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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 11:44

 

La guerre en Ukraine nous rappelle cruellement les souffrances supportées par les populations civiles dans les conflits. Les gens sont tués, les habitations détruites et la vie rendue toujours plus difficile par l’attaque systématique des infrastructures et des réseaux, en premier lieu du réseau électrique dont dépendent tous les autres. Concrètement, il n’y a plus d’eau, plus de chauffage, plus d’énergie, plus de système de communication…  

Cyniquement et consciente de la dépendance croissante des populations à ces réseaux, la Russie les vise en premier lieu, tentant ainsi d’accentuer le désespoir des Ukrainiens.

Au-delà de l’Ukraine ces frappes mettent en évidence la fragilité de nos sociétés : fragilité aux conflits, mais plus largement, fragilité face à toute menace d’effondrement (voire même, cause d’effondrement).

Mais la densité de peuplement tient aussi son rôle. Une population dispersée, dans des habitats individuels, est beaucoup plus résiliente. La probabilité qu’une maison donnée soit touchée par un missile est faible et si les réseaux sont endommagés, la vie quoique difficile, reste possible. On chauffe une pièce seulement, on peut sortir à pied se ravitailler. A l’inverse, que faire dans un immeuble de 15 ou 20 étages sans lumière,  sans eau, sans toilettes, sans ascenseur… (pensons aux personnes âgées) ? Les mêmes causes ont dans les zones de peuplement denses et collectifs, des conséquences infiniment plus graves et douloureuses.

Il se trouve que nos sociétés sont menacées d’effondrement et que certains préconisent la densification de l’habitat pour limiter notre empreinte écologique. C’est là ouvrir la porte à une terrible fragilité et à la survenue du chaos à la première difficulté sérieuse.

Il est triste de voir beaucoup d’écologistes séduits par ce type de société où nous vivrions tous entassés et, par cela, tous plus coupés de la nature et tous plus fragiles. 

Encore une fois, la seule façon de concilier une faible empreinte, une qualité de vie et une meilleure résilience est de maîtriser notre démographie, de la maîtriser partout, dans les pays riches comme dans les pays plus pauvres qui sont en pleine explosion démographique et où les mégapoles toujours plus vastes et nombreuses sont des promesses de drames futurs.

Nous devons à toute force éviter cette densification, fruit obligé de l’accroissement de notre nombre.

Quand les responsables politiques et économiques, quand les écologistes ouvriront-ils les yeux ?

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18 novembre 2022 5 18 /11 /novembre /2022 21:44

ARTE 6

Le passage de l'humanité au seuil des 8 milliards de représentants a donné lieu dans les médias à de nombreux articles et reportages, à quelques débats aussi.

Dans le cadre de son émission "28 minutes" Arte a ainsi proposé un échange entre Didier Barthès (porte-parole de Démographie Responsable et coprésident du Mouvement Écologiste Indépendant), Emmanuel Pont (ingénieur et essayiste) et Virginie Raisson-Victor (prospectiviste, présidente du Giec Pays de la Loire) sur ce thème

Vous pouvez écouter ici ce débat où sont évoqués les principaux arguments visant à donner - ou pas  -  à notre nombre un rôle prépondérant dans les problèmes écologiques actuels. 

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18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 12:44

En ces périodes de crises écologiques et énergétiques, les énergies dites renouvelables ont le vent en poupe et ont généralement bonne presse au sein des milieux écologistes. Le gouvernement lui-même souhaite en accélérer la mise en oeuvre à travers un récent projet de loi. Les choses ne sont pourtant pas si simples et le Mouvement Écologiste Indépendant propose une critique de ce projet de loi qui  menace les paysages et les espaces naturels

Vous trouverez ci-dessous un résumé d'une étude menée par Bruno Ladsous, Christophe Normier et Antoine Waechter. Bruno Ladsous et Christophe Normier travaillent notamment pour le  Cérémé  (Cercle d' Etudes des Réalités Economiques et du Mix Énergétique).

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Le projet de loi dit d’accélération des énergies renouvelables déposé au Sénat est révélateur de la fébrilité de notre gouvernement face au risque de ralentissement économique que provoqueraient une pénurie d’énergie et le renchérissement du prix de l’électricité.

On y trouve pêle-mêle pour créer un sentiment d’urgence : le changement climatique, la guerre en Ukraine, les lourdeurs administratives et contentieuses. On y évoque une planète vivable en oubliant de préciser qu’elle doit être vivable pour toutes et tous. Pourtant, l’état de la planète devrait plutôt inviter le gouvernement à prendre des mesures de ralentissement de la prédation anthropique, des mesures de sobriété énergétique et de renforcement de l’efficacité énergétique.

En réalité, ce projet de loi ignore la Charte de l’Environnement et la décision du Conseil Constitutionnel du 12 août 2022 rappelant la primauté de l’environnement et de la santé.

 

I- Cinq oublis essentiels :

1. La France est responsable de 0,95% des émissions Monde de GES, mais de 2% en incluant les produits consommés en France mais fabriqués à l’étranger.

2. Aucune évaluation des besoins en électricité entre 2022 et 2050, aucune courbe prévisionnelle.

3. Aucune référence à l'existence d'alternatives sérieuses, qui ont vocation à être portées au débat public.

4. Aucune mention des solutions en circuit court ne faisant pas appel à d’immenses réseaux de raccordement, ni aux solutions de captage du carbone.

5. Aucune évaluation environnementale, pourtant exigée par les directives européennes. Le document de 193 pages intitulé Etude d'impact n’a rien à voir avec la protection de l’environnement.

 

II- Quatre affirmations non fondées :

1. Les productions d’origine renouvelable seraient les moins coûteuses. Mais c’est complètement faux comme le prouvent des études non contestées qui ont en outre le mérite de tenir compte des Coûts système et des coûts environnementaux (voir ce lien).

2. Les EnR seraient un choix écologique. Mais les électricités renouvelables intermittentes ne contribuent pas à décarboner l’électricité (déjà décarbonée à 92%). Et elles ont un impact environnemental qui n'est plus accepté (paysages et patrimoine, biodiversité, cadre de vie).

3. La France serait en retard. Mais la France respecte, du moins pour son électricité, ses engagements climatiques. Sont par contre en retard les pays qui ont investi massivement dans les EnR, dont l’intermittence est palliée par une production d'origine fossile : gaz, voire charbon comme en Allemagne.

4. Les procédures applicables seraient trop lourdes. Mais la qualité d’une procédure se mesure au niveau de protection des intérêts prioritaires que sont l'environnement et la santé publique, ainsi qu’à la participation des citoyens dans la prise de décision selon la convention d’Aarhus, que la France a ratifiée.

 

III- Quels sont les problèmes que posent les articles du projet déposé :

Le gouvernement a fait machine arrière sur de nombreuses dispositions qui visiblement étaient la « commande » de la filière des EnR (relèvement des seuils de soumission à l'évaluation environnementale, et diverses dérogations de procédure contraires à la convention d’Aarhus), mais il demeure dans le texte proposé de nombreuses dispositions inacceptables pour une protection durable de l’environnement, citons-en quatre :

a, Simplification des procédures pour le développement du photovoltaïque sur les terres agricoles, pastorales ou forestières.

Mais le gouvernement oublie que l’ADEME a recensé en 2019 un potentiel solaire de 49 GW sur des sols déjà artificialisés et malheureusement non renaturables (friches industrielles, délaissés routiers et ferroviaires, anciennes carrières).

b, Reconnaissance aux EnR d'un intérêt public majeur permettant de déroger à l’obligation de respect des espèces protégées.

Mais on peine à comprendre pourquoi des énergies qui ne décarbonent pas, qui ne sont pas compétitives, qui ne contribuent pas à la sécurité d’approvisionnement de nos concitoyens et de leurs entreprises, et qui enfin ne respectent pas, ou si peu, l’environnement, pourquoi et comment elles pourraient être d’intérêt public majeur. C’est tout simplement absurde.

c, Simplification des procédures applicables à l'éolien en mer.

Mais le texte ne montre aucun souci de prévention des impacts sur les milieux marins et sur la ressource halieutique, et il ne fait aucune référence à la résolution protectrice votée par le Parlement européen le 7 juillet 2021.

d, Réduction des factures des ménages résidents proches d’éoliennes, afin de faciliter leur acceptation.

L’Etat peut-il acheter la complaisance des « ménages résidents proches » au détriment de la beauté du monde, au détriment de la biodiversité, ou des riverains ? Où est l’éthique ?

Les Écologistes tiennent à rappeler la décision du Conseil Constitutionnel du 12 août 2022 " la préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation " et " les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins

La société se comporterait-elle comme un drogué prêt à faire n’importe quoi pour avoir sa dose ?  Notre société serait-elle à ce point dépendante de l’électricité qu’elle serait prête à sacrifier ce qu’elle s’est évertuée à préserver depuis un demi-siècle, depuis la première Loi de protection de la nature de juillet 1976 ?

  • Nous demandons de placer l’urgence et les moyens financiers de notre pays dans la recherche de la sobriété et des moyens de diminuer le recours aux énergies fossiles et de réduire notre consommation d’électricité.

    Bruno Ladsous - Christophe Normier - Antoine Waechter

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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 10:04

Politique & Eco n°359 avec A. Waechter et D. Barthès - Bombe démographique : régulation volontaire ou subie ?

A l'occasion de la publication du livre Le Défi du  Nombre, les deux auteurs, Antoine Waechter et Didier Barthès, ont été  les invités de l'émission Politique et Economie diffusée le 10 octobre 2022.

Pierre Bergerault et Olivier Pichon ont évoqué avec eux la question : Bombe démographique : Régulation volontaire ou subie ? Un débat toujours aussi nécessaire alors qu'une large partie des mouvements écologistes refuse toujours de mettre ce sujet à l'honneur.

Sur ce sujet voir également l'entretien précédent accordé en mars 2021, ainsi qu'une critique de l'ouvrage présenté (sur le site de Champs Communs)

 

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19 août 2022 5 19 /08 /août /2022 10:04

Un article de Martin Rott

Le 3ème groupe de travail du GIEC a publié le 4 avril 2022 sa contribution au sixième rapport de l’IPC/GIEC. Ce rapport, écrit en anglais et intitulé  « mitigation report  » (*), propose une recension de la littérature scientifique récente sur le changement climatique et sur les tendances actuelles en termes d’émissions de gaz à effet de serre ainsi que sur les efforts pour les réduire. Dans son  rapport de synthèse des 3 groupes de travail, le GIEC fait des préconisations pour baisser  la demande en énergie  dans  le cadre du concept de développement durable - comme un mantra à la mode, l’acronyme SDG’s (Sustainable Development Goals) revient d’innombrables fois -, mais il  écarte l’hypothèse d’une vraie décroissance, qui entraînerait une baisse du PIB par  habitant, baisse apparemment jugée non acceptable politiquement.

Le grand absent de ce rapport de « mitigation » - et du rapport de synthèse - est la démographie. Cela n’apparaît pas à première vue, puisque le 3ème groupe de travail du GIEC ne conteste pas que la taille de la population a un effet direct sur la quantité des émissions de GES. Comme  les précédents   rapports, il s’appuie sur l’équation de Kaya qui relie les émissions anthropiques de CO2 à des paramètres économiques et énergétiques, mais aussi démographiques. Dans le paragraphe 2-4 du « mitigation report » les auteurs énoncent, en gros caractères, comme résultat de leurs recherches pour la période 2010-2019 :

« Sur un plan global, le PIB par tête et la croissance de la population sont restés les plus forts accélérateurs de la combustion de pétrole. »

Malheureusement, le rapport s’arrête à ce constat. On cherche en vain des préconisations pour maîtriser la croissance de la population. Comme dans ses travaux précédents, le GIEC traite les données démographiques comme des données exogènes dans les 5 scenarii d’évolution socio-économiques qu’il examine. Il n’évalue pas les possibilités de réduction des émissions qui résulteraient d’une croissance démographique plus réduite conséquences de mesures comme le contrôle des naissances, la suppression des incitations à la procréation, ou l’amélioration des régimes de pension. Cette attitude restrictive du  GIEC tranche avec la sienne concernant les autres facteurs de l’équation de Kaya, à savoir l’énergie et la consommation, pour lesquelles le rapport fait au contraire des préconisations très détaillées pour réduire leur impact sur les émissions.

Mais ce présent rapport du 3ème groupe de travail  va plus loin, sur la démographique ne vire-t-il pas à l’autocensure pure et simple ?

En effet, à côté du Rapport Complet de plus de 2707 pages (RC) le 3ème groupe  a édité  un «Résumé Technique» de 172 pages (RT) et un «Résumé à l’intention des décideurs» (Summary for Policy Makers, SPM) de 72 pages. Ce dernier document est toujours validé point par point par les scientifiques, qui eux-mêmes sont nommés et révocables par les gouvernements membres du GIEC, ce qui ouvre la voie pour une influence politique.

La phrase sus-citée du rapport complet concernant la croissance démographique, et reprise dans le Résumé Technique (p. TS-12), ne se retrouve plus dans le « Résumé pour les Décideurs ». Il est improbable qu’elle ait été omise faute de place ou parce que jugé secondaire puisque toutes les autres constations phares du chapitre 2-4 du RC, celles écrites en gros caractères, ont été reprises textuellement dans le SPM, sauf une justement, celle concernant la démographie.

Cette omission du facteur démographique n’est pas surprenante puisqu’elle s’inscrit dans la tradition des pratiques qui ont marqué les rapports finaux des différentes COP où, à la demande de certains États pro-natalistes, toute référence à la démographie a été éliminée. Comme elle a été couverte de silence  dans le débat politique sur l’écologie, en France et ailleurs en Europe. C’est le tabou démographique qui, en fin de compte, rend bancale  toute politique climatique.

On en arrive au paradoxe qu’un résumé à l’intention des décideurs politiques a été censuré par les politiciens eux-mêmes. Ils  se confortent ainsi eux-mêmes dans leurs préjugés. Plus grave, par ce procédé les citoyens sont tenus dans l’ignorance puisque ce n’est pas le Rapport Complet de 2707 pages, mais le SPM  qui sera retenu par le grand public, plus précisément les compte- rendus que les journalistes en font. Les premiers commentaires dans les journaux et sur la toile le confirment. 

L’emphase avec laquelle le rapport du GIEC a été accueilli, entre autres par le président Macron, est factice. Comment peut-on clamer haut et fort  l’urgence climatique et louer la  qualité du travail du GIEC, blâmer les gouvernements pour leur inaction, et en même temps mettre sous le boisseau  une cause essentielle de la souffrance de notre planète, la surpopulation ? En dépit de toutes les négations, autolimitations et censures le jugement de David Attenbourough est, à la lumière du dernier état des lieux climatique  du GIEC plus vrai que jamais : « Tous les problèmes environnementaux deviennent plus faciles à résoudre avec moins de gens, et plus difficiles – et en fin compte impossibles – à résoudre avec davantage de gens ».

Martin Rott, délégué régional de Démographie Responsable pour l’Occitanie.

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Note : Un article du professeur Philipp Cafaro m’a mis sur la piste de cette esquive.

 (*) En anglais « mitigation » signifie, adoucissement, atténuation.

 

 

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 16:04

Un article de Stéphane Madaule

Le déséquilibre démographique mondial est toujours d’actualité. Telle pourrait être, ce qui n’est pas le cas, une des conclusions de la dernière livraison de juillet 2022 de l’ONU consacrée aux projections de la population mondiale réalisées par la Division de la population des Nations Unies (ONU) du Département des affaires économiques et sociales.
En 2022, nous passerons la barre des 8 milliards. En 2050, nous serons près de 9,7 milliards. Rappelons qu’en 1900, la population mondiale était estimée à 1,7 milliard.

A partir de 2050, comme le concède l’ONU, les projections demeurent très incertaines (p. 27). En effet, qui peut prévoir ce que seront à cette échéance, d’une part, la fertilité moyenne des femmes (nombre d’enfants par femme) dans les pays en développement, élément moteur de la croissance de la population mondiale et, d’autre part, l’ampleur de la baisse annoncée de la population dans les pays développés ? Cette incertitude ne dissuade pas l’ONU de réaliser des projections à l’horizon 2100 mais avec des écarts importants selon les scénarii : entre 8,9 et 12, 4 selon les hypothèses choisies. L’évolution de la population mondiale n’est guère certaine, n’est pas le fruit d’une tendance lourde qui se poursuivrait au-delà de 2050. Elle est plutôt la synthèse de situations particulières où émerge un antagonisme entre pays en développement en déséquilibre démographique et donc à croissance démographique forte, et pays développés en équilibre démographique.
Dans ce résumé, la Division population de l’ONU évite de faire référence à ses précédentes projections de long terme. En 2004, elle prévoyait pourtant une stabilisation de la population mondiale en 2050 à 9 milliards, ce qui n’est plus le cas. En 2013, cette Division ne communiquait plus sur une stabilisation de la population mondiale à 9 milliards mais plutôt à 11 milliards en 2100. Qu’il est difficile de prévoir au-delà de 2050, même en matière démographique ! La Division population de l’ONU le reconnait courageusement, sans toutefois renoncer à proposer des scénarii pour 2100.

En fait, nous ne savons toujours pas au juste quand et à quel niveau sera mis fin au déséquilibre démographique mondial qui voit la croissance démographique perdurer à un rythme élevé en valeur absolue (+ 89 millions d’individus chaque année) comme en pourcentage (près de 1 %/an), même si une décélération s’installe progressivement dont la lenteur est inversement proportionnelle à l’inertie de croissance forte, acquise par le passé dans les années 1950. La vitesse de décélération de la croissance de la population mondiale est à l’image du temps nécessaire pour stopper le mouvement d’un train lancé à grande vitesse dans les années 1950 qui ne disposerait pas véritablement de système de freinage.

S’agissant des conséquences sociales, économiques et environnementales de ce déséquilibre démographique prolongé, l’ONU reste muette en se gardant bien de tout commentaire. Elle réitère simplement, sans vraiment convaincre, la vision d’un possible dividende démographique pour les pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne, à la population très jeune où le ratio d’actifs par rapport aux inactifs est plutôt bien orienté. Mais pour que cet effet positif se réalise vraiment, encore faudrait-il que ces actifs en nombre trouvent à s’employer, ce qui est loin d’être le cas. Encore faudrait-il que les dépenses de santé et d’éducation liées à une population de moins de 20 ans qui pèse pour la moitié de la population globale en Afrique soient supportables pour ces pays pauvres en mal de développement.

Car l’ONU, dans sa lecture générale des principales évolutions démographiques proposées préfère souffler le chaud plutôt que le froid. Le pic démographique mondial, nous dit-on, serait aujourd’hui en vue, même si nous ne savons toujours pas s’il se situera avant ou après la fin du XXIème siècle, même si ce pic prévu intervient au cours d’une période où l’ONU elle-même indique pourtant que les prévisions demeurent « très incertaines ». Nous échapperons donc à l’explosion démographique, sans dire toutefois si l’évolution démographique, la population actuelle et son accroissement au moins jusqu’en 2050, est réellement compatible avec les grands équilibres mondiaux de notre planète : environnement bien sûr mais également enjeux géopolitiques liés aux migrations, déséquilibres Nord-Sud- dus à la croissance toujours très rapide de la population dans les pays à faible revenu d’Afrique, ce qui se traduit par un creusement des inégalités. L’ONU nous présente des statistiques qui soulignent que depuis 1950 une baisse rapide du taux de fertilité des femmes (p.14), principal moteur de la hausse de la population mondiale, est à l’œuvre. L’ONU omet d’indiquer que le retour souhaitable à l’équilibre entre taux de natalité et taux de mortalité n’est toujours pas pour demain dans la plupart des pays en développement dont la transition démographique s’éternise (plus de cent ans déjà) sans que l’on sache au juste quand elle se terminera. Selon l’ONU, 61 pays développés pourraient connaître un déclin démographique à l’horizon 2050 (p.6), non totalement compensé par des flux migratoires, mais du même coup présentés comme nécessaires aux bilans démographiques des pays développés. Pourtant, le déclin annoncé sur le plan démographique du monde développé est quelque peu anticipé. D’après les prévisions contenues dans le document (p. 5), la population de l’Europe et de l’Amérique du Nord serait plutôt en phase de stabilisation durant les 30 prochaines années : 1,120 milliard en 2022 contre 1,125 milliard en 2050. Pourquoi donc insister sur le fait que de plus en plus de pays auraient nous dit-on déjà commencé une expérience de déclin démographique (ii messages clefs), sans citer ni leur nombre, ni leur importance relative dans l’évolution de la démographie mondiale, alors que ce type d’évolution (baisse réelle de la population depuis dix ans) est très peu partagé ? Faut-il absolument anticiper et faire comme si un équilibre s’instaurerait peu à peu entre pays à croissance démographique élevée d’un côté et pays à déclin démographique prononcé de l’autre dont la variable d’ajustement nécessaire serait les migrations ? Or, nous vivons toujours et au moins jusqu’à 2050, sous un régime de déséquilibre démographique important, vecteur d’une croissance démographique soutenue.

N’est-il pas temps de briser les tabous, d’oser faire le lien entre évolution démographique et préservation des grands équilibres de notre terre sur le plan environnemental, social, économique mais également géopolitique ? N’est-il pas temps d’indiquer que l’accès d’une population de plus en plus nombreuse à un système économique basé sur la consommation de masse et les énergies fossiles n’est pas compatible avec la préservation de notre environnement ? N’est-il pas temps enfin de changer notre regard et donc notre vocabulaire sur les évolutions démographiques en cours ? Pourquoi continuer à parler de croissance démographique, de dynamisme démographique voire de dividende démographique comme s’il s’agissait d’évolutions positives et porteuses d’avenir ? Pourquoi employer le terme de déclin démographique, de vieillissement de la population, là où il faudrait plutôt évoquer une salutaire stabilisation démographique dans les pays du Nord ?

Il faudrait accepter de faire entrer de plain-pied la démographie dans les Objectifs de développement durable (ODD) en mettant peut-être en exergue un nouveau concept, celui de démographie verte qui implique à la fois un changement drastique de notre modèle économique et un retour rapide à l’équilibre démographique mondial ?

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Article préalablement publié le 11 août 2022 sur le site de Monsieur Stéphane Madaule, "Le développement en partage" (sur les blogs du journal La Croix). Merci à Monsieur Madaule pour son accord quant à la reprise de son texte.

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4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 14:04

Quand la sixième extinction n’est plus discutable, quand c’est l’équilibre entier de la biosphère qui se trouve menacé, il n’est plus possible de passer sous silence la question du nombre des hommes.

Parce que nos effectifs toujours croissants nous conduisent à occuper tous les territoires du vivant, parce que, sauf à imposer la pauvreté aux plus riches qui ne veulent pas y revenir et aux plus pauvres qui veulent y échapper, notre nombre est et sera toujours un facteur multiplicatif de toutes les pollutions, de toutes les empreintes de l’homme sur la Terre.

C'est un défi colossal que de maîtriser notre démographie, que d'assurer en douceur un retournement des tendances, c'est à dire la stabilisation de nos effectifs puis leur décrue. Économiquement comme démographiquement, l'équilibre de nos sociétés s'appuie sur la croissance, or c'est une option qui n'est désormais plus envisageable: La Terre est saturée. Par nos activités comme par notre notre nombre nous devons nous faire plus modeste sur la planète " Voici venu le temps du monde fini " disait Albert Jacquard.

Certes, le Giec lui-même, comme  la grande majorité du monde politique, Verts compris, continuent à accorder bien peu d’importance à la démographie, mais c’est pourtant la maîtrise de nos effectifs qui conditionne nos chances de lutter efficacement contre l’effondrement qui s’annonce.

Après avoir montré combien notre niveau démographique constitue une exception, un pic forcément non durable dans l’histoire de notre espèce et avoir détaillé la diversité des situations, Antoine Waechter et Didier Barthès explorent les principaux volets de la question.

Le volet écologique d’abord par l’analyse de la capacité de charge de la planète et des contraintes qui pèsent sur les espèces au fur et à mesure de leur évolution démographique.

Le volet de l’alimentation ensuite.  Pourra-t-on nourrir toujours plus d’humains ? Les solutions généralement mises en avant (limiter les gaspillages, devenir végétarien, se mettre partout à l’agroécologie…) sont-elles suffisantes ? 

Le volet économique aussi, en réfutant l’éternelle objection : « Mais qui va payer nos retraites si nous faisons moins d’enfants ? » Les auteurs montrent que la réponse est loin d’être en faveur d’une forte natalité. D’une part, parce qu’il faut étudier les choses dans la durée (les jeunes d’aujourd’hui sont aussi les vieux de demain), d’autre part parce qu’il faut envisager l’ensemble des comptes sociaux et donc prendre également en compte les lourdes charges liées à l’éducation.

Les influences religieuses et politiques sont aussi explorées en mettant en parallèle les discours et les faits. On découvre que les réponses sont plus subtiles qu’on ne le croit. Il est intéressant également de noter l’écart entre les discours des institutions diverses (États, partis politiques, Églises…) qui sont tous natalistes et celui des citoyens beaucoup plus ouverts à l’évocation du sujet et finalement beaucoup plus conscients de son importance.

L’ouvrage évoque enfin les pistes qui pourraient nous amener à accélérer la baisse de la fécondité. Il est urgent que la régulation relève de notre propre volonté plutôt que de la confrontation forcément brutale aux limites de notre planète.

Via ce lien, émission Politique et Economie, consacrée à cet ouvrage avec les deux auteurs interrogés par Olivier Pichon et Pierre Bergerault.

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Fondateur d’Écologie et Survie, co-fondateur des Verts puis fondateur du Mouvement Écologiste Indépendant (MEI), Antoine Waechter fut candidat à la Présidence de la République, puis député européen et vice-président du conseil régional d’Alsace, il est aujourd’hui chef d’entreprise et codirige le MEI. Il est notamment l’auteur du Scandale Éolien (éd. Baudelaire) et, avec Fabien Niezgoda, du  Sens de l’Écologie Politique (éd. Sang de la Terre).

Didier Barthès est porte-parole de l’association écologiste Démographie Responsable et coprésident du MEI, il est également le fondateur du site Économie Durable et co-auteur de l’ouvrage Moins Nombreux plus Heureux (éd. Sang de la Terre).

Voir ici une critique du livre sur le site de Champs Communs

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Le Défi du Nombre, Antoine Waechter et Didier Barthès

Editions Baudelaire, 2022, 136 pages, 14 €

ISBN 979-10-203-4683-4

L'ouvrage peut être commandé chez votre libraire ou bien sur les plateformes suivantes : CulturaDecitrePlace des librairesFnacFuret du NordGallimardEyrolles,  Amazon.

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4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 08:31

On ne soulignera jamais assez combien, en matière de démographie, - en réalité en toute situation relevant de progressions géométriques -, de petites différences initiales dans les taux de croissance conduisent avec le temps à des situations tout à fait divergentes. La chose est connue mais toujours surprenante.

Ainsi, regardons les deux équations suivantes

1,01100 = 2,70

0,99100 = 0,37

La première peut décrire l’évolution d’une population qui croîtrait de 1 % par an pendant 100 ans. A l’issue la population initiale se verrait multipliée par 2,7.

La seconde, décrit l’évolution d’une population qui, au contraire, décroîtrait de 1 % toujours pendant un siècle. A l’échéance la population se verrait réduite à 37 % de son effectif de départ (soit une division par 2,7).

Appliquons ces données à la situation présente.

Si la population mondiale (8 milliards) augmente annuellement de 1 % pendant un siècle (c’est-à-dire à son rythme actuel), nous serons entre 21 et 22 milliards  d’habitants sur la planète en l’an 2122 (8 x 2,7 = 21,6).

Si, à l’inverse, elle décroît annuellement de 1 %, nos effectifs seront ramenés à un peu moins de 3 milliards à la même époque (8 x 0.37 = 2,9), soit approximativement à leur niveau de1960.

A chacun d’imaginer combien, sur le plan écologique  comme sur le plan de la qualité de vie, les deux situations offriront un contraste absolu et combien la seconde hypothèse est infiniment plus enviable et plus durable.

Cet exemple souligne deux choses

 - De petites différences conduisent avec le temps (et un temps relativement court, à peine plus d’une vie humaine) à des situations incomparables.

- L’effort à faire pour nous rendre à des effectifs beaucoup plus supportables n’est pas important : il suffit de décroître de 1 % par an ce qui est absolument insensible (nous trouvons bien insensible de croître aujourd’hui de 1 %)  et n’interdirait en rien aux gens d’avoir des enfants : à peine moins de deux par couple en moyenne et sur le long terme.

Certes, ces équations ne sont pas tout à fait fidèles   puisqu’elles supposent un taux constant, hypothèse improbable dans la réalité. Ainsi, au cours du 20e siècle, le taux de croissance annuel a fluctué, passant de +, 0,4 % en 1900 à + 2,1 % au cours de la  décennie 1960-70, pour redescendre à 1,4 % en 2000. Elles gardent toutefois leur intérêt pédagogique en soulignant à la fois la sensibilité à d’infimes différences et la nécessité de regarder à moyen terme.

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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 17:04

La France ainsi qu’une vaste partie de l’Europe viennent de connaître une canicule intense et précoce. Dans le sud-ouest de notre pays de nombreux records de températures ont été battus.

La réalité du réchauffement climatique comme son origine anthropique ne peuvent plus être niées. L’excellente corrélation entre la hausse des températures et les émissions de gaz à effet de serre ainsi que la très bonne connaissance des interactions entre ces mêmes gaz et le rayonnement infrarouge reflété par la surface de la planète ne laissent aucun doute: le climat se réchauffe rapidement et c’est de notre fait ! Les conséquences en termes d’aridité et de hausse du niveau marin mettant en péril de vastes zones côtières fortement urbanisées sont également bien documentées.

La responsabilité en incombe pour l’essentiel à une forte consommation énergétique dans les pays les plus riches ainsi qu’à celle des classes les plus aisées de toutes les nations du monde. De ce constat, d’aucuns déduisent que seul doit être mis en cause le niveau de vie des plus favorisés (comprenant de facto la quasi-totalité des habitants des pays développés) et que le nombre des hommes ne constitue qu’un facteur négligeable. C’est ainsi que raisonne par exemple le GIEC qui consacre très peu de ses travaux à la démographie et ne propose pas de mesures en la matière, nos effectifs étant considérés comme une donnée exogène sur laquelle on ne saurait agir.

Séduisant, le raisonnement est hélas doublement fallacieux.

- Il néglige le fait que si les plus pauvres polluent moins, c’est justement du fait de la pauvreté. Veut-on maintenir à un faible niveau de vie la grande majorité de la population mondiale ou veut-on aller vers une plus juste répartition des richesses ?

- Il fait bon marché de l’évolution comparée des émissions de CO2 et de la démographie. Ainsi par exemple entre 1960 et 2016 les émissions de CO2 ont été multipliées par 3,8 (passant de 9,4 à 36,2 milliards de tonnes ). Dans le même temps, la population a été multipliée par 2,5 passant de 3,0 à 7,4 milliards. Les émissions globales étant le produit des émissions individuelles par le nombre d’individus, on voit que les émissions par personne ont été multipliées par 1,5 (rapport  3,8/2,5). Le facteur « évolution de la population » (2,5) a donc été plus déterminant que le facteur « évolution du niveau de vie » (1,5) !  Aujourd’hui d’ailleurs les émissions mondiales de CO2 tendent à se stabiliser tandis que la croissance démographique est toujours de l’ordre de 1 % par an.

La reconnaissance de l’impact de la démographie dans l’évolution du réchauffement climatique devient donc urgente, le Giec mais aussi tous les mouvements écologistes doivent s’emparer du sujet. Cela est d’autant plus nécessaire qu’au-delà du climat, la croissance de nos effectifs a des conséquences négatives en de nombreux autres domaines, la biodiversité en premier lieu mais aussi la pollution, les paysages et de manière générale, l’empreinte sur la biosphère.

 

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 15:04

Depuis quelques mois fleurissent dans la presse nombre d’articles retournant l’inquiétude démographique et nous mettant en garde contre un risque de dépopulation massive menaçant nos sociétés et même, à terme, l’existence de notre espèce (1).

Étrange inquiétude quand l’humanité vient encore, en 2021, de gagner plus de 80 millions de représentants, quand le seuil des 8 milliards devrait être franchi au début de l’an prochain, quand la population a été multipliée par 5 depuis 1900 et quand nous constatons que la Terre a gagné plus d’habitants au cours des seules 50 dernières années qu’au cours des 50 000 précédentes !

Plusieurs facteurs expliquent ce retournement médiatique.

Nous vivons depuis 50 ans dans un contexte de baisse du taux de croissance démographique et du taux de fécondité : 2,1 % de croissance annuelle au cours de la décennie 1960-1970, environ la moitié aujourd’hui, 5 enfants par femme en 1950 au niveau mondial, la moitié aussi, ou même un peu moins désormais. La poursuite anticipée (mais non certaine) de cette tendance fournit le cadre général de ces inquiétudes. Notons toutefois que si ces taux diminuent, comme ils s’appliquent à des populations beaucoup plus importantes, nos effectifs augmentent plus en nombre en 2022 que dans les années 1960 et que les naissances sont plus nombreuses.

Trois éléments conjoncturels renforcent ce sentiment de possible décrue démographique.

- D’une part, la publication récente de quelques études (celle de l’IHME est la plus connue) qui, si elles reprennent à peu près les mêmes anticipations que l’Onu et l’Ined pour 2050, envisagent une stabilisation plus rapide ensuite avec un pic à 9,7 milliards en 2064 suivi d’une redescente dans la seconde partie du siècle pour atteindre un peu moins de 8,8 milliards en 2100, échéance pour laquelle l’Onu prévoit 10,9 milliards d’habitants dans le cadre de son estimation moyenne. Curieusement cette projection de l'IHME correspond à peu près à la projection basse de l'ONU (voir ici l’infographie de l’IHME).

- D’autre part, l’épidémie de covid qui a légèrement augmenté la mortalité et surtout, semble avoir affecté à la baisse la fécondité dans les pays développés.

- Enfin, nous portons un regard prioritaire sur les pays les plus riches où la fécondité est généralement désormais inférieure au seuil de renouvellement, promesse à terme d’une certaine stabilisation démographique, voire d’une décrue si le processus se poursuivait (phénomènes migratoires mis à part). Ce regard n’est évidemment que très partiel, d’autres parties du monde, certains pays d’Asie et l’Afrique en premier lieu, sont toujours en pleine explosion, la baisse de la fécondité tardant à suivre l’écroulement de la mortalité infantile.

La convergence de ces facteurs conduit de nombreux éditorialistes à titrer sur ce retournement de perspective et à surfer sur des inquiétudes inverses : Qu’allons-nous devenir ?  Qui va payer les retraites ?  Quid d’une Terre dépeuplée ?

Ces analyses font bon marché d’éléments contraires qu’ils passent largement sous silence.

- Comme toutes les projections, celles qui envisagent une baisse de la population s’appuient sur des hypothèses plus ou moins arbitraires : ici une baisse continue de la fécondité dans la poursuite de la tendance connue ces dernières décennies. Or, rien n’est acquis en la matière. Plusieurs nations, les pays de l’Est européen, le Maghreb par exemple ont, au contraire, connu des hausses récentes de leur fécondité, montrant que la tendance n’était ni forcément durable, ni générale.

- L’épidémie de covid est évidemment trop récente pour que l’on puisse en tirer des conclusions solides en matière d’impact démographique. Rien n’indique que la baisse récente de fécondité qu’on lui attribue se prolonge. De plus, elle semble ne pas (ou peu) avoir affecté les pays où justement on a déjà le plus d’enfants par femme.  En ce sens le covid pourrait accentuer l’écart déjà important entre nations selon leur niveau de développement (voir cet article ).

- L’inquiétude sur l’équilibre des comptes publics et sociaux (les retraites notamment) est surfaite. Une population en croissance n’assure pas un meilleur équilibre : Les jeunes sont dans un premier temps des charges, et le restent d’ailleurs longtemps dans un contexte de chômage endémique comme c’est le cas dans de nombreux pays.  Surtout, ils sont aussi les personnes âgées de demain. Compter sur une forte natalité pour résoudre ce problème revient à entrer dans un mécanisme de pyramide de Ponzi.

- Enfin, il est très étonnant de voir des experts s’inquiéter d’une baisse de la population dans certains pays. Oui, il est fort possible que le Japon ou la Corée du Sud voient leur population diminuer, mais est-ce un mal ? Dans une nation comme le Japon, la densité de peuplement est de 330 habitants par kilomètre carré et une véritable conurbation recouvre l’essentiel de la partie non montagneuse de l’archipel, réduisant à rien le monde sauvage. Est-ce aussi un mal au niveau mondial, alors que nous connaissons un véritable effondrement de la biodiversité, au point que le concept de sixième extinction fait presque l’unanimité et que cette extinction est pour l’essentiel le fruit de l’extension continue de la présence humaine et donc de notre nombre ? Rappelons que presque toute l’histoire de l’humanité s’est déroulée dans un monde où le nombre d’habitants était de l’ordre du millième de ce qu’il est aujourd’hui et que ce nombre a assuré la durabilité de notre espèce puisqu’il lui permettait d’avoir un impact plus limité sur les écosystèmes, laissant de vastes zones à la nature.

Cette perspective d’une éventuelle stabilisation, puis peut-être d’une décrue, devrait être perçue non comme une menace, mais comme une des très rares raisons d’espérer. Souhaitons qu’elle se réalise.

(1) Ici sur Novethic, un article parmi beaucoup d’autres, mais presque tous les grands journaux ont repris les mêmes analyses.

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