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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 12:56

 

La maîtrise de la démographie constitue un levier déterminant pour la construction d’un monde et d’une économie durable.  

Les débats sont vifs sur ce thème. D’abord parce que les préférences démographiques correspondent à des choix de société mais aussi touchent au nombre d’enfants de chacun d’entre nous, c’est à dire à quelque chose d’intime et de considéré comme sacré. Toutefois, certaines divergences sont d’ordre technique, les chiffres des uns s’opposent à ceux des autres, pour le présent, mais surtout pour le futur.

Combien donc serons-nous demain ou plutôt après demain ? En effet, pour les trois ou quatre prochaines décennies les jeux semblent faits, la Terre portera (supportera ?) neuf milliards de terriens à la moitié de ce siècle. Le futur plus éloigné reste par contre très incertain : de faibles différences dans les hypothèses de fécondité peuvent, avec le temps, conduire à des situations très contrastées.  

Afin de visualiser cette sensibilité aux conditions initiales et pour vous aider à vous faire une image de ce que pourraient être les effectifs de notre pays dans les temps à venir, voici un logiciel de simulation.  

En partant de la situation de la France début 2010, (près de 66 millions d’habitants, ensemble de l’outre mer inclus) vous pourrez, en fixant vous-même la valeur d’un certain nombre de paramètres, visualiser l’évolution démographique nationale.

Vous pourrez ainsi faire varier le nombre de naissances par femme, la plage des âges de fécondité, le moment d’entrée et de sortie de la vie active et constater pour toutes les années suivantes l’évolution des effectifs (totaux, par sexe et par tranche d’âge), du nombre de naissances totales (et par tranche d’âge des mères), du nombre et de la proportion d’actifs ( bien utile dans l’actuel débat sur les retraites).

Le logiciel vous présentera également " en direct " une animation de la pyramide des âges. Notez que les valeurs paramétrables proposées par défaut sont celles effectivement constatées dans notre pays au début de ces années 2010.  

Tous nos remerciements vont à M. Daniel Cronenberger qui a réalisé ce programme pour l’association Démographie Responsable et l’a mis gracieusement à notre disposition.

                Accès au logiciel de simulation de la population française.

 

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 06:20


      Nous évoquons souvent la question démographique.
      Il est bon sur ces sujets d'avoir à l'esprit les ordres de grandeur.
      Vous trouverez ci-dessous une estimation des effectifs de
      l'humanité sur différentes échelles de temps.

___________________________________________________________

Evolution de la population  depuis la révolution néolithique

                                      (En milliards d'habitants sur les 12 000 dernières années) 

courbe-population-wiki.png

Source : Wikipedia
_________________________________________________________
 

    Evolution de la population mondiale depuis 2000 ans


                                                                                                          (en millions d'habitants)

 


  
  Année      Effectifs          Années     Effectifs          Années    Effectifs
 
            0  :     250                   700   :      210                 1400   :        360

       100   :     250                   800  :       220                 1500   :        500

       200   :     250                   900  :       240                 1600   :        560
 
       300   :     200                 1000  :       260                 1700   :        640

       400   :     200                 1100  :       310                 1800   :        900

 
      
  500   :     200                 1200  :       360                 1900   :     1 650

      600   :     200                1300  :       400                 2000 (*) :     6 020



Sources : Moyennes réalisées par l'auteur à partir de différentes sources notamment celles présentées par l'US Census Bureau, par l'INED ou par  Wikipedia.

(*) L'estimation pour l'année 2000 (6 020 millions d'habitants) différe de celle du tableau suivant.(6 092 à mi-année il est vrai). La plupart des experts estiment que nos effectifs ne sont guère connus qu'a 1% près. Cela ne change rien quant à l'analyse de l'évolution.


Courbe de cette même évolution

courbe rouge DR
On note le caractère relativement stable (voir même la baisse) de la population mondiale au cours du premier millénaire de notre ère, même si, bien sûr, les données sur cette période sont entachées d'une certaine incertitude.

Globalement :

-  la population est stable de l'an 0 à l'an 1000
-  elle augmente doucement de l'an 1000 jusqu'à la révolution industrielle
-  elle explose avec la révolution industrielle
-  elle "sur-explose" au 20ème siècle, l'assymptote à la courbe étant quasi verticale.

Source:  Courbe réalisée par M. Rémi Manso de l'association Démographie Responsable

_______________________________________________________________________________________________


Evolution de la population mondiale depuis un siècle

                             Effectifs en millions, taux de croissance annuel en % (*)
                             Source : US Census Bureau

Années   Effectifs   Croissance        Années     Effectifs  Croissance

1900 :   1 650       +  0,4  %                1960 :       3 042      +  1,3 % (**)

1910 :   1 700       +  0,6  %                1970 :       3 712      +  2,1 %

1920 :   1 860       +  1,0  %                1980 :       4 553      +  1,7 %

1930 :   2 070       +  1,0  %                1990 :       5 284      +  1,6  %

1940 :   2 300       +  1,0  %                2000 :       6 092      +  1,3 %
   
1950 :   2 520       +  1,4  %                2010 :       6 870      +  1,2 %

(*) Pour les années 1900 à 1950 le taux annuel de croissance a été calculé par l'auteur comme une moyenne de la croissance des dix années antérieures et postérieures. A partir de 1960 il s'agit du taux indiqué par l'US Census Bureau

(**) ce taux de croissance pour l'année 1960 n'est pas représentatif de l'augmentation de la population au cours de cette période.En moyenne entre 1955 et 1965 la croissance annulle de la population était d'environ +1,9 %. En 1960 ainsi qu'en 1959 la croissance a fortement été entachée des millions de morts et de "non naissances" provoqués par le 'grand bond en avant' chinois. Ce phénomène est encore plus explicite dans le graphique ci-dessous où l'on distingue la forte baisse  du taux de croissance global au cours de ces années. Le poids démographique de la Chine est tel qu'un changement dans ce seul pays marque profondément l'évolution mondiale.





Croissance de la population mondiale sur le siècle en cours
                           (Taux de croissance annuel en % sur la période 1950 -2050)

worldgr.gif


Source de ce graphique   : US Census Bureau


______________________________________________________________________________________________

Evolution de la population mondiale pendant  la dernière décennie

                 Effectifs en millions, estimations  à mi-année, croissance en % par an 
                               
 Années   Effectifs   Croiss             Années       Effectifs       Croiss                               
 
    2000    :    6 092     + 1,29  %            2006      :     6 554     + 1,18   %
    2001    :    6 170     + 1,28             2007      :     6 632     + 1,19   %
    2002    :    6 246     + 1,23             2008      :     6 710     + 1,14   %
    2003    :    6 322     + 1,22  %            2009      :     6 790     + 1,18   %
    2004    :    6 399     + 1,22  %            2010 (*)  :     6 870     + 1,18   %  
    2005    :    6 477     + 1,22             



Sources : US Census Bureau
(*) Pour 2010 : Prévisions

______________________________________________________________________________________________

Note : Une version très proche de cet article est désormais disponible dans les pages fixes de ce site,  dans la rubrique : les chiffres clefs.


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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 08:17

       
        Evaluation de nos effectifs au 1er janvier 2010.



Source                     En 2010            En 2009             Croissance  
                                 (en millions)    (en millions)  (en millions)    (en %)

INED                            6 866              6 788              78          +   1,15 %
Population data.net      6 833              6 750              83          +   1,23 %
Worldometers              6 816              6 738              78          +   1,16 %
US Census Bureau      6 794                          (non relevé)
OPT                              6 889                          (non relevé)
Terriens.com                6 831                          (non relevé)

Moyenne :                   6 838              6 759              79          +  1,17 %

(sur les trois premières sources)

   Au 1er janvier 2010 à 0 h nous  étions donc presque  80 millions de plus que l'an dernier (en moyenne pour les données disponibles).

   Si le taux de croissance de l'humanité continue de diminuer très légèrement, sa croissance absolue, qui avait marqué une certaine baisse est repartie à la hausse.

   Selon le US Census Bureau (sorte d'INED américain qui gère l'International Data Base, une base   très complète), nous avions atteint une croissance annuelle de plus 87 millions en 1987 pour revenir  à une augmentation de  76 millions par an en 2002.
    Notez que cet établissement prévoit pour cette  année et les années à venir une croissance légèrement inférieure aux 79 millions ici indiqués. 


    Cette croissance correspond à  l'ajout quotidien de 215 000 hommes sur Terre:  résultat du solde journalier d'environ  365 000  naissances et 150 000 décès.
    Si nous retenons une densité  comparable à celle de la France métropolitaine (115 habitants par kilomètre carré environ), ce sont plus de  1 850 kilomètres carrés qui, chaque jou,r se trouvent nouvellement peuplés.

     En 10 jours seulement, c'est l'équivalent d'une ville comme Paris qui s'additionne à nos effectifs.

 

    Notons que " l'année démographique " a été marquée par le passage du seuil du milliard d'habitants sur le continent africain.

     Enfin, c'est  en 2012 que sera franchi le cap des 7 milliards, celui  des 6 milliards avait été atteint  en 1999.
     Il avait fallu à l'humanité environ 10 000 ans (*) pour atteindre le premier milliard et un peu plus de 100 ans pour passer de un à deux milliards.
      Aujourd'hui, c'est tous les 13 ans que nous "gagnons"  un milliard d'habitants  !
 ________________________________________________________________ 

(*) En prenant la révolution néolithique comme point de départ de l'humanité "moderne".

-    L'estimation de Terriens. com est reprise par l'association Démographie Responsable.
- L' OPT, c'est à dire l' Optimum Population Trust, est une association britannique qui lutte pour une démographie plus raisonnable.


   Parmi les sources retenues, seuls l'INED et l'US Census Bureau (International Data Base) peuvent être considérés comme de véritables professionels de la statistique démographique, les autres ne sont que des diffuseurs. Leurs estimations sont-elles plus exactes ? Difficile à dire. Pour les pays qui ne sont pas les leurs, même ces deux organismes ne font (en partie, parce qu'ils conduisent aussi des recherches sur le reste du monde) que transcrire l'information d'instituts nationaux.

   Globalement les démographes estiment que la population mondiale est connue dans une fourchette de 100 millions. En arrondissant, nous serions donc  entre 6,8 et 6,9 milliards en ce jour de nouvel an 2010.

      Voir également, pour les autres années, la série d'articles :

La population mondiale au 1er janvier :

2009 (6,759 milliards), 2010 (6,838 milliards), 2011 (6,914 milliards),

2012 (7,003 milliards), 2013 (7,082 milliards), 2014 (7,162 milliards),

2015 (7,260 milliards), 2016 (7,358 milliards), 2017 (7,440 milliards),

2018 (7,534 milliards), 2019 (7,637 milliards). 2020 (7,703 milliards),

2021 (7,800 milliards).

 

Voir également pour un point plus général :

Les chiffres clefs de la population

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 12:41


    Que la maîtrise de nos effectifs constitue un élément clef de notre bonne gouvernance environnementale est une idée qui commence à faire son chemin en dehors même des cercles écologistes (surtout en dehors, parfois !)

    Ainsi, sous la plume de Diane Francis, le très sérieux Financial Post, dans son édition du 8 décembre dernier évoque directement la question. Les suggestions de Madame Francis vont même parfois au delà de nos propres positions (en particulier sur la politique chinoise de l'enfant unique).

 

 

   Vous pouvez découvrir cet article  via le lien :

                          http://www.financialpost.com/story.html?id=2314438



   Vous trouverez ci-dessous la version  française. 

   Tous nos remerciements vont à Madame Alice Garnier qui a bien voulu en assurer gracieusement la traduction.


" "La vérité qui dérange" et qui plane au dessus de la conférence de Copenhague de l'ONU n'est pas que le climat se réchauffe ou se refroidisse, mais que les humains sont en train de surpeupler la planète.

    Une loi planétaire, s'inspirant de la politique chinoise de l'enfant unique, est le seul moyen d'inverser l’actuel taux désastreux de natalité mondial qui est de un million de naissances tous les quatre jours.


    Les autres espèces de la planète, la végétation, les ressources, les océans, les terres arables, les réservoirs d’eau et l'atmosphère sont en train d’être détruits en raison de la forte augmentation du taux de reproduction de l'humanité.

    Ironiquement, la Chine, malgré ses centrales au charbon polluantes, est le leader mondial en termes de structuration des politiques de lutte contre la dégradation de l'environnement, grâce à sa politique de l’enfant unique.


    La logique de tout ceci est la suivante:


   - Si les femmes ne mettaient au monde qu’un seul enfant à partir de maintenant, la population mondiale passerait du niveau actuel de 6,5 milliards à 5,5 milliards en 2050, selon une étude réalisée pour l’académie scientifique de l'Institut de démographie de Vienne.


   - En 2075, il y aurait 3,43 milliards d’êtres humains sur la planète. Cela aurait des effets positifs immédiats sur les forêts du monde, les autres espèces, les océans, la qualité de l’atmosphère et les niveaux de vie.


   - Ne rien faire, en revanche, se traduira par une population " non soutenable " de neuf milliards d’êtres humains en 2050.


    Les humains sont peut être les seuls animaux rationnels mais ils doivent encore le prouver. Les progrès médicaux et les autres avancées scientifiques ont été bénéfiques en offrant des taux de mortalité infantile plus bas ainsi que la longévité. Tous deux sont les bienvenus, mais l'humanité n'a pas encore modifié en conséquence ses comportements pour tenir compte du fait que la planète ne peut accueillir autant de gens, en particulier si ces milliards de personnes possèdent des réseaux de chauffage et des voitures.

    Le problème est simple. C'est dramatique. Et pourtant les dirigeants du monde ne l’ont même pas mis à leur ordre du jour à Copenhague. A la place, il y aura des séances de photos, des poses, des bla-bla sur la science du climat et la fraude du réchauffement climatique, des déclarations sur des parcs éoliens géants et des subventions pour les marchés de permis d’émission de CO2.

   
    Mais rien de tout ceci ne fonctionnera si la politique chinoise de l'enfant unique n’est pas imposée. Malheureusement, elle rencontre de puissants adversaires. Les dirigeants des grandes religions fondamentalistes prêchent en faveur de la procréation et sont farouchement opposés au contrôle des naissances. Et la plupart des dirigeants politiques des économies émergentes perpétuent ce désastreux " Catch-22 " (Ndlr : dilemme inextricable): beaucoup d'enfants (de fils) permet d’éviter des souffrances résultant de l’absence de sécurité sociale ou de développement économique mais empêche également ces protections ou ce développement.

 
    La Chine a prouvé que la limitation des naissances est une politique intelligente. Sa classe moyenne se développe, tous les citoyens disposent d'un logement, de soins de santé, d'éducation et de nourriture, et le cinquième de l’humanité qui y vit n’est pas responsable de la surpopulation de la planète.

   
    Pour ceux qui rechignent à l'idée que les gouvernements doivent contrôler les tailles des familles, attendez jusqu'à ce que la population humaine ait doublé, que la surface des pâturages  se soit transformée en désert ou jusqu’à ce que l’Amazonie soit détruite, que les éléphants disparaissent et qu' éclatent des guerres pour l’eau, les ressources limitées et les besoins en territoire.


   Le problème est que les sujets qui vont être discutés à Copenhague ne sont pas les bons.

 

    La seule solution est que tous les pays réduisent drastiquement leurs populations, remédient à leurs désordres et imposent des mesures de conservation obligatoires ".





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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 09:26


    Même si pour diverses raisons, il semble que la question démographique ne  doive pas être officiellemement  évoquée à Copenhague, le lien entre impact anthropique et importance de la population reste bien réel.

    Ainsi la Chine lie-t-elle de façon très nette sa politique de l'enfant unique et ses efforts pour lutter contre le
réchauffement climatique.

   Voyez le lien :
    http://french.peopledaily.com.cn/96851/6838915.html


  Le problème démographique est mis sur la table par des climatosceptiques comme Claude Allègre ou Vincent Courtillot dont nous ne partageons pas tous les points de vue. De même, une politique de maîtrise démographique se voit défendue et mise en place par un état qui ne constitue pas, à nos yeux, une véritable démocratie.

    C'est ainsi ! On se trouve parfois soutenu par des gens que nous désapprouvons sur d'autre sujets, mais les faits restent présents. 
    La question démographique  se situe au coeur du problème environnemental, qui que soient ceux qui le mettent en avant.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 10:08


    Enfin un éditorialiste prestigieux brise un tabou,

   Claude Imbert dans son dernier éditorial du Point (4 décembre 2009) évoque la question démographique et regrette que ce thème, pourtant déterminant pour l'avenir de la planète, ne soit pas au menu au sommet de Copenhague et n'ait guère de chance d'y être abordé. 

    A l'échelon des dirigeants politiques le tabou résiste (Chine exclue mais dans des conditions différentes). Cependant, ça et là, des brèches s'ouvrent.

   Claude Imbert propose de faire baisser la natalité par l'éducation.  C'est en effet probablement la méthode la plus efficace, la plus démocratique et celle qui provoquera le moins de controverses.

    Pour lire le texte complet :

http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2009-12-04/le-tabou-demographique/989/0/401690

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 07:15

    
      Pour avoir fréquemment défendu la thèse selon laquelle nous ne sortirions pas durablement de l'impasse écologique sans une maîtrise de notre démographie, nous avons pu, sur ce site même, constater combien cette idée choquait. 

     Et pour la déconsidérer rien n'est plus fréquent que de la qualifier de malthusienne.

      Malthus, malthusien, malthusianisme.... les gros mots sont lachés.

      Et pourtant, sans doute, si le message de Malthus avait été compris la situation serait-elle moins préoccupante . 

       Depuis des décennies, les étudiants en économie apprennent à longueur d'année (et se doivent de le répéter dans leur copies) combien Malthus s'était trompé. En réalité n'avait-il pas eu raison trop tôt ?

     Aujourd'hui, le sens du mot  malthusianisme s'est élargi et s'applique à toute solution qui pour résoudre une question voudrait en réduire l'ampleur. 
      Pourtant que la nature d'un problème change avec son étendue est une idée forte et sérieuse. Une rixe et une guerre sont toutes deux des conflits mais leur nature est différente.

      Récemment encore, le président de la république, M. Nicolas Sarkosy moquait et méprisait quelque peu les tenants de la décroissance. Bref, le malthusianisme reste un gros mot au plus haut sommet de l'état et " malthusien" reste la meilleure invective pour déconsidérer l'autre et esquiver le débat.


    Y a-t-il  un frémissement ? Les idées commenceraient-elles à évoluer ?
    On peut l'espérer à la lecture de cet article paru dans le Monde sous la plume d'un certain Polémiquevictor  (amusant, mais après tout, on mérite bien un nom d'explorateur quand on défriche de nouvelles idées).


http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/12/01/malthusien-est-ce-toujours-un-gros-mot_1274330_3232.html

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 07:03

Sous la plume de M. Gilles Pison, L’INED vient de réaliser une étude fort instructive sur le vieillissement de la population dans les pays du Sud (1)

Enfin pourrait-on dire ! Il était temps, en effet, qu’un démographe aborde la question. 
Alors que si souvent, la jeunesse d’une population nous est présentée comme un gage d’avenir, voici une étude qui montre que cette population, elle aussi, finira par vieillir ! Un peu de bon sens, il est vrai, l’aurait laissé deviner.
De même que dans les pays développés, le baby-boom qui suivit la seconde guerre mondiale se transformera bientôt en papy boom, dans les pays du Sud aussi, la fraction âgée de la population va fortement s’accroître.Selon M. Pison, ces pays conserveront une population globalement plus jeune que ceux des pays développés. Mais, comme la transition démographique s'y déroule sur un laps de temps plus bref, le vieillissement y sera plus rapide (2).  
Pour ces pays comme pour les nôtres, la pyramide des âges (qui justifiera de moins en moins son nom, comme le souligne justement l’auteur) verra sa base se rétrécir progressivement pour prendre une forme plus étroite, comme une tour.
  M. Pison souligne à propos de ce vieillissement,
   " Il est inéluctable, à moins d’un retour à la famille nombreuse d’autrefois, inconcevable à long terme car il entraînerait une croissance démographique illimitée. "

Enfin, un démographe reconnaît que le maintien d’une population jeune au moyen de la croissance continue du nombre de naissances conduit à un impossible.
Que ne l’a-t-on compris et écrit plus tôt ! (3).
Il y a peu, sur une grande radio nationale, un économiste qui comparait la situation de la Chine et de l’Inde, donnait l’avantage à cette dernière du fait de son dynamisme démographique.   
Comment peut-on se faire le défenseur d’analyses à si courte vue ?
Comment ne pas comprendre qu’au contraire dans quelques décennies ces gens vieilliront et constitueront à leur tour un immense fardeau pour leur pays (4).  
Dans une quarantaine d’années, l’Inde accueillera plusieurs centaines de millions de personnes âgées. Lui sera-t-il possible de les faire vivre dans des conditions décentes alors que le monde fera face à l’inéluctable déplétion des énergies fossiles et à la toute aussi inéluctable dégradation des biotopes ?

 Pas de faux-fuyants ! La réponse est : Non  

_________________________________________________________________________________________________   
(1) Cette étude a été publiée dans le bulletin mensuel de l'INED numéro 457 de juin 2009. Elle est librement consultable et téléchargeable. Vous trouverez également quelques commentaires sur ce travail parus sur le forum de l’association Démographie-Responsable.

 (2) Dans une société, la transition démographique est la période comprise entre la baisse de la mortalité et la baisse de la natalité qui lui fait généralement suite. Cette période est naturellement associée à un fort accroissement naturel des effectifs. Dans les pays du Nord on la considère globalement achevée et les taux naturels d’accroissement ont effectivement baissé, plusieurs pays sont même démographiquement stabilisés (hors mouvements migratoires).
(3) Il va de soi que je généralise un peu. Une telle évidence n’est évidemment pas complètement passée inaperçue, mais globalement les démographes se sont toujours montrés très majoritairement natalistes.
 
(4) Fardeau économique j’entends, il ne s’agit évidemment nullement d’un jugement moral, les personnes âgées ont droit à tout notre respect et constituent par bien d’autres aspects, leur expérience notamment, une grande richesse pour les générations à venir.

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 15:28

            Evolution des effectifs de l'humanité de - 10 000 à l'an 2000 (en milliards) 


 

    Beaucoup s'étonnent qu'au sein du combat écologiste nous accordions une telle place à la question démographique. Ce qui est surprenant  au contraire c'est que cette problématique  ne constitue pas la priorité de tous les mouvements écologistes.
   La raison de cette insistance est toute entière dans cette courbe (ici source Wikipedia) qui trace l'évolution de nos effectifs depuis l'an - 10 000 jusqu'aux années 2000 soit environ des débuts de la révolution néolithique jusqu'à aujourd'hui.
   Sauf à faire preuve de mauvaise foi, il est impossible de ne pas comprendre que cette évolution nous mène à la catastrophe.
   Oui, bien sûr cette courbe finira par  s'infléchir et sans doute se retourner parce que nous sommes dans un monde fini et qu'il n'y a donc pas d'autre alternative. 
   Cependant,  soit nous laissons faire la nature et les contraintes physiques et cette inversion se paiera de souffrances, de milliards de morts et d'une coercition sans précédent, soit au contraire nous essayons de maîtriser le mouvement et de faire en sorte que l'inversion soit la plus supportable et la plus indolore possible.
   Plus nous attendrons, plus cela sera difficile, plus nous nous devrons d'être contraignants, plus nous risquerons de drames.
   Voila pourquoi nous militons ici pour que soient prises au plus vite toutes les mesures susceptibles d'infléchir cette pente infernale.

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:20

  
   Si la question démographique reste encore largement taboue même chez les écologistes, on note quand même un léger frémissement,


   Ces derniers jours ont été marqués par la déclaration du député " Vert " Mr Yves Cochet qui parlant de " grève du troisième ventre " a clairement mis en cause la nécessité de favoriser la natalité par des mesures sociales ou fiscales liées à la naissance d’un troisième enfant. Ces propos n’ont pas toujours été appréciés au sein même de sa propre mouvance. Il fallait un certain courage.

  
   De même en Angleterre Jonathon Porrit, un conseiller du gouvernement pour le développement durable a déclaré :

   " Les familles comptant plus de deux enfants ont un impact irresponsable sur l’environnement ".
   Qui a dit que les politiques maniaient toujours la langue de bois ? Il y a d’heureuses exceptions.  Jonathon Porrit souhaiterait d'ailleurs ramener la population britannique à 30 millions d'habitants. Gageons qu'il ne va pas se faire que des amis.

  
  En France l’association Démographie Responsable vient de se constituer et commence a faire part de ses vues et de ses propositions afin de promouvoir des familles de deux enfants ou moins.

  
  Voici pour notre part le message envoyé au quotidien "Libération" et aux " Verts " que nous avons rédigé afin de saluer l’initiative d’Yves Cochet et de soutenir ses propositions.

 
" La proposition d'Yves Cochet est courageuse et il faut applaudir qu'enfin un personnage public lève le tabou.
  Il est important de comprendre que quelles que soient les bonnes volontés en matière d'écologie, elles seront balayées si nous sommes trop nombreux.

  Beaucoup de réactions ici (*) font part de la lenteur et de l'inertie des mécanismes démographiques. Ils mettent en doute l'efficacité de la restriction de la natalité parce que ses effets seront lointains. Cela doit au contraire nous encourager à le faire, il ne faut pas agir pour demain mais pour un peu plus loin. Imaginons en 2100 un monde avec 12 milliards d'habitants ou un monde à 3 milliards d'habitants. Lequel sera le plus vivable ? Le moins générateur de conflits ? Le plus susceptible de respecter la nature et les autres espèces ?
  Il faut donc commencer maintenant dans les pays peu développés pour l'effet démographique comme dans les pays développés pour la valeur de l'exemple et aussi parce que c'est là que chacun consomme le plus.

  Dans ce cadre, cesser d'encourager financièrement la natalité est une mesure sage et responsable, elle n'a rien d'anti-humaniste, bien au contraire. Elle prépare à l'inverse un monde qui pourrait être moins coercitif et moins pollué.
  Ne nous trompons pas, plus nous serons nombreux plus nous ferons le lit des contraintes futures. "

 


(*) Allusion à quelques réactions des lecteurs de " Libération "

 

 

 

 

 

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