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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 12:04

Sous le titre « Un monde à réensauvager » et sous la plume de Vincent Nouyrigat, le magazine Science & Vie publie dans son dernier numéro (*) un article sur les vertus d’une politique de protection de l’environnement, consistant à … ne rien faire ! Se contenter d’abandonner les territoires et laisser la nature rétablir elle-même les équilibres.

Cette politique, probablement la seule valable, même si l’on peut initialement envisager quelques interventions comme la réintroduction d’espèces, va à contre-courant de bien des stratégies menées ces dernières décennies. Encore aujourd’hui, l’on s’évertue à éliminer les bois morts alors qu’ils constituent un élément essentiel des milieux forestiers.

L’auteur rappelle avec raisons trois caractéristiques des écosystèmes naturels : la complexité via la multiplicité des interactions, la nécessité des migrations animales et végétales sans entraves et le rôle déterminant du hasard. Ces trois règles ont modelé la vie depuis ses débuts

La nature n’a besoin que d’une chose : de l’espace et du temps ! Depuis 500 millions d’années, la Terre héberge une grande faune. En quelques millénaires l’homme à presque tout détruit, pouvons-nous, au regard de ce constat nous prévaloir d’une quelconque compétence écologique ?

Contrairement à une tendance en vogue même dans les sphères de l’écologie militante, l’Homme ne doit pas être le jardinier de la planète, il ne doit pas prendre en charge sa santé, il doit juste ne pas intervenir.

C’est aussi une excellente leçon de modestie quant à notre rôle et notre façon de nous intégrer à la nature. Nous en faisons partie, mais nous n’en sommes ni les maîtres ni même les gestionnaires.

Cette vision, assez proche de celle de James Lovelock suppose bien entendu de partager l’espace, d’être moins nombreux, de respecter le reste du vivant.

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(*) Science & Vie, numéro 1232, mai 2020, p.109 à 114, article de Vincent Nouyrigat.

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commentaires

M
@ Didier BARTHES (25/04/2020 20:19)

Si c'est là dessus que porte le débat, alors bien sûr il n'est pas question de se prendre pour "les gestionnaires du monde", ça me parait tellement évident…
Je disais que c'était une question de juste mesure. Seulement la juste mesure ça vaut pour tout. Tout et n'importe quoi.
En attendant je suis d'accord, le problème est bien là, Sapiens n'en a que le nom.
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N
Bonjour,
article très intéressant. J'ai noté "Encore aujourd’hui, l’on s’évertue à éliminer les bois morts alors qu’ils constituent un élément essentiel des milieux forestiers.", c'est ce que je dis souvent à mes voisins quand ils viennent sur mon terrain pour enlever les feuilles et les bois mots. Je partage...
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D
Oui moi aussi, c''est une chose qui me désole toujours. Comment les gens peuvent-ils être aussi ignorants du fonctionnement des écosystèmes et du nécessaire recyclage par la nature de toute la matière vivante ? Et le plus désespérant est de voir que ce sont souvent les services dits "de l'environnement" qui sont les plus zélés, les mêmes qui tous les ans réduisent à néant les petites pousses de marronniers et de chênes que je plante tous les automnes.
T
La seule façon de s'en sortir pour l'humanité serait de devenir plus modeste. Dans sa production, sa reproduction, la place qu'elle tient sur la planète... C'est pourquoi, les Réserves de Vie Sauvage de l'ASPAS -des hectares de nature totalement préservés de toute action humaine- sont un excellent exemple à suivre. La nature n'a pas besoin de jardinier mais nous avons besoin de la nature. Qui fut jadis un jardin d'Eden.
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D
Oui, moi aussi je pense que la ligne directrice que doit suivre notre espèce est la modestie, modestie sur notre nombre, modestie sur notre rôle. Toute autre voie sera destructrice. Tant de gens veulent bâtir, quant il serait tellement plus profitable, tellement plus sage, de respecter, de contempler.
M
- " l’Homme ne doit pas être le jardinier de la planète, il ne doit pas prendre en charge sa santé, il doit juste ne pas intervenir."

Ne pas intervenir ??? N'importe quoi ! N'y a t-il que l'homme qui jardine, qui exploite et transforme son environnement ? Et les fourmis, et les termites ? Quant à ne pas prendre en charge sa santé, alors là c'est ignorer et refuser cette force de vie, cette énergie qui habite tout ce qui vit. Pour bien faire, faudrait-il alors se laisser bouffer par un prédateur ou par des parasites, sans rien faire, même pas se gratter ? N'importe quoi ! Le monde animal est riches d'exemples, les animaux ne se laissent pas bouffer par leurs parasites, l'homme n'est pas le seul à prendre soin de sa santé, à se soigner. Depuis des millénaires Homo Sapiens pratique diverses médecines, Néandertal utilisait des plantes pour se soigner. Conscient de la mort, l'homme fait donc ce qu’il peut pour l’éviter, pour la faire reculer, on pourrait dire que c’est dans sa nature, même si je reste incapable de dire de quoi il s'agit vraiment. Après c’est comme pour beaucoup de choses, c'est une question de juste mesure, autrement dit de sagesse. Or, pour l'instant Sapiens n’en a que le nom.
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D
Ce que je veux dire (essayez de comprendre avant de qualifier un texte de "n"importe quoi") est que la meilleure façon de protéger la nature n'est pas de vouloir s'en occuper, elle se débrouille très bien toute seule. Ce pour quoi je milite est qu'on fasse des parcs naturels où l'homme n'interviendrait absolument pas, c'est ainsi qu'ils se porteront le mieux. Ce n'est pas pour interdire de jardiner pour se nourrir, ou pour interdire de se soigner, c'est pour souligner la vanité qu'il y a à vouloir régenter la planète. C'est là-dessus que porte le débat.
Aucun des exemples que vous donnez ne relève de cette volonté, ni les termites ni l'homme de Neandertal n'ont ou n'avaient pour ambition d'être les gestionnaires du monde, notre civilisation, si,et c'est là le problème.
C
« La nature n’a besoin que d’une chose : de l’espace et du temps ! »
Pour le temps, la nature en aura toujours assez, avec ou sans les espèces qui peuplent notre seule planète, y compris l'espèce humaine.

« l’Homme ne doit pas être le jardinier de la planète, il ne doit pas prendre en charge sa santé, il doit juste ne pas intervenir. »
Ne doit-il pas, bien au contraire se soucier de la santé de ce qui est son habitat, en commençant par ne pas le surcharger au point de consommer en moins de six mois ce qu'il lui offre pour vivre un an ?

Problème de surpopulation donc, au-delà de son appétit ; sujet probablement tabou pour Science et Vie comme il a pu l'être pour Lovelock.
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D
Bonjour Claude Courty,

Encore une fois vous savez bien que je suis le premier à me préoccuper de surpopulation. En ce qui concerne Science et Vie, effectivement ils en parlent peu, par contre je crois (je suis sûr même) que James Lovelock est très conscient du problème et que ce n'est absolument pas tabou pour lui,.il l'a souvent évoqué.
Enfin, je n'ai pas dit que l'homme ne devait pas se soucier de son habitat, au contraire il doit absolument s'en soucier. Ce que je dis c'est que la meilleure façon de s'en soucier et de le protéger est de le laisser tranquille, c'est à dire de laisser les équilibres naturels se faire tout seuls, et bien sûr, encore une fois, cela suppose d'être moins nombreux pour laisser de vastes espaces vierges de notre présence.