Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 16:24

Une société durable, démocratique et responsable, peut-elle tolérer qu'une partie significative de sa population se drogue ? Aujourd'hui la réponse en France est plutôt négative, même si une sorte de tolérance s'est peu à peu instituée avec pour effet de laisser s'installer une zone grise où on laisse faire, où on ferme les yeux, et puis de temps en temps on frappe, accentuant par là un sentiment d'arbitraire et d'injustice.

Les récents attentats ont cependant bien montré la perméabilité entre délinquance des quartiers, en bonne partie liée au trafic de stupéfiants en tout genre, et les réseaux terroristes. Il y a là une occasion unique d'engager le fer contre la drogue dans nos sociétés et de prendre des mesures sérieuses et courageuses. En effet, puisqu'il est désormais avancé que les trafics de stupéfiants encouragent la dégradation de la sociabilité dans des pans entiers du territoire, dégradation qui peut déboucher sur des actions terroristes, alors il est possible et fondé de rendre coresponsables de cette dégradation et de ses conséquences tous ceux qui alimentent ces trafics, pas seulement ceux qu'on considèrent comme les méchants dealers mais aussi ceux qui alimentent en bout de chaîne ces trafics en achetant et en consommant des stupéfiants.

Tuer le marché est une solution qui n'a été que peu explorée jusqu'à aujourd'hui, n'en déplaise à tous ceux qui estiment qu'on a tout essayé et qu'il ne reste que la solution de la dépénalisation. Mais que peut-on faire pour tuer le marché ? L'expérience menée depuis plus d'un demi-siècle, et qui s'est traduite essentiellement par une chasse policière aux trafiquants, a largement montré ses limites en se concentrant uniquement sur l'offre : la solution la plus évidente consiste donc à porter aussi les efforts sur la demande, en aval du trafic, c'est à-dire à décourager par des sanctions exemplaires ceux qui continueront à consommer des substances illicites.

Mais qui dit sanctions exemplaires évoque des sanctions qui peuvent bouleverser la vie de ces acheteurs. Il faut donc au préalable pour que ces mesures soient acceptables préciser quelques points.

D'une part, il semble nécessaire d'opérer une dissociation entre une consommation addictive et une consommation à but thérapeutique, et reconnaître cette dernière en la légalisant et en encadrant sa pratique.

D'autre part, il est important de prévenir préalablement tous les consommateurs de ces drogues que persévérer dans leur attitude se paiera d'un coût social très élevé : un large débat avant toute modification de nos règles de droit est d'autant plus nécessaire que les sanctions seront impactantes. De plus il faut prévoir de permettre à tous les addicts qui le souhaitent de se faire accompagner, avec l'aide compréhensive des autorités publiques, pour ensuite n'avoir à cibler que ceux qui s'entêtent à alimenter un trafic dommageable à l'ensemble de la collectivité et désormais perçus comme des personnes responsables et non plus comme des victimes innocentes piégées par de méchants dealers.

Déclarer la guerre à la drogue ne consiste pas à traiter les consommateurs en ennemis, mais à leur faire savoir qu'ils n'ont plus le choix, sauf à prendre des risques inconsidérés. La drogue, ça doit devenir tabou. Même dans le cadre d'une société de croissance dont tout porte à croire qu'elle va dans le mur. Même si l'absence de perspective, le côté no futur de la société industrielle, peut expliquer bien des comportements destructeurs. Car comment accepter de rester dans la présente situation, semi-permissive de facto, situation qui nous mène aujourd'hui à un point de rupture, avec non seulement des réseaux de délinquance aux innombrables ramifications mais aussi désormais des réseaux terroristes se nourrissant de cette décomposition sociale ? Comment aussi pourrions-nous tenter de prendre le virage écologique si nécessaire sans mettre tous nos moyens et toute notre force dans la conduite d'un changement d'une ampleur inégalée et qui a besoin de citoyens responsables et lucides : une société gangrenée par la drogue et ses trafics obère ses chances de réussir cet exigeant virage.

Published by Jean Bruguier - dans Société
commenter cet article
18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 17:44

Dans la seconde partie du XXème siècle, on appelait ça les dégâts du progrès. Des paysages saccagés, des banlieues moches aux portes des villes patiemment construites au fil de notre histoire pluriséculaire, des pans entiers de la société rurale détruits, une sociabilité portée par le petit commerce et de nombreux artisans en voie de disparition, et une pollution qui commençait à se faire sentir. Mais, hormis de rares intellectuels accompagnés d'écologistes assez méfiants sur ce qui se préparait, la plupart des citoyens trouvaient leur compte dans cette société de croissance qui garantissait à la fois un confort domestique encore inconnu, un quasi-plein emploi et un système de retraite faisant oublier la misère frappant la majorité des personnes âgées. La machine à laver et la voiture faisaient gagner du temps et ouvraient de nouveaux horizons … Après le temps des deux guerres mondiales, la croyance en un avenir toujours meilleur, brisé en 1914, a fini par revenir. Et les dégâts dénoncés pouvaient sembler être corrigés ou absorbés par ce grand mouvement de progrès.

Mais la pollution a gagné du terrain, et on sait désormais que celle-ci abrège l'espérance de vie de millions de nos compatriotes.

Mais la société de croissance, opérant souvent un chantage à la guerre, a su créer des ensembles économiques immenses et favoriser les échanges commerciaux au niveau mondial, mettant en avant les idées économiques libérales, et surtout permettant dans les faits une concurrence déloyale favorisant les moins-disants sociaux et écologiques . Demandez aux agriculteurs survivants - et ils sont loin d'être les seuls - ce qu'ils en pensent !

Mais nos écosystèmes n'en peuvent plus de nos prélèvements et de nos rejets toujours plus massifs et les signaux d'alerte se multiplient, avec des conséquences que nous pouvons commencer à mesurer concrètement.

Mais notre système de retraites, tant vanté pour obtenir l'adhésion de nos populations, se révèle de plus en plus une construction intenable sans une remise en cause des montants versés et sans un report toujours plus tardif de l'âge de départ.

Cela ne suffit pas. Aujourd'hui, pour relancer un taux de croissance stagnant depuis une décennie, ce sont les règles habituelles et l'esprit du salariat qui sont remis en cause, transformant aisément les employés en simple variable d'ajustement dans la stratégie de l'entreprise. Bien sûr celles-ci n'ont pas attendu la loi El Khomri pour licencier, mais ce que cette loi change profondément, c'est un état d'esprit : auparavant le licenciement économique était majoritairement vécu comme un échec par l'entreprise, demain il sera perçu comme un acte dynamique de gestion. Et c'est sans doute cela qui fait que la société française se cabre devant cette évolution, refusant instinctivement de mettre la vraie vie des salariés dans la moulinette des études de cas comme enseignées à l'INSEAD et autres MBA.

Jusqu' où faudra-t-il aller pour soutenir la société de croissance, jusqu'où accepterons-nous la destruction de ce qui fait société, de ce qui fait notre société, pour tenir à bout de bras un modèle incapable de voir à trente ans et qui, si l'on se souvient des avertissements énoncés par Claude Lévi-Strauss, René Dumont ou Jacques Ellul, doit faire l'objet d'un changement majeur ?

Published by Jean-Christophe VIGNAL - dans Société
commenter cet article
7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 15:24

Il y a quelques années, le philosophe Bertrand Méheust publiait La politique de l’oxymore. Il décrivait dans cet ouvrage la façon dont nos sociétés, - leurs dirigeants, mais aussi leurs opposants - n’hésitent pas à mettre en avant (en aveu ?) des propositions parfaitement contradictoires, ceci afin de masquer les tensions et sembler satisfaire des attentes par nature incompatibles. La croissance verte, le développement durable, la flexisécurité  nous sont devenus familiers. Cela ne peut que souligner l’extraordinaire préscience d’un Georges Orwell, décrivant dans 1984 un monde où les slogans du gouvernement étaient « la guerre, c’est la paix », « la liberté, c’est l’esclavage », « l’ignorance, c’est la force ».  

En ce début de 21ème siècle, la survenue de pratiques envisagées dans la science-fiction des années 1950 est frappante. La surveillance, la géolocalisation permanente et la prééminence d’une pensée convenue sont en passe de devenir des réalités. Comme les écrivains l’avaient pressenti, et c’est peut-être là le pire, cela nous semble normal.  C’est ainsi que se referme le piège.

La candidature de la ville de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 - candidature renouvelée après l’échec de celle de 2012 - illustre au mieux ces contradictions assumées et presque revendiquées. L’oxymore  est flagrant, car alors que les Jeux Olympiques sont adulés et retransmis ad nauseam, ils contredisent à peu près sur tous les plans, l’ensemble des valeurs dont notre société aime par ailleurs à faire la louange.

La compétition en est le premier exemple. Vilipendée dans la plupart des domaines et notamment dans le monde scolaire où, après les classements, les notes elles-mêmes sont mises en cause, la compétition est repeinte en rose (ou en vert) pour les Jeux, où elle devient alors une sorte de saine émulation où vainqueurs et vaincus participent en toute coopération à la  gloire du plus « méritant ». De qui se moque-t-on ? (1) La compétition, lors des Jeux comme ailleurs, consiste à être devant les autres, à les battre et à en tirer gloire et profit. En faire ici un vice et là une vertu est la seule façon de faire passer l’oxymore. C’est la forme du mensonge.

L’internationalisme bon enfant est la seconde victime des Jeux. On nous vante, là aussi, des peuples s’aimant et se regroupant pour des fêtes aussi « saines » que grandioses. Les deux grands mouvements dictatoriaux du 20ème siècle, le communisme et le nazisme, l’avaient d’ailleurs bien compris, eux qui utilisèrent si habilement le sport comme outil de propagande. Le comptage des médailles auquel se livrent les journaux comme les nations en fait foi. Cette course à la gloire à conduit de nombreuses compétitions sportives, et les Jeux en particulier, à pousser le dopage jusqu’à ses limites les plus absurdes. Il fut un temps, où, notamment dans les pays de l’Est, même le sexe des athlètes en devenait incertain.

Le mensonge, ou pour le moins l’imprudence, s'étend à l’économie et la rigueur budgétaire lui est sacrifiée. La candidature de Paris fait aujourd’hui état d’un budget de 6,2 milliards d’Euros. Or, toutes les récentes Olympiades ont été l’occasion de dépassements faramineux. Les problèmes économiques connus par la Grèce en sont pour une part la conséquence.

A chacun de n’en être pas dupe, de refuser la pensée convenue, de ne pas suivre le troupeau. Les mots n’ont pas pouvoir à effacer la réalité des contraires. Ni la France, ni Paris n'ont probablement besoin de ces Jeux, à nous de les regarder avec moins d'indulgence.

_________________________________________________________________________________

La politique de l’oxymore, Bertrand Méheust, Editions La découverte, 2009, 162 p.

(1) De nous !

Published by Didier BARTHES - dans Société
commenter cet article
10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 15:24

Il est souvent instructif d'aller voir ce que produisent les grands machins comme les Nations Unies. En l'occurrence, leurs discours sur la démographie semblent, au vu des politiques suivies en Europe occidentale, être pris au sérieux par nos dirigeants politiques. Et c'est le premier mérite de l'article de Denis Garnier d'attirer notre attention sur le thème de la nécessité qu'auraient nos pays d'importer des populations « pour éviter le déclin et le vieillissement de la population qui résultent des taux bas de fécondité et de mortalité. »

Nécessité qu'on peut d'autant plus interroger, comme le souligne le président de Démographie Responsable, que les pays cités dans l'étude des Nations Unies sur les migrations de remplacement ont déjà des densités de population qui oscillent entre 200 et 500 habitants au km². Or un tel taux de densité suppose une exploitation intensive des biotopes, exploitation incompatible avec un usage prudent et responsable de nos territoires. Même un mode de vie frugal ne serait pas suffisant pour que l'espace de notre vieil Occident, pourtant plutôt gâté par la nature avec ses paysages aisément habitables et son climat dans l'ensemble tempéré, conserve toutes ses potentialités pour les générations futures.

Au-delà de toutes les questions, qu'elles soient démographique ou écologique,  que pose ce choix d'opérer un transfert de population, il y a aussi deux remarques sur la méthode suivie par les Nations Unies et nos dirigeants.

Il y a d'abord dans cette façon de procéder une logique d'ingénierie appliquée à l'humain qui fait un peu froid dans le dos. La facilité avec laquelle ces grands dirigeants imaginent de transférer des dizaines de millions de personnes sans se soucier plus que ça des arrachements familiaux et des chocs culturels que cela implique est étonnante : pour eux les femmes et les hommes ne sont que des êtres interchangeables ou suffisamment malléables pour être placés ici ou là selon les besoins de nos sociétés. Bien loin du printemps des peuples vécu en Europe au mitan du XIXème siècle ou du savoir anthropologique et ethnologique développé tout au long du XXème siècle, nos dirigeants semblent plutôt s'inscrire dans la pratique des grands déplacements de population mis en œuvre par les régimes totalitaires, même si les méthodes ne sont pas comparables.

Se profile aussi la question du respect des choix du peuple, question difficilement occultable dans un système politique qui se veut démocratique et donc promeut selon la formule d'Abraham Lincoln le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Or il semble bien que les peuples autochtones, en Italie au Japon en Allemagne en Bulgarie et même en France, aient choisi globalement une décroissance démographique plus ou moins forte. Car l'avenir d'une société ne passe pas seulement par le choix de telle ou telle équipe de gouvernants mais aussi par la somme des choix individuels et familiaux de toute une société. Au nom de quoi des dirigeants s'arrogent-ils le droit de corriger le choix collectif de toute une société en important des populations entières pour compenser un soi-disant manque démographique ? Au nom de la société de croissance qu'ils défendent à tout prix, croyant ainsi contribuer à équilibrer les comptes d'une société qui dans les faits court à sa perte, quand des peuples sentent instinctivement qu'il faut réduire la voilure en étant moins nombreux pour affronter les crises qui s'annoncent ? Ou pour défendre un appétit de pouvoir sur toujours plus de gens ?

Peu importe leurs raisons, ce qu'il faut noter, c'est que le choix d'introduire des millions de personnes dans des sociétés fortement structurées n'a jamais été soumis à une ratification démocratique. Et quand les peuples regimbent, ces mêmes dirigeants utilisent la métaphore de la société fermée sur elle-même, connotée négativement au contraire d'une société ouverte, pour disqualifier tout débat. En clair, refuser l'arrivée de millions de migrants, c'est être d'extrême droite, tout près d'Hitler et du camp du mal.

Avoir pour dirigeants des apprentis-sorciers qui croient piloter une société comme des ingénieurs une machine, le tout en passant allègrement par-dessus le choix des peuples en pratiquant un déni démocratique, c'est aussi comme cela que l'on peut voir le débat sur les migrations de remplacement.

Published by Jean Bruguier - dans Démographie
commenter cet article
3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 17:24

Un article de Denis Garnier, président de Démographie Responsable

 

La Division de la population des Nations Unies, publiait déja en 2001 un rapport intitulé " Migration de remplacement : est-ce une solution pour les populations en déclin et vieillissantes ? " où l'on pouvait lire : « Le concept de migration de remplacement correspond à la migration internationale dont un pays aurait besoin pour éviter le déclin et le vieillissement de la population qui résultent des taux bas de fécondité et de mortalité.» 

Suivait une argumentation relativement alarmiste : 

« Les projections des Nations Unies indiquent que, entre 1995 et 2050, la population du Japon ainsi que celles de pratiquement tous les pays d’Europe va probablement diminuer. Dans de nombreux cas, comprenant l’Estonie, la Bulgarie et l’Italie, des pays vont perdre entre un quart et un tiers de leur population. Le vieillissement de la population sera généralisé, élevant l’âge médian de la population à des hauts niveaux sans précédents historiques. Par exemple, en Italie, l’âge médian augmentera de 41 ans en 2000 à 53 ans en 2050. Le rapport de support potentiel, c’est-à-dire le nombre de personnes en âge de travailler (15-64 ans) par personne de plus de 65 ans, diminuera souvent de moitié, de 4 à 2. 

C’est l'Italie qui subira la plus grande perte relative de population, moins 28% entre 1995 et 2050. La population de l’Union Européenne qui surpassait celle des Etats-Unis de 105 millions en 1995 lui sera inférieure de 18 millions en 2050.

Pour l'Union Européenne, une continuation des niveaux d’immigration observés dans les années 1990 suffirait à peu près à éviter une diminution de la population totale, tandis que pour l’Europe dans son ensemble, il faudrait deux fois le niveau d’immigration observé dans les années 1990.

La Corée du Sud n’aurait besoin que d’un niveau modeste d’immigration, mais c’est cependant un changement majeur pour un pays qui jusqu’ici était un pays d’émigration. L'Italie et le Japon auraient besoin d’une forte augmentation de leur nombre d'immigrants. Par contre, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis pourraient conserver leur nombre d’habitants avec moins d'immigrants que ce qu’ils ont reçu dans le passé récent. Les nombres d’immigrants nécessaires pour éviter les déclins de la population en âge de travailler sont plus grands que ceux nécessaires pour éviter les déclins de la population totale.

Si de tels flux d’immigrants se produisaient, les immigrants d’après 1995 et leurs descendants constitueraient une fraction impressionnante de la population totale en 2050 – entre 30 et 39% dans le cas du Japon, de l’Allemagne et de l'Italie. Relativement à la taille de leur population, l'Italie et l’Allemagne auraient besoin du plus grand nombre d’immigrants pour conserver la taille de leurs populations d’âge actif. L'Italie aurait besoin en moyenne chaque année de 6.500 immigrants par million d'habitants et l’Allemagne de 6.000.»

Ce rapport posait de nombreuses questions :

Comment ont fait nos ancêtres pour vivre moins nombreux ? N'ont-ils pas réussi à ce que nous soyons là aujourd'hui ? Ne nous ont-ils pas d'ailleurs transmis une planète en meilleur état que celle que nous allons laisser à nos descendants ?

Au vu des densités de population importantes de certains pays cités : Corée du Sud (507 hab./km²), Japon (336 hab./km²), Allemagne (227 hab./km²), Italie (208 hab./km²) ne serait-il pas judicieux au contraire de laisser ces populations diminuer et d'adapter l'économie à cette situation. L'environnement, et donc les habitants de ces pays, n'en seraient-ils pas les premiers bénéficiaires ?

Mais plus grave : cette injonction à l'accueil de migrants n'est-il pas l'aveu de l'impuissance de la communauté internationale à juguler la l'explosion démographique de nombreux pays du sud, explosion qui conduit à la surpopulation et oblige des dizaines de millions d'individus à s'expatrier au travers de périples dangereux ? 

Ne parlons même pas des réactions négatives d'une partie importante des populations autochtones qui subissent les effets collatéraux de ces arrivées massives (problèmes culturels et religieux, allant parfois même jusqu'au terrorisme). 

Pour aller plus loin :

Un entretien avec Renaud Camus sur Boulevard Voltaire. Voir également sur cette question démographique l’article de Fabien Niezgoda: La bombe P n’est toujours pas désamorcée, (revue Eléments n° 158, janvier-février 2016 p. 76 à 79). Cet article est suivi d’un entretien entre Fabien Niezgoda et Didier Barthès, porte-parole de Démographie Responsable.

_________________________________________________________________________________

Cet article a donné lieu à une suite rédigée par Jean Bruguier intitulée : Discussion suite à l’article de Denis Garnier : Comment ont fait nos ancêtres ?

Published by Denis Garnier - dans Démographie
commenter cet article
1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 07:44

 

Estimation de la population mondiale au 1er janvier 2016

 

(données en millions d'habitants et en début d'année)

Sources                                         2015            2016                  Progression

                                                                                                                    (en nombre)         (en %)

INED                                             7 285            7 367             +  82    soit    + 1,1 % 

US Census Bureau                       7 215            7 296             +  81    soit    + 1,1 %

Population Ref. Bureau                 7 282            7 368            +  86     soit    + 1,2 %

Poodwaddle                                   7 183            7 366            + 183    soit    + 2,5 %

Population Matters                        7 322            7 424            + 102    soit    + 1,4 %

Population mondiale.com              7 269            7 354            +  85     soit    + 1,2 %

Ria Novosti - Sputnik (*)                 7 337            7 443           + 106     soit    + 1,4 %

Terriens.com                                  7 212            7 287            +  75     soit    + 1,0 %

Visio Météo                                    7 207            7 283            +  76     soit    + 1,1 %

Worldometers                                7 285            7 392            + 107     soit    + 1,5 %

 

Moyenne                                       7 260             7 358           + 98      soit   + 1,3 %

 

 

Notre planète compterait donc entre 7,3 et 7,4 milliards d'habitants en ce 1er janvier 2016 selon une moyenne calculée à partir des différents compteurs aujourd'hui disponibles.  

Comme l'an dernier, la progression est de + 98 millions ce qui parait nettement au-dessus des valeurs communément admises; la plupart des analystes tablant plutôt une évolution autour de + 80 millions ou légèrement supérieure. L'INED et l'US Census Bureau, deux organismes de référence, retiennent pour leur part respectivement + 82 et + 81 millions. 

Dans le cas précis du relevé ci-dessus, le compteur Poodwaddle semble avoir sensiblement modifié sa base de calcul. Cela  réhausse évidemment  le niveau moyen de progression mais change très peu le total de la population mondiale. Néanmoins, même cette estimation mise à part, la croissance démographique annuelle s'éleverait encore à + 89 millions et resterait ainsi largement supérieure aux estimations les plus courantes.

Cependant, cette réévéluation à la hausse de nos effectifs comme de leur progression ne relève pas du hasard, elle est en parfaite cohérence avec les réévaluations à long terme récemment réalisées par des centres d'études aussi sérieux que l'ONU ou  l'INED dont nous avons souvent évoqué les travaux sur ce site.

Rappelons que l'INED, dans l'étude  réalisée par Gilles Pison : " Tous les pays du monde "  (revue Population & sociétés ) réhausse régulièrement depuis quelques années ses projections pour 2050.  Elles s'établissaient à 9,4 milliards en 2009,  à 9,6 milliards en 2011, à 9,7 milliards en 2013, et enfin  à 9,8 milliards en 2015. L'ONU est allée dans le même sens, faisant respectivement passer ses prévisions pour 2050 de 9,1 milliards en 2009, à 9,3 milliards en 2011, à 9,6 milliards en 2013 et à 9,7 milliards en 2015. Pour 2100, seule l'ONU établit des projections, mais là aussi elles ont été réévaluées, passant de 10,1 milliards en 2010 à 10,9 milliards en 2013 et  enfin à 11,2 milliards en 2015  (Sur ces réévaluations voir cet article)

Cette estimation au 1er janvier 2016 confirme donc les précédentes et montre  que nous faisons face à  une inflexion de la baisse de la fécondité. Baisse qu'il y a peu encore, certains imaginaient en mesure de stabiliser nos effectifs à l'horizon 2050. Aujourd'hui, l'ONU elle-même, estime (selon son l'hypothèse moyenne de fécondité) que nos effectifs progresseront  jusqu'en 2100 et même sans doute un peu au-delà.

Remarquons d'ailleurs que d'après l'INED la fécondité mondiale moyenne est effectivement stable à 2,5 enfants par femme depuis 2011. Cette stabilité est bien sûr encore trop récente pour valider de manière certaine l'inflexion évoquée, elle va néamoins dans ce sens.

Ces études sont à mettre en relation avec les grands problèmes environnementaux que connaît notre planète. Il est tout à fait extraordinaire que dans ce contexte, la récente COP 21 n'ait pas sérieusement fait référence à la composante démographique. Il s'agit pourtant d'un déterminant fondamental de la pression anthropique dont l'évolution dictera largement celle de la biosphère et aura évidemment une influence toute aussi déterminante sur le climat.  

_________________________________________________________________________________

Sur ce site, et sur le même sujet voir également : Les chiffres clefs de la population, ainsi que la série : La population mondiale au 1er janvier 2009 (6,759 milliards), 2010 (6,838 milliards), 2011 (6,914 milliards), 2012 (7,003 miliards), 2013 (7,082 milliards), 2014 (7,162 milliards), 2015 (7,260 milliards).

(*) Le compteur de Ria Novosti est cette année remplacé par Sputnik qui est la publication la plus proche et celle sur laquelle renvoie une demande à partir de Ria-Novosti.

Published by Didier BARTHES - dans Démographie
commenter cet article
27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 11:44

 

Economie Durable vous présente ses meilleurs voeux pour 2016 et vous souhaite d'excellentes fêtes du nouvel an

 

A toutes et à tous, bonne et heureuse année.

 

 

Published by Didier BARTHES - Jean-Christophe VIGNAL - dans Actualités
commenter cet article
3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 19:04

La France, c'est devenu cet État qui recherche à tout prix la croissance pour résoudre un chômage devenu structurel, pour intégrer ses jeunes de banlieues, pour limiter les déficits de ses régimes de retraites, pour augmenter ses revenus, bref la croissance comme unique solution pour aller mieux. Et quand on parle croissance, c'est bien de la croissance du PIB, ce fameux produit qui enregistre tout ce qui est  l'objet d'une transaction monétaire. Pour la croissance, n'échangez surtout pas votre appartement avec des amis, ne faites pas de covoiturage avec votre collègue, ne réparez pas vous-même ce que vous êtes en capacité de faire, ne tondez pas votre pelouse, ne gardez pas votre voiture pendant 15 ans, mais dépensez, dépensez, empruntez s'il le faut pour vous offrir un week-end en TGV ou en avion loin de chez vous, pour partir en croisière dans ces navires grands comme des villes, pour disposer d'une voiture en leasing renouvelée régulièrement, pour acquérir le nouveau portable tellement mieux que votre vieux modèle de l'année dernière, … la liste est longue de ces envies pas si nécessaires. Mais c'est pour elles que notre État investit si bien dans les nouvelles liaisons LGV Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse inamortissables et si destructrices des biotopes locaux, ou dans un aéroport comme celui de Notre Dame des Landes, et favorise comme il peut la construction de Center Parcs comme à Roybon ou la couverture en mode 4G du territoire.

La France, un État qui joue dans ses grandes masses le jeu de la croissance la plus classique, bien éloignée d'une politique économique qui mettrait au cœur de ses préoccupations une problématique écologique de long terme, imposant une agriculture saine et biologique, et favorisant un habitat équilibré dans l'espace et construit ou rénové à partir d'éco-matériaux ; une politique économique qui s'appuierait aussi sur les liens sociaux plus que sur la seule dépense marchande ; une politique économique bâtie sur la notion de résilience plutôt que sur une logique à courte vue laissant des millions d'individus au bord de la route.

La France c'est le seul pays au monde qui ait tant misé depuis 1974 avec le plan Messmer (1) sur l'énergie nucléaire au détriment direct des énergies renouvelables et qui a pratiqué un mensonge d’État au moment de Tchernobyl en laissant croire que les nuages radioactifs s'étaient arrêtés à  nos frontières.

La France, c'est aussi cet État qui n'hésite pas à employer une violence extrême à l'égard des manifestants écologiques – faut-il rappeler (2) Creys-Malville ou le barrage de Sivens ? - comme à utiliser les procédures permises par la proclamation d'un état d'urgence pris dans la foulée d'attentats terroristes pour empêcher très concrètement des manifestations écologiques pacifiques au moment d'un grand rendez-vous célébré mondialement, et pour  réaliser aussi des perquisitions au domicile de militants 'verts' produisant des légumes bio et assimilés un temps à des terroristes.

La France, c'est encore cet État qui favorise fiscalement le diesel pour défendre des intérêts économiques précis au prix de la santé de sa propre population, puis qui après le scandale Volkswagen annonce officiellement par la voix de Ségolène Royal, Ministre de la République, une baisse de 1 centime d'euro sur l'essence, baisse  symbolisant un changement de cap très progressif en défaveur d'un diesel trop longtemps avantagé ; et qui benoîtement indique à peine deux mois plus tard une hausse des taxes de 2 centimes sur l'essence. On peut bien comprendre qu'il s'agit en fait d'une collision entre la contribution climat-énergie pour un montant de 3 centimes et ladite baisse, dans les faits, tout se passe comme si cet État ne savait plus faire de politique et perdait le sens des symboles, incapable de mettre en musique le moindre changement en faveur d'une pollution moindre.

Et pourtant la France, c'est aussi cet État qui a joué un rôle important à Rio en 1992, cet État qui a su prononcer par la voix de Jacques Chirac en 2002 au Sommet de la Terre à Johannesburg des paroles fortes qui retentissent encore : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

C'est encore et surtout cet État qui se souvient qu'il est un modèle historique de l’État-nation et qui sait mettre en œuvre comme nul autre son savoir-faire régalien et faire appel aux montages juridiques les plus sophistiqués pour inventer et défendre le principe d'un accord à la fois « universel, différencié et contraignant » selon les mots du Président François Hollande prononcés lors de son discours d'ouverture de la COP21 le 30 novembre 2015 ; État qui sait  utiliser au mieux toutes ses ressources politiques et diplomatiques pour réussir cette COP21, sachant marier l'efficacité de notre diplomatie à un volontarisme politique qui n'est pas feint.

Bien sûr il ne faut pas s'illusionner sur la capacité de cette grand-messe à obtenir les résultats que les scientifiques et les écologistes jugent nécessaires, et ce d'autant plus que les engagements prévus  s'appuient principalement sur des évolutions technologiques et une amélioration de l'efficience énergétique, et ne s'inscrivent en rien dans une logique de rupture pour aller vers une sobriété revendiquée de nos consommations. Faut-il aussi ajouter que la question démographique, un détail à presque 10 milliards près (soit le nombre projeté des humains en 2050), ne fait pas non plus partie des items de cette conférence ?

Néanmoins, outre son impact médiatique sur des opinions encore en partie à informer et à convaincre, cette COP21 devrait pouvoir limiter un peu la casse. Après tout c'est toujours bon à prendre, et on pourra alors remercier ce très vieil état-nation au bord de la faillite d'avoir su renouveler l'outil 'COP', ce cadre d'action mondial si insuffisant mais nécessaire.

_________________________________________________________________________________

1 : sur ce sujet, « 1974 : le plan Messmer choisit l'option du tout nucléaire », Alternatives Economiques n° 69, sept 2014.

2 : voir notamment l’émission de Franc Culture ; Les pieds sur Terre du  6 octobre 2015 « De Creys Malville à Sivens  : Vital Michalon et Rémy Fraisse »

Published by Jean Bruguier - dans Politique
commenter cet article
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 11:44

Alors que les préparatifs de la COP 21 battent leur plein et que l'évènement suscite beaucoup d’attentes, il apparait que l’un des principaux sujet de pression anthropique et notamment d’émission de gaz à effet de serre, à savoir, le nombre des hommes, ne doive pas y être évoqué.

Tabou ? Refus d'envisager le long terme ? Pourtant, à comportement égal les émissions de CO2 sont proportionnelles à nos effectifs et une majorité des habitants de la planète ne peut guère  réduire sensiblement les siennes. Améliorer le niveau de vie des plus pauvres conduira au contraire à augmenter les émissions individuelles.

Alors, peut-on dans ce contexte se contenter d'envisager une action sur les modes de consommation ? Ne doit on pas aussi nvisager une réflexion sur l'évolution de notre nombre et une maîtrise de notre démographie ?  L'ONU vient précisément de réhausser ses projections pour 2050 comme pour 2100 : nous serons plus de 11 milliards à la fin du siècle contre 7,4 ajourd'hui ! La Chine de son côté tente de relancer sa fécondité en mettant fin à la politique de l'enfant unique.

Pour évoquer ces questions, l’association Démographie Responsable organisera à Paris puis à Suresnes les 19 et 21 novembre prochains deux conférences intitulées :

 

La COP21 peut-elle éluder la question démographique ?

 

Jeudi 19 novembre 2015 à 20 h 30 à Paris

Fiap Jean Monet, 30 rue Cabanis, Paris 14ème

 

Avec les interventions de :

- Yves Cochet, ancien ministre de l’environnement,

- Odon Vallet, professeur à Sciences Po

- Roger Martin, président de l’association Population Matters

- Gérard Charollois, président de Convention Vie et Nature

- Denis Garnier, président de Démographie Responsable

 

Attention la conférence de Suresnes annoncée ci-dessous est reportée suite aux récents évènements survenus à Paris

 

Samedi 21 novembre 2015, 14 h 30 à Suresnes (92)

Salle multimédia, place des Courtieux,

 

Avec les interventions de :

Antoine Waechter, président du MEI

Michel Sourrouille, écologiste et malthusien

Denis Garnier, président de Démographie Responsable.

 

Chaque conférence donnera lieu à un débat entre le public et les intervenants.

Published by Didier BARTHES - dans Démographie
commenter cet article
31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 07:44

Quel que soit l’avis intéressé des patrons de Disney, la fin de la politique de l’enfant unique en Chine constitue le plus mauvais signe que l’on pouvait recevoir en matière de protection de l’environnement.

A la veille même de la COP21, cette décision montre que le pays le plus peuplé au monde n’intègre absolument pas le facteur démographique comme élément de la destruction systématique de la planète par notre espèce. Ici en France, la quasi-absence de dénonciation de cette mesure ne fait que renforcer ce sentiment. Les hommes pensent qu’être toujours plus nombreux est une richesse et rien, ni la pollution, ni la disparition de la moitié des espèces sauvages en 50 ans, ni la multiplication des mégalopoles ne semble devoir leur ouvrir les yeux.

Certains arguent que cette décision ne changera pas grand-chose pour une double raison.

D’une part la politique de l’enfant unique n’était ni généralisée ni totalement respectée, la naissance d’une fille en tant que premier enfant donnait lieu à des exemptions, les campagnes bénéficiaient parfois d’une législation adoucie et de nombreuses minorités pouvaient avoir plus d’un enfant (la fécondité en Chine s'établit déjà à 1,7 enfant par femme). D’autre part et surtout, les chinois se sont désormais installés dans un modèle d’enfant unique, sur le plan culturel comme sur le plan économique. Même en l’absence de pénalité pour la seconde naissance, l’enfant unique restera intéressant économiquement (à cause du coût de l'éducation notamment) et restera valorisé du point de vue culturel, les mentalités évoluant lentement. La situation ne devrait donc pas changer du tout au tout. Peut-être, toutefois la décision n’a pas été prise au hasard et l’on peut compter sur un pays aussi dirigiste que la Chine pour influencer les évènements.

On estime parfois que les politiques natalistes ou antinatalistes ne servent à rien, comme si les dirigeants les prenaient pour faire plaisir.  Or, justement la politique inverse avait bien fonctionné, évitant selon les différentes estimations entre 400 et 500 millions de naissances au cours des dernières décennies. Aurait-elle donné de trop bons résultats au point que la Chine, effrayée, veuille aujourd’hui amortir le phénomène par peur d'une forme de déplétion humaine trop brutale ? En tout cas, qu’aurait fait la Chine de toutes ces bouches à nourrir ? Aurait-elle connu un développement économique aussi faramineux ? C’est bien improbable compte tenu des charges (éducation, logement…) que cela aurait engendré.

Mais il existe encore un autre motif d’inquiétude, ce sont les raisons qui sont avancées : Lutter contre le vieillissement de la population ! Or il n’y a pas pire raison que celle-ci, car elle marque une très mauvaise appréhension des phénomènes démographiques à long terme. Rappelons cette vérité toute simple : Le temps s’écoule et aucun régime politique n’y pourra rien. Aussi tous les jeunes d’aujourd’hui seront les vieux de demain (à moins que de modernes Lyssenko  ne veuillent soumettre les lois de la nature à la "bienpensance" politique). Ainsi, le nombre et la proportion importante de personnes âgées aujourd’hui, et plus encore dans les années à venir, en France comme en Europe, résultent et résulteront directement du baby-boom des années 1950 et 1960. Il en sera de même en Chine dans 60 ans, les naissances supplémentaires attendues demain  se transformeront après-demain en vieillards excédentaires.

Que ferons-nous ? Que ferons les chinois ? Quelle vie, quelles ressources auront à leur disposition ces personnes déjà fragilisées par la vieillesse ? Faudra-il alors imposer la famille de 4 enfants et faire des milliards de nourrissons pour maintenir à toute force l’âge moyen de la population en dessous d’un certain seuil ? On voit bien qu'il s'agit d'entrer là dans un cercle vicieux où la société ne semble devoir trouver son équilibre que si chaque génération est plus nombreuse que la précédente. Dans un monde fini (et il l’est !) c’est évidemment une folie. Dans le domaine de la finance cela s’appelle une pyramide de Ponzi et se termine toujours très mal.

A plus court terme même, un rehaussement de la natalité chinoise pourrait se traduire par une véritable catastrophe sociale. Peut-on raisonnablement faire le pari que, 50 ans durant, la Chine connaitra une croissance économique toujours aussi aussi forte. Si la natalité remonte, dans 20 ans ce sont des classes d’âges plus nombreuses qui se présenteront sur le marché du travail, si à ce moment-là, la Chine connait la moindre récession c’est par dizaines et sans doute par centaines de millions que se compteront les chômeurs ? L’ampleur du pays fera l’ampleur de la catastrophe. Or justement, il est fort probable que dans 20 ans le monde se heurte de plein fouet aux effets de la déplétion pétrolière. Le pari est pour le moins risqué et la nature bien peu prise en compte. Ces éventuelles naissances supplémentaires donneront des habitants qui devront être logés, qui devront consommer, circuler... bref, présenter une empreinte écologique pour une part proportionelle à leurs effectifs.

Le vieillissement de la population est inéluctable, c'est d'ailleurs un excellent signe, nous profitons de la vie plus longtemps, c'est une folie de vouloir le repousser par une fuite en avant. Il adviendra quoiqu'il arrive.  Plus nous le repoussons, plus il se produira sur des effectifs nombreux et plus difficiles à gérer.

Published by Didier BARTHES - dans Démographie
commenter cet article

Présentation

  • : ECONOMIE DURABLE
  • : Site de réflexion sur l'écologie pour une société durable. Auteurs : Didier Barthès et Jean-Christophe Vignal.
  • Contact

Recherche