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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 20:44

Écologie et politique : une proposition un peu étonnante.

A priori cela choque. Le vote est un droit, libre et gratuit, garanti par notre constitution. Et pourtant, depuis 4 ans, s'insinue petit à petit l'obligation pour les citoyens de payer pour faire valoir leur choix démocratique.

Et ce sont les écologistes qui ont frappé le plus fort. En effet 32 896 écologistes autour d'EELV et du MEI ont dû payer au printemps 2011 dix euros pour pouvoir départager Nicolas Hulot et Eva Joly. A côté, l'euro demandé par le Parti Socialiste à chaque tour de la primaire organisée à l'automne 2011 cassait les prix ; à se demander si la politique ne singe pas le secteur de la distribution, avec de grandes enseignes qui écrasent les prix. Et cela continue, puisque l'UMP (ou Les Républicains) prévoit en 2016 une primaire à deux euros le tour.

Bien sûr cela peut être présenté comme une histoire interne à chaque parti. Mais dans les faits la pratique généralisée des primaires transforme notre élection reine en élection à trois ou quatre tours.

Qui n'a vu que les primaires écolo de 2011 ont eu un impact important sur le résultat du vote vert en éliminant le candidat le plus médiatique, offrant une vision plus ouverte de l'écologie que sa concurrente plus chanceuse ?

De même on peut supposer que le fait de préférer François Hollande à Martine Aubry, en passant notamment des accords de désistement avec Arnaud Montebourg et Manuel Valls entre les deux tours de la primaire, n'a pas été sans effet ni sur le score final, ni sur la politique menée par la suite. Et tous les observateurs mesurent aujourd'hui les conséquences possibles d'une élimination de Nicolas Sarkozy ou d'Alain Juppé lors de la primaire qui va certainement les opposer. Mais désormais pour s'exprimer il faut payer !

Même si on est loin d'une barrière financière au vu des montants demandés et qu'il serait absurde de faire une comparaison avec le principe d'un vote réservé à une élite comme notre pays l'a connu au XIXème siècle avec le suffrage censitaire, il y a là une atteinte manifeste aux principes républicains.

Et cela ne s'arrête pas là. Les écologistes d'EELV viennent de proposer par la voix de François de Rugy de rendre le vote obligatoire sous peine d'amende. A leurs yeux pas une amende excessive (1), mais tout de même : 35 euros, et jusqu’à 150 euros en cas de récidive. Ce qui fait tout de même 185 euros à payer dans le cas d'une élection à deux tours. Et 600 euros (4 x 150 euros) pour un abstentionniste endurci les années d'élection présidentielle suivies par des élections législatives à deux tours, ça commence à faire cher pour celui qui considère comme une façon de s'exprimer le refus de participer à un système de sélection de nos dirigeants politiques qui n'a pas fait, c'est le moins qu'on puisse dire, ses preuves quant à la qualité des politiques menées, notamment au sujet des questions écologiques de long terme.

Payer pour participer aux choix des candidats admis à concourir aux élections, payer encore si l'on veut marquer sa défiance radicale à l'égard d'un système politique, étonnante conception pour des gens qui ont longtemps prétendu et prétendent encore renouveler et approfondir la démocratie.

Cela vaut la peine de rentrer dans le détail des motivations avancées par ces écologistes.

« J'en ai un peu assez qu'à chaque élection on se lamente, qu'on se mette à pleurer sur l'abstention et qu'on ne fasse rien » (2). Constatant la hausse constante de l'abstention, véritable thermomètre de la défiance populaire vis-à-vis d'un système politique, François de Rugy, coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, propose donc de prendre le taureau par les cornes et de contraindre par la loi à voter. Si la méthode est potentiellement très efficace, elle soigne l'effet et non la cause, pire elle aggrave celle-ci car comme le dit l'ancien premier ministre François Fillon « ça consiste à dire aux Français qui sont dégoûtés de la politique : ''On se fout des raisons de ce dégoût mais on va vous obliger à voter quand même'' » (3). Avouons que cette façon de 'casser le thermomètre au lieu de soigner le malade' est un peu surprenante et même troublante pour des membres d'un mouvement pour lequel les notions d'écosystème et d'interactions sont essentielles. Si la volonté d'agir est à saluer, il y a là un simplisme qui effraie.

Autre argument avancé, la prise en compte du vote blanc depuis l'année dernière. Pour François de Rugy (4) « si l'on n'est pas content par l'offre politique des partis et des candidats qui se présentent, eh bien on a la possibilité de voter blanc. Et ce vote est décompté de façon précise ». La prise en compte du vote blanc est sans doute un progrès dans le traitement de l'expression dans une votation, mais ce vote ne permet pas d'afficher une position de critique radicale du système politique tel qu'il a été mis en place dans nos démocraties. Peut-être pouvons-nous nous rappeler la critique insistante de Tocqueville quant au risque de 'despotisme démocratique', nous souvenir aussi des paroles de Léo Ferré dans "Ils ont voté", et relire encore une fois L'illusion politique de Jacques Ellul, penseur bien connu des intellectuels écolos ?

Que des écologistes veuillent participer à l'exercice du pouvoir est légitime ; qu'ils essaient d'amender le fonctionnement démocratique de nos institutions est fort compréhensible ; que, s'il faut citer des noms car la politique cela s'incarne, Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili ou François de Rugy pratiquent à un siècle d'écart le jeu d'un Alexandre Millerand, d'un Aristide Briand ou d'un René Viviani, c'est, au-delà de leurs carrières personnelles, une façon, un moyen de faire avancer les thèses écolos. Mais de grâce, au-delà des nécessaires compromis, que ces politiciens de l'écologie ne perdent pas en chemin la richesse de la pensée écologique et sa capacité à prendre en compte la complexité du monde !

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(1) : « Compte-tenu du régime des contraventions français, il nous a semblé qu’une amende de deuxième classe – 35 euros pour une amende forfaitaire, jusqu’à 150 euros en cas de récidive - constituait une sanction équilibrée. Par ailleurs, dans la mesure où l’inscription sur les listes électorales est déjà obligatoire mais qu’aucune contravention n’est prévue pour ceux qui y dérogent, nous avons considéré nécessaire de sanctionner à niveau égal les non-inscrits et les non votants. »

Source : Proposition de loi n° 2661 visant à rendre obligatoire la participation au vote, présentée par Mesdames et Messieurs François de RUGY, Barbara POMPILI, Laurence ABEILLE, Brigitte ALLAIN, Éric ALAUZET, Isabelle ATTARD, Danielle AUROI, Denis BAUPIN, Michèle BONNETON, Christophe CAVARD, François-Michel LAMBERT, Véronique MASSONNEAU, Paul MOLAC et Eva SAS.

(2) : in Le Figaro, Les écologistes proposent de rendre le vote obligatoire, T.Q. Maupoil, 11.03.2015.

(3) : in Libération, Le vote obligatoire redonne de la voix, 28.04.2015

(4) : in Le Figaro, Les écologistes proposent de rendre le vote obligatoire, T.Q. Maupoil, 11.03.2015.

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Published by Jean Bruguier - dans Politique
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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 16:04

Mon cher Premier ministre,

J’ai eu, par le plus grand des hasards, communication d’une circulaire du ministre de l’Equipement – Direction des routes et de la circulation routière – dont je vous fais parvenir photocopie.

Cette circulaire, présentée comme un projet, a en fait déjà été communiquée à de nombreux fonctionnaires chargés de son application, puisque c’est par l’un d’eux que j’en ai appris l’existence. […] Bien que j’ai plusieurs fois exprimé en Conseil des ministres ma volonté de sauvegarder “ partout” les arbres, cette circulaire témoigne de la plus profonde indifférence à l’égard des souhaits du président de la République. Il en ressort, en effet, que l’abattage des arbres le long des routes deviendra systématique sous prétexte de sécurité. Il est à noter par contre que l’on n’envisage qu’avec beaucoup de prudence et à titre de simple étude, le déplacement des poteaux électriques ou télégraphiques. C’est que là, il y a des administrations pour se défendre. Les arbres, eux, n’ont, semble-t-il, d’autres défenseurs que moi-même et il apparaît que cela ne compte pas.

La France n’est pas faite uniquement pour permettre aux Français de circuler en voiture, et, quelle que soit l’importance des problèmes de sécurité routière, cela ne doit pas aboutir à défigurer son paysage. La sauvegarde des arbres plantés au bord des routes – et je pense en particulier aux magnifiques routes du Midi bordées de platanes – est essentielle pour la beauté de notre pays, pour la protection de la nature, pour la sauvegarde d’un milieu humain.

La vie moderne dans son cadre de béton, de bitume et de néon créera de plus en plus chez tous un besoin d’évasion, de nature et de beauté. L’autoroute sera utilisée pour les transports qui n’ont d’autre objet que la rapidité.

La route, elle, doit redevenir pour l’automobiliste de la fin du XXe siècle ce qu’était le chemin pour le piéton ou le cavalier : un itinéraire que l’on emprunte sans se hâter, en en profitant pour voir la France.

Que l’on se garde donc de détruire systématiquement ce qui en fait la beauté !

Georges Pompidou. 

(Lettre de Georges Pompidou à Jacques Chaban-Delmas, le 17 juillet 1970)

 

Publier un texte du président Pompidou dans un blog écolo n'est pas facile, même si ce texte est un acte vigoureux de défense de nos arbres au bord des routes, arbres qu'il est encore question d'abattre aujourd'hui au motif de notre sécurité. Car les années Pompidou, comme on dit si bien, ont été les années de la croissance à tout va, du véritable démarrage de la société de consommation et du bétonnage sans finesse ni distinction de nos villes et de leurs banlieues.

La seconde partie de cette période historique que Jean Fourastié a appelé les Trente Glorieuses, animée et symbolisée par Georges Pompidou d'abord comme Premier Ministre puis comme Président, a vu la mise en place de tout ce qui nous mène aujourd'hui à travers un chaos calme vers une catastrophe écologique.

Alors, citer Pompidou … ! et pourtant il n'est pas sans signification que cet homme-là, qui conduisit la France dans une aventure industrielle sans pareille (et dont beaucoup ont en ces années où la croissance économique s'étiole la nostalgie), était un homme avec de la terre à ses souliers, aimant physiquement la campagne, et profondément cultivé. Ambiguïté du pompidolisme, nous propulsant dans une agressive modernité tout en s'inquiétant déjà des dégâts du progrès : c'est sous sa présidence que naît le premier ministère de l'environnement avec Robert Poujade ; ambiguïté encore illustrée des années plus tard par ce bébé-Pompidou que fut Jacques Chirac, ce Président proche de la FNSEA et des milieux industriels qui pourtant déclara au sommet de la Terre à Rio « notre maison brûle et nous regardons ailleurs », fustigeant ainsi notre incapacité commune à relever le défi écologique. L'écologie est aussi une science de la complexité … alors va pour ce beau texte de Pompidou !

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Published by Commentaires : Jean-Christophe Vignal - dans Billets d'humeur
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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 18:04

La récente application de la circulation alternée (1) à Paris et dans les communes limitrophes s’est accompagnée de la gratuité des transports en commun. Ce n’est pas la première fois qu’une telle mesure est prise et que la gratuité nous est présentée simultanément comme une solution pour limiter la pollution et comme un cadeau aux usagers. Certains réclament d’ailleurs la gratuité permanente d’un certain nombre de services considérés comme « de base » : éducation, santé, transports, voire culture malgré toute l’imprécision sur ce qui peut-y être rattaché...

Au-delà de la mesure ponctuelle plus médiatique que durablement efficace, est-ce une bonne idée en matière de transport ? Probablement pas.

Tout d’abord la gratuité n’existe pas. Dès lors qu’un bien ou un service a nécessité du travail humain, et c’est en fait toujours le cas, ce dernier doit être rémunéré d’une façon ou d’une autre. Ce que l’on appelle gratuité est tout simplement le transfert de la charge de l’usager ou du consommateur au contribuable. Notons que pour les transports publics, c’est déjà largement la norme.  Même hors épisode de pollution, nul ne paye son ticket de métro, son  pass Navigo  ou le plus souvent son billet de train à son véritable coût. L’avion lui-même est fréquemment subventionné permettant des prix totalement déconnectés des coûts réels.

On pourrait penser qu’à Paris l’affaire est neutre, puisque touristes et personnes de passage mis à part, presque tous les foyers fiscaux sont à la fois usagers des transports en communs et contribuables. Mais cette fausse gratuité possède hélas un inconvénient rédhibitoire : masquer la réalité des coûts : réalité des coûts économiques, mais aussi des coûts écologiques.  Parfois d’ailleurs, ce masquage va jusqu’au remboursement par l’employeur qui donne sous cette forme de « remboursement transport » ce qu’il pourrait donner sous forme de salaire, cela contribue plus encore à rendre aux yeux de l’usager le transport en apparence complètement gratuit et économiquement « transparent ».

Or, dès lors qu’une chose est « gratuite » on oublie qu’elle doit être produite, que cela suppose non seulement des frais en espèces sonnantes et trébuchantes, mais aussi et c’est plus rarement souligné, une empreinte écologique : consommation de matière et d’énergie pour la fabrication des infrastructures et du matériel roulant, consommation d’énergie pour l’usage proprement dit, consommation d’espace définitivement retiré à  la nature… L’élargissement progressif du champ géographique de la  carte orange  puis du  pass Navigo  et surtout la généralisation de tarifs de uniques indépendamment de la distance empêche l’usager de percevoir le lien entre le coût, -empreinte écologique comprise - et les kilomètres parcourus (2). Elle laisse presque entendre que prendre le métro est bon pour la planète, non c’est juste moins mauvais que la voiture (3). La gratuité est une mesure qui éloigne le citoyen de la conscience et de la compréhension des enjeux.

Que faire alors ?  Car bien sûr, il ne s’agit pas à l’inverse de favoriser à tout crin l’automobile, sur ce point nous sommes d’accord. Deux pistes me semblent devoir servir de guide. Tout d’abord facturer les transports à l’usager (c’est une règle générale) et le faire au plus près des coûts réels tout en communiquant sur ceux-ci. Un avantage partiel peut être donné aux transports en commun mais il doit être clairement identifié. Les prix des carburants aussi doivent être augmentés car on ne mènera jamais de politique d’économie d’énergie dans un contexte d’énergie bon marché. L’usager doit avoir intérêt à économiser et non y être forcé par une multitude de règles complexes et contraignantes, règles vers lesquelles hélas il semble que nous nous dirigions. Notons que globalement nul ne sera perdant, le contribuable récupérant le surplus alors demandé à l’usager. L’autre piste est évidemment de tenter de diminuer le besoin de transport, essayer de rapprocher les zones d’activité des zones d’habitat et développer le télétravail dans la mesure du possible. C’est là une question plus vaste et de longue haleine, mais à terme la relocalisation, c’est-à-dire le regroupement des lieux de production, de consommation et d’habitat constitue sans doute avec l’allègement de la pression démographique et une lutte serrée contre l’érosion de la biodiversité, la colonne vertébrale de toute politique écologiste digne de ce nom.

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(1) Il est bien difficile de ne pas souligner ici l’extraordinaire timing de cette mesure qui, visant un problème s’étant posé dans les jours précédents aura vu son application reportée au lundi 23 mars,  jour où les choses s’arrangeaient naturellement mais lendemain des élections. Ainsi les conducteurs sanctionnés (ceux de la banlieue, car ceux de Paris ne votaient pas) ne risquaient en aucun cas de traduire leur mécontentement dans les urnes. Joli tour de passe-passe !

(2) Cette mesure n’est pas le fait de la seule RATP, en Languedoc Roussillon, l’expérience, limitée certes, du TER à un euro a également beaucoup fait parler d’elle. Les mêmes critiques peuvent lui être adressées.

(3) Rappelons que le métro ne transforme pas le CO2 en oxygène, pour cela on a encore rien trouvé de mieux que l’arbre.

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Published by Didier BARTHES - dans Economie
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 21:24

L'écologie politique a beaucoup de défauts mais on s'accorde souvent à reconnaître le mérite aux écologistes d'avoir eu raison trop tôt, que ce soit quant aux dangers de l'industrie nucléaire ou à propos des risques pour notre santé d'un environnement dégradé. Il y a pourtant un sujet où les prédictions écolos semblent avoir tout faux : le coût de l'énergie et notamment du pétrole.

Depuis des années en effet les écologistes nous annoncent un coût de plus en plus élevé du pétrole en se basant sur son utilisation croissante et sa raréfaction programmée dans un monde forcément fini. Ce qui est rare devient cher … le dicton bien connu des économistes a vite été adopté par des écologistes pourtant souvent opposés à la logique de l'économie de marché. Il est vrai que cette annonce était « pain béni » pour tous ceux qui préconisaient une sobriété énergétique autant basée sur l’efficience que sur la définition d'un nouveau mode de développement toujours revendiqué mais rarement détaillé.

Nul besoin d'imaginer un pouvoir politique fortement contraignant pour motiver les citoyens-consommateurs comme les producteurs de s'adapter à cette nouvelle donne, le signal-prix allait se charger de faire rentrer les plus récalcitrants dans le rang du développement durable. Avec un baril de pétrole à 200 dollars avant la fin de la décennie, et qui allait encore monter par la suite, il était assez facile d'expliquer aux bons citoyens que leur intérêt consistait à diviser par trois dans leur habitat leur consommation de fuel ou de gaz ou d'électricité (a priori indexé sur le prix du baril) en engageant au plus vite des travaux même lourds d'amélioration. Idem pour les industriels ou les agriculteurs. En fait, la future hausse du pétrole finançait les travaux à prévoir pour améliorer les process industriels et l'habitat : il suffisait de gager les travaux à faire sur les économies que ceux-ci allaient générer en nous permettant d'échapper au coût croissant de l'énergie. Ainsi allions-nous sans beaucoup d'effort, et grâce à des tiers-financeurs, aller vers une sobriété heureuse en échappant par là-même, au moins partiellement, à l'augmentation tant honnie des gaz à effet de serre. Patatras, en six mois le prix du baril d'or noir a été divisé par plus de deux et les meilleurs spécialistes nous annoncent que le prix baril risque de se situer pour plusieurs années autour de 50 dollars le baril, rendant économiquement injustifiées les investissements massifs nécessaires dans les énergies renouvelables comme dans la sobriété énergétique de nos habitats.

Comment en est-on arrivé là ? C'est juste que les écologistes ont oublié deux choses.

D'une part, que le pétrole et son prix sont d'abord les produits d'une géopolitique qui ne laisse que peu de place à la pure logique du marché (ce que les années Reagan nous avaient déjà montré, avec des cours manipulés pour atteindre de plein fouet les revenus de l'URSS).

D'autre part, que les moyens mis en œuvre pour exploiter massivement des produits pétroliers dits non-conventionnels (gaz de schiste, etc.) ainsi que les progrès techniques effectués pour forer toujours plus loin allaient permettre de mettre sur la place toujours plus de barils à coût raisonnable, au moins pour quelque temps. Bien évidemment, rien ne dit que dans quinze ou vingt ans l'économie pétrolière ne ressemblera pas à celle prédite par les écologistes, avec une énergie rare et chère … mais c'est maintenant qu'il faut que nous nous orientions vers une sobriété sans mesure connue dans le monde économiquement développé, si nous voulons éviter les catastrophes écologiques majeures qui déjà se dessinent.

En 2030, avec des courbes qui se prolongent, plusieurs seuils d'irréversibilité seront franchis pour le pire sur la planète. Puisque nous ne pouvons plus compter sur le signal-prix du pétrole pour arguer du changement nécessaire, il revient donc à notre communauté de faire le choix politique d'imposer des mesures draconiennes. La baisse du prix du pétrole ne nous laisse pas le choix, c'est vers un monde autoritairement régulé que l'écologie politique doit nous amener.

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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Energie
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 09:24

La victoire de Syriza en Grèce marque clairement l’exaspération devant des difficultés économiques récurrentes et l’on peut parfaitement comprendre les raisons du peuple grec en plein désarroi. Elle est aussi, hélas, l’indice d’un avenir inquiétant.

Syriza s’est bâtie sur le refus de l’austérité. Depuis longtemps déjà, le niveau de consommation en Grèce était supérieur à celui de la production, source inévitable d’un endettement croissant. Le refus de voir à long terme a atteint son paroxysme quand, au-delà de toute raison, la Grèce, il y a quelques années, s’offrit les jeux olympiques. Vint ensuite le temps de rembourser et la confrontation à l’impossible. Que le système bancaire ait ses imperfections, que les charges d’intérêt puissent être trop lourdes et qu’il faille les revoir; sans doute, mais cela ne décharge pas les hommes de leur imprévoyance : ni les responsables grecs, ni les responsables de l’Union Européenne qui ne surent mettre assez tôt un frein à cette dérive. La dette grecque ne s’est pas construite en un jour.  Les économistes regardaient-ils ailleurs ? Que disait Syriza quand la Grèce consommait à crédit ?

Cette imprévoyance est la première source d’inquiétude, mais sur le plan écologique, il en est une seconde. Face à la crise globale, le premier réflexe des grecs a été de demander une relance de la croissance. Ce recours à la croissance - solution miracle à tous nos problèmes - est d’ailleurs prôné par nombre de dirigeants français et européens. C’est là un signal inquiétant de ce que pourrait être le réflexe de toute l’humanité quand celle-ci sera confrontée à la finitude de la planète et de ses ressources et que la crise s’installera de façon globale. Nous entêterons-nous tous dans une demande infantile de l’impossible ?  Nous arcbouterons-nous sur l’idée d’assoir l’équilibre de la société sur une croissance permanente ? Si oui, alors la crise n’aura pas d'autre solution que l’effondrement. Les mises en garde auront été nombreuses et largement médiatisées, nous n’aurons plus d’excuses.

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Published by Didier BARTHES - dans Billets d'humeur
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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:04

A tous ceux qui s’inquiètent de l’explosion démographique, en particulier sur le continent africain, on oppose souvent les bienfaits supposés d’un certain  dividende démographique. Que revêt ce concept ? Quelles en sont les promesses ? Peut-on sérieusement se rassurer à si bon compte ?  

De quoi s’agit-il ?

On appelle dividende démographique les avantages que les économies seraient susceptibles de tirer d’une phase particulière de la transition démographique durant laquelle l’évolution numérique des différentes classes d’âge conduit à maximiser la proportion d’actifs, source de richesses, et à minimiser corrélativement celle des inactifs source de dépenses.

                         Schéma de la transition démographique

 

 

 

Quand une société entre dans la première phase de la transition démographique (ici notée phase 1), elle commence par enregistrer une forte baisse de la mortalité tandis que la fécondité - car les comportements présentent une certaine inertie - reste stable ou ne diminue que faiblement. Ce décalage entre mortalité désormais basse et fécondité toujours élevée conduit évidemment à une hausse rapide des effectifs. Puis, peu à peu (phase 2), la natalité tend à son tour à baisser et à redescendre au niveau de la mortalité, conduisant ainsi les pays vers certaine stabilité démographique ou au moins vers une expansion mesurée.

C’est à l'entrée dans cette seconde période, quand la fécondité a commencé à baisser depuis quelques années, que se présente l’opportunité de ce fameux dividende démographique supposé bénéfique à l’économie.

A ce moment en effet, trois phénomènes se conjuguent pour réduire la part des inactifs et augmenter celle des actifs, favorisant ainsi la production de richesses tout en minimisant le poids des dépenses.

- les personnes âgées restent en nombre limité (1).

- le nombre de jeunes commence à diminuer (2).

- le nombre d’actifs est très important (3).

Les deux premiers éléments diminuent la proportion de personnes à charge limitant les dépenses de retraites, de soins et de frais d’éducation, le troisième maximise la part des personnes susceptibles de produire les richesses pour l’économie, permettant ainsi de générer de la croissance et de financer les dépenses afférentes aux deux premières catégories.

Ce schéma merveilleux semble réjouir nombre d’économistes comme de démographes et les conforter dans leur optimisme et leur sérénité face à la croissance de la population, finalement vue au moins provisoirement, comme un bienfait.

Le concept lui-même ne souffre guère de discussion, il s’agit d’une simple et incontestable réalité arithmétique. Par contre, arguer de ce dividende pour faire preuve d’un optimisme à toute épreuve et ignorer les difficultés de long terme pose problème.

Notons tout d’abord que les promoteurs du dividende démographique se font les chantres de la croissance, perçue comme une voie naturelle vers le progrès et une nécessité que personne de sérieux ne saurait remettre en cause. C’est un choix, il est bon toutefois de le remarquer car ses défenseurs prennent rarement la peine de l’expliciter et de le justifier, tant il leur parait relever de l’évidence (4) .

Ce choix assumé, ce fameux dividende reste-t-il une chose aussi favorable ? Rien n’est moins sûr. Que la croissance de la population active soit l’un des éléments nécessaires à la croissance économique, certes, car si personne ne produit, il est clair que le PIB ne progressera pas. Qu’il en soit une garantie est une toute autre affaire.  A l’inverse, on peut très bien redouter que cette croissance de la population active (croissance absolue comme croissance relative) ne soit qu’un des éléments favorisant un chômage de masse dans des sociétés en crise permanente (5) et (6).

Rappelons à ce propos que ce ne sont pas les personnes en âge de travailler, les actifs, qui financent les retraites et les frais d’éducation mais que c’est  leur production. Il ne suffit pas que ces personnes aient l’âge requis pour travailler, il faut encore qu’elles travaillent effectivement et soit fortement productives, c’est-à-dire que le pays s’approche du plein emploi et que son économie soit efficace, condition qui est loin d’être universelle. S’il existe un fort taux de chômage, l’importance de la population en âge de travailler n’est pas un atout mais un handicap, car beaucoup de personnes censées être actives se trouvent alors au contraire à la charge de la société, ajoutant des dépenses à celles déjà afférentes aux inactifs, jeunes et vieux.

Enfin et surtout ce dividende recèle un piège si l’on ne prend pas bien conscience de son caractère temporaire. Il est trop rarement souligné combien ce dividende est une opportunité de courte durée. Au fur et à mesure de la progression de la phase 2 et plus encore dès l'entrée dans la phase post-transition, les effets bénéfiques s’estompent. Le nombre de personnes âgées commence à augmenter car les premiers baby-boomers  (ceux du début de la phase 1) sont devenus vieux, - nul n’a encore su arrêter le cours du temps - et la croissance de la population active cesse, puisqu’arrivent à l’âge de travailler des générations par définition moins nombreuses puisque nées au cours de la phase de baisse de la fécondité. Le ratio actifs/inactifs autrefois favorable commence alors à se dégrader. Ronald Lee et Andrew Mason estiment la durée de la phase favorable où la population active augmente plus vite que le nombre de personnes qu'elle fait vivre, à environ 50 ans. Le risque est alors grand face à l’inévitable vieillissement de la population de relâcher les efforts en vue de la baisse de la fécondité afin de maintenir une proportion de population jeune très importante, supposée source de production pour demain. On entre alors dans le fameux mécanisme de Ponzi, ici appliqué à la démographie où le système ne fonctionne que par une fuite en avant perpétuelle et où l’on table abusivement sur le fait que toute génération d’ordre n + 1 devrait être numériquement supérieure à la génération d’ordre n pour assurer l’équilibre de la société. L'histoire de la finance et même le simple raisonnement démontrent l’absurdité d’une telle espérance dans un monde fini.

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(1) Parce qu’elles sont nées en plus petit nombre à une période où la population était plus modeste et parce qu’ayant vécu à une époque de forte mortalité, beaucoup n’atteignent pas un âge avancé.  

(2) A cause de la baisse de la fécondité qui, à ce moment date alors de quelques années.

(3) Parce que la natalité il y a 20 a 30 ans a été très forte.

(4) A décharge de ces économistes optimistes il faut admettre que l'on peut plus difficilement se faire le défenseur de la décroissance lorsque l'on parle de pays au niveau de vie encore relativement faible.

(5) On peut remarquer qu’en Allemagne par exemple, l’arrivée de classe d’âges peu nombreuses favorise un chômage plus bas chez les jeunes.

(6) Une crise perpétuelle est évidemment un oxymore, par définition une crise est une période particulière, limitée dans le temps, mais force est de constater que depuis le premier choc pétrolier et la remise en cause d’une croissance élevée et du plein emploi, nos sociétés se vivent comme «  en crise  chronique » et laissent concrètement une bonne partie de leurs membres au bord du chemin. Le philosophe Dominique Bourg, qui insiste sur le « changement de planète », ou l’essayiste Olivier Rey (Une question de taille) qui évoque plutôt l’inaptitude du mot à décrire un phénomène durable ont très bien expliqué ce mésusage du terme crise qui reste hélas très utilisé.

Quelques autres présentations du concept de dividende démographique

Par le Population Reference Bureau

Par le Gates Institute

Par Ronald Lee et Andrew Mason dans Finances & Développement, septembre 2006. Il s’agit là d’une analyse plus sophistiquée avec prise en compte de  deux types de dividendes, le second, basé sur l’accumulation d’actifs économiques étant plus durable et pouvant prendre la relève du premier relativisant ainsi les inquiétudes évoquées dans notre article. Toutefois Ronald Lee et Andrew Mason présentent bien le dividende démographique comme une opportunité (si les politiques économiques sont bien conduites) et non comme une garantie.    

Source du graphique : Wikipédia

 

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 07:04

                                 Evaluation de nos effectifs au 1er janvier 2015  

                                                                       (population mondiale en millions d'habitants)

 

Sources       Effectifs au 1.1.2015          
     
     
INED                     7.285          
US Census Bureau                        7.215          
Population Reference Bureau                             7.282          
Poodwaddle                      7.183  
Population Matters                     7.322  
Population Mondiale.com                     7.269          
Ria Novosti                        7.337             
Terriens.com                         7.212             
Visio Météo / Géopopulation                              7.207              
Worldometers                               7.285             
     
Moyenne                     7 260  

 

La planète compterait désormais, en ce 1er janvier 2015,  environ 7 milliards et 260 millions d'habitants au regard d'une moyenne bâtie sur les principaux compteurs aujourd'hui disponibles (1). Le premier quart de notre huitième milliard est donc atteint.   

Au 1er janvier 2014, les estimations donnaient 7,162 milliards ce qui laisserait entendre pour l'ensemble de l'année 2014 une augmentation de 98 millions d'habitants (soit + 1,37 %). Une telle croissance est toutefois certainement surestimée, puisque depuis plusieurs années, l'évolution de la population mondiale tourne autour d'une augmentation annuelle d'environ 80 millions de personnes (soit  + 1,1 %). Il est évidemment bien improbable que le rythme de croissance ait évolué en ce sens et aussi rapidement. Le phénomène est donc lié à une réévaluation de la base des principaux compteurs. C'est d'ailleurs ce qu'a fait l'un des instituts les plus réputés, l'Ined, qui proposait l'an dernier une évaluation à 7,169 milliards et cette année à 7,285 milliards soit une augmentation encore plus improbable de 116 millions (+ 1,62 %).

On peut sans doute voir dans ces changements de bases une conséquence indirecte des deux dernières réestimations des Nations Unies qui, comme nous l'indiquions l'an dernier, ont par deux fois - en 2010 puis en 2012 - repoussé à plus tard la stabilisation de nos effectifs et ont revu à la hausse leurs projections pour la population mondiale aux horizons 2050 et 2100 (2)

Cette approche parait donc désormais validée par la communauté scientifique et vient, une fois de plus, démontrer que le problème de l'explosion démographique est loin d'être en voie de résolution aussi rapide que certains veulent bien le laisser entendre. La période de transition démographique semble se prolonger (3). Lors d'une récente émission sur France Culture (4), Gilles Pison,  tout en maintenant un certain optimisme sur la poursuite de la baisse de la fécondité, admettait que les démographes avaient réhaussé leurs prévisions ces dernières années. 

L'année 2014 a également été marquée par le franchissement du seuil des 100 millions d'habitants par les Philippines, 12ème pays le plus peuplé de la planète (après, par ordre : La Chine, l'Inde, les Etats-Unis, l'Indonésie, le Brésil, le Pakistan, le Nigéria, le Bangladesh, la Russie, le Japon et le Mexique).

Le Bangladesh, avec plus de 1 100 habitants par kilomètre carré gardant le record de densité parmi les grands pays et le Nigéria, avec environ 2,6 % d'habitants en plus chaque année, gardant lui, le record du taux de croissance parmi ce " top12". Parmi les grands pays développés notons l'exception que représentent les Etats-Unis pour lesquels l'US Census Bureau vient d'annoncer le franchissement du seuil des 320 millions d'habitants. Malgré leur haut niveau de richesse et de consommation, les Etats-Unis ont connu cette année une croissance de leur population de + 0,73 % (rythme correspondant à un doublement en 95 ans). Le développement ne constitue donc pas une garantie absolue de stabilisation rapide de nos effectifs, même si dans ce cas bien sûr, l'immigration constitue un facteur non négligeable de l'évolution démographique.

En ce qui concerne la France, l'Insee vient de valider le passage des 65 millions pour l'année 2012.     Compte tenu d'un accroissement d'environ 0,5 % par an, la population (Métropole + Dom) devrait en ce premier janvier 2015 s'approcher de 66 millions (5). 

______________________________________________________  (1) Cette moyenne a été calculée à partir des statistiques fournies par trois instituts démographiques (les trois premières lignes) et sept autres compteurs de population. De façon à ne pas surestimer une source plutôt qu'une autre les données de Géopopulation et de Visio-météo qui sont identiques à l'unité près et proviennent donc d'une source unique n'ont été comptées que pour une seule donnée, la moyenne a donc été établie sur les dix sources listées. L'élimination des deux valeurs extrêmes (Ria novosti avec 7,337 milliards et Poodwaddle.com avec seulement 7,183 milliards) ne modifie pas la valeur moyenne obtenue.   

(2) Rappel : Pour 2050 les estimations qui en 2008, s'établissaient à 9,1 milliards sont passée à 9,3 milliards (lors de la révision 2010) et à 9,6 milliards (pour la révision 2012). Pour 2100, les estimations qui en 2010 étaient de 10,1 milliards sont passées à 10,9 milliards en 2012. Dans le même temps, plusieurs pays d'Afrique ont connu une stabilisation, voire même dans certains cas, une augmentation de leur fécondité tandis que beaucoup d'analystes tablaient sur une diminution. 

(3) la période de transition démographique d'une population est celle où la mortalité a commencé à baisser fortement tandis que la natalité garde des niveaux encore beaucoup plus élevés. Elle se traduit naturellement par une véritable explosion des effectifs et seule la baisse de la natalité peut-y mettre fin. La plupart des démographes et des économistes tablent sur le développement économique pour conduire, via une baisse de la fécondité, à un état d'équilibre démographique qui a déjà été atteint par de nombreux pays développés (mais souvent avec des densités importantes, comme en Europe ou au Japon).  

(4) Culture Monde du 29 décembre 2014, présentée par Florian Delorme. Gilles Pison est l'auteur des études "Tous les pays du monde" publiée tous les deux ans par l'Ined dans la revue Population et Sociétés.

(5) Métropole + Dom   : 65.241.241 habitants exactement (c'est à dire officiellement) dont 63.375.971 pour la seule métropole, données publiées fin décembre 2014.

Comme chaque année, rappelons que les statistiques démographiques mondiales peuvent être considérées comme exactes à un ou deux pour cent près. Les effectifs ont été ici arrondis par nos soins au million le plus proche. 
Sur ce site, et sur le même sujet voir également : Les chiffres clefs de la population, ainsi que la série : La population mondiale au 1er janvier 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014.  

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Published by Didier BARTHES - dans Démographie
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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 19:24

 

 

Economie Durable vous présente ses meilleurs voeux pour 2015 et vous souhaite d'agréables fêtes du nouvel an

 

    Bonne et heureuse année à toutes et à tous

 

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Published by Didier BARTHES - Jean-Christophe VIGNAL
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 07:44

Question-de-Taille.jpgArticle préalablement publié sur le site Biosphère Ouvaton

 

 

Olivier Rey connaît tous les intellectuels qui comptent, il les analyse tout au cours de son livre : Ernest Schumacher (Small is beautiful), Ivan Illich, Leopold Kohr, etc.

Tout est question de taille, ce livre le démontre abondamment. Par exemple en matière démographique. Dans son introduction, Olivier Rey cite Claude Lévi-Strauss : « Quand je suis né (en 1908), il y avait sur la terre un milliard et demi d’habitants. Après mes études, quand je suis entré dans la vie professionnelle, 2 milliards. Il y en a 6 aujourd’hui (en 2002), 8 ou 9 demain. Ce n’est plus le monde que j’ai connu, aimé, ou que je peux concevoir. C’est pour moi un monde inconcevable. On nous dit qu’il y aura un palier, suivi d’une redescente, vers 2050. Je veux bien. Mais les dégâts causés dans l’intervalle ne seront jamais rattrapés. » Voici quelques extraits de ce livre pour mieux en comprendre l’intérêt :

1 L’enseignement de Leopold Kohr

La thèse centrale de l’ouvrage de Leopold Kohr, The Breakdown of Nations (1957) est remarquablement simple : « Il semble qu’il n’y ait qu’une seule cause derrière toutes les formes de misère sociale : la taille excessive. Partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros. » La mise en cause de la taille excessive s’applique en premier lieu à la taille des sociétés humaines. « Pour paraphraser le principe de population de Malthus, les problèmes sociaux ont la tendance malheureuse à croître exponentiellement avec la taille de l’organisme qui les porte, tandis que la capacité des hommes à y faire face, si tant est qu’elle puisse augmenter, croit seulement linéairement. Ce qui veut dire que si une société dépasse la taille optimale, les problèmes qu’elle rencontre doivent croître plus vite que les moyens humains qui seraient nécessaires pour les traiter. 

En même temps que la taille sociale augmente, décroît le sens de l’interdépendance, de l’appartenance et d’un intérêt commun qui est la meilleure garantie contre la criminalité. De sorte que « pour faire face au danger toujours présent d’une explosion de violence, les forces de police d’une communauté doivent croître en nombre plus vite que la population – non parce que les grandes villes comprennent proportionnellement plus de gens méchants que les petites, mais parce que, passé un certain seuil, la taille de la société devient elle-même la principale source de criminalité ». L’anonymat et le gigantisme, le gigantisme qui contraint à l’anonymat, mettent en échec une morale fondée sur l’attention à porter à autrui. Les habitants des grandes villes ne se souviennent plus qu’il y a quelques décennies, les gens pouvaient suffisamment se faire confiance pour que les immeubles d’habitation ne fussent protégés par aucun digicode ou interphone et que chacun pût y pénétrer librement. Mais plus on s’adapte à une situation dégradée, plus on permet la poursuite de la dégradation. « Pour en finir avec le taux de criminalité de Chicago, la solution n’est pas un grand programme d’éducation, ou le remplacement de la population par des membres de l’Armée du Salut. La solution est d’en finir avec les agglomérations de la taille de Chicago. » Lorsque les nations sont trop grandes, chacune d’elles est obsédée par son rang et son principal, voire unique objectif, est de préserver ses positions. « Par l’union ou l’unification qui augmente la masse, la taille et la puissance, rien ne peut être résolu… Pourtant tous nos efforts collectivisés semblent précisément dirigés vers ce but, l’unification. » L’Union Européenne est un bon exemple d’une pareille situation.

A quoi bon ces discussions à l’infini sur le bon gouvernement et les mesures à prendre pour sortir nos sociétés de leur marasme, si l’on évite soigneusement de poser la question préalable : quelle taille doivent avoir les sociétés pour être bien gouvernées ? Comme Bergson l’avait remarqué, à l’échelle des temps géologiques l’être humain a été façonné par et pour une vie en très petites sociétés. Une population n’a guère besoin de dépasser le nombre de 10 000 ou 20 000 à en juger par les cités-Etats de Grèce, d’Italie ou d’Allemagne. Platon prit grand soin de limiter le nombre de citoyens de sa cité idéale à 5 040. Aristote accordait aussi une grande attention à la question du nombre : « Si dix hommes ne sauraient constituer une cité, cent mille hommes ne sauraient non plus en former une. » A l’époque les cités prenaient des mesures concrètes afin de contrôler la taille de leur population, en fondant des colonies à même de les décharger de leurs excédents. Montesquieu a particulièrement insisté sur l’importance de la taille d’une société quant à la façon dont elle est susceptible de se gouverner. Il considération que la démocratie n’est viable que pour de petites populations.

2 L’enseignement d’Ivan Illich

L’essentiel des travaux d’Illich peut être regardé comme un affinement de la pensée de Kohr sur la notion d’échelle pertinente. : « En chacune de ses dimensions, l’équilibre de la vie humaine correspond à une certaine échelle naturelle. Lorsqu’une activité outillée dépasse un certain seuil, elle se retourne d’abord contre sa fin, puis menace de destruction le corps social tout entier… Il nous faut reconnaître que l’esclavage humain n’a pas été aboli par la machine, mais en a reçu une figure nouvelle. La société devient une école, un hôpital, une prison… alors commence le grand enfermement. » Evoquant Kohr, Illich prend soin d’insister sur un point : ce qui importe n’est pas le plus petit, mais le proportionné. Schumacher prenait aussi soin de souligner qu’il n’existe pas de réponse univoque à la question de la taille, car la taille adéquate est chaque fois déterminée par le type d’activité qu’elle concerne, et déplorait la propension des hommes à vouloir faire appliquer les mêmes schémas de pensée en toutes circonstances. La frénésie médicale actuelle est une manifestation caractérisée de ce que les Grecs appelaient hubris : non pas seulement une transgression de la limite – ce qui serait encore, malgré tout, une façon de reconnaître l’existence de celle-ci -, mais une récusation de l’idée même de limite. Illich estimait que les citoyens d’un pays n’avaient pas besoin d’une politique nationale de « santé » organisée à leur intention, mais plutôt de faire face avec courage à certaines vérités, « nous ne guérirons pas toutes les maladies », « nous mourrons »... « Tout est affaire de services et l’adolescent, au lieu d’apprendre à s’occuper de sa grand-mère, apprend par contre à manifester devant l’asile de vieillards où il n’y a plus de lits disponibles. » (Illich)

3 La démesure technologique

Pour la science et la technique à l’heure actuelle, toute borne est un défi à relever. Une limite n’est jamais rien d’autre que ce que l’on ne peut pas actuellement réaliser du point de vue technique. « La technique est en soi suppression des limites », remarquait Jacques Ellul. Orwell l’avait noté : « Tout effort visant à contrôler le développement de la machine nous apparaît comme une atteinte à la science, un blasphème. » Dans l’ancienne morale, la limite désignait ce que l’on ne doit pas faire ; selon la nouvelle, elle représente ce que l’on ne peut pas encore faire, et que l’on doit parvenir à faire. Les « comités d’éthique » sont surtout des comités de bienveillance à l’égard de l’essor technoscientifique. Mais il existe un seuil au-delà duquel le développement technologique devient contre-productif et nuit à la situation qu’il était censé améliorer. Tel est le constat d’Illich : « Dès qu’une voiture dépasse la vitesse de 25 kilomètres à l’heure, elle provoque un manque de temps croissant. » Le temps dévolu au transport automobile s’allonge démesurément lorsqu’on lui ajoute celui consacré à acquérir l’automobile en question. Autre citation d’Illich : « Dès que le rapport entre force mécanique et énergie métabolique dépasse un seuil fixe déterminable, le règne de la technocratie s’instaure… Entre des hommes libres, des rapports sociaux productifs vont à l’allure d’une bicyclette, et pas plus vite. » Les capacités de survie en dehors du système techno-industriel étant réduites à rien, les populations doivent vaille que vaille travailler à la perpétuation dudit système. La pensée économique réalise cette prouesse de tirer parti de l’impasse dans laquelle elle contribue à précipiter les sociétés pour renforcer son emprise, imposer ses vues et faire passer toute remise en cause pour des propos fantaisistes et irresponsables.

Le sophisme habituel des technophiles consiste à poser une alternative : on bien une technique sans limites, ou bien l’âge des cavernes. Le progrès technique a toujours été ambivalent, comportant bénéfices et inconvénients. Que, globalement, les avantages l’aient longtemps emporté sur les nuisances ne signifie pas que tel soit le cas indéfiniment. Avec le transhumanisme, il s’agit de s’amalgamer à la machine, voire de lui laisser la place entière et de disparaître. A ce stade la notion de contre-productivité, qui suppose qu’on pût encore détacher la personne de l’instrument prétendument à son service, se dissout.

4 Une division du travail démesurée

Georg Simmel a souligné que plus une société est nombreuse, plus la division du travail doit y être poussée, parce qu’elle seule est à même de maintenir une certaine unité au sein d’une population qui, sans cela se fragmenterait à la première occasion. Il faut, dans les termes de Durkheim, que la « solidarité organique », fondée sur l’interdépendance des individus spécialisés chacun dans une tâche, se substitue à la « solidarité mécanique », de proximité, qui lie les individus au sein de petites communautés. Autrement dit, une extrême division du travail n’est pas seulement permise par une société nombreuse, elle est aussi une condition d’existence de cette société d’une manière qui n’est pas sans rappeler la complexité croissante des organismes lorsque leur taille augmente.

Les individus « politiquement égaux » se sont trouvés, dans des nations comptant des dizaines, voire des centaines de millions de ressortissants, trop nombreux pour être gouvernés autrement que selon des données statistiques. Les administrateurs peuvent se souvenir parfois qu’ils ont affaire à des êtres humains ; le reste du temps ils gèrent des masses, des flux, des stocks. C’est dans cette mentalité propagée par les grands nombres que Hannah Arendt a trouvé les conditions de possibilité de ce qu’elle a appelé la « banalité du mal » : non par l’effet d’une malice particulière, mais d’une atrophie de la sensibilité à l’intérieur d’un fonctionnement qui s’autonomise.

5 La question du genre et des valeurs

Pour le petit enfant, la rencontre de la différence sexuelle est une étape cruciale dans la reconnaissance du principe de réalité. Réciproquement, on perçoit l’enjeu sous-jacent à la marginalisation de la différence entre homme et femme : pouvoir continuer à bercer un fantasme de toute-puissance et de complétude personnelle... Plus les adultes refusent d’authentifier la différence entre garçons et filles, plus nombreux sont les adolescents qui ont tendance à outrer cette différence pour se fabriquer une identité… Aujourd’hui, à fin d’égalité, on s’emploie à féminiser des mots français qui jusque-là n’existaient qu’au masculin-neutre (d’où écrivaine, défenseuse, etc.). Mais ce procédé, en fin de compte, ne fait que renforcer la sexuation de la langue là où, par ailleurs, on voudrait que la différence des sexes ne compte pour rien dans l’organisation sociale.

Il y a ceux qui refusent l’idée même de limite posée a priori : pour eux, l’être humain est infiniment transgressif ou n’est pas. Il y a ceux qui admettent que certains seuils ne doivent pas être franchis mais, quand il s’agit de savoir où situer ces seuils, impossible de s’entendre. On croit beaucoup, de nos jours, aux vertus du débat d’où pourrait émerger un consensus. Bien à tort. Les débats exacerbent les antagonismes et font progresser l’incompréhension mutuelle. La hiérarchie s’est inversée. L’individu autrefois valait en tant qu’il se conformait au bien, tandis que l’individu moderne pose les valeurs. Les débats tendent alors à se réduire à un affrontement des subjectivités, chacun essayant d’imposer ses valeurs. Cela n’a rien d’un hasard si le mot « valeur » en est venu à désigner à la fois ce à quoi l’on tient et qu’on juge digne d’estime, et ce qui se négoce sur les marchés. A l’incapacité de s’accorder sur les valeurs morales répond la commensurabilité par la monnaie de toutes les valeurs en économie.

Telle est la force de l’idéologie libérale que, une fois implantée, elle anéantit radicalement la faculté psychique et sociale à admettre une limite et à la respecter, qu’elle ne peut que continuer à régner jusqu’à ce qu’intervienne la main invisible de la catastrophe.

Conclusion

Curieusement, plus il y a d’hommes sur la terre, moins la réflexion semble tenir compte de l’influence exercée par le nombre sur les comportements. A partir du XIXeme siècle, on a l’impression qu’il n’y eut plus guère que les utopistes pour comprendre qu’une organisation est solidaire d’une échelle. Cette négligence envers le caractère essentiel du nombre est stupéfiante, y compris chez les sociologues, qui auraient pourtant dû s’estimer concernés au premier chef.

Quand Jacques Derrida s’interroge sur l’hospitalité, l’Etranger ou l’Hôte sont invoqués au singulier. On le comprend : il est hautement désagréable, en ces matières, de se mettre à compter. Mais dans ce cas, il faudrait veiller à organiser le monde de telle sorte que la nécessité de compter nous soit épargné. Illich ne goûtait guère les maniaques de l’humanité, qui voudraient qu’une société dans laquelle l’hospitalité est devenue presque impossible aille nourrir l’Ethiopie. Quand les efforts pour maîtriser les processus en cours ne font qu’aggraver leur caractère incontrôlable, quand la démesure est générale, la seule voie sensée est la décroissance. Mais, étant donné notre incapacité à rebrousser chemin quand il en était encore temps, nous ne ferons pas l’économie d’une catastrophe de grande ampleur.

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« Une question de Taille » par Oliver Rey, Editions Stock, oct 2014, 280 p. 20 €

Biosphère Ouvaton est un réseau de documentation des écologistes voir aussi, du même auteur, le site Biosphère Info

Vous pourrez trouver via ce lien plusieurs entretiens vidéo avec Claude Lévi Strauss et Jacques Ellul, tous deux cités dans cet article.

 

 

 

 

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Published by Michel Sourrouille - dans Notes de lecture
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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 11:04

Faut-il y croire ? A Brisbane, Australie, les principaux dirigeants de la planète ont fait le pari de la croissance – objectif + 2.1 % - tout en prenant position, dimanche 16 novembre, en faveur d’une action « résolue et effective » sur le climat Comme le dit Claire Guélaud  (1), ce sommet « restera probablement comme le G20 où le climat s’est imposé comme un sujet majeur, un peu plus d’un an avant la conférence de Paris (COP21) de décembre 2015. Le terrain avait été préparé par le sommet Asie-Pacifique de Pékin où les États-Unis et la Chine ont annoncé des objectifs précis de réduction de leurs gaz à effet de serre. Quand les deux premières économies du monde, et ses deux plus grands pollueurs, s’engagent, difficile de résister ! »

Qu'ont tenté nos dirigeants à Brisbane ? En fait, ils ont simplement essayé de répondre aux deux principaux défis auxquels les pays du G20 sont confrontés. Un premier défi immédiat qui est celui du chômage qui frappe une partie non-négligeable de leurs populations, chômage identifié comme l'effet d'une trop faible croissance du PIB de chacun des états et qui déstabilise les sociétés. Un second défi de moyen terme, celui d'une crise écologique globale qui commence à être perçue au sommet des états comme potentiellement gravissime, notamment à travers la question du réchauffement du climat.

Pour faire face au premier défi, le G20 de Novembre 2014  propose un « plan d'action Brisbane » qui passe par des réformes structurelles afin d'augmenter la valeur du PIB des pays du G20 de 2,1 % supplémentaires par rapport à la trajectoire qu'elle suivrait d'ici à 2018 ; le G20 veut aussi une coopération renforcée dans le secteur de l'énergie pour garantir des marchés énergétiques plus stables et prévoit d'améliorer le fonctionnement du marché du gaz ; le G20 souhaite encore faire la promotion des investissements d'infrastructures, publics et privés via une plate-forme ad hoc chargée de faire le lien entre gouvernements, groupes privés et banques de développement pour dynamiser les grands travaux. Le tout dans un cadre financier plus strict d'une part en soutenant les réformes en cours dans le secteur bancaire pour imposer des règles plus rigoureuses de capital pour les banques mondiales d'importance systémique, et d'autre part en affirmant sa volonté de limiter  les process d'optimisation fiscale.

Bref il s'agit de sécuriser le jeu d'une économie mondiale par trop dérégulée tout en levant le maximum d'obstacles pour que la croissance économique reparte de plus belle.

Quant au second défi,  le G20 s'engage à promouvoir une « action forte et efficace » et prévoit de renforcer les moyens du Fonds Vert de l'ONU destiné à aider les pays en développement à s'adapter aux effets du réchauffement climatique. Comme le dit François Hollande, « Le G20 représente un acquis très important pour nous retrouver à Paris et signer l’accord global qui permettra d’éviter une augmentation de 3 ou 4 degrés de la température de la planète, ce qui serait source de catastrophe, pour ne pas dire de guerre. »

S'il faut se réjouir de voir la question écologique désormais traitée dans l'enceinte prestigieuse du G20, il n'est toutefois pas interdit de se demander si la volonté de poursuivre à tout prix une logique de croissance élevée - supposant d'après les experts (2) une hausse de la consommation mondiale d'énergie de 40 % en 25 ans - est compatible avec les recommandations du GIEC.

En fait à Brisbane nos dirigeants ont fait le pari d'une croissance forte dans le respect des grands équilibres de la planète, c’est-à-dire qu'ils ont fait le pari de l'effectivité du développement durable. Pari déjà fait au sommet de Rio il y a plus de 20 ans, et qui n'a rien donné sinon une aggravation de quasiment toutes les données écologiques de notre planète (3). Le pari de Brisbane pourrait être le pari de trop.

Reste à proposer un plan B, plan qui commence à se dessiner chez les écologistes qui refusent les facilités démagogiques de la croissance verte. Plan qui viserait une prospérité sans croissance à base de low-tech (4), de vita povera et d'une démographie maîtrisée.

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1 : In  « Pour la première fois le G20 s'engage pour le climat » , Le Monde Economie du 17.11.2014.

2 : Voir Hayat Gazzane, « La consommation mondiale d'énergie bondira de près de 40 % d'ici 2040 » in Le Figaro du 12.11.2014.  

3 : On peut d'ores et déjà s'interroger sur la validité des engagements pris par les États-Unis au récent sommet Asie-Pacifique à Pékin (où les États-Unis se sont engagés sur une réduction de 26 - 28 % de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2025 par rapport à 2005) quand on voit ce qu'en dit Mitch Mc Conell, le chef de la majorité républicaine au Sénat américain :  « Ce projet irréaliste, que le président (Barack Obama) refourguera à son successeur, veut dire à coup sûr des prix de l'énergie plus élevés et encore beaucoup moins d'emplois ». Pour Mc Conell, la diminution prévue du recours au charbon n'est qu'une « guerre idéologique du président » et il importe « d'atténuer la charge que constituent déjà les régulations de l'EPA (l'Agence de Protection de l'Environnement) ».  Sur ce sujet,  « Climat : le leader républicain au Sénat juge "irréalistes" les nouveaux objectifs »   in Le Point du 12.11.2014.  

4 : Sur ce sujet, et dans la lignée des réflexions d'Ivan Illitch et de Jacques Ellul, voir aussi L'Âge des Low Tech,  Philippe Bihouix, Le Seuil, 2014, 336 pages, 19,50 €.    

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Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Climat
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