moins qu’un autre, le problème climatique est un sujet qui s’accommode de slogans simplificateurs. Ni les dirigeants politiques ni les écologistes ni même le public ne pourront faire l’économie d’un effort intellectuel de compréhension.
    Copenhague s'avance sur un terrain difficile.

   La nature est belle, fragile … et subtile.

(1) Dans le cadre d'un réchauffement planétaire, la hausse du niveau des mers proviendrait pour une part de la fonte des islandis et pour une autre part de la dilatation des eaux.

(2)  L'affaiblissement du Gulf Stream serait lié à la modification de la salinité des eaux dans l'Atlantique Nord à cause de la fonte des glaciers Groenlandais qui déverserait de grandes masses d'eau douce dans l'océan.
     Précisons toutefois pour illustrer ces propos sur la complexité que le mécanisme n'est pas certain car le Gulf Stream fait partie de l'ensemble de la circulation dite thermohaline et que l'on ignore comment l'ensemble se réorganiserait.
     D'autre part et contrairement à une idée reçue ce n'est pas le Gulf Stream qui est principalement responsable de la douceur du climat des côtes ouest de l'europe, mais bien les vents dominants. Généralement, à latitudes égales, et indépendemment des courants les côtes ouest de notre planète connaissent des hivers plus doux que les côtes est.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 10:45

    
     Il est de bon ton de prétendre qu'on peut faire dire aux chiffres ce que l'on souhaite. C'est évidemmement faux pour peu que l'on fasse preuve à la fois de sérieux dans l'analyse et d'honnêteté dans les conclusions.

     Les débats sur la réalité du réchauffement climatique constituent un terrain de jeux rêvé pour tous ceux qui voudraient tirer la couverture à eux et ne retenir que les éléments allant dans le sens de leur présupposés.

    La dérive la plus courante est de s'appuyer sur des records pour déterminer une tendance. Cependant une année comporte 365 jours  et plusieurs dizaines de villes en France tiennent des registres de températures. Aussi n'est-il pas étonnant, même au cours d'une année moyenne, de trouver régulièrement des valeurs qui battent un record centenaire. C'est le  contraire qui constituerait une anomalie statistique.

    Météo France vient de publier une estimation des températures automnales moyennes en France depuis 1900. L'automne 2009 serait le second automne le plus chaud (+ 1,5 C°par rapport à la moyenne). Ces données permettent d'illustrer la dérive que nous dénonçons.


    On constate sur ces 110  ans une légère tendance à l'élévation des températures (les données ici proposées sont les écarts par rapport à la moyenne sur la période 1971- 2000).

    Cette élévation n'est pas discutable, le calcul de ce que les statisticiens appellent une droite de régression permettrait d'en tracer la courbe montante. Pour autant cette tendance n'empêche en rien, que les automnes 2007 et 2008 aient été plus froids que l'automne 1900, ni même que l'ensemble des la décennie 1970-1980 ait connu des automnes plutôt frisquets.

     Il n'est pas besoin d'être docteur en mathématiques pour comprendre qu'une tendance ne s'extrapole pas de quelques valeurs extrèmes par leur intensité ou par leur position dans la période de référence. C'est malheureusement une erreur (ou une tricherie) que commettent beaucoup de ceux qui nient le réchauffement actuel.
    Cela n'interdit pas bien entendu, d'écouter également d'autres de leurs arguments qui eux, peuvent être significatifs.

Source du graphique: Météo France.


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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 15:18


    M. Barack Obama ira donc au sommet de Copenhague.

   Si certains s'en réjouissent et veulent voir là un sensible virage de la politique américaine, d'autres notent que le progrès est pour le moins modeste. Certes, M. Obama se rendra au sommet climatique avec des objectifs chiffrés mais ceux-ci restent bien peu ambitieux.


    Les Etats-Unis s'engageraient à réduire leurs émissions de CO2
de 17 % en 2020 par rapport au niveau de 2005.

   Notons cette référence à 2005 alors que la plupart des pays retiennent l'année 1990. C'est une pratique qui relève du marketing. Il serait bon que l'ensemble des pays s'accordent  sur le point de départ. Proposons l'an 2000. Ce sera plus clair et facilitera le travail des historiens pour les comparaisons à venir.

    Ces 17 % par rapport à 2005 correspondraient à environ 3 ou 4 % par rapport à 1990. C'est vraiment insuffisant. D'autant que les Etats Unis étant un pays particulièrement gaspilleur ils disposent de " réserves d'économie" facilement accessibles. Un cran en moins pour la climatisation, un degré en moins pour le chauffage, des voitures plus proches des modèles du vieux continent et le tour est joué. Si les Américains vivaient comme les Européens, gageons que l'objectif serait atteint. Pas de grande révolution, pas d'effort surhumain en vue.

    Ajoutons que les Etats-Unis  disposent de la technologie nucléaire et pourraient assez facilement se passer d'une grande partie du charbon aujourd'hui  utilisé pour la production d'électricité. Or, on sait que le charbon constituera la grande menace climatique de l'avenir, au moins pour la seconde moitié du siècle quand pétrole et gaz seront par la force des choses réduits à un rôle marginal (autrement dit, il n'y en aura plus).

   Les américains ont les cartes en main, pour l'instant leurs propositions sont largement insuffisantes. Ils ne donneront pas ainsi au reste du monde le signal audacieux qui  permettrait d'avancer.
   A quoi s'engagera la Chine ? Et surtout, les promesses seront-elles tenues ? Rien n'est moins sûr, bien entendu, la crise économique  peut faciliter les choses, mais elle repoussera aussi les exigences écologiques au second plan. 
   Dans le même temps les perspectives climatiques semblent de plus en plus s'orienter vers la fourchette hausse des prévisions. Le vingt et unième siècle sera chaud et difficile.

   
  

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 20:49

 

     A quelques semaines de l'ouverture de la conférence de Copenhague,  le dioxyde carbone (1) risque de  se trouver au coeur de l'actualité écologique. C'est l'occasion de faire le point.  Ou en sommes nous ?  A quel rythme progresse  la concentration en CO2 ?

 

     Nous disposons depuis 1958 d’une série homogène de mesures réalisées dans les mêmes lieux et dans les mêmes conditions sur le volcan Mauna Loa, à Hawaï. 
    Depuis mars 1958 en effet, tous les mois, l'ESRL (Earth System Research Laboratory)  mesure le nombre de parties par millions (ppm) de dioxyde de carbone présentes dans notre atmosphère.

      Les chiffres et les graphiques  ci-dessous indiquent la proportion de molécules de ce gaz dans le total des molécules atmosphériques,  (la vapeur d'eau étant exclue de ce même total). Le résultat est ensuite  multiplié par un million pour en faciliter la lecture (2).


Concentration du CO2 sur les 5 dernières années.


 

    La courbe rouge correspond aux valeurs mensuelles moyennes telles qu'elles sont mesurées.   La courbe noire représente ces même valeurs désaisonnalisées.
    En effet, les émissions de CO2, proviennent principalement de l'hémisphère Nord et sont  donc maximales dans les mois d'hiver (3) tandis que la consommation de ce gaz par la végétation (également majoritaire dans l'hémisphère Nord) connaît naturellement un pic printanier.
    Il en résulte, avec un temps de retard, une évolution fortement  saisonalisée présentant  un maximum au printemps et un minimum  au début de l'automne.
      On note la progression permanente de la proportion de gaz carbonique. Il n'y a aucun répit, à peine d'infimes inflexions du taux de croissance.


Concentration du CO2 sur les 50 dernières années.

  Prenons du recul, voici maintenant les mêmes données, cette fois  de mars 1958 à septembre 2009 (avec la même signification respective des courbes rouges et noires).



    Là aussi, la régularité du phénomène est impressionnante nous enrichissons l'atmosphère en dioxyde de carbonne sans discontinuer depuis le début des mesures.
      En 1959 la moyenne annuelle était de  315,98 parties par millions, 49 ans après, en 2008, elle s'élevait à 385,16 ppm !
     Nous enregistrons donc en 49 ans, une croissance de 69,18 ppm soit une hausse de 21,9 % .Cette augmentation correspond à  une élévation de + 1,41 ppm par an  soit un taux de progression annuel de + 0,4 %.
     Rappellons qu'il ne s'agit pas là des émissions qui, elles, ont crû  plus vite encore, mais bien de la quantité de gaz carbonique présente dans l'atmosphère dont nous changeons ainsi significativement la composition.
 
   Voici maintenant les valeurs moyennes  pour les années marquant l'entrée dans chaque décennie.

1960  : 316,91 ppm
1970  : 325,68 ppm (+   8,8 ppm soit + 2,8 % par rapport à 1960)
1980  : 338,68 ppm (+ 13,0 ppm soit + 4,0 % par rapport à 1970)
1990  : 354,16 ppm (+ 15,5 ppm soit + 4,6 % par rapport à 1980)
2000  : 369,40 ppm (+ 15,2 ppm soit + 4,3 % par rapport à 1990)
2009  : 387,35 ppm (+ 17,9 ppm soit + 4,9 % par rapport à 2000 /9 ans*)


  Globalement, il y a donc sur les  cinquantes dernières années :

-  Croissance de la quantité de CO2 présent dans l'atmosphère
- Croissance de la croissance absolue. On passe d'environ plus 10 ppm par décennie à plus 15  ppm par décennie et même plus 20 ppm pour la dernière *.
- Croissance du taux de croissance puisque l'on passe d'une progression d'un peu moins de  3% par décennie à une augmentation régulièrement supérieure à  4 % sur la même durée !


  On reconnaîtra là un phénomème exponentiel et donc potentiellement extrêmement dangereux s'il devait se prolonger durablement.

   (*) Précisons pour les chiffres de l'année 2009 que :   + 17,9 ppm et +  4,9 % sur 9 ans correspondent respectivement à environ à + 19,9 ppm et + 5,4 % sur 10 ans (il faut ramener ces données sur une telle période pour  les rendre comparables aux précédentes). Ceci confirme clairement l'aggravation de la situation. (cet article publié en 2009 a été mis à jour en février 2010 et prends donc en compte les données 2009)

 

Notes:

 (1)   Rappelons tout d’abord qu’en terme quantitatifs ce composant représente une partie mineure de notre atmosphère : moins d’un demi millième. 0,39 millième environ en 2009 (exprimé en ppm).
Il arrive en quatrième position très loin derrière les trois principaux qui sont : l’azote (diazote : N2 : 78 % en masse), l’oxygène (dioxygène : O2 : 20 % en masse) et l’argon (Ar : environ 1 % en masse). Notez que la vapeur d’eau  (H2O) n'est généralement pas prise en compte dans le total atmosphérique car sa part est très variable (localement et temporairement-localement) . Elle représente  globalement de  l’ordre de 1 % de la masse atmosphérique.

   Bien sûr, en terme d’ effet de serre, le dioxyde de carbone  joue un rôle très supérieur à ce que sa faible proportion pourrait laisser supposer. Seule la vapeur d’eau, présente en beaucoup plus grandes quantités,  génère  un impact plus important sur notre climat. Cependant  la vapeur d’eau n'est pas perçue comme un  polluant et nous avons peu  d'influence directe que se soit sur son émission (essentiellement due à l’évaporation océanique) ou sur  son temps de latence dans l’atmosphère avant qu’elle ne se condense sous forme de nuages et ne tombe sous forme de pluie.

   Le méthane (CH4) constitue également un remarquable gaz à effet de serre mais les quantités en cause sont véritablement minimes par rapport au CO2 (un peu moins de 2 parties par million contre 390). Même si une molécule de méthane est beaucoup plus efficace pour piéger les rayonnements infrarouges, en une dizaine d’années elle se transforme en molécule de CO2  par réaction avec les autres composants atmosphériques.  A terme, c'est donc bien la teneur en CO2 qui est déterminante.

   Cette transformation rend d'ailleurs très difficile la comparaison entre l’efficacité des différents gaz en terme d’effet de serre car il faut d’abord préciser à quelle échéance on raisonne. 
    Ajoutons toutefois que le méthane pourrait subir de brusques élévations de sa concentration si, comme le supposent certains scientifiques, sous l’effet du réchauffement climatique, les fonds océaniques ou le permafrost en relâchaient d’importantes quantités.
 
   Pour plus de  précisions sur la question générale des gaz à effets de serre, voir les pages qu'y consacre le site Manicore de M. Jean-Marc JANCOVICI .


  (2)  L'ensemble des données (chiffres et graphiques) utilisées dans cet articles  sont disponibles sur l'excellent site de l'ESRL qui est un laboratoire du NOAA (National Oceanic and Atmosphéric Administration).  Vous trouverez sur leurs services internet  respectifs (en anglais) des données très complètes sur l'ensemble des études qui y sont conduites.  Les informations les plus précises sur le dioxyde de carbone se trouvent dans  les pages "Carbon Traker" du même site.

   Précisons que les chiffres fournis par le NOAA pour l'année en cours (2009 donc) sont provisoires, et devront être validés et éventuellement corrigés, cela ne change rien, bien entendu, ni aux ordres de grandeur, ni à nos conclusions.

(3) Mois d'hiver de ce même hémisphère cela va de soi.

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Published by Didier BARTHES - dans Climat
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