La reprise de la pêche à la baleine en Islande, mais aussi le maintien d’une hypocrite chasse scientifique au Japon ou la poursuite d’une
activité commerciale même réduite en Norvège, paraissent aux yeux de beaucoup comme d’incompréhensibles anachronismes dans un monde qui voudrait afficher sa bonne volonté
écologique.
Ces captures, c’est à dire ces tueries, constituent en réalité beaucoup plus.
C’est d’abord évidemment un scandale de tuer ces merveilleux animaux que sont les grands cétacés dont la survie est fortement menacée. Ces espèces au cerveau souvent
plus lourd que le nôtre ont un niveau de conscience probablement très élevé et nous nous comportons en barbares.
Mais ces massacres justifient également le plus profond des pessimismes.
L’Islande, le Japon et la Norvège sont des pays riches pour qui cette chasse ne représente absolument rien de significatif (1). On sait que l’observation touristique des baleines constitue d'ores et déjà une activité économique largement plus importante (2).
Mais surtout, les peuples de ces différentes nations bénéficient d’un haut niveau d’éducation et, on pourrait l’espérer, d’une forte
conscience écologique, ils en ont d’ailleurs peu ou prou la réputation.
Or, cela n’empêche rien.
Si donc, les pays les plus riches et les plus éduqués ne sont pas capables de si petits sacrifices, s’ils ne peuvent comprendre l’absurdité de tels comportements, alors
que peut-on attendre de l’humanité dans son ensemble ?
La plupart des hommes vivent dans des conditions plus précaires que les Islandais que les Norvégiens ou que les Japonais, et ils n’ont pas toujours les moyens de placer
l’écologie à la pointe de leurs préoccupations.
On peut sans difficulté imaginer qu’à la moindre crise ce sera toute la mégafaune qui sera massacrée. Qui pourra faire la leçon si les peuples privilégiés donnent d’aussi lamentables exemples ?
Quant à la tradition évoquée par certains, elle prendra fin avec la dernière baleine et c’est trop tard que ceux là mesureront l’inanité de
l’argument.
(1) Certains avancent l’hypothèse qu’en réalité le Japon se moque bien de poursuivre la chasse à la baleine pour elle-même mais qu’en réalité ce que redoute ce pays, c’est qu’en cédant sur ce point il ouvre la voie à d’autres compromis économiquement beaucoup significatifs, sur le thon rouge en particulier mais aussi sur toute la pêche en général. Par sa démographie le japon n’a pas les moyens physiques de se contenter de ses propres productions.
(2) Je signale ce point, mais ne souhaite pas en faire un argument. Même si économiquement la chasse était plus importante que l’observation elle n’en serait pour autant ni écologiquement ni moralement justifiable.
Source de l'illustration : Wikipedia.
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Vendredi 9 octobre, cloturant l'un des
journaux du matin sur France-Inter, le présentateur fait part des températures relativement clémentes dont bénéficie l’hexagone depuis quelques jours.
Tout d’abord l’excellent dossier que consacre la
revue Terra Eco à la question démographique et où, pour une fois , les anti-natalistes ne sont pas systématiquement diabolisés. On y trouvera notamment un passionnant débat entre Yves
Cochet (le député vert qui avait remis en cause la progressivité des allocations familiales avec le nombre d’enfants) et le démographe Henri Léridon récemment nommé au Collège de France. Les
points de vues ne sont pas toujours aussi opposés que les commentaires de la revue ne le laissent penser. Tous deux savent que la poursuite de la croissance de la population aura et devra bientôt
avoir un terme. Utile rappel aussi des positions de James Lovelock le père de la fameuse hypothèse Gaïa. (Terra Eco, numéro d’octobre 2009, page 42).
La Recherche propose un
passionnant numéro de ses " Dossiers de la Recherche " sur la Mer (numéro trimestriel 36 d’août 2009). Outre le renouvellement du constat accablant : nous sommes
en train de vider les océans, la revue pointe l’inefficacité des mesures actuelles de protection. Rejeter les poissons à la mer en dessous d’une certaine taille ne sert quasiment à rien ils sont
morts la plupart du temps, et quand ça marche un peu, on sélectionne les plus petites espèces. De plus, un poisson déjà grand à souvent une meilleure espérance de reproduction qu’un petit qui à
toutes les chances de se faire manger à brève échéance. Bref la seule méthode est l’interdiction totale de la pêche dans de vastes zones : nous en sommes loin. Un pour cent seulement de
l’océan est classé en " Aire Marine Protégée ".
Sciences et
Avenir
Enfin il est juste
de citer ceux qui vous contredisent.