Site consacré à l'écologie et à la construction d'une société durable, respectueuse de l'environnement Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal. Contact : economiedurable@laposte.net
Par Didier BARTHES
ARTE diffusait hier soir (1) une émission consacrée aux conséquences écologiques de l'explosion de la centrale de Tchernobyl en 1986.
Ceux qui s'intéressent au sujet savaient déjà que la nature ne s'est jamais si bien portée à Tchernobyl que depuis la catastrophe du sinistre réacteur (2).
La façon dont les espèces ont réagi et se sont défendues contre les effets de la radioactivité était détaillée (mécanisme de réparation du génome dont les informations sont doublées, intense sélection naturelle... tout y était).
Si, après l'explosion et l'incendie, les très fortes doses de radioactivité ont effectivement beaucoup tué, très vite, dés que cette radioactivité a commencé à baisser (tout en restant très élevée par rapport aux nivaux "naturels"), les animaux sont revenus et se sont adaptés.
Bien sûr, il y a eu des mutations plus nombreuses qu’à l’ordinaire, mais la sélection naturelle a vite rétabli l’ordre des choses : une souris à deux pattes et demi n’a guère le loisir de transmettre son problème. D’ailleurs, toutes les espèces végétales, comme animales, ne résistent pas de la même manière, les petits rongeurs ou les bouleaux sont particulièrement résistants. Les chercheurs commencent à comprendre les raisons de ces différences et leurs hypothèses ont été évoquées.
Aujourd'hui, la zone entourant Tchernobyl est très riche du point de vue de la faune et de la flore (sauf pour certains oiseaux, donc). Elle est même devenue "exportatrice naturelle" d'animaux sauvages vis à vis des régions environnantes. On y trouve de grands prédateurs comme les loups.
Dommage qu'il ait fallu attendre la fin du reportage pour en comprendre la raison, ce n'est pas que la radioactivité soit bénéfique: c’est juste qu'elle a chassé les hommes et que la nature, quand on lui laisse de la place et du temps sait se remettre de beaucoup d'agressions.
Voila une leçon : N'essayons pas de protéger la nature par mille et mille mesures, laissons-lui simplement de la place pour vivre. Voici pourquoi nous devons faire preuve d'une plus grande "modestie démographique".
L’exemple des forêts était également fort instructif, depuis que les forestiers n’entretiennent plus la forêt en coupant ou retirant les arbres morts ou malades, celle-ci se porte mieux et les arbres abîmés sont le siège d’une riche et nécessaire biodiversité.
Moins nous intervenons, mieux vont les choses !
La zone d’exclusion de Tchernobyl présente un rayon d’environ trente kilomètres, peut-être pourrions nous tenter, ici ou là, d’en créer d’autres dans le monde (dans les océans aussi). Il n’est même pas nécessaire d’y faire préalablement exploser un réacteur nucléaire !
Tchernobyl est une catastrophe humaine pour les nombreuses personnes qui y ont perdu la vie directement et indirectement (je ne rentre pas ici dans le débat des chiffres dont je sais qu'ils sont très controversés), ce n'est pas une catastrophe écologique (bien qu’en réalité, on ait construit, pas très loin une autre ville à la place pour reloger les habitants, il le fallait bien).
(1) Tchernobyl, une histoire naturelle, de Luc Riolon (France, 2009), diffusée le 25 mai 2010 à 20 h 35.
(2) Sauf les hirondelles et quelques oiseaux, comme le reportage l’expliquait fort bien et en détaillait les raisons. Les pins aussi ont moins bien résisté que d’autres arbres.
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