Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 18:24

Nombreux sont ceux qui imaginent bien des difficultés au sujet du pilotage de la transition énergétique que devraient conduire ensemble Nicolas Hulot et Edouard Philippe, ancien salarié d'Areva et nouveau premier ministre. Pour ceux-là, un pro-nucléaire et un écolo ne pourraient pas s'entendre, et il est vrai que les relations exécrables qu'ont entretenues le lobby EDF et un courant écologiste qui s'est largement construit autour de la question nucléaire laissent a priori peu de place à une démarche constructive.

Ce raisonnement a pour lui l'évidence des apparences mais il fait fi d'une situation qui n'a jamais autant été ouverte à une évolution négociée de part et d'autre.

Quel est l'objectif ? Réduire la part du nucléaire de 75 à 50 % en 7 ou 8 ans.

Pour les écologistes réalistes, une réduction plus forte, même si elle était souhaitable, n'est matériellement pas possible dans ce laps de temps. Et il sera toujours temps dans quelques années de rediscuter les objectifs pour l'après 2025.

Du côté des tenants du nucléaire, ils ne peuvent pas nier les difficultés rencontrées dans la mise au point des EPR, ni ne pas voir l'envolée des coûts de production du kWh avec des centrales nucléaires rendues plus fiables et plus sûres mais plus chères à construire et à faire fonctionner. Ce point est d'autant plus sensible que dans le même temps, d'une part les coûts des ENR ont baissé sensiblement, et que d'autre part le grand public est désormais averti que les coûts de déconstruction des centrales nucléaires ont été longtemps minorés par les acteurs de la filière.

Et puis il y a aussi tous ces pays qui décident de sortir du nucléaire comme l'Allemagne ou la Suisse, et qui font un peu douter de la pertinence d'un modèle privilégiant massivement l'énergie nucléaire.

Dans ce cadre, ne dépendre du nucléaire à moyen terme que pour un kWh sur deux devient une solution raisonnable pour toutes les parties, même si la liquidation d'une partie de cet outil industriel est socialement problématique comme l'ont montrée les réactions autour de la fermeture de Fessenheim.

Repost 0
Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Energie
commenter cet article
25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 10:20

Conçu comme un dialogue entre les deux auteurs, Le sens de l’écologie politique nous rappelle utilement et adroitement les origines de la pensée écologiste. Antoine Waechter et Fabien Niezgoda démontrent qu’elle se nourrit, et cela très anciennement, à la fois d’une démarche esthétique et respectueuse du monde et d’une approche intellectuelle comprenant parfaitement l’interdépendance de tout le vivant (et même sans doute du vivant et du non vivant).

Tous les familiers de la littérature écologiste y retrouveront les grands auteurs, Aristote, Minois, Illich, Malthus, François d’Assise, Rousseau, Ellul, Michéa, Gorz, Meadows, Charbonneau, Terrasson, (dont je ne peux m’empêcher de reprendre cette citation : « Regardez nos villes, laissez-vous imprégner de leur dureté émotionnelle, et pensez à ce que serait le ciel, si nous avions le pouvoir de modeler la forme des nuages »). Mais on y côtoie aussi les naturalistes Linné, de Bougainville, Humboldt, Pelt et bien d’autres. Le sens de l’écologie politique offre en cela un bel équilibre entre la réflexion sociétale et historique et la science. Écologistes et écologues, trop souvent séparés, y ont leur juste place. 

Le livre est organisé autour de quelques  grands thèmes : la beauté de la nature, la finitude du monde, le progrès… On y trouve aussi une intéressante critique des Lumières dont les auteurs prétendent, et je partage leur point de vue, qu’elles ne fondent pas la pensée écologiste. Fabien Niezgoda et Antoine Waechter affirment dans ce chapitre la distinction entre ce qui relève de la connaissance et ce qui relève de la volonté de dominer et nous disent que le passage de la première à la seconde relève, non de la science, mais d’un choix de société, en cela, « c’est une question éminemment politique » déclarent-ils. La démographie est ici utilement abordée, quand elle est ailleurs si souvent ignorée. Intéressante réflexion également sur l’enracinement, quand la mode est au mondialisme et à la remise en cause de toute attache et de tout amour d’un territoire. Je ne puis également qu'adhérer à l'affirmation de l'écologisme en tant qu'humanisme. Peut-être aurait-on pu y trouver une référence plus large aux réflexions sur la démesure (l’hubris) et sur les questions d’échelle telles qu’elles furent évoquées par exemple dans l’excellente étude d’Olivier Rey « Une question de taille ». 

L’un des messages de l’ouvrage est que l’écologie est à la fois conservatrice et innovante. Conservatrice par le respect dû aux lois de la nature et à sa beauté, innovante par l’affirmation nette de la nécessité de changer nos comportements, bien loin de la vision simpliste d’un combat politique binaire axé sur la seule communication et sur une modernité de façade. Bref, une lecture salutaire à un moment où, pour la première fois depuis 40 ans, l'écologie s'est trouvée absente d'une élection présidentielle.

L'auteur a présenté son ouvrage et différentes réflexions sur la démographie à l'occasion d'un entretien sur TV Libertés

_________________________________________________________

Le sens de l’écologie politique, une vision par-delà droite et gauche, par Antoine Waechter et Fabien Niezgoda, Editions Sang de la Terre, Paris, février 2017, 99 pages, ISBN 978-2-86985-339-3, 15 €.

Fondateur et président du Mouvement Ecologiste Indépendant, Antoine Waechter fut candidat à la Présidence de la République. Enseignant l’Histoire et la Géographie, Fabien Niezgoda est également l’auteur de l’ouvrage : Les partisans de Charles le Téméraire en Lorraine (Editions Le Polémarque).

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Notes de lecture
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 16:04

Article paru préalablement dans la revue La Recherche (février 2017)

L’homme se considère en général comme l’espèce dominante sur Terre. Cette réflexion sous-estime le rôle des autres organismes de notre planète. Sans l’activité constante des microbes par exemple, le fonctionnement de la biosphère s’arrêterait en quelques jours voire en quelques heures. Néanmoins, l’homme est clairement le prédateur principal sur Terre comme en mer. Les modifications physiques chimiques et biologiques qu’il impose au fonctionnement de la planète sont majeures et indéniables. On estime ainsi à 30 milliers de milliards de tonnes (soit 50 kilogrammes pour chaque mètre carré de la planète) le poids des matériaux techniques construits et rejetés par les sociétés humaines (par exemple le béton) (1) ; quant aux rejets et à l’accumulation de gaz à effet de serre, ils modifient la composition de l’atmosphère à un niveau tel qu’ils altèrent le système climatique.

Ces changements justifient-ils que l’on définisse de manière formelle une nouvelle époque géologique du nom d’Anthropocène ?

Pour répondre à cette question il faut d’abord comprendre l’outil très particulier qui permet aux géologues de classer le déroulement du temps sur Terre : l’échelle des temps géologique, désignée sous le nom de « Chartre Chronostratigraphique Internationale ».

Cet outil est construit sur la base de deux critères.

Le premier est d’ordre temporel : étant donné l’existence déjà extrêmement longue de notre planète – environ 4,6 milliards d’années -, il faut que chaque unité de temps représente une période relativement longue si l’on veut éviter de les multiplier. Ainsi les périodes les plus longues les « éons » se comptent en milliards d’années. Même les plus courtes - les « époques » et les « âges » -, ont des durées de plusieurs millions d’années, incomparables avec les décennies et les siècles utilisés pour décrire l’histoire de l’humanité.

Le second critère est d’ordre stratigraphique : le temps géologique ne prend pas seulement en compte les durées (la géochronologie), il s’appuie aussi sur leur représentation au sein des couches de roches. Ces couches préservent des environnements différents de la planète, elles « enregistrent » les preuves de cette histoire.

Cette classification appelée « chronostratigraphie » est fondamentale aux yeux des géologues. Pour être acceptée officiellement dans l’échelle des temps géologiques, l’Anthropocène doit donc remplir ces critères temporel et stratigraphique. Dans quelle mesure y répond-il ?

L’équivalent d’une vie humaine

Etudions d’abord le critère temps. Une évaluation récente menée par le groupe de travail qui étudie l’Anthropocène suggère que la proposition optimale serait de le faire débuter vers la moitié du XXème siècle. L’Anthropocène aurait donc soixante-dix ans environ, soit l’équivalent d’une vie humaine. Certes, cela fait bien peu à l’échelle des temps géologiques. Cependant ce serait oublier que cette échelle n’est pas divisée de manière uniforme. Ainsi les subdivisions plus anciennes tendent à être beaucoup plus longues que les plus récentes. La raison ? Les couches de roches qui composent les couches de roches les plus récentes sont mieux conservées et plus proches de la surface, ce qui rend leur définition plus précise.

Un exemple notable est celui de l’Holocène qui est la deuxième période du Quaternaire, et celle dans laquelle formellement nous vivons. Or, l’Holocène dure depuis 11 700 ans seulement, soit trois ordres de grandeurs de moins par exemple que la première époque du Quaternaire, le Pléistocène, époque des glaciations qui a duré 2,6 millions d’années. Dans ce contexte, la durée de l’Anthropocène ne semble plus aussi révolutionnaire.

Parlons maintenant du critère stratigraphique. Les changements associés à l’Anthropocène, - en particulier ceux qui touchent au climat, à la pollution et à la biologie de la Terre- se font déjà ressentir dans la composition des couches sédimentaires de notre planète, et cette tendance est de plus en plus prononcée. Les strates sont certes peu épaisses par rapport à celles d’époques géologiques anciennes (même si elles se comptent en dizaines de mètres sous nos villes et dans nos décharges), mais elles sont déjà facilement distinguables.

Dans ces strates, en particulier dans les zones urbaines, on retrouve quantité de fragments de béton – pour rappel, la moitié des 500 milliards de tonnes de béton a été produite au cours des 20 dernières années - et d’aluminium (presque la totalité des 500 millions de tonnes de ce métal a été produite depuis les années 1940). Idem pour le plastique, ce matériau dont cinq milliards de tonnes ont été produites depuis un peu plus de soixante-dix ans est présent dans le monde entier, y compris au fond des océans, sous formes de fragments, de microfibres et de microbilles (2). De même, les cendres volantes provenant de la consommation de combustibles fossiles peuvent être récupérées, comme les pollens et les spores fossiles, dans des couches sédimentaires partout sur la planète.

Signal brutal

Les cycles biogéochimiques d’éléments clefs tels le carbone, l’azote et le phosphore ont eux aussi été profondément modifiés à l’échelle globale. On retrouve les signes de ces modifications dans les strates récentes ; typiquement il s’agit de modification soit dans la teneur soit dans les proportions en isotopes stables de ces éléments. Ces variations sont similaires à celles que l’on a utilisées comme marqueurs temporels pour délimiter des époques anciennes. Un autre signal – celui qui est intervenu de la manière la plus brutale peut-être – est celui des radio-isotopes artificiels, disséminés tout autour de la Terre à la suite des essais nucléaires entrepris depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les teneurs en plutonium en particulier, s’élèvent dans les sédiments marins et lacustres, dans la tourbe, les calottes glaciaires, et même dans les organismes de très longues durées de vie (coraux, arbres, etc.).

Enfin, un dernier signal est la modification de la faune et de la flore mondiale : l’homme a introduit de multiples espèces invasives et en a éliminé d’autres (à une allure qui selon certains spécialistes va conduire à la sixième extinction de masse), il a aussi domestiqué de nombreuses espèces animales et végétales. Cette modification profonde est en train de former un signal paléontologique complexe mais distinct des époques voire des ères précédentes. Qui aurait imaginé que à notre époque, l’oiseau le plus abondant sur la planète, et de loin, soit le poulet domestique Gallus gallus ?

Dans ce sens le placement du début de l’Anthropocène vers le milieu du XXème siècle serait comparable à plusieurs des grandes transitions reconnues dans l’échelle géologique du temps. Par exemple, le Crétacé donna place au Paléogène à la suite de l’impact d’un astéroïde qui, il y a près de 65 millions d’années, dissémina partout une couche d’iridium tout en entrainant la disparition des dinosaures et de bien d’autres espèces. Tout comme les géologues et les paléontologues actuels peuvent identifier aisément cet évènement et ses répercussions (dont l’essor des mammifères !), ceux du futur apprécieront certainement la profondeur des évènements qui définissent l’Anthropocène.

Comme nous venons de le montrer nous ne manquons pas de preuves justifiant la reconnaissance de l’Anthropocène comme époque géologique à part entière. Il reste néanmoins beaucoup de travail à faire avant de présenter une proposition formelle, celle qui aboutira à reporter une nouvelle époque sur l’échelle stratigraphique internationale. Ce type de proposition requiert l’approbation de la communauté mondiale des géologues. Elle doit pour cela être fondée sur un point de référence physique – ce qu’on appelle un « clou d’or » – qui représentera au mieux la frontière géologique entre l’Anthropocène et l’époque qui la précède, l’Holocène : un point de référence exemplaire doit être trouvé pour cette transition planétaire, qui permettrait une corrélation stratigraphique objective partout sur la planète. Or la localisation, l’analyse et la sélection d’affleurements potentiels – qui peuvent se trouver dans les dépôts sous-marins de profondeurs, dans les sédiments lacustres, dans des anneaux de croissance d’arbres, dans des bandes de croissances de coraux, etc. - est une tâche considérable sur le plan logistiques comme sur le plan scientifique.

Cette tâche a maintenant débuté. Une fois que les données auront été rassemblées et étudiées dans leur ensemble, nous serons en mesure de proposer la reconnaissance officielle de l’Anthropocène en tant que subdivision de la Chartre Chronostratigraphique Internationale.

(1) J. Zalasciewicz et al. Antropoc.review., doi : 10.1177/2053019616677743, 2016
(2) C. N. Waters et al. Science, 351, 137, 2016

Auteurs :Jacques Grinevald, Catherine Jeandel, Clément Poirier, Colin N. Waters, Alexander P. Wolfe, Jan Zalasiewicz : membres du groupe de travail sur l’Anthropocène.

_________________________________________________________Cet article a été préalablement publié dans la revue La Recherche numéro 520, février 2017, p. 87 et 88. Il fait partie d’une tribune de la rubrique « idées » consacrée à l’Anthropocène et intitulée : « Avons-nous changé d’ère géologique ? » Il était accompagné de deux autres textes, l’un défavorable à la création d’une nouvelle ère : « Une étape dans l’histoire de la Terre ou de l’humanité ? » par les géologues Patrick de Wever et Stan Finney et l’autre proposant une approche plus historique : « Le prix de l’onction géologique » par l’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz. Le même thème a donné lieu également à un éditorial de Sophie Coisne (Rédactrice en chef) intitulé « Une nouvelle ère pour sauver la planète ? » (p.3). Merci à Monsieur Philippe Pajot, chef des informations, de nous avoir autorisé la reprise de cet article.

Repost 0
Published by Article paru sur : La Recherche - dans Actualités
commenter cet article
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 10:04

Le 22 février dernier, c’est-à-dire à la veille de son ralliement à Benoît Hamon par lequel il confiait, pour la présidentielle, la problématique écologique au seul représentant du parti socialiste, Yannick Jadot, encore dans la course (au moins dans l'esprit des auditeurs), était l’invité d’une émission de la série Pandalive organisée par le WWF en vue d’interroger les candidats sur les questions d’environnement.

Isabelle Autissier qui assurait l’interview transmit une question posée par une internaute sur la démographie. (A écouter ici : passage sur la démographie à 9'08",  L'extrait de cet entretien consacré au sujet est par ailleurs retranscrit à la fin de l'article).

La réponse de Yannick Jadot est tout à fait intéressante car très représentative d’une dérive hélas courante. Plutôt que de s’interroger sur la réalité du problème, Le leader écologiste préfère tout d’abord, (c’est précisément le début de sa réponse) mettre en cause ceux qui s’en inquiètent : « Qu’est-ce qu’ils ont en tête ? » se demande M. Jadot. La réalité est ainsi soumise au diktat du politique. Avant de savoir si la démographie est un problème, interrogeons-nous pour savoir si ceux s’en préoccupent sont tout à fait fréquentables !

Cette dérive, ce procès d'intention pourraient prêter à sourire s'ils n’étaient pas, hélas, les prémices de ce que l'on connait dans toutes les sociétés sans liberté, à savoir la soumission du réel au politique, phénomène dont à juste titre, la science-fiction s’est fréquemment emparé. L’apogée du processus ayant été atteint (dans le monde réel) avec les théories abracadabrantesques de Lyssenko sur la génétique : Ne regardons pas comment fonctionnent les choses, établissons a priori qu’elles fonctionnent selon l’idéologie en vigueur. Condamnons les questionneurs avant d’interroger les faits !

Non, Monsieur Jadot, la surpopulation est un fait grave, quoi que vous vous pensiez par ailleurs de ceux qui s’en inquiètent et quels que soient vos désaccords, l’honnêteté impose d’étudier la question avant d’y répondre par un a priori idéologique. Quant à la terrible phrase que vous prononcez : « Donc on commence par éliminer qui ? » par laquelle vous souhaitez déconsidérer ceux qui mettent en cause la démographie, sachez qu’elle est aux antipodes de la position de ceux qui luttent en France contre l’explosion de nos effectifs et qui en cela veulent au contraire que nos enfants puissent disposer d’un monde vivable et à leur tour aussi avoir des enfants, ce qui sera de fait impossible sur une Terre surpeuplée. Notons hélas qu’une réponse aussi déplaisante avait été faite par l’explorateur Jean-Louis Etienne lors d’une conférence à Lyon où la même question avait été posée. On s’étonne que des personnalités connues puissent s’abaisser à tant de mauvaise foi ou bien fassent preuve d’une telle méconnaissance des points de vue de ceux qu’ils critiquent.

Pour le reste, la réponse de Yannick Jadot relève du missel de la bienpensance, selon lequel seuls les riches sont responsables des problèmes écologiques (Yannick Jadot n’évoque d’ailleurs que le volet très restrictif des émissions de CO2). Nous avons souvent sur ce site répondu à cette affirmation (lors de cet entretien par exemple). Rappelons encore une fois que si les habitants des pays les plus défavorisés polluent moins par personne, c’est justement du fait de la pauvreté, et qu’il est bien improbable que cet état satisfasse ceux qui en sont victimes. Ne vaudrait-il pas mieux être moins pour pouvoir donner plus à tous ?

Ensuite, sans doute pour souligner son humanisme et son féminisme, le futur ex-candidat écologiste rappelle que pour lutter contre l’explosion démographique il faut avant tout privilégier l’éducation des jeunes filles. Mais nul ne le conteste, et surtout pas les antinatalistes, d’ailleurs l’association Démographie Responsable est la première à militer en ce sens. Sauf qu’on se demande pourquoi Yannick Jadot insiste sur ce point puisque dans la première partie de ses propos il explique justement que le problème n’était pas la surpopulation, mais uniquement la consommation des plus riches ! Pourquoi alors vouloir s’occuper de la surpopulation ?

Dans la suite de l’entretien sera évoqué le fameux rapport « Planète vivante » signalant la disparition de plus de la moitié des vertébrés au cours des 40 dernières années, Yannick Jadot pointera du doigt la question du réchauffement climatique. Or, si la question du réchauffement climatique est inquiétante pour l’avenir, elle n’est quasiment pour rien dans la disparition actuelle des animaux presque entièrement due à l’occupation de leurs territoires par les hommes. Il se trouve justement qu’au cours de ces 40 dernières années tandis que le nombre d’animaux se voyait divisé par deux, celui des hommes se voyait lui, multiplié par deux. Libre à chacun de fermer les yeux.

___________________________________________________________________

Ci-dessous, retranscription des propos de Yannick Jadot.

Isabelle Autissier : « Une question un peu plus polémique… envoyée par Anne-Marie, c’est la question démographique… autour de laquelle on tourne parfois… »

Yannick Jadot : « La fameuse question démographique… Quand on pose cette question-là, je me dis toujours « qu’est-ce que souvent on a en tête ?.... Trop souvent finalement, l’imaginaire derrière, c’est le petit burkinabé ou le jeune indien qui, parce que la démographie est forte, constitue une menace pour la planète. Un burkinabè et surtout un jeune c’est 0,2 ou 0,3 tonnes de carbone par an. Ok ? Un européen ou un américain, on est à 100 fois plus, 50 ou 100 fois plus selon là où l’on vit. Donc, on commence par éliminer qui ? Quand on pose cette question-là ? …

Isabelle Autissier : « Je n’ai pas dit cela… »

Yannick Jadot : « Est-ce qu’on a en imaginaire l’explosion démographique des pays du Sud ou est-ce qu’on a dans notre imaginaire l’empreinte écologique très lourde que le monde dit développé a aujourd’hui sur la planète. Ce que je crois sur cette question démographique, moi, pour avoir vécu au Burkina Faso, j’y ai travaillé, pour avoir vécu au Bangladesh, j’y ai travaillé, il y a un seul levier de la révolution démographique, c’est l’éducation des jeunes filles ».

Isabelle Autissier : « On ne peut pas revenir là-dessus »

Yannick Jadot : « On peut prendre le truc dans tous les sens, quand on reconnait dans la société le statut des femmes, quand on leur offre la perspective d’exister économiquement donc socialement, quand on reconnait aux femmes leurs droits, toujours ça signifie derrière que les enfants vont aller à l’école et que les petites filles vont aller à l’école. Et quand on a les femmes qui sont des acteurs, des actrices de la société et des filles qui vont à l’école, la révolution démographique elle est toujours active (acquise ?) C’est la clef du développement »

Isabelle Autissier : « Merci pour les femmes, du monde entier »

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Démographie Actualités
commenter cet article
21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 17:24

Un article de Daniel Martin

Avec la candidature de René Dumont aux élections présidentielles de 1974 débute une aventure politique qui se termine en 2017 par une absence de candidature écologiste ou se réclamant de l’écologie. La responsabilité en incombe surtout aux « Verts » qui sont devenus un parti croupion du PS et dont leurs « hiérarques » n’ont cessé, tout au long de ces dernières années, d’utiliser ce qu’il est convenu d’appeler écologie politique pour leur carrière personnelle opportuniste. Aujourd’hui cela se traduit par un rejet de l’écologie politique de la part d’une opinion publique totalement abusée, dont une grande partie d’entre elle se réfugie dans les replis identitaires et nationalistes.

La tentative d’un écologiste authentique et historique, telle que celle qu’Antoine Waechter, faute d’avoir pu recueillir les parrainages nécessaires a échoué. Le ralliement de Yannick Jadot et EELV au PS et à Benoit Hamon pour sauver quelques sièges de député(e)s, dont celui de leur « cheftaine » Cécile Duflot, n’a rien à voir avec l’écologie, sinon que cela relève d’une « tambouille » politicienne qui dessert plus Benoit Hamon, qu’elle ne le favorise… On peut, d’ailleurs, se demander quels rapports ces personnes peuvent avoir avec l’écologie, dont, à l’évidence, ils semblent ignorer les fondamentaux.

Certains candidats veulent bien se préoccuper « d’écologie », mais qu’en est-il réellement ?

A cette élection présidentielle, plusieurs candidats y vont de leurs couplets sur l’écologie, je ne doute pas de leur bonne foi, mais le problème, c’est qu’à l’évidence ils ignorent les enseignements de l’écologie science et si c’est utile de parler de transition énergétique ou écologique, cela ne peut être, en l’état actuel de la situation, que des formules creuses avec parfois des propositions gadgets, quand il ne s’agit pas de propositions relevant de l’escroquerie intellectuelle de la « croissance Verte », telle celle de la voiture électrique.

Ces candidats sont d’abord socialistes, sociaux-démocrates, libéraux sociaux ou tout simplement libéraux, c'est-à-dire productiviste et attaché au mythe d’une croissance exponentielle, désormais impossible, ce qui est fondamentalement incompatible avec l’écologie.

Lorsque, par exemple, depuis le début de sa campagne en avril 2016, Emmanuel Macron, grand favori des sondages pour cette Présidentielle, se positionne « ni droite, ni gauche » et lorsqu’il déclare: « Depuis 30 ans, on assiste à l’alternance de la droite et la gauche qui balaye tout de manière automatique. Là ce sera la véritable alternance, celle d’une nouvelle méthode de gouvernement, parce que je vais réunir pour être efficace des femmes et des hommes de bon sens. » Avec la promesse d’un gouvernement composé essentiellement avec des personnes de la société civile et des personnes du monde politique venant « de la gauche, du centre, de la droite ». Le problème de ce positionnement, s’il devient président de la république et obtient la majorité parlementaire, l'hémicycle risque fort de devenir la foire d'empoigne. Entre un parlement, avec des politiciens ex LR, PS, UDI, Verts des plus opportunistes, et un Gouvernement sans cesse fragilisé on peut imaginer que les lobbys de la finance et des multinationales seront les vrais maître du jeu et si le président Emmanuel MACRON veut prendre certaines mesures conforme, ne serait-ce que dans le cadre des objectifs les plus timides de la COP 21, on peut imaginer les difficultés qu’il éprouverait…

Dans le meilleur des cas, ils n’hésiteront pas à cumuler activités réparatrices et activités destructrices de l’environnement

A l’issue des élections présidentielles et législatives, parmi les candidats qui ont évoqué l’écologie, celui qui sera élu, s’il est contraint d’assurer un service minimum dans ce domaine, les multinationales et leurs lobbies du nucléaire et des industries agro-chimico-pétrolières ne vont d’ailleurs pas cesser d’agir et surtout empêcher que les contraintes dues aux quelques engagements pris, notamment pour réduire les gaz à effets de serre, développer les énergies renouvelables, qui n’en ont que le nom, ou engager la transition énergétique hors du Nucléaire, ne puissent se réaliser…A moins que dans les salons feutrés de l’une ou de l’autre de ces multinationales, ils jugent qu’au fond les engagements à minima pris par les nouveaux responsables politiques représentent pour eux un nouveau champ de business, dès lors des campagnes de marketing vont se mettre en place et nous vanter la « croissance verte » comme la nouvelle formule miracle qui va « redonner de la croissance et des emplois… » Mais ils ne cesseront pas pour autant leurs activités lucratives qui vont à l’encontre de ces décisions que leur procure leurs marchés traditionnels… L’exemple de TOTAL qui produit du photovoltaïque et développe des extractions de pétrole, gaz de schiste ou exploite des sables bitumeux au Canada, avec les dégâts que l’on sait dans la province de l’Alberta. Dans le cas contraire, s’ils estiment que cela ne leur rapportera rien, ou si peu, en regard des investissements qu’ils devraient consentir, ils vont rester positionner sur leurs marchés traditionnels et contraindront les gouvernements, de Gauche comme de Droite ou ni de Droite ni de Gauche, à des contorsions frisant même le ridicule pour nous faire avaler le prétendu « blocage de Bruxelles… »

Avec les explosions successives de la bombe démographique et l’utilisation des énergies fossiles, l’homme est devenu une force géologique destructrice

Ce qui est surréaliste, L’écologie dans toute sa dimension scientifique et politique, avec ses problématiques humaines d’ordre, culturelles, démographiques, territoriales, environnementales, sociales, économiques est exclue du débat présidentiel, alors que dans notre pays la plupart des scientifiques ne cessent de l’affirmer : La Terre est entrée dans une nouvelle ère environnementale. Ce qui nous arrive n’est pas une simple crise environnementale, mais une révolution d’origine humaine due au nombre et aux énergies fossiles. Si les 11 500 dernières années ont connu des conditions de vie relativement stables permettant à l’homme de sauter de la terre labourée du néolithique au sol lunaire, désormais nous filons vers l’inconnu. Depuis la révolution thermo-industrielle, avec l’explosion de la bombe démographique, il a fallu plusieurs millénaires pour atteindre le premier milliard d’habitants et moins de deux siècles pour atteindre et dépasser les sept milliards, dont un milliard entre 2000 et 2012. Actuellement, nous vivons un tournant irréversible de l’histoire de notre planète, l’influence de l’homme atteint une ampleur, telle qu’elle précipite l’avènement d’une nouvelle ère géologique. Cette nouvelle ère c’est l’Anthropocène, où l’humanité constitue une force planétaire géologique. Depuis deux siècles, nous sommes en train de nous extraire de l’Holocène, une période interglaciaire commencée il y a plus de 10 000 ans et qui a fourni des conditions environnementales extrêmement stables, permettant le développement mondial que nous connaissons.

C’est le géochimiste et prix Nobel Paul Crutzen qui, dans un article de la revue "Nature" en 2002, a avancé la thèse que, depuis deux siècles, la Terre est entrée dans un nouvel âge géologique marqué par la capacité de l’homme à transformer l’ensemble du système Terre. Encore tout récemment, le Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Èvolution du Climat (GIEC) annonçait sa certitude désormais quasi absolue à 95% sur l’origine humaine des changements climatiques et des pressions telluriques qu’il exerce.

Les écologistes disparaissent du débat politique présidentiel au moment où l’écologie devrait être l’un des axes centraux

En l’espace des trois révolutions industrielles la population mondiale a été multipliée par dix sur un peu plus de deux siècles. Actuellement, tous les quatre jours et demi ce sont un million d’humains qui s’ajoutent à la population mondiale. Pendant la même période, en se référant à l’étude de B. Sundquist de l’Institut du Minnesota, (Topsoil loss - Causes, effects and implications: a global perspective), c’est plus de 100 000 km2 de terres arables disparaissaient annuellement.

Notre planète a progressivement basculé vers une situation inédite. Les traces de notre âge urbain, consumériste, chimique et nucléaire resteront des milliers, voire des millions d’années dans les archives géologiques de la planète et soumettront les sociétés humaines à des difficultés considérables, si tant est qu’elles puissent y survivre… L’homme est devenu un dévoreur insatiable des énergies fossiles, pour les lesquelles on peut prévoir encore 70 ans de pétrole, une centaine d’années de gaz naturel et d’uranium dont la demande ne cesse de croitre et 200 ans de charbon environ, sans compter que la combustion des énergies carbonées produit beaucoup de CO2. Plus ils sont hydrogénés, moins ils en émettent par unité d’énergie produite. Produire 1 kWh avec du charbon émet environ 1000 g de CO2, 750 g avec du pétrole et de l’ordre de 500 g avec du gaz naturel. Si on y ajoute l’exploitation des terres rares, certes, certaines ne le sont pas encore, dont les réserves pour l’extraction des métaux rares indispensables à la révolution du numérique sont à terme menacées. faute d’avoir anticipé par des mesures adaptées d’économie des ressource naturelles et de décroissance démographique, choisie et équitablement répartie, entre migrations climatiques, économique ou celles fuyant des zones de combat, la vie sur terre de l’homo sapiens risque fort de s’achever dans un chaos des plus violents, où les survivants envieront les morts...

Une situation écologique qui ne cessera de se dégrader, avec des effets irréversibles : destruction de la Biodiversité, dérive climatique, montée des océans, épuisement rapide et inexorable des ressources naturelles liée aux problèmes de surpopulation, ainsi que les énergies fossiles dues à la prolifération d’esclaves mécaniques aux appétits gargantuesques … Phénomène aggravé par une mondialisation économique dominée par le monétarisme, où le pouvoir politique a volontairement capitulé face à l’oligarchie bancaire et financière qui a pris le gouvernail de la politique du pays en imposant son diktat via la bourse et les agences privées de notation. Ce n’est pas seulement le gouvernail de l’économie, mais le pouvoir politique, via leurs responsables au sein des exécutifs ou directement par la mise en place de gouvernements dits « techniques » à leur solde et la direction des affaires internationales, avec des guerres d’assujettissement à leur domination, que les dirigeants des banques ont pris. Mais attention, la tentation d'un gouvernement autoritaire, voire liberticide, est forte. Certains sont déjà prêts à sacrifier la démocratie pour essayer de préserver le mode de vie des sociétés occidentales.

Le rôle d’un(e) candidat(e) écologiste à ces présidentielles aurait-il été de porter un regard objectif et non complaisant ?

Tout regard lucide sur la gravité de la situation de la planète est généralement récusé, voire taxé de catastrophisme par la majorité des responsables politiques, économiques, religieux, sociaux. Pour les politiques, cette attitude s’explique aisément, car il n’est pas facile de se faire élire sur un programme écologique dans un contexte de démagogie générale. Proposer d’organiser la décroissance pour ne pas la subir, n’est pas actuellement, pour la majorité de la population, une perspective réjouissante. Par ailleurs, aucun des candidats actuels à l’élection Présidentielle n’échappe à l’aveuglement idéologique qui, depuis l’avènement des énergies fossiles, vit sur le mythe d’une croissance sans limite dans un monde qui cependant est aujourd’hui fini. Ils entretiennent également, volontairement ou involontairement, l’illusion que la science et la technologie, notamment celle du numérique offrent de nouvelles solutions pour s’affranchir de ses difficultés énergétiques, ce qui traduit manifestement leur ignorance des données apportées par l’écologie en tant que science, mais surtout d’une méconnaissance des causes de la situation écologique de la planète qui est aujourd’hui des plus désastreuse.

En utilisant les réserves énergétiques fossiles grâce aux machines thermiques, l’humanité s’est approprié toute l’énergie photosynthétique accumulée depuis le carbonifère. Ce surplus fantastique d’énergie maîtrisable, consommée dans un délai historique qui n’excède guère deux siècles, a mis à la disposition des individus des pays riches des dizaines d’esclaves mécaniques, permettant à l’homme d’arracher aux écosystèmes plus qu’ils ne peuvent produire ou même de les détruire. Cette consommation d’énergie a permis une explosion sans précédent de la production de biens matériels et une augmentation de la productivité agricole, s’accompagnant d’une extension des surfaces cultivées. D’où l’explosion démographique et la colonisation totale de la planète... il est désormais urgent de s’orienter vers l’économie de ressources. Le pétrole n’est pas la seule matière première que menace le prurit de la société de consommation, outre certaines terres rares, le cuivre, le zinc, l’or et l’uranium figurent parmi les principaux métaux dont les ressources mondiales semblent en voie d’épuisement. Tout simplement parce que pour creuser des mines, il faut de l’énergie. Beaucoup d’énergie. Aujourd’hui, 8 à 10 % de l’énergie primaire est consacrée à extraire et raffiner les ressources métalliques, notamment pour l’acier et l’aluminium.

Au-delà des inconnues de la quatrième révolution industrielle, des certitudes cependant

Avec la quatrième révolution industrielle, dans laquelle nous entrons à marche forcée, la croissance de consommation d’électricité, loin de stagner et à fortiori de ralentir va exploser. Selon les dernières estimations de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), la consommation d’électricité dans le monde devrait augmenter de 75 % d’ici à 2030, passant de 19 756 TWh à 34 292 TWh. Les pays en voie de développement seraient à l’origine de plus de 80 % des nouveaux besoins, Chine et Inde en tête.

La production d’électricité s’accompagne de forts rejets de CO2. Dans le monde, ces rejets sont de 565 grammes de CO2 par kWh produit.

Par exemple, en Union Européenne ce sont 331 grammes de CO2 par KWh produit, et en France 79 grammes. Aux Etats-Unis c’est 522 grammes de CO2 par kWh produit, en Chine, 766 grammes.

Les véhicules sans chauffeur, les tracteurs sans cabine et sans conducteurs, les drones taxi et ceux pour les livraisons, ainsi que des robots pour toutes les opérations de manutention qui sont en cours d’expérimentation ne sont qu’un début annonciateur des profonds changements sociétaux que cela va entrainer avec des conséquences qu’il nous est encore difficile d’apprécier …Comme il nous est aujourd’hui impossible de prévoir la nature et le type de nouvelles activités et de leurs besoins énergétique que générera forcément la quatrième révolution industrielle d’ici les vingt prochaines années. Comme il était impossible à la fin des années 80 d’imaginer le bond du virtuel et du numérique qui contribue aujourd’hui à l’émergence de nouvelles formes d’activités et d’emplois (plateformes numériques par exemple). Toutefois, sachant que la quatrième révolution industrielle va avoir de très gros besoins énergétiques, en particulier en terres rares et en électricité, au rythme actuel de la croissance démographique et des besoins correspondants, les moyens et capacité de production vont à terme être confrontés à d’importantes et insurmontables difficultés.

L’élection présidentielle est une tribune où la problématique écologique devrait faire l’objet d’une réflexion spécifique des candidats, de manière à formuler des propositions qui permettent de dynamiser des débats sur cette question et de façon irréversible mettre les deux candidats qui seront arrivés au premier tour dans l’obligation de se prononcer clairement. Mais pour cela une candidature authentiquement écologiste pour dynamiser le débat présidentiel sur cette thématique eut été nécessaire. Ne nous y trompons pas, ne pas considérer les fondamentaux des enseignements de l’écologie science comme une priorité, c’est forcément apporter de mauvaises réponses aux problèmes culturels, sociétaux, économiques, environnementaux et, climatiques qui découlent de l’activité humaine, donc du nombre…

Pour conclure

Aujourd’hui, un enfant qui nait en France est potentiellement un sur-consommateur par rapport aux ressources de la planète. Certes, même si la France devenait un ilot de vertus écologiques, cela ne changerait pas fondamentalement la donne à l’échelle mondiale, toutefois la France doit montrer l’exemple au niveau international. Comment pourrait-on condamner l’explosion démographique mondiale et favoriser une politique nataliste chez soi ? Une totale neutralité de l’État en matière de fécondité implique l’abrogation de toutes les mesures qui visent à encourager toujours plus la progression démographique française. Un débat national doit s’ouvrir sur les mesures à prendre. L’inscription de la question démographique doit, par ailleurs, être inscrite à l’ordre du jour de la prochaine COP 23 à Bonn, comme le demande l’association « Démographie Responsable ».

 

Repost 0
Published by Daniel Martin - dans Politique
commenter cet article
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:24

France, février 2017 : Le moment peut sembler mal choisi pour proférer un tel slogan.

Affaire Fillon, affaire Le Pen, et jusqu’au déontologue de l'Assemblée, excuser du comique de la chose (1), qui continuerait de percevoir un salaire à temps plein de prof d'université alors qu'il n'assure qu'un mi-temps, tout en étant indemnisé pour ses prestations auprès des élus. La tentation est alors grande de mettre en accusation le monde politique et de vouloir en réduire le poids. Tout ceci n'est pas nouveau et ne fait que renforcer, non pas un antiparlementarisme, mais un antiélitisme politique qui court depuis bien longtemps dans la société française. Et dont plusieurs candidats à l'élection présidentielle de 2017 s'étaient fait l'écho, notamment en inscrivant dans leurs programmes une réduction du nombre de parlementaires.

Il n'est pourtant pas inutile de raisonner différemment, surtout lorsqu’on défend l'idée d'un virage pleinement écolo pour notre société. Bien sûr il y a la solution du colibri popularisée par Pierre Rabhi, mais les déséquilibres écologiques sont si forts, l'inertie de notre société industrielle si lourde, les changements à conduire, que ce soit pour les citoyens, les entreprises, ou la puissance publique, si importants et surtout si différents des habitudes prises depuis des décennies, qu'il est illusoire d'imaginer conduire un tel changement sans une volonté politique forte et un appareil politique conséquent.

Comment dans ce cadre soutenir une baisse du nombre de députés alors que ceux-ci sont les mieux à même de faire dans leur circonscription le travail pédagogique nécessaire pour faire accepter les contraintes posée par un virage écolo ? Car ce travail pédagogique est d'abord un travail politique : il faut convaincre les citoyens que nous sommes d'abandonner certaines des facilités de la société de consommation en échange d'un mieux-être général. Convaincre d'oublier les vacances lointaines dont les transports génèrent toutes sortes de pollution ; convaincre d'utiliser les transports en commun plutôt que sa voiture plus confortable ; convaincre de faire ses courses au plus près de son habitat au détriment d'un hypermarché moins cher mais éloigné ; convaincre de prendre le temps de cuisiner des aliments bio achetés en circuit court, même si plus coûteux en temps et en argent que les plats cuisinés industriels ; convaincre de porter des habits en matières naturelles plutôt que des vêtements comme les polaires à base de plastique recyclé qui polluent nos rivières et nos océans avec leurs microbilles relâchées dans l'environnement ; convaincre de limiter ses besoins et de faire durer les choses qui nous environnent plutôt que de se faire plaisir avec le dernier portable ou le dernier canapé à la mode ; convaincre de ne pas acheter le nouveau modèle de voiture qui ferait tant plaisir pour mettre l'argent dans l'isolation en biomatériaux de son habitat ; convaincre que le rôle d'une famille n'est pas forcément d'élever quatre ou six enfants alors que notre territoire national est déjà surutilisé ; convaincre les notables locaux comme les usagers de ne pas créer une ligne grande vitesse ou un nouvel aéroport et se contenter des infrastructures existantes ou améliorées, même si cela se paie un peu en temps de transport et en prestige pour leur territoire ; convaincre d'abandonner les gains, pour les consommateurs que nous sommes, issus des différentiels de salaire avec des pays lointains moins développés, pour favoriser les productions locales ; convaincre enfin de consentir à payer de nouvelles taxes sur nos pratiques polluantes afin que la réorientation de nos pratiques soient effectives à terme.

Comment ce travail d'articulation entre les choix nationaux et les pratiques locales des consommateurs, des entreprises et des pouvoirs publics sur le terrain, comment ce travail d'explication qui nécessite des mobilisations locales, des démonstrations précises et lentes, un souci du détail pour tirer parti de chaque particularité, une empathie réelle pour les situations impossibles qui ne manqueront pas d'être générées, comment tout ceci pourrait-il être fait dans des circonscriptions encore agrandies alors que nous ne voyons déjà que fort peu nos députés et sénateurs ?

Réhabiliter la politique, redonner un rôle éminent à nos élites politiques, cela est nécessaire. Cela ne suffit pas. Il faut aussi que l'on accepte collectivement d'investir plus de temps à discuter des choix qui nous engagent. Rappelons-nous la leçon de la Grèce antique où les citoyens passaient du temps à débattre. Juste une suggestion, au moment de ces élections présidentielles françaises qui semblent si mal engagées après les primaires organisées par les deux camps habituellement dominants.

Nous avons aujourd'hui une élection à deux tours, précédées de primaires elles aussi à deux tours, et nous constatons que ces dernières ne sont pas la panacée imaginée. D'abord elles sont payantes, ce qui contrarie même symboliquement le principe d'un choix démocratique qui évacue en principe les questions d'argent. Surtout elles ne font pas automatiquement émerger le candidat le plus acceptable à un moment donné par la nation, mais celui qui semble épouser le mieux les intérêts de son camp, en prenant le risque d'hystériser les débats internes. Et, de par les délais entre les primaires et l'élection, elle offre une période de tous les dangers, où tout accident qui atteint un candidat investi par son camp pose un redoutable problème démocratique.

Pourquoi alors ne pas imaginer une élection présidentielle à quatre tours ? Cela peut paraître trop lourd, mais aujourd'hui un citoyen qui veut peser sur le choix de son camp peut être amené à voter quatre fois, et même six fois s'il choisit d'éliminer aussi un des candidats du camp d'en face.

Avec une élection présidentielle à quatre tours (2), le premier tour permet la présentation de tous les candidats et de leurs programmes ; le second tour retient les quatre arrivés en tête, le troisième tour les trois premiers, et le quatrième tour reste le moment du choix entre les deux derniers finalistes comme actuellement. Outre que ce système correspond à l'esprit de la Cinquième République en organisant la rencontre entre un homme et un peuple et en contenant le rôle des partis qui sont devenus avec les primaires des organisateurs d'élections, il a l'avantage de redonner au peuple la possibilité d'organiser lui-même les reports qu'il juge les plus pertinents et il contribue à faire émerger progressivement le candidat a priori le plus consensuel. Alors qu'avec notre système à deux tours seulement, nous risquons de choisir un finaliste porté par un courant politique profond moindre que le troisième candidat, victime potentielle d'un éparpillement des voix sur un autre candidat. Autrement dit, avec seulement deux tours, notre système actuel est trop brutal et donc peu performant. Le gagnant final, devenu Président, est bien mal loti : il peut n'avoir le soutien grosso modo que d'un français sur cinq (3) et n'a donc pas la légitimité et une assise suffisantes pour conduire le pays. C'est comme si nous organisions, au cœur même de nos institutions, le divorce entre le pays légal et le pays réel, pour reprendre une vieille expression. Il est temps, pour avoir un appareil de pilotage effectif de notre société, d'accepter un système plus complexe de détermination de nos dirigeants politiques, et aussi de prendre le temps du débat.

_________________________________________________________________________________

1 : Le Canard Enchaîné, 1er mars 2017

2 : Il est possible de faire un parallèle avec les réseaux de neurones, technologie bien connue des spécialistes en intelligence artificielle et avec laquelle la comparaison en terme de pertinence des résultats entre les réseaux de neurones monocouches et les réseaux multicouches plaident pour ces derniers. Multiplier les couches comme multiplier les tours aux élections permet en principe d'obtenir des résultats décisionnels plus fins.

3 : Un Président peut très bien être sélectionné avec environ 20 % des voix au 1er tour, et élu au second tour par une volonté d'élimination de son concurrent, et non pas par adhésion aux choix politiques qu'il défend. L'exemple de 2002 est là pour nous rappeler que c'est possible.

Repost 0
Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Politique
commenter cet article
24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 15:04

 

Par Daniel Martin

 

Ramener la part du nucléaire de 75 à 50 % dans la production d'électricité en France d'ici 2025, comme l'avait promis François Hollande, ainsi que la réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 avec l'atteinte de de 32 % d'énergies renouvelable dans la consommation énergétique finale à cette même date et la division par deux de celle-ci à l'horizon 2050. Mais au delà des intentions, quelle réalité ?

Il est évident que passé les effets d’annonce cela n’impliquera pas automatiquement des fermetures de centrales nucléaires, notamment pour ne pas braquer EDF. Selon les auteurs de la loi 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, la consommation ayant, selon EDF, tendance à se stabiliser, mais que ne confirme pas les statistiques, un développement important des autres sources d’énergie, surtout renouvelables, ferait mécaniquement baisser la part du nucléaire…Mais qu’en est-il réellement ?

Qu’en est-il de la production et de la consommation actuelle d’électricité en France ? (extrait des bilans publiés par RTE).

Production en hausse

D’après RTE, la production d’électricité en France métropolitaine a atteint 546 TWh en 2015, soit 1,1 % de plus qu’en 2014 (pour les unités utilisées ici voir, note a).

Plus des trois quarts de cette production proviennent toujours du parc nucléaire de 58 réacteurs (416,8 TWh, 76,3 % du mix). L'hydroélectricité (via les barrages) reste la deuxième source d’électricité (58,7 TWh, 10,8 % du mix) malgré une forte baisse de sa production par rapport à 2014 (- 13,7 %) en raison d’un niveau de pluviométrie bien plus faible.

La part des énergies dites « renouvelables » dans la production nette d'électricité atteint 16,2 % en 2015 (hydroélectricité : 9,9 %, éolien : 3,9 %, solaire : 1,4 %, bioénergies : 0,9 %).

La production photovoltaïque a connu en 2015 une croissance légèrement supérieure à celle de l’éolien (+ 25,1 %) mais sa part dans le mix électrique français reste limitée avec 1,4 % de la production totale. Signalons la mise en service en septembre dernier du plus puissant parc photovoltaïque d’Europe (300 MWc) à Cestas en Gironde.

C’est la production électrique des centrales à gaz qui a connu la plus forte croissance en 2015 (+ 54,8 %). Elle s’est élevée à 22,1 TWh, soit à près de 4 % du mix national et à un niveau légèrement plus élevé que la production éolienne. Les centrales à gaz ont en effet a davantage sollicitées comme moyens d’appoint lors des périodes de forte demande. Malgré la fermeture des 6 dernières centrales à charbon de plus de 250 MW en France, la production des centrales à charbon et à fioul a quant à elle légèrement augmenté comptant au total pour 2,2 % de la production électrique nationale. Une aberration, quand on se fixe pour objectif une réduction des rejets des gaz à effet de serre (GES)… 

Lorsque RTE affirme que les émissions de CO2 du secteur de la production électrique française restent stables, il y a toutefois de quoi s’interroger quand on sait que pour 1 kWh, la combustion du fioul rejette 300 g de CO2, celle du gaz naturel 234 g et celle du charbon 384 g.

Consommation en hausse

D'après EDF, en 40 ans la consommation d'électricité a augmenté de 280 % . La consommation mondiale d'électricité en 2013 est de 21 538 TWh. Elle a augmenté de façon continue de 350 % (voir ici les statistiques EDF).

Une hausse de la consommation d’électricité de 2,2 % en 2015.

La consommation d’électricité en France métropolitaine s’est élevée à 475,4 TWh en 2015, soit 2,2 % de plus qu’en 2014, (le double de l’augmentation de la production : 1,1 %). Cette hausse est principalement liée aux températures en moyenne plus fraîches en début d’année (entraînant un recours accru au chauffage) et plus chaudes en été (augmentant les besoins de froid). En « corrigeant » cette consommation de l’aléa climatique, RTE indique que la consommation française a seulement augmenté de 0,5 % en 2015 (475,4 TWh, niveau similaire à celui de 2013)… Selon EDF, la croissance de la demande d’électricité s’est fortement ralentie depuis plusieurs décennies, notamment en raison de la tertiarisation de l’activité économique, sans oublier les nombreuses fermetures d’entreprises et de l’impact des actions de maîtrise de la demande d’énergie. Elle reste toutefois très « thermosensible » : chaque degré Celsius en moins en hiver entraîne, selon RTE, un appel de puissance supplémentaire sur le réseau de 2 400 MW (soit l’équivalent de la capacité installée de 2 réacteurs nucléaires. Cette sensibilité est pourtant amenée à se réduire suite à l’entrée en vigueur de la RT 2012 , une réglementation thermique qui a déjà entraîné une chute du chauffage électrique dans les logements neufs. Précisons que le secteur résidentiel compte en 2015 pour environ 35 % de la consommation électrique en France métropolitaine.

Selon la formule de certains candidat(e)s aux Présidentielles « Cent pour cent d’énergie dite renouvelable » à l’horizon 2050 est-ce possible ?

Lors des primaires d’EELV « cent pour cent d’énergie renouvelable en 2030 » était une formule souvent reprise par Mme. DUFLOT et depuis par M. JADOT leur candidat à l’élection présidentielle de 2017. A l’évidence ils ne font que reprendre les propositions dun rapport prospectif baptisé RE-thinking 2050 publié par le Conseil Européen, afin d’obtenir une énergie 100 % renouvelable en 2050. Ses propositions nécessitent toutefois que la demande en énergie soit fortement revue à la baisse. Le rapport détaille ainsi les mesures qu’il serait nécessaire d’adopter pour atteindre cet objectif, ainsi que les bénéfices économiques, environnementaux et sociaux espérés d’une telle mesure. Même en envisageant une très forte baisse de la consommation d’électricité, encore faut-il que cela soit possible, compte tenu de la croissance démographique, des besoins légitimes des pays pauvres et ceux de la quatrième révolution industrielle, dans laquelle nous entrons à marche forcée avec l’explosion des nouvelles technologies du numérique …

Eolien et Photovoltaïque peuvent-ils constituer une alternative au nucléaire dans la perspective «cent pour cent d’énergie renouvelable» ?

Un réacteur nucléaire possède en moyenne une puissance électrique d’environ 1 100 MW et peut donc délivrer entre 7 et 8 000 000 MWh par an. Les éoliennes les plus puissantes d’aujourd’hui sont capables de développer une puissance de 5 MWh, dont les meilleures (off-shore) délivrent en moyenne 17 000 MWh par an. Le chiffre retenu pour l’éolien européen installé est de 2 000 MWh de production annuelle par MW de puissance installé par éolienne.

Combien d’éoliennes pour remplacer un réacteur ?

Moyenne annuelle de la production d’électricité par un réacteur nucléaire: (7 000 0000 + 8 000 000 MWh) / 2 = 7 500 000 MWh / an

Moyenne annuelle de la production d’électricité avec l’énergie éolienne de très grande capacité (5 MWh) : 2 000 MWh X 5 MWh = 10 000 MWh an et par éolienne

7 500 000 MWh / 10 000 MWh = 750 éoliennes pour remplacer un réacteur nucléaire (source : site Ethicologique)

Sachant qu’il y a 58 réacteurs nucléaires (le 59ème à Marcoule étant réservé à la recherche) il faudrait : 750 x 58 = 43 500 éoliennes d’une puissance unitaire de 5 MWh. Sachant que la puissance moyenne des futures éoliennes construite en France étant de 3 MW, avec une moyenne annuelle de production de 2000 MWh, il faudrait : 2 000 x 3 = 6 000 MWh soit : 7 500 000 MWh / 6 000 = 1250 éoliennes pour remplacer un seul réacteur Nucléaire x 58 = 72 500 éoliennes pour remplacer le parc Nucléaire Français.

Si on considère que la production d’une éolienne moyenne se situe plutôt actuellement aux environ de 1,8 à 2 MWh on peut estimer à plus de 100 000 le nombre d’éoliennes qui seraient nécessaires au remplacement du parc nucléaire et ceci en supposant que l'on sache stocker l'énergie pour les heures de pointes... Ce qui est, actuellement, loin d'être le cas.

Le photovoltaïque, qu’en est-il ?

En 2015, l’Europe totalise une puissance cumulée de 94,6 GW soit deux fois le résultat obtenu par la Chine. Notons que, même si l’Allemagne réalise une bonne partie du boulot, l’Italie prend la deuxième place avec une puissance cumulée de 18,9 GW. Le troisième n’est autre que le Royaume-Uni avec 8,9 GW. La France se positionne juste en-dessous avec 6,6 GW soit deux places devant la Belgique (3,2 GW), voir ce lien pour plus de détails. Comparé à 10,32 GWh par jour en 2012, c’est une croissance annuelle de 17,8 %.

Par rapport à ses voisins, la France est un nain photovoltaïque : un parc installé d'un peu moins de 4,5 GW contre 37,5 GW pour l'Allemagne pourtant moins ensoleillée. 4,5 GW c'est à peu près ce que l'Allemagne a installé pendant la seule année 2013 alors que les installations se sont sérieusement ralenties outre-Rhin (plus de 7 GW en 2011, idem en 2012). En puissance installée par habitant, la France dispose de 64 watts de solaire photovoltaïque, contre 400 pour l'Allemagne, 280 pour l'Italie, 250 pour la Belgique, et 110 pour l'Espagne où tout est fait pour décourager l'investissement dans le secteur malgré un ensoleillement très favorable.

A titre d’exemple : A Dunkerque, 1 kWc de photovoltaïque plein sud produit 1 000 kWh, à Toulon 1 430 kWh, soit 1 215 kWh en moyenne pour la France. Il faut 6,64 m² de panneaux photovoltaïques pour 1 kWc. Donc 3 000 km², cela nous donne 450 millions de KWc et 548 TWh produits. Soit à peu près que ce que produit réellement le parc nucléaire français. En fait, 3 000 km², ça fait un carré de 55 km de côté, où la superficie d’un département comme le Rhône. Est-ce vraiment si énorme ? En France, la surface bâtie représente plus de 20 000 km². Il suffirait donc d’équiper 15% des toitures pour produire autant d’énergie que l’ensemble des réacteurs nucléaires français... N'a-t-on pas au moins 15 % des toitures qui sont bien orientées ? Mais au-delà des capacités de production, éolien-photovoltaïque qui peuvent théoriquement compenser en équivalence la production nucléaire actuelle se pose le problème et pas des moindres, celui du stockage. Malgré les efforts de la recherche et les résultats obtenus par exemple concernant les supers condensateurs, il ne peut y avoir de transition énergétique qui réponde aux impératifs de baisse du Nucléaire et des réductions des gaz à effet de serre (GES) sans décroissance drastique de la consommation d’énergie...

L’éolien et le solaire sont, par ailleurs très dépendants de métaux rares dont l’accès pourrait devenir de plus en plus incertain, a fortiori si ces formes d’énergie doivent être massivement développées. Exemple : le dysprosium et le néodyme, deux terres rares produites presque exclusivement par la Chine, laquelle a d’ores et déjà fait savoir que ses gisements actuels étaient en déclin. Il faut savoir qu’une voiture hybride contient un kilogramme de néodyme et Selon les études réalisées à ce jour, une éolienne utiliserait de 600 à 700 kg d’aimants par MW de capacité, dont 25 à 29 % de néodyme et 4 % de dysprosium dans l’aimant permanent de la génératrice (voir ce lien pour plus d’informations). Il faudrait multiplier par 26 d’ici à 2035 les extractions de dysprosium pour faire face aux enjeux du changement climatique…

Je rappelle que les terres rares désignent 17 métaux : le scandium, l'yttrium, et les quinze lanthanides. (Lanthane, Cérium, Praséodyme, Néodyme, Prométhium, Samarium, Europium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Holmium, Erbium, Thulium, Ytterbium, et Lutécium) Ces matières minérales aux propriétés exceptionnelles sont utilisées dans la fabrication de produits de haute technologie. Avec le boom du numérique et des nouvelles technologies "vertes", aujourd'hui, à l'échelle de l'économie mondiale, les terres rares sont considérées comme des métaux stratégiques. On retrouve ainsi des terres rares, non seulement dans l’éolien ou le photovoltaïque, mais aussi dans les batteries de voitures électriques et hybrides, dans les LED, les puces de Smartphone, les écrans d'ordinateurs portables…L'industrie de la défense a elle aussi recourt aux terres rares dans la fabrication de capteurs de radars et sonars ou de systèmes d'armes et de ciblage.

Selon les experts, pour sortir du nucléaire et du fossile, il faut accepter une décroissance minimum de 2 % à 3 % par an du PIB, pendant 20 ans. L'autre alternative serait de continuer avec les énergies fossiles, comme outre-Rhin. Ce qui est inacceptable et à terme impossible, comme le recours croissant et démesuré aux terres rares, dont les réserves ne sont pas inépuisables.

Démographie - besoins - consommation, l’impossible équation

On ne peut faire également l’impasse sur la question de la bombe Démographique, dont les effets des explosions successives sur la planète, notamment par la dernière croissance décennale de près d’un milliard d’habitants, ont un impact particulièrement néfaste pour le climat. Phénomène auquel la France n’échappe pas et qui impose d’urgence une décroissance du PIB. Un effort titanesque doit être fait pour économiser l'énergie et les ressources conduisant à la baisse du PIB, indicateur qui doit être dénoncé et repensé.

Quelques exemples de l’impact démographique sur la croissance de la consommation d’électricité pour des pays à population à peu près comparable : La France, 65,6 millions d’habitants, dont la consommation par habitant est passée de 2 746 kWh en 1971 (50 millions d’habitants) à 7 374 kWh en 2013, ou la Thaïlande, (66 millions d’habitants aujourd’hui contre 38 en 1971) qui passe dans la même période de 120 kWh par habitant à 2 471 kWh. Et que dire de la République Démocratique du Congo, 74 millions habitants, (20 millions d’habitants en 1971) avec 56 kWh par habitant en 1971 et 234 kWh en 2013. Les exemples de ce type sont légion (voir ici les données de la banque mondiale)

Certes, il existe de grandes disparités dans l’accès à l’électricité selon les régions du monde. Si certains pays souffrent encore de graves pénuries électriques, la consommation électrique globale connaît pourtant une croissance constante depuis 1971 qui a été multipliée par 3,2 alors que la population mondiale a été multipliée par un peu moins de 2, ce qui est considérable et ne semble pas prêt de s’arrêter. Pas un pays n’a connu une stagnation de la consommation entre 1971 et 2013. Tous, sans exception, ont eu une consommation annuelle en progression constante par habitant, qui va s’amplifier à cause des besoins légitimes des populations du tiers monde, de la croissance démographique et les exigences des nouvelles applications de l’intelligence artificielle inhérent à la quatrième révolution industrielle. Il faut savoir qu’entre 2001 et 2010, la consommation de certains pays en développement a considérablement augmenté : elle a été multipliée par 2,8 pour la Chine, par 1,8 pour l’Inde et par 1,5 pour le Brésil. En France, la consommation totale d’électricité a presque été multipliée par 1,5 en 20 ans.

Pour conclure

La démonstration est faite qu’au rythme actuel de notre consommation d’électricité qui suit l’accroissement de la population, la sortie du Nucléaire ne peut se faire en équivalence de production et consommation par l’éolien et photovoltaïque, essentiellement à cause des problèmes actuellement non résolus du stockage. La seule façon d’y parvenir consiste à ce que la fermeture d’un réacteur nucléaire soit compensée par une énergie dite renouvelable (éolien, photovoltaïque, etc.) et dans une proportion plus importante par des économies d’énergie évaluées et chiffrées, au premier rang desquels le domestique par un changement radical de nos habitudes de consommation et du gaspillage qui en découle dans les pays riches, ainsi que l’abandon du chauffage électrique, mais également sur le plan professionnel. Il faut aussi éliminer tous les gaspillages de type urbain la nuit par un éclairage totalement repensé. Mais aussi sortir de la stupide politique de promotion de la voiture électrique. C’est une escroquerie intellectuelle, quand on connait le coût énergétique et polluant, sans compter le même espace qu’elle occupe qu’une voiture thermique... Aujourd’hui on sait produire des véhicules thermiques qui consomment deux litres de carburant au 100 kilomètres. Le leurre de la voiture électrique justifie des voitures de plus en plus énormes (4X4) à 10 ou 15 litres de consommation d’essence ou pire encore de gasoil aux cent kilomètres...
___________________________________________________________________
(a) Rappel sur les unités utilisées dans cet article

La puissance (produite ou consommée) s’exprime en watts (W), un watt correspond à la puissance d’un système énergétique dans lequel est transférée uniformément une énergie de un joule pendant une seconde

L’énergie s’exprime en joules (J), elle correspond à l’application d’une puissance pendant un temps donné. Ainsi une puissance de un watt appliquée pendant une seconde donne un joule, appliquée pendant une heure (3 600 secondes donc) elle donne un watt-heure (Wh) qui est bien une unité d’énergie ainsi que ses multiples :

Le kilowatt-heure (kWh) :      103  Wh soit 1 000 watts-heures  (3,6 x106 joules)
Le mégawatt-heure (MWh) : 106  Wh soit un million de watts-heures
Le gigawatt-heure (GWh) :   109  Wh soit un milliard de watts-heures
Le térawatt-heure (TWh) :    1012 Wh soit un billion de watts-heures

Les réacteurs nucléaires ont typiquement une puissance (électrique) d’un peu plus de 1 GW, les grandes éoliennes atteignent parfois 5 ou 6 MW. Toutefois, pour les sources d’énergies intermittentes comme le solaire et surtout l’éolien, il est particulièrement important de distinguer la « puissance crête » (notée Wc) qui ne s’obtient qu’une très faible partie du temps quand les conditions (ensoleillement et vent) sont optimales de la production moyenne sur une heure ou effective sur une année. L’article rappelle ainsi qu’un mégawatt de puissance installée dans l’éolien ne fournit environ que 2 000 MWh sur un an (alors qu’une année comprend 8 766 heures).

Cet article a préalablement été publié sur Agoravox et l'Express.

Repost 0
Published by Daniel Martin - dans Energie
commenter cet article
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 08:39

Estimation de la population mondiale au 1er janvier 2017                                    

  (données en millions d'habitants et en début d'année)          

Sources                                          2016           2017                Progression

                                                                                                                    en nombre            en %

Countrymeters                                  -                7 487                  -        -             -

INED                                             7 367            7 475             + 108   soit     + 1,5 % 

US Census Bureau                       7 296            7 362             +  66    soit     + 0,9 %

Planétoscope                               (7 350 )          7 430             +  80    soit     + 1,1 %

Population Ref. Bureau                 7 368                 -                    -          -          -

Poodwaddle                                   7 366            7 474            + 106    soit     + 1,4 %

Population Matters                        7 424            7 484            +   60    soit     + 0,8 %

Population mondiale.com             7 354            7 439            +   85    soit     + 1,2 %

Ria Novosti - Sputnik                     7 443            7 549            + 106    soit     + 1,4 %

Terriens.com                                 7 287            7 362             +  75    soit     + 1,0 %

Visio Météo                                   7 283            7 359             +  76    soit     + 1,0 %

Worldometers                               7 392            7 475             +   81   soit     + 1,1 %

World Population Balance                 -               7 386                -           -           -

_________________________________________________________________________________

Moyenne (1)                                 7 358             7 440           + 82      soit   + 1,1 %

Moyenne à périmètre égal (2)     7 357            7 442           + 85      soit   + 1,2 %

_________________________________________________________________________________

Avec une population de 7,44 milliards en début d'année, la Terre atteindra donc 7,5 milliards d' habitants  dans le courant de cet été 2017 soit un peu moins de 6 ans après avoir hébergé le sept milliardième humain fin octobre 2011.

Le rythme de croissance d'un milliard tous les 12 ans est donc maintenu, ce que confirment les statistiques établies à partir des compteurs ci-dessus qui, une nouvelle fois, mettent en évidence une croissance un peu supérieure à 80 millions de personnes, soit entre 1,1 et 1,2 % d'augmentation annuelle. Le huit milliardième terrien, qu'il y a peu encore nous attendions pour 2025, arrivera sans doute un peu avant. 

Cette poursuite d'un rythme élevé de progression de nos effectifs contredit toujours certaines déclarations "optimistes" de nombre de démographes assurant la prochaine stabilisation de nos effectifs. Elle valide par contre les réajustements à la hausse régulièrement réalisés depuis quelques années par des organismes dignes de confiance tels l'INED ou l'ONU (voir ici article sur l'évolution récente des projections) . 

Bien entendu l'exercice consistant à estimer la population à un instant précis présente aussi des limites. Sur le fond, nos effectifs ne sont sans doute pas connus  avec une précision meilleure que 1 %. Les compteurs sont eux-mêmes plus ou moins fiables; certains sont établis par des organismes renommés comme l'Ined, d'autres non, sans pour autant être forcément plus inexacts. 

Deux autres difficultés surgissent pour ces comparaisons. Certains compteurs apparaissent et d'autres disparaissent (c'est pourquoi nous proposons ici deux estimations moyennes, voir note 1 et 2) et certains, comme c'est le cas de l'INED changent manifestement leur base puisque la comparaison avec les données de l'an dernier conduit pour cette estimation à une augmentation de plus de 108 millions, très supérieure à ce qui est raisonnablement envisageable. La moyenne calculée doit aussi tenir compte du fait que parfois deux compteurs peuvent en réalité se servir de la même base, ce n'était pas le cas jusqu'à présent, mais cette année, après le réajustement de l'INED, il semble que l'INED et Worldometers se servent des mêmes chiffres. D'autres réajustements sont aussi à remarquer, ainsi l'association anglaise Population Matters qui présentait traditionnellement une estimation élevée a, cette année, proposée une augmentation de seulement 60 millions d'habitants (valeur improbable) ce qui conduit son estimation de la population au 1 janvier 2017 à être moins surestimée que les années précédentes par rapport aux autres compteurs. Malgré ces difficultés, il évident que la question de la surpopulation mondiale reste, hélas, largement d'actualité.

Sur ce site, et sur le même sujet voir également : Les chiffres clefs de la population, ainsi que la série : La population mondiale au 1er janvier 2009 (6,759 milliards), 2010 (6,838 milliards), 2011 (6,914 milliards), 2012 (7,003 miliards), 2013 (7,082 milliards), 2014 (7,162 milliards), 2015 (7,260 milliards), 2016 (7,358 milliards).

(1) Comparaison entre notre estimation de l'an dernier et celle de cette année, tous compteurs confondus (10 compteurs en 2016, 12 en 2017)

(2) Comparaison entre l'estimation de cette année et celle de l'an dernier en ne retenant que les compteurs présents au 1er janvier 2016 et au premier janvier 2017 c'est à dire en excluant Countrymeters (absent en 2016), Planetoscope (absent en 2016 même si une estimation (entre parenthèses) pour 2016 a été retrouvée en 2017), Population Reference Bureau (présent en 2016 mais pas en 2017), et World Population Balance (absent en 2016). Neuf compteurs seulement sont donc concernés  ici  (Planetoscope est exclu puisque nous en l'avions pas pris en compte l'an dernier.  Pour ce site précisons également qu'il propose une estimation arrondie à 10 millions près plutôt que, comme les autres, un compteur en temps réel).  

 

Repost 0
Published by Didier BARTHES - dans Démographie
commenter cet article
26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 15:04

Economie Durable vous présente ses meilleurs vœux et vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année

Bonne et heureuse année 2017 à toutes et à tous

 

Repost 1
Published by Didier BARTHES - Jean-Christophe VIGNAL - dans Voeux
commenter cet article
24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 12:13

La radio RCF par la voix de Pierre Blanc a proposé récemment au porte-parole de Démographie Responsable d’exposer toutes les raisons pour lesquelles, la démographie était au cœur de la problématique écologique. Vous trouverez ici un lien vers cette interview et ci-dessous  sa retranscription.

Interview RCF Isère : 14 novembre 2016

Pierre Blanc - Didier Barthès

Pierre Blanc : Bonjour à tous, dans ce magazine Nature et Environnement qu’est la Maison Commune, nous allons aborder une question un peu difficile, la démographie mondiale. Question souvent mal traitée parce que rarement posée d’abord, voire très  mal posée parfois notamment en période électorale, voire totalement taboue donc assez souvent impossible à ouvrir.

Nous allons le faire car notre émission en charge de la vie sur la planète et de sa protection se doit d’ouvrir le micro.

A ce micro j’ai invité aujourd’hui le porte-parole de l’association Démographie Responsable : Didier Barthès. Monsieur Barthès, je vous laisse l’occasion de vous présenter

Didier Barthès : Bonjour, Merci de votre accueil et de votre invitation. Je suis en effet le porte-parole de l’association Démographie Responsable. Je suis économiste de formation. J’ai longtemps travaillé dans l’édition et dans le domaine de la télématique qui est l’ancêtre d’internet. Depuis quelques années, je partage ma vie entre des cours d’astronomie que je donne et le militantisme écologique.

J’anime un blog : Economie Durable sur le sujet, je milite au Mouvement Ecologiste Indépendant mais surtout je suis donc le porte-parole de cette association Démographie Responsable qui essaye de faire partager cette idée que la démographie est un facteur clef pour la protection l’environnement, que c’est peut-être le facteur central et vous l’avez déjà dit que c’est également  malheureusement  le facteur négligé.

PB : Démographie Responsable, les deux mots donnent tout de suite le ton. Nous allons avec vous et grâce à vous développer ce sujet qui n’est pas facile. D’abord je souhaiterais volontiers un état des lieux. Si la question se pose c’est qu’elle mérite de se poser selon vous et pourquoi ?

DB : Elle mérite de se poser pour une question d’ordre de grandeur. Comme en beaucoup d’autres domaines, il est important de connaître les ordres de grandeurs et de comprendre que l’on vit une époque tout à fait particulière en matière de démographie dans l’histoire de l’humanité.

Aujourd’hui nous sommes entre 7,4 et 7,5 milliards d’habitants sur la planète, c’est une situation extrêmement récente. L’essentiel de son histoire, l’humanité a été, comme les autres prédateurs, présente en très petit nombre.  Il y a 100 000 ans les effectifs de l’humanité  se situaient probablement entre 50 000 personnes et un million de personnes, probablement moins d’ailleurs.

Jusqu’à il y a 10 000 ans on estime que les effectifs de l’humanité étaient entre 5 et 10 millions d’habitants soit un sur mille par rapport à ce qu’ils sont aujourd’hui.

PB : Un sur mille par rapport à aujourd’hui ! 

DB : C’est un autre monde, cela n’a rien à voir. Avec ce qu’on appelle la révolution néolithique, c’est-à-dire l’apparition des grandes cités et l’organisation de l’agriculture, la croissance démographique a commencé à décoller et il y a 2 000  ans à peu près, à l’époque de Jésus-Christ nous étions entre 150 et 250 millions d’habitants disons 200 millions d’habitants.

PB : C’est loin des 7 milliards aujourd’hui.

DB : C’est très loin des 7 milliards, c’est 35 à 40 fois moins, prenez une salle de classe, c’est comme si il n’y avait qu’un seul élève au lieu d’une salle complète.

La démographie a crû relativement doucement jusqu’à l’an 900 et puis à partir de là et de l’an 1000 ça a commencé à monter, il a eu l’épisode brutal de la grande peste qui a marqué une petite pause. Ça a monté doucement et puis avec la révolution industrielle on a commencé à connaître une croissance plus importante. A partir de 1800 ou un peu après on a atteint le fameux seuil du premier milliard. Puis en 1930 : 2 milliards, 1960 : 3 milliards,  1974 : 4 milliards,  5 milliards un peu après. On est maintenant entre 7,4 et 7,5 milliards. Nous sommes aujourd’hui sur un rythme de un milliard de plus tous les 12 – 13 ans.

PB : Un milliard de plus  tous les 12 – 13 ans, ça fait des proportions gigantesques. J’ai lu que l’on rajoute à la population mondiale tous les 10 mois l’équivalent de la population française.

DB : C’est ça, c’est 80 millions de plus par an, donc ça fait à peu près ça. Une autre façon de le dire, c’est Paris tous les 10 jours, c’est 218-220 000 personnes tous les jours donc un peu plus de 2 millions tous les 10 jours, une ville comme Paris.

PB : Ce qui est intéressant c’est d’avoir à l’esprit ces données, on en parle pas souvent, très peu.

Donc là c’est un état des lieux, on voit qu’il y a du monde sur la planète, on peut s’en réjouir aussi bien sûr, mais il y a un lien très fort entre le monde sur la planète et la progression rapide, de plus en plus rapide. Il y a une progression de plus en plus rapide, c’est ça qu’il faut retenir.

DB : Oui, cette progression a été en terme de pourcentage de plus en plus rapide jusqu’aux années 1970. A cette époque-là entre 1965 et 1970 on a connu un taux de croissance de 2,1 % par an. Aujourd’hui le taux de croissance heureusement a diminué, il est un peu supérieur à 1% par an. Mais comme il s’applique à une population beaucoup plus importante, en réalité la croissance en nombre absolu est plus importante aujourd’hui. Entre 1960 et 1970 on gagnait environ 70 millions d’habitants par an, aujourd’hui on en gagne 80 comme nous l’avons dit. Donc en termes relatifs la croissance a légèrement diminué, heureusement car nous arriverions à des impossibles, mais en termes absolus elle n’a pratiquement pas diminué, elle a connu une  pointe autour des années 1995.

PB : Alors deux mots sur cette association Démographie Responsable, vous êtes nombreux ?  Elle se situe au niveau national ?

DB : C’est une association qui regroupe entre 150 et 200 personnes qui est au niveau national et qui regroupe des gens de toutes obédiences que ce soit au niveau politique ou religieux. Ce qui relie ces gens c’est un intérêt pour l’écologie, vous avez notamment des défenseurs des animaux, des végétariens…Il y a un respect de la nature qui regroupe tout le monde mais par ailleurs une grande diversité d’opinion.

PB : Alors j’ai une question : Est-ce qu’il existe un lien entre la croissance très forte de de la population mondiale dont nous sommes témoins et la dégradation de l’environnement ? C’est la grosse question me semble-t-il. Je vais le formuler autrement : Est-ce que ce sont les gens qui sont le problème ou est-ce que ce n’est pas plutôt le système de l’économie mondiale ?  Je vous laisse sur ces questions assez conséquentes.

DB : Il existe de nombreux problèmes et ni moi, ni personne, ne dispose d’une balance pour peser l’importance d’un problème par rapport à un autre. Ce qu’il y a avec la démographie, c’est que c’est un facteur qui agit sur tous les autres. Lorsque vous entendez parler d’environnement, vous entendez parler de pollution d’abord, vous entendez parler de consommation d’espace avec ce que cela suppose de pertes de variétés animales, de variétés végétales, de biodiversité comme on dit maintenant…

PB : D’énergie…

DB : Evidement vous avez la consommation d’énergie. Donc interviennent là, à la fois le nombre des hommes et leur façon de vivre. Alors, vous l’avez surement remarqué, pour l’instant, l’essentiel du militantisme écologique porte sur la façon de vivre. On nous demande demandant de consommer moins, d’être plus prudents, plus frugaux etc. Bien entendu Démographie Responsable soutient tout à fait cette démarche. Mais cette démarche n’est pas la seule nécessaire car une partie de la planète est encore relativement pauvre, c’est même la majorité. Et à cette partie-là nous ne pourrons dire « Consommez moins », ou alors il faudrait faire preuve d’un cynisme absolu.

Donc, si nous voulons donner un peu plus à consommer, un meilleur niveau de vie, un accès à l’éducation etc. Il est certain qu’on ne peut attendre de ce côté-là une baisse de la consommation mais plutôt, pour la majorité de la population, une augmentation de la consommation avec toute la cohorte d’inconvénients que cela peut avoir pour l’environnement. Donc nous disons : « Si nous voulons avoir un peu plus pour chacun, faisons un effort pour ne pas être trop nombreux ». En un mot : Nous ne serons pas à la fois riches et nombreux, donc si nous ne voulons pas être trop pauvres, peut-être faut-il faire un effort et être modestes en matière de Démographie.

PB : Alors ça c’est quel que soit le lieu sur la planète ? Il n’y a pas des façons différentes d’aborder la question de la démographie responsable ? Est-ce que cela se fait sur mesure en fonction des continents ? Les riches les pauvres, le Nord, le Sud ?

DB : Il existe des situations extrêmement variées. Il y a les pays en voie de développement qui consomment peu et qui, soit sont nombreux soit ont un potentiel de croissance démographique très important, c’est le cas en Afrique. Et vous avez les pays plus développés comme l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon où la démographie est quand même relativement importante, notamment en Europe, mais pour autant semble sur une voie de stabilisation mais où par contre le niveau de consommation est extrêmement élevé. Les mesures que l’on pourrait proposer ne sont évidemment pas les mêmes chez les uns et les autres.

Mais il y a dans les deux cas une chose qui est absolument essentielle et qui est souvent négligée dans l’ensemble des discours écologiques  que l’on peut entendre.  C’est que, quel que soit le niveau de développement, même dans les pays pauvres, et pardon si là je choque un peu, la présence des hommes, même frugaux, même pauvres, même, pardonnez-moi d’être un peu provocateur, même s’ils étaient tous des Pierre Rabhi, exclut de fait la présence d’un certain nombre d’animaux, les grands prédateurs notamment. Vous avez reçu récemment Yves Paccalet qui parle avec amour de ces prédateurs, mais on ne peut pas vivre au milieu de ces grands prédateurs. Donc à un moment donné, l’humain quel que soit son niveau de développement, doit partager la planète, ça c’est un message difficile à faire comprendre, car il ne donne pas seulement des boucs émissaires, il fait appel au partage.

PB : En fait la consommation d’espace par l’humanité, c’est quand même aujourd’hui pour vous notamment et vous n’êtes pas le seul, une source de destruction des différents biotopes sur la planète.

DB : Principalement, je vais vous donner d’ailleurs un exemple contraire d’ailleurs pour tous ceux qui nous disent c’est uniquement le mode de vie. Vous avez dans le monde un pays extrêmement consommateur où les gens ont probablement un  mode de vie qui devrait être un peu modéré. C’est le Canada, le Canada c’est comme les Etats-Unis, c’est comme nous, ce sont des gens riches qui consomment pas mal. Ils sont trois par kilomètre carré au Canada. Résultat : vous avez au Canada une couverture forestière absolument gigantesque, vous avez des élans, vous avez des ours, vous avez ce qu’on appelle une mégafaune, pour utiliser le terme technique. Et cela c’est donc tout à fait compatible avec un niveau de vie qui n’appauvrit pas les gens, qui leur permet quand même de bien vivre tout simplement parce qu’ils ne sont pas très  nombreux.

Essayez de trouver des élans en liberté en Hollande… Eh bien non, vous n’en trouverez pas.

PB : Et vous pensez que si l’on ne s’occupe pas de la démographie responsable, vous ne pensez pas que la planète a de quoi  nourrir tout le monde même si l’on sait que la faim existe et comment sur certains secteurs de notre Terre. La question de la nourriture des hommes, est ce que c’est la seule qui se pose.

DB : Il y a deux questions.  Est-ce qu’on pourra nourrir tout le monde ? Pour l’instant, si l’on répartissait mieux les choses, si l’on mangeait de façon moins carnée, sans doute pourrait-on nourrir tout le monde. Je suis plus prudent sur la question des gaspillages car je crois qu’il est très difficile de les éviter complètement. Mais l’on pourrait sans doute nourrir tout le monde, mais l’idée d’une planète absolument parfaite où il n’y ait jamais de gaspillage, où tout le monde soit gentil, tout le monde soit partageur, je ne sais pas si cela arrivera.

D’autre part, si l’on peut aujourd’hui nourrir tout le monde, c’est en particulier parce qu’on a une agriculture extrêmement productive qui fait appel aux énergies fossiles. Ces énergies fossiles, dans le siècle qui vient, elles vont commencer à manquer. C’est-à-dire qu’un facteur essentiel de la productivité agricole, parce que cela joue au niveau des engrais, ça joue au niveau de la mécanisation, ça joue au niveau du transport des produits, aujourd’hui les produits ne sont majoritairement plus produits où ils sont consommés. Eh bien le jour où il n’y aura plus de pétrole, pour dire les choses de manière directe, il risque d’y  avoir une très forte baisse de la productivité agricole. Donc oui, on peut probablement, dans des conditions optimales, nourrir tout le monde aujourd’hui, non demain on ne pourra pas nourrir tout le monde quand nous connaîtrons un manque d’énergie.

Ça c’était la première partie, pour la  deuxième partie : Est-ce que c’est la seule question qui se pose ? Bien sûr que non, parce  que même si l’on pouvait nourrir tout le monde, est-ce que moralement on a le droit d’éliminer tout ce qui vit sur la planète ?  Pour moi la réponse est non, tout simplement.

PB : La réponse est non, tout simplement. Nous allons dans une seconde partie aborder la question du tabou, le pourquoi de ce tabou c’est important aussi d’avoir le courage de l’aborder et notre radio le fait aujourd’hui. Nous le faisons après que Jean Ferrat nous ait dit : C’est beau la vie.

(Extrait de « C’est beau la vie », chanson de Jean Ferrat)

PB : Pouvoir encore chanter longtemps comme vient de le dire Jean Ferrat : Que c’est beau la vie !

Une démographie responsable, gros sujet  très important parce qu’il s’agit de l’avenir de la planète.

Il est vrai aussi que ce sujet a un côté très tabou, on en parle peu, très souvent on en parle mal. Et quand on en parle on se fait vite coincer,  attaquer,  pourquoi ce tabou ?

DB : Ce tabou est essentiel, vous venez de dire « on se fait vite attaquer », on est traité par exemple de malthusiens, vous savez combien cet adjectif a pris un côté péjoratif dans la bouche de beaucoup de gens.

Je voudrais illustrer ce tabou par un exemple récent. Vous l’avez peut-être vu, il vient de paraître un rapport qui s’appelle Planète vivante qui est publié par un certain nombre d’organismes de protection de la nature et qui montre encore une fois la catastrophe qui s’annonce.

Les derniers chiffres indiquent 58 % de vertébrés en moins en à peine plus de 40 ans, donc c’est une catastrophe. Eh bien, dans le même temps où la planète perdait la moitié de ses animaux, dans les 40 dernières années, elle multipliait par deux le nombre d’humains. Cette constatation qui est quand même assez simple à faire, je peux vous dire qu’elle n’est pas faite dans le rapport, elle n’est pas faite non plus dans les commentaires. Et, pardon d’être un peu dur là-dessus, elle n’est pas faite par la plupart des  écologistes.

Si vous prenez aujourd’hui le monde politique, presque personne n’évoque la question, presque tout le monde est nataliste. Il y a de rares exceptions, en France j’en connais trois. Il y a le leader du Mouvement Ecologiste Indépendant : Antoine Waechter, il y a l’ancien ministre de l’environnement : Yves Cochet et il y a eu récemment l’ancien Président de la République : Nicolas Sarkozy qui a dit que la question de la démographie devait être évoquée et qu’il souhaitait l’organisation de conférences sur ce sujet.

Pour le reste, tous les discours politiques de l’extrême gauche à l’extrême droite avec une unanimité parfaite sur ce point-là, touchante même, sont natalistes. Donc le tabou dans le discours est extrêmement fort. Il est moins fort chez les gens. Si vous discutez avec les gens dans la rue, une partie très importante d’entre eux vous disent : « Oui la question se pose ».

PB : Elle se pose, oui au moins elle se pose.

DB : Donc on pourrait en parler en choquant moins qu’on ne le croit, mais globalement les institutions sont extrêmement réticentes sur la question.

PB : Donc d’après vous, le public, l’homme ordinaire, comme vous et moi, se pose inconsciemment la question quand même, parce qu’il voit bien les chiffres qui progressent et ce n’est pas parce qu’il se pose la question qu’il devient un méchant.

DB : Bien sûr, au contraire.

PB : C’est ça le problème du tabou.

DB : Je ne vous ai pas répondu sur la question du pourquoi, il y a tout simplement un lien à l’enfant. L’enfant est sacré et si l’on dit aux gens qu’il faudrait peut-être faire un peu moins d’enfants, certains entendent que l’on est contre les enfants. Je veux tout de suite vous rassurer la quasi-totalité des membres de Démographie Responsable ont des enfants, ils les aiment largement autant que les autres. Je peux vous le promettre.

Donc le problème n’est pas cela, c’est même le contraire, parce qu’outre un respect pour la nature auquel nous tenons bien évidemment, il faut aussi que nos enfants demain puissent vivre dans un monde vivable et je vais peut-être vous surprendre en allant plus loin, mais il faut qu’eux aussi, demain, aient le droit d’avoir des enfants.

Vous savez parfois on nous dit : « Vous êtes comme en Chine, vous voulez faire la politique de l’enfant unique ». Mais il faut regarder ce qui s’est passé Chine. On y a fait cette politique de l’enfant unique quand, après des années on avait mené au contraire une politique de laisser aller et où la Chine allait à une catastrophe, elle n’aurait pas pu nourrir sa population, elle n’aurait pas pu se développer.

Donc, bien souvent les politiques autoritaires, qu’on ne soutient pas, je suis bien clair là-dessus, naissent d’une situation qui devient impossible. Donc si on veut éviter que demain nous ayons dans le monde un certain nombre de pays qui nous disent : « Ce sera zéro enfant ou au mieux ce sera un enfant », essayons d’être raisonnables aujourd’hui pour éviter les catastrophes demain.

PB : Vous êtes en train de nous dire que si rien n’est fait, on risque d’arriver à des solutions impossibles et terribles.

DB : Oui parce que les projections sont actuellement dramatiques. Depuis quelques années et contrairement à ce que nous ont dit  longtemps les démographes, la baisse du taux de croissance de la population c’est fini. Le taux de croissance de la population ne baisse plus. Dans un certain nombre de pays cela a même remonté et la fécondité même a remonté.

En Afrique du Nord par exemple elle a remonté, dans beaucoup de pays d’Afrique Sub-Saharienne c’est tout à fait catastrophique. On a le Niger avec plus de 7,5 enfants par femme. On a le Nigéria qui a presque 200 millions d’habitants. Le Nigéria ça fait le dixième de la surface des Etats Unis. Il est prévu qu’il ait entre 800 millions et un milliard d’habitants (en 2100) en entamant déjà une baisse de la fécondité, donc on voit bien que ce n’est pas possible, on voit bien que cela va conduire à des catastrophes. Donc, il faut tout faire aujourd’hui pour adoucir les choses pour éviter que demain on soit dans des situations impossibles qui nécessairement nous imposeront des contraintes.

PB : Alors puisque nous sommes dans le franc-parler, et dans le fait de poser des questions telles qu’elles sont ce que font souvent les gens mais ce que ne font pas forcément les gens qui sont responsables de la planète eux-mêmes. On est tous d’ailleurs responsables. Quelles sont les solutions ? Qu’est-ce que vous amenez comme idées. Comment faire ? Comment s’y prendre pour éviter qu’il y ait une cassure tout d’un coup ?

DB : D’abord il faut-être conscient que la démographie c’est une affaire longue, c’est une affaire qui présente beaucoup inertie. D’ailleurs c’est un problème car bien souvent,  les gens disent « de toute façon si on fait quelque chose ça ne donnera des résultats que dans 30 ou 40 ans » et comme cela on ne fait rien. Résultat des choses, comme les 30 ou 40 ans finissent par s’écouler, on arrive dans des situations catastrophiques. Il faut en avoir conscience. C’est-à-dire que quoiqu’on fasse pour la démographie, on aura les 9 milliards et demi à 10 milliards et demi en 2050, c’est quasiment acquis, c’est pour après, mais après viendra.

On a dit tout à l’heure que les situations étaient contrastées. Donc on ne va pas faire les mêmes choses dans des pays riches et dans des pays pauvres. Dans des pays où la baisse de la fécondité est déjà sensiblement entamée comme les pays européens pour la plupart d’entre eux et dans des pays comme le Niger où vous avez 7,6 enfants par femme.

Dans nos pays, même au sein pays européens la situation n’est pas la même. En France par exemple, nous avons un fort système d’incitation à la fécondité, avec un système d’allocations familiales très important, avec un système d’aides fiscales également important.

Nous, nous souhaitons adoucir ces transferts, pas les supprimer bien évidemment. Par exemple Démographie Responsable, a proposé que les allocations familiales ne soient plus progressives avec le nombre d’enfants. Et qu’on aille, pas tout de suite, et jamais de manière rétroactive, mais qu’on aille vers un système où l’on aide les gens à avoir un enfant, qu’on les aide aussi à en avoir deux et qu’après, en les ayant prévenus avant, on leur dise : « Au-delà de deux vous n’aurez pas plus que pour deux » Voilà, les allocations familiales s’arrêteraient au montant prévu pour deux enfants. Qu’un certain nombre d’aides aussi soient revues. Il ne faut jamais oublier que les aides, avant d’être des aides, sont des prélèvements sur les autres.

Il y a une aide qui est essentielle et qui est souvent oubliée c’est l’éducation. Il y a une chose qui est importante avant tout c’est que l’éducation soit maintenue, c’est-à-dire que même si vous avez six enfants il faut qu’ils aient le droit à l’éducation. Donc si on veut maintenir cette aide là, et bien sûr il ne faut surtout pas y toucher, il faut faire attention et il ne faut pas en donner tous azimuts.

Donc ça se serait pour les pays développés, éviter qu’un certain nombre de mesures politiques ou économiques  soient incitatives.

PB : Et pour les autres pays dits en voie de développement

DB : Pour les pays en voie de développement, l’idée serait que l’aide au développement soit majoritairement ou au moins de manière importante consacrée à l’aide à la contraception. Il y a encore une vraie difficulté d’accès à la contraception dans un certain nombre de pays, dans beaucoup même. Donc nous pourrions imaginer que par exemple 25 % de l’aide au développement soient consacrés à ce que l’on appelle de manière générale le planning familial.

PB : En quoi cette démarche et ces propositions étalées sur le temps, mais qu’il faut prendre tout de suite selon vous, en quoi ces démarches  sont respectueuses de l’Homme, de la vie, d’une démarche humaniste ? Ce n’est pas contradictoire selon vous ces propositions ? Peut-être même au contraire ? Je vous laisse le dire.

DB : C’est même exactement le contraire. Parce qu’il y aurait de plus humaniste, c’est de prévoir pour nous enfant un monde dans lequel on ne puisse pas vivre. Ça ce serait l’anti-humanise par excellence. C’est ce dont il faut convaincre, c’est de montre que ce combat là c’est un combat pour que le futur soit plus heureux.      

PB : Je viens de remettre à mon invité la petite phrase classique qu’il va lire en direct et ensuite il fera sa conclusion.

DB : « Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous avons» C’est de Arnaud Desjardins.

PB : Je vous laisse faire votre conclusion.

DB : Tout à l’heure, quand vous m’avez demandé de me présenter, j’ai dit que parmi mes autres activités, se trouvait l’enseignement de l’astronomie. Vous savez que certains proposent que l’on aille voir les autres planètes et que l’on s’installe dessus.

Eh bien non, ce n’est pas ça qui nous manque, ce qui nous manque, c’est plutôt de nous servir de la Terre, et même plutôt que nous en servir, respectons là tout simplement. Il n’est pas nécessaire d’avoir une vision utilitariste. C’est sur  terre que  les problèmes vont se poser, c’est là que nous devrons trouver des solutions.

Ce n’est pas en inventant des choses sciencefictionnesques c’est tout simplement par un respect, par un respect de la beauté de la nature, c’est ça qui doit nous motiver et par une certaine modération, par un comportement responsable.

Nous avons la Terre, il faut la respecter, la protéger, inutile d’inventer des choses impossibles.

(Suite de la chanson de Jean Ferrat, C’est beau la vie)

Repost 0

Présentation

  • : ECONOMIE DURABLE
  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
  • Contact

Recherche