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Site consacré à l'écologie et à la construction d'une société durable, respectueuse de l'environnement Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal. Contact : economiedurable@laposte.net

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Energie : Le raisonnement oublié

source image, Wikicommmons

Depuis longtemps déjà notre consommation, et donc notre production d’énergie, posent problème. Problème de ressources : les énergies fossiles vont vers l’épuisement, problèmes écologiques : occupation des territoires pour l’extraction et la production, pollution, réchauffement climatique avec le CO2.

Face à ces difficultés, les idées ne manquent pas. Certains prônent les énergies renouvelables de toutes natures, d’autres, mettant en avant leur intermittence ou leur caractère diffus nécessitant de grandes surfaces de collecte, penchent plutôt pour une relance du nucléaire (au moins pour l’électricité, mais nous allons vers une électrification des usages toujours croissante).

Qu’importe ici, les uns et les autres militent pour un moindre impact de nos activités énergétiques sur la nature et pour une préservation des ressources, ils divergent simplement sur la méthode.

L’expérience de pensée consistant à pousser les choses à leurs extrémités peut être instructive.

Imaginons disposer d’une technologie nous permettant d’enfermer dans un dé à coudre une quantité d’énergie capable de faire rouler nos automobiles pendant un million de kilomètres, d’alimenter notre maison 100 ans durant (chauffage, climatisation, éclairage, machines diverses), de faire voler nos plus gros avions 100 000 heures, d’alimenter nos plus grandes usines une année entière…

Imaginons pour finir que la production d’un tel outil (et de l’énergie qu’il contient) soit peu coûteuse, non polluante et que l’objet soit même recyclable sans difficulté, sans pollution.  C’est le Graal ! Parions alors que 100 % des ingénieurs, des politiques, des écologistes, des citoyens en général souscriraient à l’usage d’une telle invention.

Et pourtant ! Aurions-nous résolu tous nos problèmes ?

Non, au contraire, nous les aurions infiniment aggravés. Avec une énergie infinie et sans inconvénient, nous irions inévitablement vers l’artificialisation complète de la planète. L’énergie permettrait de chauffer et d’éclairer toutes les  productions agricoles imaginables : sous serre, en sous-sol, dans n’importe quel bâtiment. Plus de problème d’eau non plus, puisque nous pourrions l’amener partout, voir même l’extraire des océans via les procédés (énergivores) de désalinisation. Bref, nous pourrions ainsi nourrir et faire vivre (loger, transporter, faire travailler) toujours plus de monde sur la planète ce qui conduirait inévitablement à artificialiser le peu des terres habitables qui ne le sont pas encore.

Face à un pouvoir absolu, serions-nous capables de nous auto-limiter ? Rien dans notre Histoire ne plaide en ce sens.

En un mot, ce qui nous apparaît comme le meilleur serait le pire et les inconvénients aujourd’hui rencontrés  (le coût, la pollution…) constituent peut-être les ultimes garde-fous contre la destruction totale de notre environnement, de la nature, des garde-fous contre notre pouvoir absolu.

Mais il faut alors en tirer cette conclusion aussi choquante et contre-intuitive qu’elle puisse apparaître : les efforts que nous faisons en matière d’énergie sont peut-être des efforts contre-productifs, des efforts dans la mauvaise direction, puisque notre succès même serait la clef de notre perte.

Bien sûr, on peut remettre en cause ce raisonnement appuyé sur une montée virtuelle aux extrêmes, et envisager des scenarii plus mesurés.

Mais, même avec des solutions intermédiaires - polluer un peu moins, consommer moins de ressources pour produire de l’énergie -  le résultat sera toujours une empreinte croissante sur la planète, ce que justement nous devons éviter, elle n’est déjà que bien trop grande.

C’est en cela probablement que la décroissance constitue la seule voie, que nous la choisissions par sagesse, ou que nous la subissions après des heurts douloureux contre les limites de notre monde.

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C
Très intéressant comme exercice de pensée. Effectivement, on oublie souvent que le cœur du problème n’est pas seulement la technologie utilisée, mais l’échelle globale de nos usages. Même une énergie parfaitement propre, abondante et bon marché entraînerait mécaniquement une hausse massive de l’artificialisation, des flux de matières, de la pression sur les écosystèmes — bref, un emballement de l’impact global. Ce “paradoxe de l’énergie parfaite” est rarement évoqué dans les débats publics.<br /> <br /> Cela dit, entre l’utopie d’une énergie infinie et la décroissance totale, il existe peut-être un chemin intermédiaire : réduire l’intensité matérielle de nos modes de vie, améliorer l’efficacité des bâtiments, relocaliser une partie de la production, électrifier intelligemment, etc. L’autoconsommation solaire, par exemple, ne résout pas tout, mais elle réduit la dépendance aux ressources fossiles et limite certaines externalités négatives. Ceux qui veulent comprendre l’impact concret du solaire à l’échelle locale peuvent d’ailleurs consulter des analyses par commune ici : https://solairesimple.fr<br /> .<br /> <br /> Sur le fond, je partage l’idée que la technologie seule ne suffira pas : tant qu’on ne maîtrise pas la demande, aucune source d’énergie — même idéale — ne pourra effacer notre tendance naturelle à dépasser les limites. Mais l’innovation peut malgré tout aider à réduire les dégâts, à condition qu’elle s’accompagne d’un vrai travail sur les usages et les besoins.
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D
Bonjour, oui vous avez raison de rappeler qu'il existe des voies intermédiaires et je ne les néglige pas, mais bien sûr l'objet de l'article était aussi de faire un exercice intellectuel autour du principe de passage aux limites, c'est souvent instructif.<br /> Je vois que votre message est caché, pourquoi ? Il était intéressant, Bien cordialement.
C
Tableau éminemment préoccupant, mais la recherche d’énergies de remplacement satisfaisantes, comme la mutation climatique et ses conséquences ne sont pourtant que des problèmes secondaires comparés à celui que pose la prolifération humaine, laquelle ne fait qu’en augmenter chaque jour un peu plus l’acuité et y ajouter le pire de tous nos maux qu’est l’expansion structurelle de la misère qu’elle véhicule incontournablement.<br /> Invitation à voir à ce sujet, les derniers articles publiés sur mon blog “Pyramidologie sociale”, puisqu’il il ne m’est pas permis d’en fournir les liens.
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D
Comme vous le savez, en tant que porte-parole de l'association Démographie Responsable, je suis le premier à me préoccuper de cette question et, sur ce site, beaucoup d'articles (sinon une majorité) ont pour thème la surpopulation. Tous les ans, au premier janvier je publie un article faisant le point sur l'évolution de nos effectifs mondiaux. Vous pouvez également consulter l'ouvrage "Le Défi du Nombre" coécrit avec Antoine Waechter.