Site consacré à l'écologie et à la construction d'une société durable, respectueuse de l'environnement Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal. Contact : economiedurable@laposte.net
Par Didier BARTHES
"On ne fait rien si l'on ne s'attaque à l'essentiel."
Cette dernière quinzaine a vu tomber deux mauvaises nouvelles pour l’environnement. Apparemment sans rapport immédiat, elles participent de la même logique et justifient un réel pessimisme.
La première est le constat d’échec de la protection du tigre (*). Le tigre est emblématique car c’est un grand prédateur dont la présence est difficilement compatible avec une humanité nombreuse et conquérante. Ses effectifs actuels seraient réduits à 3 200 animaux en liberté. Autant dire rien !
Ils étaient 100 000 au début du siècle ! La baisse atteint donc 97 % ! Plus récemment encore, on a constaté l’accélération du phénomène. Selon le WWF, le nombre de tigres en Inde (pays où ils sont le plus nombreux) serait passé de 3 600 à 1 400 entre 2002 et 2008 soit un écroulement de plus de 60 % en 6 ans !
A ce rythme, la fin est proche, dans 10 ans le tigre aura peut-être disparu !
L’autre mauvaise nouvelle relève des propos de M. Nicolas Sarkozy à l’occasion du dernier salon de l’agriculture. Le Président de la République y a déclaré : " Les questions d’environnement : ça commence à bien faire. " On peut imaginer qu’il ne s’agissait là que de flatter un électorat supposé peu favorable aux thèses écologistes, on peut aussi y voir une confirmation de ce que nous évoquions dans l’article : " Panique à bord, écologie par-dessus bord. "
A la première difficulté, l’écologie passe à la trappe, elle n’est pas l’objet de l’action politique, elle reste considérée comme une variable d’ajustement.
Ces deux nouvelles sont des constats d’impuissance. D’une certaine façon la déclaration du Président de la République constitue une explication de l’échec dans la protection des tigres.
Nous n’avons pas mis tous les moyens et donc nous avons échoué.
Le tigre est, par sa beauté, peut-être le plus triste des exemples, il n’est hélas pas le seul. L’actualité récente du thon rouge illustre à merveille notre incapacité à prendre la mesure du problème et à engager des réformes, en l’occurrence pour le thon rouge, l’arrêt immédiat et absolu de toute capture.
La question environnementale est la question principale qui se pose aujourd’hui à l’humanité. Nous ne gagnerons rien, qu'ici ou là, un report de quelques années, à ne prendre que des demi-mesures.
Il faut cesser de voir dans la protection de la nature une contrainte pour l’économie, un simple élément annexe que nous devrions prendre en compte. II faut faire de cette protection l’objectif même de l’activité des hommes, nous n’avons plus le choix. L’économie doit être un outil, non un but en soi.
En d’autre termes, nous sommes, ou plutôt nous devrions, nous placer dans la situation d’une économie de guerre. Dans ce type d’économie tout est rapporté à un seul but. Les activités ne sont pas destinées à répondre aux intérêts de telles ou telles catégories, elles sont toutes soumises à l’impératif principal.
Il arrive que les problèmes atteignent un tel stade de gravité que l’économie de guerre constitue la seule solution. Nous y sommes. Ou l’environnement devient la priorité absolue, ou le combat est perdu.
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(*) " Nous avons lamentablement échoué à protéger le tigre, pourtant listé comme espèce en danger depuis plus de trente cinq ans "
" On arrive à un stade où [les tigres] ne pourront tout simplement plus se reproduire "
Déclarations de M. John Sellar, Responsable de la lutte contre la fraude, lors de la récente réunion de la CITES, la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées.
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